Ayant à son actif une quarantaine de publications sur le site de l’Institut catholique de Paris, l’abbé Jaquemin vient tout récemment d’écrire un nouvel ouvrage, paru en ce mois de mai aux Editions du Cerf : Le Choix de la rupture. Mgr Lefebvre, Rome, les sacres. 1974-2026.
Rien de bien nouveau au fond, car cette analyse ne fait que reprendre les données essentielles du Motu proprio Ecclesia Dei afflicta de Jean-Paul II. L’opposition, s’il en est une, se situe entre deux conceptions de la Tradition et du Magistère, conception catholique héritée des conciles de Trente et de Vatican I, défendue par Mgr Lefebvre, conception néo-moderniste, héritée de Vatican II et de François, en passant par Jean-Paul II et Benoît XVI, que voudrait défendre l’abbé Jaquemin.
Recension complète ici : https://t.co/TvJWDJ5GZq
Popularisée par Karl Popper et reprise par George Soros à travers son Open Society, l’idée de société ouverte désigne toujours ses ennemis. Qu’en est-il alors de l’« Église ouverte » née de Vatican II et de la place qu’elle réserve à la Tradition ?
Chacun doit comprendre que depuis Vatican II, l’autorité ecclésiastique est un acteur de l’ouverture, de l’inclusion. Tous ceux qui veulent avoir une place dans l’Eglise doivent accepter ce principe qui au fond est le seul qui vaille. Le pape François considérait que s’attacher à la forme ancienne du rite, c’était rester figé, rester dans une religion fermée. Léon XIV sera peut-être plus conciliant avec les traditionalistes – pourvu qu’ils acceptent d’adhérer à cette vision ouverte de l’Eglise et de la religion en perpétuel dynamisme.
Faut-il s’étonner que Mgr Lefebvre et à sa suite la FSSPX aient demandé en vain le respect de la Tradition ? Celle-ci est jugée encombrante. Peu importe qu’elle soit ce qui fonde l’autorité du successeur de Pierre. La religion n’est dans cette perspective évolutionniste qu’une dynamique qui prétend embrasser tout le monde, pourvu que ce monde soit à l’extérieur des murs de l’Eglise, des définitions et des contenus moraux. Tout se vaut dans cette perspective ! Bergson lui-même reconnaissait implicitement que l’ouverture excluait ceux qui se ferment, ceux qui restent statiques.
Quel est l’ennemi de cette religion dynamique ? Non pas la FSSPX, non pas ses membres ou les fidèles qui la fréquentent. Ils ne sont pas la Tradition, ils entendent la défendre, la rappeler même s’ils savent qu’ils en sont des pâles témoins. La Tradition comme dépôt intangible du dogme et de la morale, voilà le frein, voilà l’incarnation de la morale close, de la religion statique. Et la FSSPX et tous ceux qui gravitent autour d’elle sont blâmés de désobéir à une orientation, à un dynamisme impulsé par l’autorité – mais contre le mandat qui lui est donné d’En-Haut.
Car qui est l’ennemi de cette religion nouvelle par principe, par essence dynamique ? Le Christ dans sa vérité, dans sa réalité immuable. C’est précisément ce que Mgr Lefebvre a toujours dit depuis qu’il s’est opposé frontalement aux autorités. Certes, toutes les autorités et même les catholiques comme ces dames que nous avons cités prétendent retrouver un Christ véritable que la Tradition aurait déformé. Mais ne leur en déplaise le Christ n’est pas qu’un vague amour tolérant. A la pécheresse qu’il vient d’arracher à la lapidation, il dit : « Va, et ne pèche plus ! »
Le Christ qui nous est proposé dans cette religion dynamique est un Christ défiguré, dénaturé, une plus vilaine caricature que celle des torchons qui l’insultent effrontément. En effet, les dessinateurs qui blasphèment ne prétendent pas nous décrire le vrai Jésus-Christ, ils s’en moquent. Mais ceux qui promeuvent une vision soi-disant positive et authentique du Christ détournent du Sauveur ceux qui les écoutent, et cela fonde notre refus. https://t.co/xXBLNWJM8P
À la fin du XVIème siècle, l’Église catholique dut combattre le protestantisme. Les siècles suivants, elle fut confrontée à une autre sombre et froide erreur : le jansénisme. Celle-ci niait, entre autres, que Notre-Seigneur Jésus-Christ fût mort pour tous les hommes. Les idées de Jansénius influencèrent un grand nombre de ses contemporains et firent, même au sein de l’Église, de tristes ravages.
