La démocratie congolaise fait face à un double danger.
1. L’occupation rwandaise et les complicités internes
Le premier danger est lié à l’occupation rwandaise et à la complicité de certains enfants perdus de la République, qui travaillent à priver le peuple congolais de son droit souverain de décider librement de ceux qui le dirigent et de la manière dont il souhaite construire son avenir.
2. Les complicités politiques internes
Le deuxième danger réside dans certaines complicités politiques internes, motivées par l’égoïsme, les ambitions personnelles et la volonté de se positionner politiquement. Elles cherchent à empêcher que les divergences sur la gouvernance du pays soient tranchées démocratiquement par le peuple, au profit de conciliabules et d’arrangements politiques présentés comme globaux et inclusifs.
Dans les faits, de tels arrangements risquent de constituer un véritable hold-up sur la souveraineté populaire, alors que le peuple congolais est le seul véritable détenteur du pouvoir et le seul habilité à décider de qui doit le diriger et selon quelles orientations.
Voilà le tableau et, surtout, le sens du combat qui doit être celui de tout patriote républicain attaché à la démocratie, à la souveraineté nationale et à la primauté du peuple congolais.
Notre combat doit être celui de la défense de la République, de l’intégrité du territoire national et du droit imprescriptible du peuple congolais à décider librement de son destin.
Le peuple congolais doit rester le seul arbitre de son avenir.
Non à un dialogue qui affaiblirait les institutions démocratiques et la démocratie Congolaise au profit des forces infiltrées pro Rwanda ;Non à un dialogue qui affaiblirait la souveraineté populaire au profit d’une opposition dégagiste.Dialogue des intelligences patriotiques oui!
Pourquoi certains affirment-ils que la Constitution de 2006 est "née de la guerre" ?
Cette formule peut surprendre. Pourtant, elle renvoie à une réalité historique.
La Constitution actuellement en vigueur n'a pas été élaborée dans un contexte de stabilité. Elle est née au lendemain des guerres qui ont ravagé notre pays entre 1996 et 2003. À cette époque, la priorité était de mettre fin aux combats en réunissant autour d'une même table le gouvernement, les anciennes rébellions, l'opposition politique et la société civile.
L'objectif principal n'était donc pas de construire les institutions les plus performantes pour le développement du Congo. Il s'agissait avant tout d'éviter la reprise de la guerre.
C'est pourquoi notre Constitution porte l'empreinte de cette période : partage du pouvoir, recherche permanente d'équilibres politiques, multiplication des contre-pouvoirs et mécanismes destinés à rassurer les anciens belligérants.
Ces choix ont sans doute contribué au retour momentané de la paix. Mais vingt ans plus tard, une question légitime se pose :
Les institutions conçues pour sortir d'une guerre sont-elles forcément les mieux adaptées pour construire un État puissant, efficace et capable d'assurer le développement national?
C'est le véritable enjeu du débat sur la Quatrième République. Il ne s'agit pas de juger le passé, mais de se demander si les défis du Congo de 2026 sont les mêmes que ceux du Congo de 2003.
Le débat mérite d'être mené avec sérieux, sur la base de notre histoire et de l'intérêt supérieur de la Nation.
#QuatrièmeRépublique #Constitution #RDC #DébatNational #Institutions #GermainKambinga
Voilà ce que devrait être, en réalité, le cœur de la réflexion sur une nouvelle Constitution congolaise.
À partir de notre histoire, de nos réussites comme de nos erreurs, nous devrions nous demander quelles institutions correspondent réellement aux réalités congolaises et permettront enfin à notre pays d’exploiter pleinement son immense potentiel. Le Congo dispose de ressources stratégiques dont le monde entier a besoin et possède les atouts nécessaires pour devenir une puissance économique régionale avant d’accéder, à plus long terme, au rang des nations développées.
S’inspirer des expériences étrangères est utile. Mais reproduire mécaniquement des modèles conçus pour d’autres peuples relève d’une forme d’aliénation intellectuelle. Trop souvent, notre intelligentsia se contente d’importer des idées sans produire une réflexion originale adaptée au contexte congolais.
Pourtant, les faits sont clairs : la Constitution actuelle présente à la fois des problèmes intrinsèques et extrinsèques.
Les problèmes intrinsèques
Cette Constitution est née des compromis politiques conclus à l’issue des conflits armés. Elle visait notamment à intégrer durablement les anciens belligérants dans les institutions et à stabiliser le pays.
