La lecture n’est pas qu’une distraction ; elle est aussi une source d’inspiration pour l’esprit. Elle façonne une intelligence capable de suivre la complexité du réel, là où le manque de lecture expose davantage à la simplification, aux jugements hâtifs et aux idées toutes faites. #Lire, c’est se donner les moyens d’une liberté intérieure, celle de juger par soi‑même, de résister aux slogans, de reconnaître la vérité dans le tumulte.
Mais un phénomène nouveau se développe, un entre‑deux qui ressemble à la lecture sans en porter l’exigence. On survole des résumés, des citations, des fragments qui donnent l’impression de comprendre alors que nous ne faisons, à travers eux, qu’effleurer les idées. Ce geste rapide flatte l’esprit tout en l’appauvrissant, car il substitue une illusion de savoir à la rigueur de l'apprentissage.
La #lecture véritable exige du temps, de la solitude, de la lenteur. Elle réclame une attention que notre époque détourne sans cesse, mais c’est précisément cette discipline qui élève la pensée. L'individu qui néglige ce travail s’appauvrit, car ses idées perdent en profondeur et ses échanges en clarté. À l'inverse, celui qui lit avec constance ne se borne pas à accumuler des connaissances : il développe une indépendance d'esprit qu’aucun influenceur ni bonimenteur ne peut dominer.
Il devient très probable que la végétation du Centre-Ouest de la France subisse une conjonction rarissime de facteurs physiques conduisant à une HWFD (Heat Wave Flash Drought), plus communément appelée « sécheresse éclair » ou « effet sèche-cheveux » : des températures dépassant 42°C, une humidité relative inférieure à 20 % et des vents supérieurs à 30 km/h.
Cette combinaison extrême accélère brutalement l'évapotranspiration et l'assèchement de la végétation. Les plantes peuvent alors basculer en quelques heures d'un état de stress hydrique modéré à une situation critique, avec des chutes de feuilles massives observables à l'échelle de paysages entiers, parfois sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés. Dans ces conditions, l'irrigation apporte souvent peu de bénéfices immédiats : le problème n'est plus seulement le manque d'eau dans le sol, mais un stress thermique d'une intensité exceptionnelle.
En France, le principal cas documenté de ce phénomène reste celui du 28 juin 2019, lorsque des millions de plantes et d'arbres ont perdu une partie de leur feuillage en quelques heures seulement sous l'effet de températures extrêmes, d'un air très sec et d'un vent desséchant. C'est d'ailleurs le seul cas aussi extrême documenté au monde.
Il est essentiel de documenter ce qui pourrait constituer un nouveau cas majeur en France. Si vous le pouvez, photographiez chaque jour votre jardin, un arbre, une haie ou un paysage végétalisé depuis exactement le même point de vue, à partir d'aujourd'hui et pendant les dix prochains jours. Ces observations pourraient constituer un témoignage précieux de la vitesse à laquelle la végétation réagit à un événement climatique d'une telle intensité.
Pour la première fois au monde, on peut anticiper grâce au site gratuit https://t.co/ux75RhIRum rubrique "végétaux", "effet sèche cheveux".
#canicule #vigilancerouge
Inrae vs Arvalis : qui dit vrai ?
Les deux institutions ne parlent pas du même sujet, et c'est là le nœud du problème.
L'Inrae a testé pendant 10 ans des systèmes agricoles conçus dès le départ pour fonctionner sans aucun pesticide — rotations longues, variétés résistantes, bandes fleuries, désherbage mécanique. Sur ces systèmes, leur conclusion est claire : c'est techniquement faisable, et économiquement viable dans 80 % des cas, avec un revenu entre 2 et 3 Smic pour l'exploitant.
Arvalis, de son côté, évalue ce qui se passe quand on supprime brutalement les pesticides sur des exploitations existantes, conçues pour en utiliser. Dans ce cas-là, les pertes sont réelles et documentées : sans traitement fongique seul, le blé perd en moyenne 17,5 quintaux par hectare, soit 25 % de la récolte. Arvalis conclut logiquement que le "zéro phyto" à court terme est impossible sans casse économique sérieuse.
Le commentaire sous l'article, qui cite Arvalis pour contredire l'Inrae fait donc une erreur de comparaison. Ce n'est pas qu'un des deux ment — c'est qu'ils mesurent deux choses différentes. L'Inrae mesure un système repensé. Arvalis mesure une transition sur l'existant. Ce sont deux questions légitimes, mais elles n'ont pas la même réponse.