Au lieu de faire penser à Dieu comme à un père aimant et miséricordieux, Jansénius Le faisait percevoir comme un juge exigeant et rigide. Peu à peu, on vit de braves fidèles ne plus oser s’approcher des sacrements et s’imposer, avec excès, d’austères exigences de morale et de piété. Heureusement, le Ciel suscita de nombreux saints qui luttèrent avec courage contre cette funeste hérésie. Domenico Pirrotti fut l’un de ceux-ci.
Cet Italien, né au début du XVIIIème siècle, montra, dès son enfance, un grand amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ et pour la Vierge Marie, qu’il appelait familièrement la « Mama Bella ». À l'âge de 16 ans, surmontant la résistance de ses parents, qui rêvaient pour lui d’une autre destinée, il entra chez les Clercs Réguliers des Écoles pies, une congrégation religieuse destinée à l'éducation.
Dans ses activités missionnaires, il soulignait à tous la nécessité de devenir des saints : « Prenez grand soin de devenir des saints, mais selon les voies choisies par Jésus ; ne cherchez jamais d'autres moyens. Que Jésus au Saint-Sacrement soit votre médicament, qui fortifiera votre âme. Ne vous découragez jamais ; essayez seulement de plaire à Dieu. Implorez fréquemment l'aide de la Vierge Marie et priez-la avec simplicité. Demandez-lui de devenir toujours plus agréable à Dieu. »
Partout où son apostolat l’entraîna, il soutint et défendit la pratique de la communion fréquente et quotidienne. Il incita les fidèles à assister le plus souvent possible au Saint-Sacrifice de la messe et profita de ses missions pour introduire la dévotion au chemin de croix et au Saint-Sacrement. Il propagea aussi la dévotion au Cœur sacré et miséricordieux de Jésus et au Cœur immaculé de Marie.
Il mourut le 15 juillet 1766, à l'âge de 56 ans, à la veille de la belle fête de Notre-Dame du Mont-Carmel. Ses dernières paroles furent : « Ô Mama Bella ! » https://t.co/nwj56NhaBf
Depuis Vatican II, on n’est plus excommunié. Désormais on n’est pas « en pleine communion ».
En effet, à l’ouverture du Concile, en 1962, Jean XXIII avait exprimé son souhait d’une Église nouvelle, sans condamnation, ni anathème. Seuls les canonistes qui n’ont pas pleinement assimilé l’esprit de Vatican II – et les journalistes qui affectionnent les expressions simplistes – peuvent encore brandir l’excommunication comme un absolu antéconciliaire, un ukase tridentin.
À leur décharge, la notion de « communion non pleine » qui se veut généreuse, soulève de réelles difficultés. Peut-on être en communion à moitié ou aux trois-quarts ? En ce cas, est-on à moitié excommunié et à moitié en communion, ou excommunié au trois-quarts et en communion pour un quart ? De facto l’excommunication devient une notion relative, une excommunication à géométrie variable.
L’Église actuelle n’exclut personne : « todos, todos, todos ; tout le monde a sa place dans l’Église », répétait François. Les divorcés civilement remariés peuvent communier au cas par cas, depuis Amoris lætitia (19 mars 2016) ; les couples de même sexe peuvent être bénis, depuis Fiducia supplicans (18 décembre 2023) ; un glaçon groenlandais peut être béni par le pape (1er octobre 2025) ; Sarah Mullally, « archevêque » anglicane peut bénir les cardinaux au Vatican (25 avril 2026)…
L’Église est aujourd’hui « inclusive » et miséricordieuse pour tous, sauf pour les prêtres et fidèles attachés à la Tradition bimillénaire, qu’elle exclut sans pitié. Pourquoi ce contraste, en opposition flagrante avec l’esprit de Vatican II ? Parce que précisément ceux qui sont attachés à la Tradition sont opposés à cet esprit conciliaire « inclusif », qui n’est au fond qu’un alignement sur les idéologies et les mœurs contemporaines.
« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! », disaient les révolutionnaires. « Pas d’inclusion pour les ennemis de l’inclusion ! », répètent les autorités conciliaires. La Tradition pérenne doit être diluée dans l’histoire contemporaine, relativisée suivant l’évolution des idées et des mœurs. Ceux qui n’acceptent pas cette inclusion dissolvante doivent être punis d’exclusion. Excommuniés par une Église qui excommunie la Tradition.
Que se passera-t-il après les sacres du 1er juillet 2026 ? Ce qui s’est exactement passé en 1988. La Tradition va attirer toutes les âmes troublées par une Église à la remorque des idées et des mœurs libérales, tous ces prêtres et fidèles légitimement inquiets de la chute vertigineuse des vocations, de la fermeture progressive des séminaires, de la vente généralisée des couvents, de la baisse dramatique de la pratique religieuse…
Et ils attendront avec confiance que la Tradition retrouve droit de cité dans l’Église, car ils savent que « les portes de l’enfer ne prévaudront pas » (Mt 16, 18), puisque Notre Seigneur est avec son Église « jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). À leurs yeux, tout le reste est littérature journalistique et pilpoul canonique. Le droit est au service de la Foi de toujours, et non d’idéologies caduques, inévitablement biodégradables. https://t.co/8Pk9heHtcW
Le 30 juillet 2006, il y a bientôt 20 ans, agenouillé dans l’église Saint Nicolas du Chardonnet (Paris), devant Mgr Tissier de Mallerais, le pasteur luthérien Sten Sandmark a accomplit le rite solennel d’abjuration par lequel il a renoncé publiquement à l’hérésie protestante et embrassé la foi de la véritable Église, une, sainte, catholique et apostolique.
Avant sa conversion, le pasteur Sandmark s’était adressé à l’évêque catholique de Stockholm pour lui faire part de son désir d’entrer dans la seule Église fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais celui-ci, dans l’esprit de l’œcuménisme du concile Vatican II, lui conseilla de demeurer luthérien tout en étant « catholique de cœur ». Selon l’évêque, il pouvait ainsi exercer une forme de mission au sein du monde luthérien.
Depuis sa conversion, puis plusieurs années d’études au séminaire de Zaitzkofen (Allemagne) de la FSSPX, au terme desquelles il fut ordonné prêtre, l’abbé Sandmark se consacre à la diffusion de la Tradition catholique dans sa Suède natale ainsi que dans l’ensemble de la Scandinavie.
https://t.co/ISl9uGvaoB
La proposition de loi « post-Bétharram » vient de franchir une étape cruciale à l’Assemblée nationale. Entre tentatives de mise sous tutelle de l’enseignement catholique et velléités de violer le secret absolu de la confession, retour sur une semaine de vives tensions où le droit divin a frôlé le choc frontal avec la loi des hommes.
C’est souvent impuissants mais lucides que les Français assistent aux offensives méthodiques menées contre les derniers vestiges de l’identité chrétienne de la France. Sous le prétexte légitime de lutter contre les violences en milieu scolaire, les partisans du laïcisme d’État ont tenté d’introduire un dispositif d’une gravité sans précédent : la liquidation légale du secret de la confession.
Cette offensive trouve sa source dans le sillage de la commission d’enquête parlementaire ouverte après le retentissant scandale de l’institut de Bétharram. Portée à la hâte par le groupe « Ensemble pour la République » de Gabriel Attal, cette proposition de loi visait initialement à redéfinir les équilibres entre l’État et les institutions religieuses, au détriment direct de nos libertés fondamentales.
À l’approche du débat dans l’hémicycle, le couperet est passé si près que la Conférence des évêques de France (CEF) s’est vue contrainte de sortir de sa timidité proverbiale pour publier un communiqué empreint de fermeté. Tout en saluant l’intention de protéger les mineurs, l’épiscopat a formellement dénoncé des articles liberticides, attentatoires à la liberté de conscience, au secret professionnel, à la liberté d’enseignement et, par-dessus tout, à la liberté de culte.
