Dans le communiqué de « Sauvons la RDC », ils s’emploient à faire porter la responsabilité des incidents du 12 juin au Président de la République.
Certains vont jusqu’à affirmer que Tshisekedi aurait ordonné à ses policiers de tirer sur les manifestants.
Dans toutes les démocraties, des dérapages policiers peuvent survenir. Les États-Unis ont connu les affaires George Floyd, Ferguson ou Baltimore. La France, la crise des Gilets jaunes, avec son lot de controverses sur l’usage de la force publique. Nulle part, une faute individuelle n’a été érigée en responsabilité personnelle du chef de l’État.
Le plus surprenant reste l’identité des accusateurs : Joseph Kabila, Moïse Nyarugabo et consorts.
Qu’ils aient au moins l’honnêteté de regarder dans le rétroviseur.
Car la mémoire congolaise, elle, n’a rien oublié.
(In carte blanche no 278)
Carte blanche n°278
Joseph Kabila, Moïse Nyarugabo et consorts : les pyromanes devenus pompiers
Les incidents survenus lors du sit-in organisé par la C64 sont déplorables. Les bavures policières le sont tout autant. Une enquête sérieuse s’impose afin d’établir les faits et de sanctionner les responsables.
Les images diffusées montrent des manifestants munis de pierres et d’armes blanches, visiblement préparés à l’affrontement plutôt qu’à un sit-in pacifique.
Les recruteurs de ces groupes, ainsi que leurs commanditaires, doivent être identifiés et traduits en justice. Les auteurs des dérapages policiers doivent l’être également.
Mais nous ne saurions laisser l’ancien président Kabila en faire ses choux gras. À travers sa plateforme « Sauvons la RDC », il tente de récupérer ces événements dans un communiqué du 13 juin dernier, estampillé Moïse Nyarugabo, tous deux issus de l’AFDL.
Dans leur feuille de chou, ils s’emploient à faire porter la responsabilité des incidents du 12 juin au Président de la République. La démonstration est aussi expéditive que fantaisiste.
Certains vont jusqu’à affirmer que Tshisekedi aurait ordonné à ses policiers de tirer sur les manifestants. Une assertion pour le moins infondée.
Dans toutes les démocraties, des dérapages policiers peuvent survenir. Les États-Unis ont connu les affaires George Floyd, Ferguson ou Baltimore. La France, la crise des Gilets jaunes, avec son lot de controverses sur l’usage de la force publique. Nulle part, une faute individuelle n’a été érigée en responsabilité personnelle du chef de l’État.
Le plus surprenant reste l’identité des accusateurs : Joseph Kabila, Moïse Nyarugabo et consorts.
Qu’ils aient au moins l’honnêteté de regarder dans le rétroviseur.
Car la mémoire congolaise, elle, n’a rien oublié.
Ni les 424 corps découverts dans la fosse commune de Maluku.
Ni les répressions de janvier 2015, septembre 2016 et décembre 2017, aux bilans humains lourds selon de nombreuses organisations de défense des droits humains.
Ni Floribert Chebeya, retrouvé mort après une convocation auprès de hauts responsables de la police.
Ni Fidèle Bazana, disparu dans les mêmes circonstances, dont la famille attend toujours la vérité.
Ni Rossy Mukendi, tué lors d’une manifestation à Kinshasa.
Ni Thérèse Kapangala, tombée lors de la marche des chrétiens du 21 janvier 2018.
Ni les journalistes Serge Maheshe, Didace Namujimbo, Franck Ngyke et Aimée Kabila, dont les assassinats ont profondément marqué la conscience nationale.
Ni les arrestations arbitraires visant militants de la LUCHA, de Filimbi et de nombreux opposants politiques.
Et la mémoire remonte plus loin encore.
Jusqu’à la marche de leur AFDL vers Kinshasa.
Aux réfugiés hutu traqués et massacrés à travers les forêts congolaises.
Aux fosses communes jalonnant le parcours de cette guerre.
Aux milliers de morts documentés par le rapport Mapping des Nations unies.
Makobola.
Kasika.
Autant de villages meurtris où des centaines de civils furent massacrés.
Des femmes enterrées vivantes, des familles brûlées dans leurs maisons, des enfants exécutés ou abandonnés à leur sort, au nom d’une guerre, la leur, qui prétendait apporter la libération.
Autant de victimes anonymes dont les familles attendent encore justice.