Vingt ans plus tard, les résultats restent discutables. La légitimité du pouvoir continue d���être contestée à chaque cycle électoral, transformant régulièrement les élections en crises politiques. Au lieu de consacrer cinq années au développement, le pays passe une grande partie de son temps à gérer des conflits de légitimité.
Même l’alternance pacifique de 2018, longtemps présentée comme la principale réussite du système, apparaît aujourd’hui relativisée par l’évolution du contexte politique et sécuritaire.
Les problèmes extrinsèques
Au-delà de ses limites internes, l’avenir même de cette Constitution est devenu incertain.
À mes yeux, cinq scénarios crédibles peuvent conduire à son remplacement ou à sa profonde transformation :
1. La victoire militaire du pouvoir légal, qui ouvrirait la voie à une réforme constitutionnelle destinée à renforcer l’État.Déjà en cours même sans victoire militaire constatée .
2. La victoire de la rébellion, qui entraînerait nécessairement l’adoption d’un nouvel ordre constitutionnel.
3. Une négociation politique et un partage du pouvoir, nécessitant un nouveau cadre institutionnel comparable à celui mis en place après Sun City.
4. Un coup d’État, dont les auteurs chercheraient à légitimer leur pouvoir à travers un nouveau texte fondamental.
5. La persistance du conflit et une balkanisation de fait du territoire national. Si certaines parties du pays échappent durablement à l’autorité de l’État, la Constitution cesse déjà, dans les faits, de s’appliquer sur l’ensemble du territoire qu’elle est censée régir.
Voilà cette constituon est déjà morte!
Le véritable problème n’est pas de savoir si les dirigeants sont bons ou mauvais. Les hommes sont imparfaits par nature et chaque génération produira ses ambitieux, ses opportunistes, ses patriotes et ses médiocres.
On ne transforme pas une nation en éliminant certains hommes ; on la transforme en modifiant les règles du jeu. Les Constitutions existent précisément pour encadrer les imperfections humaines et protéger l’intérêt général.
La vraie question est donc la suivante : quelles règles institutionnelles permettront demain de réduire les effets des faiblesses humaines et de mettre les immenses ressources du Congo au service du développement national ?
À mes yeux, le débat ne devrait pas consister à défendre la Constitution actuelle comme une relique intouchable, ni à se focaliser exclusivement sur les personnes qui exercent aujourd’hui le pouvoir.
La véritable question est de savoir quel modèle institutionnel permettra enfin à la RDC de garantir sa stabilité politique, de préserver son intégrité territoriale, de valoriser ses ressources stratégiques et de transformer son potentiel en prospérité.
Est-ce que le référendum constitutionnel aura lieu n’est pas la bonne question car l’évidence politique et institutionnelle est devant nos yeux .Si la RDC avait une opposition stratège et vertébrée ,elle comprendrait que le vrai combat est celui du quoi …ça veut dire que mettre et qu’est-ce qu’il ne faut pas mettre dans cette nouvelle constitution en gestation .Au pire, comment mobiliser le peuple pour un rejet de cette constitution si sa rédaction consacrait un recul démocratique évident par exemple ?Bref la victoire du Oui au référendum peut déjà être envisagée faute de combattant du NON .Les conséquences ne devront pas sévir de prétexte demain pour des diatribes stériles .En conclusion, l’opposition congolaise est nulle et n’a pas le niveau requis pour affronter les enjeux politiques du moment.
Le changement de Constitution procède d'une ambition historique majeure, d'une vision civilisationnelle et d'un projet national de long terme.
C'est précisément pour cette raison que je défends, depuis 2017, l'avènement d'une Quatrième République.
Ma position ne repose ni sur les contingences du moment ni sur les intérêts d'un acteur politique particulier. Elle procède d'une réflexion sur la place que la République Démocratique du Congo est appelée à occuper dans le monde qui se construit sous nos yeux .Je prétends ici donner les fondements d'un nouveau pacte constitutionnel:
Une République de la compétence
Le premier pilier d'une Quatrième République doit être l'institutionnalisation de la méritocratie.
L'État congolais doit progressivement évoluer vers un modèle où les responsabilités publiques sont attribuées selon les compétences, les résultats et l'intégrité.
L'homme qu'il faut à la place qu'il faut.
Cette exigence doit devenir un principe constitutionnel structurant de la gouvernance publique.