L’inquiétude s’est principalement cristallisée sur l’article 9 de ladite loi. Ce texte prévoyait explicitement d’assujettir les ministres du culte aux obligations de dénonciation des faits de violences sur mineurs, y compris s’ils en avaient eu connaissance dans l’exercice de leurs fonctions spirituelles. Le texte prétendait qu’« aucun “secret de la confession” ne saurait s’y opposer ».
Devant la bronca de nombreux parlementaires de droite et de l’épiscopat, le gouvernement capitule en partie : l’amendement final et le texte voté ne lèvent finalement pas le secret de la confession pour les ministres du culte. Le sceau est préservé de la plume des législateurs. La proposition de loi est adoptée en première lecture par 187 voix contre 0. Mais si le secret confessionnel est préservé, le texte durcit drastiquement le contrôle sur l’enseignement privé : création de « listes noires » d’intervenants exclus, criblage périodique des antécédents tous les trois ans et mesures de police administrative préventive.
Si l’une des libertés les plus fondamentales de l’Église a été temporairement préservée par le retrait de la disposition sur la confession, le texte final adopté à l’unanimité n’en demeure pas moins un sérieux avertissement pour les familles catholiques. L’enseignement libre se voit enserré dans un filet administratif toujours plus étroit.
Entre l’instauration d’un « criblage régulier » triennal de tous les adultes au contact des enfants, les mesures de police administrative permettant d’écarter un enseignant sur de simples « raisons sérieuses de penser qu’il présente un risque » (notion éminemment subjective aux mains d’une administration laïciste), et la création d’une « liste noire », l’État s’octroie un droit de regard exorbitant sur nos écoles et menace directement notre « caractère propre ». Plus que jamais, la vigilance reste de mise. https://t.co/buThXGUmTG
La Maison générale de la FSSPX a le plaisir d’annoncer la sortie de TRADITIO – Pour l'amour de l’Église, une nouvelle série documentaire consacrée à la vie et à l’apostolat des prêtres de la FSSPX à travers le monde.
Réalisé sur une période de deux ans, de juin 2024 à mai 2026, ce projet a été mené par deux jeunes étudiants de Suisse et d’Allemagne, en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX. TRADITIO se compose de trois longs-métrages représentant plus de quatre heures de projection au total. Il s’agit de l'un des projets cinématographiques les plus vastes et les plus ambitieux jamais réalisés par la FSSPX.
La série comprend trois volets :
Première partie – Une œuvre de foi – Dimanche 7 juin
Deuxième partie – Une œuvre d’espérance – Dimanche 14 juin
Troisième partie – Une œuvre de charité – Dimanche 21 juin
L’avant-première mondiale a eu lieu le 28 mai 2026 à Frick, en Suisse, devant environ 170 invités. Parmi les personnes présentes figuraient le Supérieur général, l’abbé Davide Pagliarani, ainsi que son prédécesseur de 1983 à 1994, l’abbé Franz Schmidberger, qui se sont tous deux adressés à l’assistance.
Cette série a pour objectif de présenter l’apostolat mondial de la Fraternité aujourd’hui et de témoigner de son profond attachement à l’Église catholique ainsi qu’au Successeur de saint Pierre.
Trailer officiel : https://t.co/zAOuDwCBb6
Au cours d’un voyage apostolique aux Philippines, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, a accordé un entretien à la chaîne YouTube Adrian Milag TV, publié le 22 mai 2026 dans l’émission Istoryang Katoliko. Il y a notamment abordé de nouveau la question de la FSSPX et des sacres épiscopaux à venir :
« Le problème est essentiellement d’ordre juridique. Il s’agit d’une question canonique : la Fraternité ne bénéficie pas encore d’une pleine reconnaissance juridique de la part du Saint-Siège. Mais, dans le contexte actuel, cet aspect juridique est secondaire. Il est secondaire en raison de la confusion manifeste et de la situation d’urgence qui règnent dans l’Église. Le Saint-Siège ne garantit pas toujours pleinement, aujourd’hui, le maintien intégral de la foi catholique dans toute sa pureté.