Le rapport Mapping des Nations unies est, à cet égard, sans équivoque.
Face à un tel héritage, un peu de retenue s’impose à l’ancien président et à son « Sauvons la RDC ».
Les Congolais n’ont nul besoin de leçons de morale venant de ceux dont les parcours restent associés à certaines des pages les plus sombres de notre histoire.
(3et fin) L'opposition d'alors voulait la rue, @Cartesien243 a proposé la transaction pour avoir des élections qui ont amené @fatshi13 au pouvoir. Sachez qu'il des agents doubles et même triples. A côté de Kabila, #Steve_Mbikayi travaillait pour l'opposition donc pour #Fatshi.
(2)Le régime Kabila en 2016, avait tous les leviers du pouvoir et réprimait sans état d'âme toutes les manifestations de l'opposition. @Cartesien243 le qualifiait de preneur d'otages qu'il fallait dorloter et endormir pour libérer les otages. C'est ce qui fut fait....
(1)Une petite mise au point sur le combat politique de @Cartesien243 . Il est entré au Gouvernement en 2016 à l'issue du dialogue de Kodjo auquel il a pris part en tant qu'opposant au régime Kabila. Il est un acteur majeur de l'alternance en fin politique. Je vous explique :...
@l_jimanel La bêtise de Diomaye est d'avoir détruit l'escalier qu'il a emprunté pour monter, oubliant qu'il en aura encore besoin pour descendre. Sonko va le corriger mieux que tous les conseils du monde.
Qui vivra, verra.
Carte blanche n° 225
Coalition article 64 : opposition et majorité enfin sur un terrain commun ?
Malgré son réveil tardif, nous saluons la mise en place, par une partie de l’opposition, d’un nouveau regroupement dénommé « Coalition Article 64 ».
Pour rappel, l’article 64 de notre Constitution dispose :
Alinéa 1 : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. »
Alinéa 2 : « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’État, punie conformément à la loi. »
Sur ce principe fondamental, l’opposition rejoint la majorité : nul ne peut accéder au pouvoir ou s’y maintenir par la force. Dans une démocratie, seul le peuple souverain détient le droit de conférer le pouvoir et de décider librement de ceux qui l’exercent. C’est lui seul qui a le droit de départager les camps opposés par les urnes.
Quiconque tenterait de renverser l’ordre constitutionnel ou de s’emparer du pouvoir en dehors des mécanismes prévus par la loi s’exposerait naturellement à la rigueur de la loi.
Une divergence demeure toutefois entre nos deux camps. L’opposition rejette toute perspective de révision constitutionnelle, alors même que cette procédure est expressément prévue par la Constitution elle-même.
Sur quoi se fonde-t-elle ?
De même, aucune disposition de la Constitution actuelle n’interdit au peuple congolais, dans l’exercice de sa souveraineté, de se prononcer sur un éventuel changement constitutionnel à travers les mécanismes démocratiques appropriés.
La majorité conserve donc le droit de soumettre ses propositions au jugement du souverain primaire, lequel demeure seul habilité à les approuver ou à les rejeter. Cette démarche ne viole aucune disposition de la Constitution en vigueur.
Dans ces conditions, il serait préférable que le débat quitte le terrain des invectives pour celui des idées, des arguments et de la confrontation démocratique entre leaders politiques d’envergure. Comme le disent souvent les Kinois : « mutu abangisa moninga te ».
Place désormais au débat démocratique, à la pédagogie politique et à la mobilisation populaire afin de convaincre le peuple, seul véritable arbitre de notre destinée collective.
Nul camp ne peut empêcher l’autre de prendre des initiatives tant que la loi n’est pas violée.
Vrai ou faux ?
Ouvrons le débat.
🔴Deschamps sans pitié pour les tirailleurs Congolais 🇨🇩 qui ont renié leur patrie mère au profit de la 🇫🇷
❌ Senny Mayulu
❌ Arnaud Kalimuendo
❌ Pierre Kalulu
❌ Axel Disasi
❌ Castello Lukeba
❌ Nordi Mukiele
❌ Christopher Nkunku
❌ Obed Nkambadio
❌ Mawisa
Comme c’est doux🥺
En RDC aujourd’hui, plus personne ne paraît en mesure de mobiliser autour d’une ville morte ou d’une marche d’envergure.
