@nid1200 Sans parler également du fait qu’ils confondent milliardaires et grandes entreprises. J’aimerais bien qu’il me dise c’est qui le milliardaire qui se cache derrière SNCF ou encore EDF ?
Non. Le problème n'est pas que "les Français ne bossent pas assez"; qu'ils ne font pas assez d'heures de travail.
C'est qu'aujourd'hui, ils bossent mal, et ne produisent pas assez de valeur par heure de travail.
On appelle cela la productivité. C'est une mesure essentielle, en économie. Cruciale.
Et cela se mesure. La productivité : c'est le PIB réel, divisé par le nombre total d'heures travaillées.
Bref, la productivité mesure l'efficacité avec laquelle une économie transforme des ressources utilisées en valeur produite.
Pendant longtemps la France a fait d'énormes progrès en la matière; jusqu'à rattraper la productivité américaine. Et notre pays était, sur ce plan, bien meilleur que les autres pays européens.
Mais depuis 20 ans, patatras. En France, aujourd'hui la productivité se réduit - et nettement plus fortement que dans les autres grands pays.
Voir graphiques ci-dessous.
POURQUOI ?
1. Les compétences.
Commençons par le plus désagréable pour nous : parce que nous sommes mauvais et incompétents.
L'OCDE estime en 2026 que le déficit de compétences des adultes (salariés... et dirigeants) explique environ la moitié de l'écart de productivité sectorielle avec les pays les plus performants. La moitié.
Ce n'est pas qu'on est plus bêtes que les autres. Cela signifie que le système éducatif et la formation professionnelle ne forment pas aux compétences dont les entreprises ont besoin, notamment dans les domaines techniques et numériques.
Solutions : renforcer considérablement les maths/sciences au collège et au lycée ; développer l'apprentissage industriel et technologique ; former massivement aux logiciels, à l'IA, à l'automatisation et à la maintenance ; évaluer réellement les résultats de la formation professionnelle ; financer davantage les formations débouchant effectivement sur des emplois productifs ; attirer des ingénieurs, chercheurs et techniciens étrangers. Etc.
Au départ, l'éducation est la clef de tout.
2. L'innovation.
Pendant les Trente Glorieuses, la France a énormément augmenté sa productivité en rattrapant les technologies et méthodes déjà disponibles aux États-Unis : mécanisation, électrification, automobile, chimie, informatique, grandes infrastructures, etc. Il était facile d'imiter.
Mais aujourd'hui, l'innovation marque le pas. L'OCDE l'a également souligné, à juste titre. La France dispose d'entreprise très pointues. Mais la diffusion des technologies de pointe (notamment : numériques) vers les entreprises "ordinaires" est insuffisante. Il existe une résistance, parfois volontaire, à l'usage de ces technologies. Une méfiance, même, dans l'esprit du public - et dans le monde du travail.
Solutions : amortissement fiscal accéléré des investissements numériques et robotiques ; aide temporaire à la transformation numérique des PME ; généralisation de l'IA dans les fonctions administratives répétitives ; numérisation complète des procédures publiques ; formation des salariés à l'utilisation de l'IA ; partage sécurisé des données publiques utilisables par les entreprises. Etc.
L'objectif n'est pas tant de créer une "start up nation". C'est de faire utiliser l'IA et les nouvelles technologies par 5 millions d'entreprises et de travailleurs.
3. L'investissement.
La France investit. Mais assez mal.
a. L'OCDE souligne en 2026 un sous-investissement persistant dans les actifs incorporels : logiciels, données, propriété intellectuelle, organisation, compétences, etc. Qui sont pourtant, aujourd'hui, des facteurs clefs pour la production de valeur.
b. La France désinvestit plus lentement dans les secteurs les moins rentables que ses partenaires. Et moins vite dans les secteurs porteurs.
En France, après 2008, cette réallocation des ressources vers les entreprises les plus productives s'est fortement ralentie.
Motifs, entre autres : les obstacles réglementaires à la création et à la croissance des entreprises.
Idem : des entreprises ont conservé des salariés malgré une activité temporairement insuffisante, ce qui fait mécaniquement baisser la productivité mesurée.