Par ailleurs, le Saint-Siège demande à la FSSPX, comme condition préalable à toute reconnaissance canonique et à toute permission concernant les consécrations épiscopales ou d’autres questions, d’accepter certaines affirmations du Concile qui demeurent ambiguës. Il lui est demandé d’accepter certaines méthodes œcuméniques qui, selon moi, sont ambiguës et tendent à relativiser l’unicité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il en va de même pour certaines formes de dialogue interreligieux. On lui demande également d’accepter certaines conceptions nouvelles de la collégialité épiscopale permanente, telles qu’elles ont été formulées par le concile Vatican II. Or cette compréhension de la collégialité n’existait pas auparavant sous cette forme dans l’histoire de l’Église.
La Fraternité affirme : « Nous ne pouvons pas accepter ce qui demeure ambigu. » Le Saint-Siège répond : « Vous devez accepter les nouvelles méthodes de l’œcuménisme, de la liberté religieuse, etc., ainsi que la nouvelle messe qui contient certains éléments du nouvel Ordo Missæ qui, au moins sur le plan doctrinal, ne sont pas toujours suffisamment clairs. » Vous voyez donc où se situe le problème.
C’est pourquoi j’ai lancé cet appel : Très Saint-Père, soyez un bon pasteur, un pasteur généreux. Ces fidèles sont aussi vos enfants. Il y a environ un demi-million de catholiques de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde, plus de huit cents prêtres, religieux, religieuses et séminaristes. Ils vous aiment sincèrement. Ils prient chaque jour pour vous à la messe. Ils vous reconnaissent comme pape ainsi que leurs évêques diocésains.
Pourquoi ne pourriez-vous pas leur accorder une exception ? Alors même que vous faites preuve d’une grande générosité envers d’autres confessions, recevant par exemple l’archevêque anglican de Cantorbéry, rencontrant des représentants d’autres religions ou visitant des mosquées. Pourquoi ne pourriez-vous pas faire un geste envers vos propres enfants ? Pourquoi ne pas leur accorder, de manière exceptionnelle, la permission de consacrer des évêques qui vous aimeront et prieront pour vous ? Ensuite, avec le temps, vous pourrez trouver une solution durable avec eux. Cela demande du temps. J’en appelle donc une nouvelle fois à vous, Très Saint-Père.
Vous pouvez éviter cette blessure faite d’excommunications et d’anathèmes par un geste pastoral généreux. Tel est mon appel, ainsi que celui de nombreux fidèles. Très Saint-Père, soyez un père. Soyez un fils de saint Augustin qui œuvre pour la paix. Laissez parler votre cœur, et non votre entourage qui pourrait vous influencer et vous conseiller de les excommunier. Je vous en prie, agissez comme un véritable fils de saint Augustin. Écoutez votre cœur. Évitez cette blessure de la séparation. Vous pouvez le faire. Vous êtes le père de tous. » https://t.co/fhgNA3HUbz
Il faut remonter loin en arrière pour voir un fossé si abyssal se creuser entre un épiscopat national et une force politique majeure. La condamnation unanime prononcée par les évêques allemands, qualifiant l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) de parti « national-racial », est à l’image des tensions qui secouent l’Église d’outre-Rhin, à l’approche d'un scrutin régional historique dont l'issue s'annonce d'ores et déjà fracassante.
La formation nationale-conservatrice, portée par les plus récentes projections électorales en Saxe-Anhalt pour le prochain scrutin du 6 septembre 2026, s’apprête, en cas de victoire, à diriger le tout premier gouvernement régional de son histoire. Une ascension fulgurante qui témoigne du divorce consommé entre la base populaire et les « élites » au pouvoir.
Mais cette guerre ouverte des mots et les accusations répétées de dérive extrémiste ne doivent pas faire oublier que le parti d'opposition, fort d'un ancrage populaire croissant en ex-Allemagne de l'Est, assume désormais des positions nettement hostiles aux privilèges financiers historiques des confessions religieuses.