Afin de rendre toute velléité de manipulation encore plus inopérante, il est impératif de renforcer la sensibilisation citoyenne.
Ceux qui prédisent des jours sombres dans un avenir proche vont déchanter.
Carte blanche n°210
Le déboulonnage
Le Président Tshisekedi est arrivé au pouvoir dans un contexte difficile. Mais il a fait preuve d’un génie politique exceptionnel. Sans majorité au Parlement. Avec une armée non seulement infiltrée, mais organisée par son prédécesseur pour garder la main sur la défense et la sécurité du pays. L’objectif était clair : jouer à la Poutine. Céder formellement le pouvoir, tout en conservant le vrai pouvoir : le Parlement, l’armée et les finances, avant de revenir cinq ans plus tard.
Felix Tshisekedi a été sous-estimé au départ. Tout a été dit sur lui, sauf le bien. Publiquement, il avait promis de déboulonner le système. En si peu de temps, il a réussi à récupérer les principaux leviers de l’État. Aujourd’hui, c’est l’empire financier de la famille Kabila qui commence à s’effondrer.
Lorsque la RDC a signé l’accord avec les USA, l’opposition a crié au scandale. Pourtant, avant même sa pleine mise en œuvre, cet accord produit déjà des effets visibles : la condamnation généralisée du rôle du Rwanda dans l’agression contre notre pays. Les sanctions américaines contre l’armée rwandaise en sont une illustration. Et dans les rues de Kinshasa, le 4 mai, la population a demandé qu’elles aillent encore plus loin, jusqu’à viser Paul Kagame lui-même.
Comme nous l’avions souligné dans la carte blanche n°202, le Président de la République illustre parfaitement la pensée de Sun Tzu : choisir la victoire sans la guerre frontale. La victoire militaire ne viendra pas seulement des canons, mais du déplacement du champ de bataille vers le terrain où l’adversaire est le plus vulnérable : la diplomatie, les sanctions et l’isolement politique.
Désormais, de tous les systèmes qui ont dirigé notre pays, le clan Kabila apparaît comme le plus déstabilisateur pour la RDC. Grand dictateur de son état, Mobutu, en trente-deux ans de règne, n’a pas provoqué les mêmes dégâts économiques et institutionnels. C’est par ce système que les Rwandais sont arrivés avec l’AFDL. En dix-huit années de règne de Joseph Kabila, les entreprises publiques ont été amputées et asphyxiées au profit de sociétés écrans. Un patrimoine immobilier considérable a été disséminé à travers le monde. Un tel système ne peut être démantelé en quelques années. Ce n’est qu’un début.
Il en est de même de l’agression rwandaise. Même si elle venait à s’estomper, rien n’exclut que le président rwandais attende un moment propice pour relancer une nouvelle rébellion. Après l’AFDL, il y a eu le RCD, puis le CNDP, puis le M23. Demain, pourquoi pas un M30 ? Dans ce contexte, il est absurde de privilégier à Kinshasa un simple changement de régime si, à Kigali, le faiseur de rébellions reste solidement installé.
On ne change pas l’équipe qui gagne, dit-on. Le Président Félix Tshisekedi est en train de restaurer notre intégrité territoriale. Pour garantir durablement cette intégrité, le déboulonnage doit se poursuivre. Déboulonner le faiseur de rébellions et achever le démantèlement de l’empire Kabila qui déstabilise le pays.
Il y a lieu de laisser Félix Tshisekedi finaliser ce processus.
Nul n’est indispensable. F. Tshisekedi non plus. Mais, à certaines époques de la vie d’une nation, il existe des hommes plus nécessaires que d’autres. Pendant une période donnée, ils n’ont tout simplement pas d’égal. C’est le cas de Xi Jinping en Chine, de V. Poutine en Russie et de F. Tshisekedi pour la RDC, chacun dans son contexte.
En Chine et en Russie, des réformes constitutionnelles ont permis de privilégier la continuité stratégique. En RDC, il ne s’agit pas de copier ces modèles, mais de tirer une leçon simple : lorsqu’un chantier historique est engagé, il faut lui laisser le temps d’aboutir. Des réformes constitutionnelles devraient nous permettre d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président actuel, strictement orienté vers l’achèvement du déboulonnage.