Ce qui est vrai dans les deux cas : les rendements bruts baissent sans pesticides (l'Inrae l'admet). Et cette baisse peut être compensée économiquement si le système est conçu pour ça — ce qu'Arvalis n'a pas testé dans ce scénario précis.
Sources
Inrae, communiqué officiel Rés0pest, février 2026 : https://t.co/yzgP3cKCDS
Arvalis, "Réduction des phytos : une transition engagée mais de longue haleine", février 2018 : https://t.co/lzSza4zHPY
Inrae, étude sur 946 exploitations (réduction 30-42 % sans perte de rentabilité dans 77 % des cas) — résumé via Terragrow : https://t.co/niJmJ937gj
Générations Futures, analyse Rés0pest, mars 2026 : https://t.co/gb2MRjkWwz
"En été il fait chaud"
4 ans qu'on nous ressort la même à chaque #canicule.
La réalité est que nous vivons notre 2ème canicule avant même que le solstice d'été n'ait été atteint, alors qu'au XXe siècle c'était une tous les 5 ans.
40°C en France c'est pas l'été, c'est l'enfer.
L'été en France c'est 24 à 28°C selon les régions, 30°C en Méditerranée.
Vous n'êtes pas contents ?
Il y a un vol Paris - Marrakech à 14h25, un autre ce soir à 20h55.
Sinon il y a :
• Dubaï
• Riyad
• Abou Dhabi
• ou Adana.
Car là réalité est que ces températures extrêmes (>40°C) induisent des conséquences terribles sur la biodiversité dont dépend le secteur agroalimentaire.
Les cultures de maïs, blé et orge, les légumes et les vignes se retrouvent rapidement en situation de stress hydrique et thermique.
La croissance est limitée et le rendement aussi en conséquence.
Et puis l'élevage également. Les vaches produisent moins de lait dans ces conditions, les pâturages se dessèchent et les feux de végétation se retrouvent largement amplifiés par ces conditions.
Ces températures ne sont habituellement enregistrées que dans des régions désertiques. Pas de végétation, peu d'infrastructures, rien.
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«Alors comment font ces gens qui vivent à Dubaï ou Marrakech ? La clim ✨ La voilà la solution.»
Et bien non. Un 40°C en France ou en Arabie Saoudite ne sera pas le même.
En France, la végétation, l'influence océanique, la géologie des sols et les cours d'eau injectent beaucoup plus d'humidité dans l'atmosphère que dans les régions désertiques.
Lorsque l'air est à la fois très chaud et humide, le corps ne peut plus transpirer (évapotranspiration) correctement. Il ne peut donc plus se refroidir naturellement et conduit au coup de chaleur. La chaleur "française" sera donc bien plus difficile à supporter qu'au Moyen-Orient.
Un 40°C à Dubaï en termes de ressenti humidex, peut équivaloir à un 34 à 36°C en France.
Inversement, un 40-41°C en France sera globalement ressenti comme un 44-46°C à Dubaï.
Un 42-43°C en France, comme annoncé dans l'ouest en début de semaine prochaine, équivaudrait à un 47-50°C dans un désert sec.
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Donc faisons un petit schéma comme en maternelle pour faire comprendre à ces gens comment ça marche :
Faut-il annuler la Fête de la Musique cette année ?
L’idée peut paraître excessive, mais elle pose une vraie question.
Comment organiser des événements de masse lors de fortes chaleurs de plus en plus fréquentes ?
1/11
C’est aussi une question d’urbanisme climatique et de stratégie d’adaptation des villes aux épisodes de chaleur.
Il faut intégrer le fait que ces rassemblements peuvent produire de l’exposition et de la vulnérabilité en cas de fortes chaleurs.
8/11
Une camarade de 3eme vient d'expliquer à l'un de mes jumeaux que "mettre un point à la fin d'un texto, c'est froid et distant"...
Un ami lituanien me dit, de son côté, que les jeunes lui déconseillent fortement de mettre dans ses messages une majuscule en début de phrase, voire de ponctuer son texte. Car : "Quelqu'un qui écrit avec une syntaxe et une ponctuation soignées peut être perçu comme condescendant..."
Et quand j'interroge Grok, pour savoir si c'est une maladie très répandue, cette bestiole m'explique froidement :
- "Écrire tout en minuscules est devenu un marqueur stylistique de relâchement assumé. Cela signale : je ne fais pas d'effort rhétorique, je parle comme je pense ."
Bref, cela signale que je suis cool et sincère...
Génial.
Nous avons donc, en quelques années, régressé de mille deux cents ans. Au moins.