Une République de la performance
L'action publique doit être soumise à une obligation de résultats.
Les contrats de performance, les indicateurs d'évaluation et les mécanismes de reddition des comptes doivent être intégrés au fonctionnement normal des institutions.
L'exercice du pouvoir doit être apprécié non à l'aune des intentions mais à celle des résultats obtenus.
Une République stratège
La RDC doit assumer son rôle géopolitique particulier dans l'économie mondiale.
Ses institutions doivent être conçues pour accompagner la transformation industrielle de ses ressources naturelles, favoriser l'émergence d'un capital national puissant et soutenir l'innovation technologique. soutenir l'innovation technologique.
Provincialisation du développement :Une République du développement territorial
Chaque province doit devenir un véritable pôle de développement articulé autour de ses avantages comparatifs.
L'objectif doit être de passer d'une logique de redistribution à une logique de création de richesse territoriale.
Le développement national doit être la synthèse des stratégies de développement provinciales.Nous parlons ici de Provincialisation du développement .
Une République de la responsabilité
L'une des faiblesses récurrentes de notre gouvernance réside dans l'absence de conséquences réelles lorsqu'une disposition constitutionnelle demeure inappliquée.
Une future Constitution devra intégrer des mécanismes explicites de responsabilité et de sanction politique.
Dans un État moderne, l'absence d'exécution d'une obligation constitutionnelle ne peut rester sans conséquence.
Une République du savoir
Le développement durable de la RDC passera nécessairement par la valorisation du capital humain.
L'enseignement technique, scientifique, professionnel et technologique doit devenir un axe prioritaire de la politique nationale.
Le véritable minerai stratégique du XXle si��cle n'est pas seulement celui qui se trouve dans notre sous-sol ; c'est également l'intelligence de notre jeunesse.
Conclusion : penser le siècle plutôt que l'échéance
La question fondamentale n'est donc pas de savoir s'il faut ou non changer la Constitution.
La question fondamentale est de savoir pourquoi la changer et au service de quelle ambition historique.
Une Constitution ne doit jamais être l'instrument d'une circonstance politique. Elle doit être l'expression d'un destin collectif.
Si la République Démocratique du Congo devait s'engager sur la voie d'une Quatrième République, celle-ci devrait être conçue non comme la Constitution d'un pouvoir, mais comme la Constitution d'une nation décidée à transformer son potentiel exceptionnel en puissance économique, technologique et civilisationnelle.
L'histoire offre rarement plusieurs fois la même opportunité aux peuples.
Le défi de notre génération est de faire en sorte que le XXle siècle soit celui de l'avènement de la puissance congolaise.
Je prétends que le débat relatif à une éventuelle réforme ou à un éventuel changement de la Constitution mérite davantage de hauteur de vue qu'il n'en reçoit généralement dans l'espace public. Trop souvent, il est abordé sous l'angle des rapports de force politiques du moment, des intérêts partisans ou des échéances électorales à venir. Une telle approche est réductrice et ne permet pas de saisir les véritables enjeux de la question constitutionnelle.
La Constitution n'est pas un simple instrument d'organisation du pouvoir. Elle constitue l'expression juridique d'une vision de la société, d'une conception de l'État et d'une ambition collective. Elle définit non seulement la manière dont une nation se gouverne, mais également la direction historique qu'elle entend emprunter.
À cet égard, il me paraît nécessaire d'affirmer avec lucidité que les institutions actuellement au pouvoir disposent, si elles le décident, des moyens politiques, parlementaires et institutionnels susceptibles de conduire un processus de réforme constitutionnelle. Cette réalité peut être contestée sur le plan politique ; elle ne peut être ignorée sur le plan analytique.
L'observation objective de la situation nationale révèle en effet que nous ne sommes pas aujourd'hui dans une configuration comparable à celle qui prévalait entre 2016 et 2018. À cette époque, le rejet populaire du régime alors en place était devenu manifeste. Les tensions politiques, les mobilisations sociales et les revendications les revendications démocratiques traduisaient une rupture profonde entre le pouvoir et une partie importante de la population.
Le contexte actuel est d'une nature différente. La défense de l'intégrité territoriale face à l'agression extérieure, notamment dans l'Est du pays, continue de structurer le rapport entre une partie significative de l'opinion publique et les institutions en place. Malgré les difficultés militaires rencontrées et les épreuves subies par les populations de Goma et de Bukavu, la question de la souveraineté nationale demeure un facteur central de légitimation politique.