Nous pensons que telle est aujourd’hui la volonté profonde de notre peuple.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
@Cartesien243 Seul contre tous, @Cartesien243 sort ses muscles pr défendre la mère patrie. Sans le savoir, nous sommes tous parfois bénéficiaires de son combat. Personne ne peut accepter de voir son père se faire insulter par un voisin. @fatshi13 est le père de la nation qu'il faut défendre.
@AlexisMat88107@Cartesien243 Tu es vraiment frappé de cécité. La démarche de @Cartesien243 est protectrice et nationaliste face aux subterfuges des rwandais. La qualifier de recherche de poste est une imbécillité criante.
Résumé de la carte blanche no 207
Nous dénonçons des propos jugés infondés et irrespectueux tenus par le républicain Joe Wilson à l’égard du Président Félix Tshisekedi . Nous lui rappelons que le véritable enjeu reste le non-respect des accords de paix par le Rwanda.
Les manifestations organisées à Washington et au Canada par les prétendus banyamulenge ne représentaient pas les Congolais d’origine rwandaise, mais s’inscrivaient dans une stratégie d’utilisation des rwandais pour une diversion tendant à contrer les sanctions américaines.
Il n’existe pas de persécution systématique des rwandophones en RDC par les autorités. Il existe plutôt des conflits communautaires , comparables à ceux que l’on retrouve dans d’autres provinces.
Quand ces conflits touchent aux rwandophones, ils sont instrumentalisés par des politiciens issus de cette communauté pour raisons de positionnement.
Lecture intégrale de la carte blanche par Chancella Tshala pour ceux qui ne lisent pas des longs textes 👇.
Carte blanche No 176
Limitations et perturbations des mandats : inventer notre modèle
Donald Trump a affirmé avoir mis fin à la guerre en RDC. Ces paroles, venant de l’homme le plus puissant du monde, ne sont pas anodines. Moi-même j’avais déclaré que, d’ici juin, cette agression appartiendrait au passé. Dans ma tribune libre n°77 du 20 février 2025 « Fatshi ne tombera pas », j’avais soutenu que le Président mettrait fin à la guerre et en sortirait plus fort. Les agitations actuelles du M23 avec des attaques des drones à l’aéroport de Kisangani sont des convulsions qui précèdent le décès.
Sous nos yeux, par une diplomatie déterminée, il est en train d’y parvenir. Il ne s’agira pas d’une simple pause, mais d’une véritable rupture avec le cycle des rébellions fabriquées. Mis à nu, le président rwandais n’aura plus ni prétexte ni audace pour créer une nouvelle rébellion.
Féliciter le Chef de l’État pour cette prouesse n’est pas le flatter, c’est faire preuve d’honnêteté intellectuelle. Son refus de dialoguer avec le M23 est salutaire : une paix arrachée par ce biais serait une paix de façade et un encouragement à d’autres brebis galeuses. Place maintenant à la justice internationale.
Dans une démocratie, les problèmes doivent se résoudre au sein des institutions. Quand on recourt à un dialogue non prévu par la Constitution, c’est qu’on affronte des situations que la loi fondamentale n’a pas anticipées, comme, par exemple, la nomination d’un Premier ministre hors de la coalition majoritaire ou l’entrée de figures de l’opposition au gouvernement. Ce dialogue doit devenir l’espace où nous osons poser des questions de fond.
Pour ma part, j’en poserai deux, assorties d’une proposition :
1.Lorsque, après les élections, une guerre empêche le Président de la République et les députés d’exercer pleinement leurs mandats sur l’ensemble du territoire, peut‑on envisager un mécanisme de rallonge des mandats à l’issue du conflit ? Le temps volé par la guerre doit‑il être restitué aux institutions élues ?
2. La limitation des mandats
présidentiels est‑elle vraiment plus démocratique que leur non‑limitation ? Ne faudrait‑il pas faire sauter ce verrou et laisser le peuple souverain seul juge un Chef de l’ État qui s’illustre ?
Israël avec Netanyahu, plus de 18 ans au pouvoir, l’Allemagne de Merkel, 16 ans, ou le Royaume‑Uni de Thatcher, 11 ans, sont‑ils moins démocratiques que la France ou les États‑Unis où les mandats sont limités ?
Et la RDC, qui a adopté cette limitation par mimétisme, a‑t‑elle un peuple plus épanoui que dans les pays africains où ces verrous ont sauté ?