-Au départ, les Grecs et les Romains écrivaient tout en majuscule, sans séparation entre les mots, sans point en fin de phrase. Ce qui rend leurs textes extrêmement pénibles à déchiffrer.
- Ce n'est qu'au IVe siècle après Jésus-Christ que les scribes commencent à inventer les lettres minuscules.
- Au VIIe siècle, les moines irlandais copiant des textes latins commencent à introduire systématiquement des espaces entre les mots.
- Au VIIIe siècle, Charlemagne, lui, instaure la majuscule en début de phrase, le reste étant en minuscules (ce qui permettait de placer plus de texte dans une seule page, donc d'économiser du parchemin, ce matériau étant extrêmement cher)
- Au XIIe siècle, les Universités inventent ensuite le paragraphe, qui permet de donner un peu de respiration à un texte.
- Et ce n'est qu'à la fin du XVe siècle que le génial Alde Manuce, imprimeur et humaniste vénitien, invente la virgule et le point-virgule dans ses éditions des grands textes antiques (c'est aussi lui qui crée l'italique : trop fort🙂).
Bref, du Ve av. J.-C. au XVe siècle ap. J.-C. : il a fallu 20 siècles pour rendre nos textes lisibles.
Mais aujourd'hui, des zoulous de la "Gen. Z" ont décidé que tout ceci était "froid et condescendant".
Le raisonnement est délicieux : les points en fin de phrase, la majuscule en début... font perdre un peu de temps, quand on pianote sur un écran.
Certes, cela rend les messages bien plus lisibles, pour celui à qui le message s'adresse; mais cela demande à celui qui le rédige un petit effort supplémentaire.
Et ça, c'est pas cool.
Résultat : si je refuse de faire un effort pour les autres, et que je les oblige à en faire un... je ne suis pas une grosse feignasse égocentrique.
Non : je manifeste, tout au contraire, combien je suis cool et sympa.
Question de génération, surement.
Ok boomer, tout ça, tout ça...
Mais j'avoue, pour ma part, que je trouve ce genre de philosophie un zest paradoxal.
Voire un peu agaçant.🙂
🔴🇫🇷 ALERTE — La messagerie gouvernementale Tchap serait visée par une fuite de données impliquant plus de 73 000 agents de l'État, 643 000 messages et près de 3 ans d'échanges internes.
Tchap est la messagerie officielle de l'administration française. Elle est notamment utilisée par des agents du ministère de l'Intérieur, du ministère des Armées, du ministère de la Justice, ainsi que d'autres administrations et organismes publics pour leurs échanges professionnels quotidiens.
Selon les revendications publiées sur le dark web, plus de 73 467 agents, 643 459 messages, 876 salons de discussion et 59 386 fichiers média représentant environ 13,5 Go de données auraient été accessibles depuis un compte compromis.
Les horodatages observés dans les échantillons publiés suggèrent que les données pourraient couvrir une période allant de juin 2023 à juin 2026, soit près de trois années de conversations, documents et fichiers partagés.
Les données et informations potentiellement exposées comprendraient notamment :
👉 noms d'affichage d'agents publics
👉 adresses de messagerie professionnelles gouvernementales
👉 historiques de conversations
👉 messages échangés dans les salons
👉 informations relatives aux ministères et administrations
👉 fichiers et documents partagés sur la plateforme
👉 liens de visioconférences Zoom et Webex
👉 métadonnées de comptes et d'équipements
👉 informations issues de salons collaboratifs interministériels.
Le cybercriminel affirme également avoir eu accès à des salons regroupant des agents de plusieurs ministères, notamment l'Intérieur, les Finances, les Armées, la Justice ou encore l'Éducation nationale.
@Fabrice50687716@soubremarieanne Au collège, le prof de français demandait toujours aux filles qui portaient des jupes courtes d'aller au tableau... mais d'y écrire tout en haut, et il les faisait monter sur une chaise pour qu'elles puissent le faire.
Le fait qu'il mate sous les jupes était "normal" pour tous 🤮
⚠️ Sur demande du procureur, la DGCCRF a mené une enquête pour pratique commerciale trompeuse concernant un dysfonctionnement affectant certaines manettes Joy-Con de la console Nintendo Switch 1 lancée en mars 2017.
En savoir plus⤵️
https://t.co/a0UD6jDVZo
🗣️En tant que cancérologue, et en me basant sur le niveau de preuve disponible, je suis aujourd’hui bien plus préoccupé par la malbouffe chez les enfants que par certains risques dont on nous abreuve quotidiennement (eau, acétamipride, etc…)
Les aliments ultra-transformés, le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque solides, documentés, notamment pour les maladies cardio-métaboliques et plusieurs cancers.