L'OCDE parle désormais plus largement d'un affaiblissement du dynamisme économique : moins de création d'entreprises innovantes, moins de mobilité et moins de renouvellement économique.
c. La désindustrialisation a été plus forte, en France. Or c'est dans ce secteur, globalement, que la productivité est généralement la plus élevée.
Solutions : privilégier les secteurs industriels dans lesquels la France peut réellement être compétitive.
Par ailleurs : la productivité dépend énormément du capital disponible par salarié. Il faut donc favoriser la robotisation ; machines ; logiciels ; infrastructures numériques ; recherche-développement ; brevets ;
équipements industriels. Et rendre la fiscalité stable sur 10–15 ans : une entreprise n'investit pas facilement 500 millions d'euros si elle pense que les règles fiscales peuvent changer tous les deux ans.
Idem : réduire drastiquement les délais administratifs maximums pour les investissements industriels stratégiques : une usine qui met 7 ans à obtenir toutes ses autorisations est une usine mort née.
Enfin : réduire drastiquement la complexité réglementaire. Et rendre bien plus compétitif le secteur public, en réduisant notamment la production de règles et de contrôle.
Cela ne signifie pas nécessairement qu'il faille "supprimer des fonctionnaires". Il y en a davantage dans les pays scandinaves. Cela veut dire qu'ils doivent travailler mieux et plus vite sur les sujets essentiels.
L'administration française travaille plutôt bien; mais trop sur des choses en partie inutiles.
Résultat : en France, il faut, en moyenne, 776 jours, en justice, pour régler les affaires civiles contentieuses en première instance. Contre 265 jours au Danemark. Et ce genre de chosespèse sur l'ensemble de l'économie.
Il y a bien d'autres raisons qui expliquent pourquoi la productivité française est trop basse.
Mais ces trois là sont probablement les principales.
Le problème n'est donc pas vraiment de faire produire les Français plus longtemps. Car, s'ils travaillent davantage sans être efficaces, cela ne servira pas à grand chose.
Le problème, c'est de faire en sorte qu'ils travaillent mieux, pour produire davantage. 🙂
PS. Et c'est un problème qui devrait être central, dans le programme d'une gauche moderne et intelligente.
Car si la productivité est faible, il y a moins d'argent produit.
Donc moins d'argent à partager pour réduire les injustices sociales et mener une politique écologique sérieuse...
@Djame_ Mon dieu, des français qui gagnent plus que les SMIC suisses ! Dépouillons ces super riches bourgeois qui ont gagné leur pain à la sueur de leur front.
Ceux qui crient c’est ceux qui vont payer les pots cassés de vos bêtises. C’est à dire les français avertis.
Votre blabla sur la dette qu’il faudrait mettre au frigo ne sert à rien puisque les réserves subsistent. Vous cherchez juste mettre la lumière sur vous.
Est-il possible d'avoir un débat sérieux sur la question de la dette au lieu des insultes qui pleuvent sans démonstration ? Ma proposition est celle de dizaines d'économistes de nombreux pays. Elle mérite mieux que des anathèmes. Ceux qui crient sont les auteurs de la dette. Et ils donnent des leçons ?
@ALbaccardi On te parle pas du mois, supposons qu’un génie sorti d’une bouteille évian te propose que ces deux alternatives. On s’en fout qu’il y’ait d’autres mondes possibles. Tu choisis quoi ?
@ALbaccardi C’est une putain d’expérience de pensée comparative à deux entrées oui il n’y a que deux seule possibilité à comparer.
| Égalité | Inégalité
Pauvre | A | nul
Riche | nul | B
@ALbaccardi Parce qu’on veut comparer deux valeurs: richesse et égalité.
Donc il n’y a que 4 possibilités dont 2 qui sont inutiles pour permettre de hiérarchiser ces valeurs.
Donc oui il n’ya que deux choix possibles. Peu importe ce que tu préfères. Parmi ces deux cas, que choisis tu ?
@ALbaccardi Tu réponds toujours pas. Ma question était la suivante:
Tu préfères
a) une société égalitaire où tout le monde a un patrimoine de 10€
b) une société inégalitaire où le plus pauvre a 100€ et le plus riche 1 G€ ?