Sans copier les autres, la RDC doit tracer sa propre voie. C’est dans cet esprit que je propose de bannir les notions de « majorité » et d’« opposition », pour leur préférer celles de « forces politiques dominantes » et de « forces politiques complémentaires ou minoritaires ». Toutes participeraient à l’exercice du pouvoir, au prorata de leur poids à l’Assemblée nationale, réduisant ainsi les tensions inutiles après chaque cycle électoral. Le concept opposition renvoie implicitement à la confrontation.
Voilà les préoccupations que je compte porter au dialogue politique. Et vous, chers compatriotes, que pensez‑vous de ces propositions ? Répondez, argumentez, mais sans injures.
À vos claviers.
Carte blanche No 173
Dialogue sous légitimité : leçons d’histoire et pièges du boycott
Si le dialogue que réclame l’opposition vise réellement la cohésion nationale pour mettre fin à la guerre, pourquoi refuse-t-elle qu’il soit organisé par les institutions légitimes de la République ?
Un dialogue qui ne s’enracine pas dans la légalité produit des engagements fragiles, aussitôt contestés. En 1991, alors que le mandat de Mobutu était expiré et que la rue le contestait, l’opposition et la société civile exigèrent malgré tout une ordonnance présidentielle pour convoquer la Conférence nationale souveraine.
Les villes mortes paralysaient le pays, mais elles n’ont jamais choisi l’auto‑convocation. Elles savaient qu’un forum né en dehors de toute autorité établie verrait ses résolutions contestées et difficilement opposables à tous. Mobutu tenta d’abord une " conférence constitutionnelle ". L’opposition refusa ce leurre, jusqu’à obtenir une véritable Conférence nationale souveraine. Beaucoup d’acteurs qui y avaient participé ont quitté la scène ; nous nous comptons aujourd’hui sur les doigts de la main : moi-même, Christophe Lutundula, Modeste Bahati, Martin Fayulu, Lambert Mende, Marie-Ange Lukiana, Olengha Nkoy.
À l’époque, l’opposition disposait d’une force de frappe que l’on chercherait en vain aujourd’hui. Ce n’était pas faiblesse, mais sens républicain : un dialogue qui prétend engager la nation doit s’adosser à une autorité reconnue, même contestée.
On pourrait nous opposer Sun City. Mais le dialogue intercongolais n’a pas tiré sa légitimité d’une improvisation interne : il était porté par la communauté internationale en vue de réunifier le pays, alors divisé en quatre.
De même, sous Kabila, le dialogue de la Cité de l’Union africaine fut organisé à son initiative, avec Edem Kodjo comme facilitateur. Le gouvernement Samy Badibanga en est sorti. Puis la CENCO a piloté un autre processus, toujours sous l’impulsion du président Kabila, dont est issu le gouvernement Tshibala. Ce processus faisait suite à des consultations formelles organisées au Palais du peuple par le Président de la République.
Une constante se dégage : lorsqu’un dialogue majeur se tient au Congo, il est initié par le pouvoir établi. Jamais par une entité autoproclamée. Pourquoi, dès lors, l’opposition actuelle refuse-t-elle au président Tshisekedi le droit d’organiser le dialogue, alors que les institutions issues des élections sont en place ?
Cette opposition ne dispose ni de l’ancrage, ni de la capacité de mobilisation de celle des années 1990, pilotée par des figures de proue, juristes et politiciens de renom : Étienne Tshisekedi, Kengo wa Dondo, Ileo Songo Amba, Nguz-a-Karl Bond, Marcel Lihau, Antoine Kizenga…
Ils étaient là, face au grand léopard, bravant arrestations et relégations. Ils n’ont pas daigné s’exiler jusqu’à édenter le félin.
En boycottant le dialogue éventuel que convoquerait le chef de l’État, l’opposition d’aujourd’hui ne crée pas un rapport de force ; elle s’enferme dans une impasse. Elle comptait sur l’avancée du M23 et l’appui rwandais pour acculer le pouvoir. Or la dynamique internationale montre désormais que l’aventure de Kigali en RDC se heurte à des résistances croissantes. Elle approche de son terme.
Le dialogue aura lieu avec ceux qui accepteront d’y participer. Avec eux, il sera possible de baliser des réformes constitutionnelles utiles et d’organiser des élections plus crédibles.
L’histoire récente a tranché : en 2023, le FCC a payé cher son boycott ; Lamuka, monté à bord trop tard, est aujourd’hui absent, dans la rue comme à l’hémicycle.