Dès lors, le véritable débat n'est pas de savoir si certains acteurs politiques disposent ou non de la capacité d'empêcher une réforme constitutionnelle. Le véritable débat consiste à déterminer les principes fondamentaux qui doivent encadrer toute transformation éventuelle de notre ordre constitutionnel.
La souveraineté appartient au peuple. Ce principe, consacré par notre Constitution, implique une responsabilité collective. Les citoyens doivent pleinement mesurer que le pouvoir qu'ils confient à leurs dirigeants n'est jamais abstrait. Il produit des conséquences concrètes sur l'organisation de l'État, sur les institutions et sur l'avenir de la Nation. Le choix démocratique est, par essence, un acte de responsabilité historique.
Pour ma part, en qualité de responsable politique du Centre, je considère qu'une Constitution ne saurait être remplacée pour répondre à des considérations circonstancielles, à des contraintes administratives ou à des commodités de gouvernance.
Lorsqu'il s'agit d'adapter certaines dispositions à des réalités nouvelles, la révision constitutionnelle constitue l'outil approprié.
ambition historique majeure, d'une vision l'outil approprié.
Le changement de Constitution relève d'une tout autre logique. Il ne peut être légitime que lorsqu'il procède d'une ambition historique majeure, d'une vision civilisationnelle et d'un projet national de long terme.
C'est précisément pour cette raison que je défends, depuis 2017, l'avènement d'une Quatrième République.
Ma position ne repose ni sur les contingences du moment ni sur les intérêts d'un acteur politique particulier. Elle procède d'une réflexion sur la place que la République Démocratique du Congo est appelée à occuper dans le monde du XXle siècle.
À quoi jouent ceux qui se font appeler « Opposition congolaise » ?complice ou simplement hypocrite ?
Dans une nation dont les fondements sont menacés par l’agression rwandaise, nous avons pourtant des compatriotes qui semblent ignorer une réalité évidente : le peuple manifeste de moins en moins d’intérêt et d’appétence pour leurs discours et leurs actions.
Après avoir organisé sur les réseaux sociaux une prétendue « ville morte » qu’ils ont eux-mêmes présentée comme un succès retentissant, au point, selon eux, de faire trembler le régime et de l’empêcher de dormir, les voilà revenus avec une nouvelle série d’initiatives aussi surprenantes qu’inefficaces. Leur objectif affiché : empêcher la tenue d’un référendum. Leur conviction : leur minorité politique disposerait encore d’un pouvoir suffisant pour infléchir seule le destin national.
Pourtant, cette même opposition a déjà compromis sa propre stratégie électorale pour 2028. En affirmant qu’il ne peut y avoir de référendum sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, elle affirme implicitement qu’il ne pourrait pas davantage y avoir d’élections générales en 2028 sans la fin de la guerre et la libération des territoires occupés. Elle offre ainsi au pouvoir, gratuitement et par manque de clairvoyance, l’argument d’un éventuel glissement du calendrier électoral. Premier échec.
Aujourd’hui, elle revient avec une proposition qui relève soit de la naïveté politique, soit d’une forme de complicité objective avec le pouvoir qu’elle prétend combattre. Elle envisage de poursuivre le Chef de l’État devant les instances judiciaires pour ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel » à travers une tentative de changement de la Constitution.
Or, quelle serait la conséquence probable d’une telle démarche ? Tout simplement une décision judiciaire ou constitutionnelle venant confirmer la légalité du processus engagé. Le Président de la République, qui n’a d’ailleurs entrepris à ce stade aucune initiative personnelle formelle, pourrait alors se voir reconnaître, sur la base des dispositions légales en vigueur, la possibilité de lancer un processus référendaire si les institutions compétentes en décidaient ainsi.
En d’autres termes, l’opposition entend poursuivre le Chef de l’État pour un débat d’initiative parlementaire et pour l’expression d’une opinion politique légitime sur l’avenir de la nation. Une démarche pour le moins étrange.
À moins que l’objectif réel ne soit tout autre : donner une caution indirecte à ce processus en jouant le rôle d’un adversaire de façade, tout en contribuant objectivement à l’atteinte des objectifs du pouvoir.
Cette situation me rappelle mes années à l’Assemblée nationale. Jeune député, j’avais rapidement compris que lorsque certains aînés nous demandaient de quitter l’hémicycle en signe de protestation, c’était souvent pour permettre à la majorité de faire passer discrètement ses textes ou de sauver l’un des siens, en éliminant toute contradiction et en évitant le débat de fond. Bien entendu, ces manœuvres n’étaient pas toujours désintéressées.