De quoi terrifier la pléthorique et richissime bureaucratie de l'Église d'Allemagne, constituée de milliers de laïcs et de permanents grassement rémunérés. Les cadres ecclésiastiques ne sont visiblement pas prêts à renoncer à un modèle fiscal d'État qui assure leur opulence matérielle. « Puisque les Églises ne transmettent plus le cœur du message chrétien et s’activent principalement dans un militantisme politique de gauche, elles ne peuvent plus prétendre à des passe-droits fiscaux », dénoncent en substance les partisans de l’AfD, qui ciblent directement le système séculaire de l’impôt sur la religion (Kirchensteuer) et les subventions d'État directes.
Mgr Gerhard Feige, évêque de Magdebourg, est l’un des prélats en première ligne qui tente d'enrayer cette dynamique en appelant les fidèles à fuir le parti rebelle. Dans son propre diocèse, la réalité des chiffres est pourtant cruelle : sur 66 000 catholiques enregistrés fiscalement, à peine 7 000 assistent encore à la messe dominicale. Un désert spirituel flagrant qui sanctionne l’échec d’une pastorale sécularisée, où les églises se vident à mesure que l'appareil administratif se boursoufle.
Luke Coppen, dans les colonnes du média catholique The Pillar, réagit dans le même sens, rappelant que la fortune légendaire des évêques allemands constitue en réalité leur « ultime vulnérabilité » face à un pouvoir résolu.
L'ironie est totale, d'autant que le député de l'AfD Malte Kaufmann a récemment confié avoir rencontré le Pape Léon XIV au Vatican, affirmant que le souverain pontife s'était montré réceptif à sa défense des valeurs familiales traditionnelles : un camouflet pour l'épiscopat local, alors qu’il n'y a désormais « aucune raison de croire » que les prélats conservent la moindre autorité morale sur le choix des électeurs.
À quelques mois de ce rendez-vous électoral décisif du 6 septembre prochain, l'offensive financière programmée par l'AfD, face à un épiscopat déjà lourdement épinglé pour les dérives hétérodoxes et dispendieuses de son « Chemin synodal », est un très mauvais signal lancé en direction du progressisme ecclésial allemand. https://t.co/5MnxqpmYkG
Le prieuré Notre-Dame du Pointet (France), fondé en 1976, a célébré ce week-end de la Sainte Trinité son 50ᵉ anniversaire en présence du Supérieur général de la FSSPX, l'abbé Davide Pagliarani, du Supérieur du district de France, l'abbé Gonzague Peignot, et du Secrétaire général, l'abbé Foucauld Le Roux.
Conférences, témoignages, évocation de l'histoire du premier prieuré de France par l'abbé Delagneau (dont il est prieur depuis 40 ans), théâtre, concert, spectacle des enfants de la Croisade eucharistique, ainsi qu'une grande messe solennelle ont rythmé ces deux journées de fête, de prière et de retrouvailles. Plus de 300 personnes se sont réunies pour le repas anniversaire dans une atmosphère familiale et chaleureuse.
Deo gratias pour ces cinquante années de fidélité au service de la Tradition !
Photos : L-M Grossler
Mgr Bernard Fellay a conféré le sacrement de confirmation à 47 fidèles au prieuré de Brno (République tchèque) en ce mois de mai.
https://t.co/tiY1DGrbQN
La requête pour un plus grand sens du sacré qualifiée de pathologique par un liturgiste.
L'intérêt croissant pour la liturgie traditionnelle chez les jeunes gens suscite des réactions plus ou moins élégantes. Dans la ligne du pape François qui soupçonne un déséquilibre chez les prêtres concernés, c’est un érudit du diocèse de Strasbourg, professeur à l’université de « Miséricorde » de Fribourg, qui qualifie ce mouvement de pathologique.
Comme on peut s’y attendre, il y voit un « repli identitaire » motivé par la « peur devant ce qui va venir », et fondé sur une « profonde subjectivité » puisque ces jeunes gens ont l’outrecuidance de décider eux-mêmes ce qui satisfait leur aspiration plutôt que d’écouter les savants. Les usages liturgiques anciens lui font penser aux incantations des prophètes de Baal.