Ceux qui se tiendront en marge d’un dialogue organisé par les institutions prendront le risque de s’effacer de la scène politique. Chacun devra choisir : contribuer, dans le cadre républicain, à un compromis national, ou s’installer dans une posture stérile qui prépare sa propre disparition.
À bon entendeur, salut.
Conférence nationale souveraine 👇
Carte blanche n° 166
Dialogue intercongolais : leçons non sollicitées de Paris et Bruxelles
Emmanuel Macron apprend, dans la froideur des réalités géopolitiques, l’âpreté des rapports de force. Face à un Donald Trump qui malmène les conventions, le président français voit son autorité publiquement humiliée ; l’Europe quant à elle, est reléguée au rang de variable d’ajustement dans le calcul stratégique de Washington. Lorsque l’ogre américain convoite le Groenland, Paris s’émeut et dénonce avec véhémence un " impérialisme " nouveau.
Pourtant, ce qui est intolérable venant de l’ Oncle Sam semble soudain tolérable lorsqu’il s’agit de l’Afrique. Ce que la France ne saurait imposer à ses pairs, elle prétend encore l’ordonner aux nations africaines, drapée dans une tutelle morale que les siècles passés ont réduite en poussière, une prétention pourtant mise en échec au Sahel, où elle a dû plier bagage.
Le contraste est criant. La France traverse elle-même une crise institutionnelle d’une rare intensité. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, le camp présidentiel, minoritaire, s’accroche au pouvoir tout en refusant à l’opposition son droit légitime de gouverner. Le pays s’enlise dans une instabilité gouvernementale inédite sous la Ve République, une valse d’exécutifs éphémères et fragilisés. Point ici de médiation étrangère pour sommer les acteurs français au dialogue inter français. Point de pressions extérieures quémandées par une opposition en quête de soutiens internationaux. Le débat, aussi vif fût-il, est resté circonscrit à l’enceinte des institutions républicaines, là où doit se jouer le destin d’une nation souveraine.
Mais lorsqu’il s’agit de la République démocratique du Congo, la France et la Belgique, dans un réflexe que l’Histoire aurait dû corriger, se permettent d’exiger un " dialogue politique " alors même que des médiations africaines sont à l’œuvre. Elles vont jusqu’à en prescrire le format : celui de l’ECC-CENCO !Cette posture ne relève pas de la sollicitude, mais d’une ingérence patente dans les affaires intérieures d’un État souverain.
Une frange de l’opposition congolaise a courtisé cette interférence, multipliant les pèlerinages dans les capitales étrangères pour internationaliser une crise dont elle tente de masquer l’origine essentiellement sécuritaire sous le vocable multiforme . Après des déconvenues outre-Atlantique, l’Europe apparaît comme un relais de substitution commode.
Or, réduire la crise congolaise à une simple querelle interne serait en méconnaître l’essence. Sa racine n’est pas congolaise. Elle naît d’une agression extérieure, assumée et revendiquée par le Rwanda. Dans ce contexte, la priorité absolue ne saurait être le marchandage de postes au sein d’un dialogue dont l’issue est connue d’avance : un partage de prébendes, non l’éradication de la menace. L’impératif est l’unité nationale face à l’envahisseur.
Le patriotisme vrai commanderait que majorité et opposition conjuguent leurs efforts pour exiger, sur la scène diplomatique, le retrait des forces étrangères du sol national. Les pressions doivent se concentrer sur l’épicentre du conflit. Et si la diplomatie bute sur le refus de Kigali, le renforcement du mandat de la brigade d’intervention des Nations unies, aux côtés des FARDC, demeure une option légitime et éprouvée. C’est cette alliance de fer qui avait brisé l’élan du M23 en 2013. Pourquoi en écarter le principe aujourd’hui ?
Ce n’est qu’une fois l’intégrité territoriale pleinement restaurée, une fois l’ombre rwandaise dissipée, qu’un dialogue intercongolais pourra utilement tracer la voie vers des élections libres dans un pays apaisé. Inverser cet ordre des priorités, c’est jouer le jeu de l’agresseur et trahir l’intérêt fondamental de la nation.
Entre nous Congolais, nous n’avons besoin ni de tuteurs, ni de leçons venues de Paris ou de Bruxelles. Encore moins d’une assistance européenne que nous n’avons jamais sollicitée.
Notre souveraineté n’est pas un négociable.