L’IARC a notamment rapporté une association entre forte consommation d’aliments ultra-transformés et risque accru de multimorbidité cancer/cardio-métabolique.
Mais politiquement, c’est moins rentable : on ne peut pas accuser facilement un gouvernement, un ministre ou une loi.
On touche à la responsabilité individuelle, aux habitudes familiales, aux contraintes économiques, au marketing alimentaire, au temps disponible, à l’éducation nutritionnelle.
Et c’est là que le sujet devient profondément social : cette malbouffe frappe davantage les ménages défavorisés.
Ceux qui ont le moins de moyens sont aussi ceux qui subissent le plus l’environnement alimentaire le plus délétère.
La double peine.
Bien sûr. C'était comme ça au collège, au lycée et aussi à Aix-Marseille Université (est-ce que ça a changé ?)...
https://t.co/mUYXfznlLV #balancetestoilettes
Le fait de déployer les voiles en journée et de les replier la nuit est traditionnellement pratiqué dans les cours intérieures en Espagne et au Mexique.
Qu’attendons-nous pour hisser les voiles et mettre le cap sur l’adaptation réelle de nos villes ?
FIN 13/13
Des mesures réalisées à Cordoue montrent une diminution de la température de surface du sol pouvant atteindre 16°C sous les voiles d'ombrage.
Pourtant, cette solution reste quasiment absente des villes françaises.
3/13 https://t.co/9boZzImkCl
Le cookie est mort alors ils ont cuisinés une nouvelle merde pour vous traquer 👉
Utiq, c'est un système de tracking qui n'a pas besoin de cookie. Il utilise votre opérateur télécom.
Le site que vous visitez transmet votre IP à Utiq. Utiq la transmet à Orange, SFR ou Bouygues. Votre opérateur crée un identifiant lié à votre numéro de téléphone. Et cet identifiant vous suit sur tous les sites partenaires.
Vider votre cache ne change rien. La navigation privée non plus. C'est cross-plateforme. Votre IP = votre identifiant publicitaire. Formidable.
Derrière Utiq, on trouve Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone. Les opérateurs qui transportent vos données depuis 20 ans viennent de décider qu'ils allaient aussi les monétiser.
C'est présenté comme une alternative "éthique et européenne" aux GAFAM. 😂
Vous échangez Google contre votre opérateur télécom. Qui connaît votre numéro de téléphone, votre adresse, et tout votre trafic réseau.
Cliquez sur Rejeter.
Olythe : triple médaille au concours Lépine pour "l'éthylotest protoxyde d'azote"
L'OCIN₂O, le premier test portable de protoxyde d'azote, lors d'un contrôle routier. Grâce à la spectrométrie infrarouge miniaturisée, l'appareil permet aux forces de l'ordre de détecter la consommation de "gaz hilarant" dans l'air expiré. https://t.co/3zSxpPfyfw
Les grimpantes sont-elles des délinquantes ?
Dans le monde de l’architecture et de l’urbanisme, elles ont souvent mauvaise réputation.
Pourtant, les plantes grimpantes ont des qualités largement sous-estimées...
UN FIL 1/11
🇸🇳🗣️ "On leur a fait croire que si tu tues un homosexuel, tu vas aller au paradis". Au Sénégal, la traque des homosexuels s'intensifie. Des centaines d’hommes ont été interpellés ces dernières semaines, dont un Français de 30 ans. Ils risquent jusqu’à 10 ans de prison, certains sont lynchés directement par la population. #JT20h
Women: I want to go for a run.
Society: You can’t go alone. You’ll get raped.
Women: I want to walk to my car in the parking garage.
Society: Alone? You better get someone to escort you, or you’ll get raped.
Women: I want to live alone.
Society: You need a gun, an alarm system, a dog and probably a gun for the dog too.
Women: What about going to the park?
Society: Dangerous.
Women: Okay, I’ll just go out for a drink then.
Society: Don’t take your eyes off your drink. Watch out for predators spiking your drinks. Stay alert at all times.
Women: I was raped.
Society: Are you sure? That just seems impossible.
Merci à Christophe Clavé pour cet éclairage sur l’appauvrissement de la langue et la ruine de la pensée 🙌
"La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.
La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.
Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.
Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible.
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans « 1984 » à Ray Bradbury dans « Fahrenheit 451 » qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.
Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.
Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur ? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu ? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants : faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté."
Christophe Clavé