L’article fait référence au père Congar, qui dans la lancée du Concile pensait devoir éclaircir la notion de sacré en affirmant que le Nouveau Testament déclare sacré « tout ce qui est sanctifié par l’usage de l’homme ». Ce faisant, il abolit le sacré de l’Ancien Testament ; l’ancienne Loi sépare en effet farouchement les lieux, les objets, le peuple même, êtres sacrés, du profane et de l’impur ; de son côté, Jésus affranchit du Temple, des rituels de purification, et des rigueurs du sabbat ; à sa suite les Apôtres triompheront des judaïsants qui veulent imposer les usages juifs aux païens baptisés : désormais rien n’est exclu de la présence de Dieu. Le Concile parlait de son côté du rôle des laïcs dans la « consécration du monde » à la suite du Sauveur qui « s’est en quelque sorte uni Lui-même à tout homme » (n°22 §2).
A vrai dire le même Congar avait remarqué que, si rien n’est profane, alors tout est sacré. Et profane. Alors on traite aujourd’hui la liturgie avec la même désinvolture que le quotidien, et il n’y a plus à s’étonner qu’un diacre chante du Claude François devant l’autel, puis que des fidèles donnent la communion à leur chien. Même le péché, devenu courant, se voit affublé de manière blasphématoire des attributs du sacré au point que des catholiques fassent de l’homosexualité une sorte de vocation divine.
Si le culte divin n’exprime pas la foi et la doctrine, et ne signifie pas l’adoration due à Dieu au moyen de signes sensibles expressifs de vénération, si la doctrine révélée n’est pas intouchable, alors on finit par penser – et prier – comme on vit. Tout le jargon des savants n’y changera rien ; de toute façon la liturgie conceptuelle de ces érudits n’aura pas plus de public que l’art conceptuel contemporain. Ce qu’il y a en face de ces bien portants, c’est un authentique sensus fidei fidelium. Les pèlerinages de la Pentecôte montrent que son cadavre bouge encore. https://t.co/k9lcbhZXSK
Il y a des lieux qui ont la mémoire longue. La Sapienza, l'une des plus vieilles universités d'Europe, fondée au XIVe siècle par le pape Boniface VIII lui-même, en est un. C'est là que Léon XIV s'est rendu le 14 mai 2026 pour y prononcer une allocution devant l'Aula Magna — accomplissant ainsi, dix-huit ans après, ce que son prédécesseur Benoît XVI n'avait jamais pu faire.
Jusqu’ici, La Sapienza faisait l’effet, dans la Péninsule, d’une blessure toujours ouverte dans les relations entre l'Église et l'intelligentsia laïque italienne. En janvier 2008, Benoît XVI avait dû annuler en catastrophe sa venue à l'université romaine, poussé dehors avant même d'avoir franchi le seuil. Jamais, dans l'histoire contemporaine, un pape n'avait été contraint d'une telle retraite face à une institution académique de la capitale. Ses prédécesseurs — Paul VI en 1964, Jean-Paul II en 1991 — y avaient été accueillis sans encombre.
Le déclencheur de la polémique était, avec le recul, d'une minceur consternante. Des enseignants-chercheurs avaient exhumé une phrase prononcée dix-huit ans plus tôt par le cardinal Ratzinger, lors d'une conférence donnée… à La Sapienza elle-même. Il y citait le philosophe des sciences Paul Feyerabend, qui avait soutenu que, du temps de Galilée, « l'Église était restée bien plus fidèle à la raison que Galilée lui-même ». Une provocation, aux yeux de ses détracteurs. Une nuance philosophique, à ses propres yeux.
L'argument de celui qui exerçait alors la fonction de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi était pourtant limpide : l'affaire Galilée ne saurait se réduire au récit simpliste, hérité des Lumières, d'une Église obscurantiste face à la science triomphante. En citant également le physicien Carl Friedrich von Weizsäcker — qui avait travaillé sur le programme nucléaire nazi — il entendait montrer que le progrès scientifique n'est pas, en soi, synonyme de progrès moral. Que la technique, sans régulation éthique, peut mener au pire.
