Alors oui mon touitoui, je le fais pas beaucoup l'instant promo, mais cette interview m'a demandé des efforts et j'y parle de mon Précieux, du quotidien des magistrats, et de la justice que je vis.
C'est demain, Les pieds sur terre, 13h30, sur France culture 😊
Difficile de trouver les mots qd quelqu’un part si tôt,de façon si inattendue. Marie Truchet était une collègue/maître de stage soutenante, travailleuse, à l’écoute et brillante. Nos plus sincères condoléances à sa famille,ses proches et à ses collègues. Elle nous manquera à tous
Des mois plus tard, sans suspens, le juge d'instruction rendait une ordonnance de non-lieu, aucun acte d'investigation n'ayant permis d'identifier celui qui, dans un cyber café du bout du monde, avait manipulé les fantasmes et les trouilles d'un adolescent de 14 ans.
disant qu'il fallait aller au bout de ce qu'on pouvait faire, pour Noah, pour les siens qui restaient avec leurs questions.
Il fallait au moins qu'ils ne se demandent pas si, oui ou non, on avait fait le maximum pour identifier celui qui avait joué avec les peurs de leur enfant.
S'est-il rassuré en se disant que Noah bluffait pour lui faire lâcher sa proie, ou a-t-il même juste une seconde eu peur en se disant que peut-être l'adolescent parlait sérieusement ?
Quelques jours plus tard je saisissais un juge d'instruction, sans espoir mais uniquement en me
Pour aller plus loin dans l'identification de l'auteur il faudrait une commission rogatoire internationale, mais je ne me leurre pas, c'est vain, il ne sera jamais inquiété.
S'est-il seulement demandé quelles étaient les raisons de ce silence soudain de l'autre côté du clavier?
ne sommes surpris.
L'ordinateur depuis lequel ont été expédiés les messages se trouve au Bénin.
Evidemment il n'y a jamais eu de jeune fille derrière le clavier mais un brouteur, un parmi tant d'autres, qui parlait avec Noah, comme sans doute avec d'autres victimes potentielles.
messages & leur avoir donné pour instruct° d'ouvrir 1 procédure pour tentative d'extors°, tout en me disant que statistiquement il n'y avait quasiment aucune chance de parvenir à remonter à 1 quelconque suspect.
Le résultat ne tarde pas à tomber, & ni les enquêteurs ni moi-même
Pourquoi ne pas leur en avoir parlé? Ils l'auraient rassuré, aidé, ils auraient fait ce qu'il fallait, il le savait pourtant qu'il pouvait leur parler de tout...
Je me souviens avoir autorisé les enquêteurs à réaliser toutes les réquisitions utiles pour identifier l'auteur des
Il a demandé 1 rallonge d'argent de poche la veille de sa mort mais sous le prétexte d'achats futiles, des baskets ou une console, & son père se souvient lui avoir ébouriffé les cheveux en refusant avec un sourire, il doit apprendre à gérer son budget & à patienter...
Et là l'horreur, la sensation de perdre pied.
Au chagrin immense se rajoute la culpabilité, comment ne pas avoir vu? Quand les enquêteurs révèlent aux parents de Noah la teneur des conversations qui l'ont mené à une angoisse telle qu'il a préféré en finir, ils sont sidérés.
L'autre a ricané.
Peu après minuit, les échanges se sont arrêtés.
L'autre a insisté plusieurs fois, moqueur puis incrédule, & a fini par couper la connexion.
Ensuite, le silence.
Peu après 7h, la mère de Noah est montée, s'étonnant de ne pas le voir descendre pour le ptit dej.
Le maître chanteur a accepté de baisser à 300€ & a continué toute la journée d'hier à lui mettre la pression.
Les échanges montrent le mal être dans lequel Noah s'est enfoncé, jusqu'à ce qu'il dise qu'il préférait encore se foutre en l'air que d'être ainsi humilié...
il a accepté, la jeune fille lui montrant elle aussi des photos dénudées.
Avant hier, le piège s'est refermé.
L'interlocutrice de Noah lui a intimé l'ordre de lui donner 500 euros, sinon elle balançait les photos à tous ses contacts.
L'adolescent a paniqué, tenté de négocier...
au vu des photos jointes.
La conversation a dérivé sur un flirt d'adolescents, puis sur des échanges de plus en plus connotés sexuellement jusqu'à ce que l'interlocutrice de Noah lui demande de lui envoyer des photos de plus en plus osées.
Après une 1ère phase de réticence,
les réseaux sociaux.
Les enquêteurs ont découvert 1 discussion dont malheureusement ils commencent à connaître les ressorts par coeur.
Noah a il y a quelques jours fait connaissance, virtuellement, avec une personne se présentant comme une jeune fille de 16 ans, fort charmante
"Comment?" mais "Pourquoi?"
Les gendarmes ouvrent 1 procédure en recherches des causes de la mort.
Dans la journée ils me rappellent.
Ils ont examiné l'ordinateur de Noah.
Ils ont trouvé, dans l'historique, des échanges. Chose classique pour un ado, il passait du temps sur
Le suicide ne semble faire aucun doute mais le médecin déplacé sur place rédige un certificat de décès avec obstacle médico-légal, ce qui empêche l'inhumation du corps en l'état.
Je prescris un examen du corps de l'adolescent mais je sais bien que la question, la vraie, n'est pas