Les étudiants de #Bukavu face aux rebelles du M23 : nominations des recteurs, légalité des diplômes et rentrée académique au cœur des questions
Des étudiants de plusieurs établissements d’enseignement supérieur de Bukavu ont interpellé des représentants de l’AFC/M23 sur la légalité des nominations de responsables académiques dans les zones sous leur contrôle. Au cours d’un échange, ils ont soulevé des interrogations sur les compétences de ce mouvement, la reconnaissance des diplômes, la date de la rentrée académique et les conséquences du conflit sur le fonctionnement des universités.
Les questions ont notamment porté sur la décision de l’AFC/M23 de nommer des responsables à la tête d’établissements publics, alors que les compétences de nomination relèvent, selon les étudiants intervenants, du ministère national de l’Enseignement supérieur et universitaire.
Un étudiant en droit a ainsi demandé sur quelle base juridique le mouvement avait procédé à ces nominations. Il a rappelé que les recteurs sont normalement nommés par le ministre compétent et s’est interrogé sur la légalité et la légitimité des décisions prises par l’AFC/M23.
« Par quel mécanisme ? Quelle est la précision que vous nous donnez ? », a-t-il demandé, avant de questionner la compétence du mouvement à nommer des autorités académiques.
Un autre étudiant en droit, en deuxième année de droit à l’Université officielle de Bukavu, a également contesté cette démarche. Il a invoqué le principe de continuité des services publics, estimant qu’en l’absence d’un recteur, le secrétaire général académique peut assurer l’intérim, comme cela aurait déjà été le cas dans son établissement.
Selon lui, l’AFC/M23 aurait dû saisir le ministère national avant de déclarer une éventuelle carence des autorités académiques. Il a rappelé que la nomination et la révocation des responsables universitaires relèvent des attributions exclusives du ministre chargé de l’Enseignement supérieur et universitaire.
« Je ne sais pas sur la base de quelle théorie les membres de l’AFC-M23 se sont basés pour se donner la compétence », a-t-il déclaré.
L’étudiant a également interrogé le mouvement sur la nature de l’organisation institutionnelle qu’il entend appliquer dans les zones sous son contrôle, demandant s’il considère la RDC comme un État unitaire, fédéral, décentralisé, déconcentré ou régionalisé.
La question de la reconnaissance des diplômes a constitué un autre point de friction. Un étudiant en master de médecine à l’Université officielle de Bukavu a relevé que, même si les établissements délivrent les diplômes, des signatures sont également prévues pour les autorités du ministère national de l’Enseignement supérieur.
Il a demandé si l’AFC/M23 disposait d’un interlocuteur habilité à signer ou à représenter le ministère au niveau provincial, afin de garantir la validité administrative des diplômes délivrés dans les établissements concernés.
Les étudiants ont aussi exprimé leurs inquiétudes concernant la rentrée académique. L’un des intervenants a relevé une contradiction entre la date du 15 octobre annoncée lors des échanges et celle du 26 octobre attribuée au gouvernement central. Il a demandé quelle position le mouvement adopterait à l’égard des établissements placés sous son administration et de ceux dont les responsables n’ont pas été remplacés.
Le choix de ne nommer des recteurs que dans les universités publiques a également été questionné, alors que les établissements privés sont eux aussi concernés par les règles encadrant l’enseignement supérieur.
Prenant la parole au nom des étudiants en sociologie, orientation médiation, gestion et transformation des conflits, un étudiant a pour sa part, estimé que la crise de l’enseignement supérieur découle d’un conflit politique entre le gouvernement central et l’AFC/M23.
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