Mais ces nuances se perdirent dans le tumulte. Les étudiants occupèrent le bureau du recteur. Le ministre de l'Intérieur évoqua des risques de heurts avec des groupes extrémistes. Le Vatican trancha : la visite serait annulée, « par prudence », selon le cardinal Bertone. Benoît envoya son texte par écrit. Il ne se déplaça pas.
L'affaire avait alors suscité un malaise profond, y compris dans les milieux laïcs. Le mathématicien Giorgio Israel, dans les colonnes de L'Osservatore Romano, avait souligné le paradoxe avec une ironie cinglante : ceux qui se réclamaient de Voltaire et de la liberté d'expression venaient d'interdire de parole celui avec qui ils étaient en désaccord. Les universités italiennes, observait-il, s'avéraient ouvertes à toutes les voix — sauf à celle du pape. Comme l'écrivait Israel, la culture laïque avait là révélé son vrai visage : non pas celui du débat, mais de la diabolisation.
Ceux qui accusaient Benoît XVI d'être hostile à la méthode scientifique reproduisaient en réalité la même intolérance qu'ils lui prêtaient — en réduisant au silence une voix avec laquelle ils n'étaient pas d'accord.
Autant dire que le pape Léon XIV était attendu au tournant, ou plutôt au guichet de la prestigieuse université. D’autant plus que les médias, lors de son duel à fleuret moucheté avec Donald Trump, n’avaient pas hésité à titrer - faisant allusion à la signification latine de son nom - « Léon, un lion qui sait rugir quand il le faut ».
Mais le nouveau pape a été accueilli sans incidents et a retrouvé une institution désireuse de tourner la page. Il faut dire que le pontife romain avait choisi de faire oublier l’humiliation infligée à son prédécesseur, se contentant, dans une allocution « lissée » par ses services de communication, de « dénoncer la guerre, critiquer le culte de la performance et lancer un appel pour une ‘alliance éducative’ fondée sur la justice et l’écologie », comme le rapporte le site d’informations officiel du Saint-Siège : pas de quoi effaroucher un progressiste. Les graves latinistes de La Sapienza ont pu se remémorer l’adage romain : Ne timeas leonem pictum - Ne crains pas le lion quand il est peint sur le mur… https://t.co/uf3cgtp8Yy
Plus de 800 fidèles de la chapelle de la FSSPX de Libreville ont effectué le pèlerinage annuel de Pentecôte au sanctuaire Notre-Dame du Gabon.
Mission Saint Pie X : https://t.co/7aWHWmnyp3
FSSPX.Actualités : Ces derniers mois, en dehors de la Fraternité, des voix se sont fait entendre pour la soutenir. Mgr Athanasius Schneider, notamment, a pris la parole à plusieurs reprises à propos des sacres. Comment expliquez-vous sa détermination ?
Don Davide Pagliarani : J’avoue que ce soutien à la Fraternité m’a profondément touché. Plusieurs prêtres diocésains nous ont témoigné leur reconnaissance et leurs encouragements, et plusieurs évêques également. Je tiens à les remercier tous.
Ne pouvant tous les nommer ici, je voudrais remercier à un titre particulier Mgr Strickland, pour son message plein de force, de clarté et de courage. Et bien sûr Mgr Schneider : cet évêque a fait preuve d’un grand courage et d’une liberté de parole qui montrent que l’on a affaire à un homme de Dieu, désintéressé, réellement préoccupé par le bien des âmes. Je crois que son soutien, et tout ce qu’il a pu dire au cours de ces derniers mois, va passer à l’histoire. Je suis persuadé que cela n’est pas important seulement pour la Fraternité, mais plus encore pour tous les évêques du monde. C’est un signe objectif d’espérance : sa parole montre que la Providence peut en tout temps susciter des voix qui disent la vérité avec courage et fermeté, sans craindre d’éventuelles conséquences personnelles.
Avant lui, Mgr Huonder, entré dans l’éternité il y a deux ans, nous encourageait déjà positivement à procéder à des sacres. Lui et Mgr Schneider avaient tous deux été chargés par le Vatican du dialogue avec la Fraternité : à la différence d’autres interlocuteurs, ils ont su écouter et comprendre.
Entretien intégral : https://t.co/GLHFHFetp1