À la lumière de ces observations, je considère que l’opposition congolaise contribue largement, parfois malgré elle, parfois consciemment, à la réalisation des objectifs du pouvoir. Ce chef-d’œuvre d’hypocrisie politique ne trompe plus que les plus naïfs.
La RDC mérite mieux. Son avenir devra s’écrire en tenant compte de toutes ces responsabilités et de toutes ces forfaitures politiques
@MudisiY@KambingaG Tu es un Idiot... Le Congo n'était pas la boutique privée de Kabila, Germain Kambinga était ministre de la République pour des raisons politiques évidentes.
Il existe, en République démocratique du Congo, deux grandes écoles politiques auxquelles les Congolais adhèrent généralement selon qu’ils se trouvent au pouvoir ou dans l’opposition.
Lorsqu’on accède au pouvoir, on gouverne souvent selon des réflexes hérités du MPR. Cette conception de l’État et de l’exercice du pouvoir est profondément ancrée dans les pratiques politiques et dans l’imaginaire collectif.
À l’inverse, lorsqu’on est dans l’opposition, on adopte volontiers les méthodes et les codes consacrés par l’UDPS. Cette culture de l’opposition, façonnée au fil des décennies, s’est révélée particulièrement adaptée à la sociologie politique congolaise.
Mais que se passe-t-il lorsque l’UDPS elle-même accède au pouvoir tout en conservant, dans son discours et ses pratiques, certains réflexes propres à l’opposition ?
Je prétends qu’il est illusoire de vouloir combattre l’UDPS en reproduisant mécaniquement les méthodes d’opposition qu’elle a elle-même popularisées. Faire de l’opposition « à la manière de l’UDPS » contre l’UDPS ne peut produire les résultats escomptés.
La révolution des mentalités politiques que le Congo appelle de ses vœux exige une lecture nouvelle des réalités contemporaines. Elle ne saurait s’accommoder de schémas hérités ni de facilités d’analyse qui réduisent la complexité des défis actuels.
2/2 S���agissant des partisans du changement constitutionnel ,je prétends qu’ils peinent également à construire un argumentaire sérieux et cohérent. Trop souvent, certains semblent motivés moins par une réflexion doctrinale sur l’avenir de l’État que par une logique de flatterie politique envers le détenteur du pouvoir suprême. Or, on ne change pas une Constitution pour satisfaire des intérêts circonstanciels, des convenances personnelles ou des calculs de cour.
Lorsqu’il s’agit simplement d’adapter certaines dispositions à des réalités conjoncturelles, la Constitution elle-même prévoit les mécanismes de révision constitutionnelle à travers ses articles 218 à 220. Le changement de Constitution doit, quant à lui, relever d’une volonté politique profonde, motivée par des raisons structurelles et par une vision nouvelle de la trajectoire historique de la nation.
C’est précisément dans cette perspective que le Centre, notre mouvement, a été créé en 2017 avec comme fondement praxiologique l’idée du passage à une Quatrième République.
Nous considérons que l’actuelle Constitution trouve sa généalogie dans les accords politiques issus des guerres et rébellions ayant marqué l’histoire récente du Congo. Elle porte encore, dans sa philosophie interne, les contradictions d’un compromis de sortie de crise plus qu’une véritable architecture cohérente de développement national.
La RDC a aujourd’hui besoin d’une Constitution non plus d’essence militaire ou transactionnelle, mais d’essence démocratique, populaire et développementaliste. Une Constitution qui combine la liberté individuelle, la souveraineté populaire et l’efficacité de l’État. Une Constitution dont l’écriture résulterait d’un véritable débat national, dont l’adoption émanerait d’un Parlement légitimement élu et dont la validation interviendrait par référendum populaire.
Mais surtout, la future Quatrième République doit profondément renforcer les obligations des dirigeants publics ainsi que les sanctions applicables en cas de prévarication, de corruption, de détournement ou de mauvaise gouvernance.
La future Constitution devrait donc : – renforcer les mécanismes obligatoires d’évaluation des gestionnaires publics ; – imposer une obligation constitutionnelle de résultats dans la gestion des institutions ; – constitutionnaliser le principe de reddition périodique des comptes ; – renforcer les incompatibilités et les sanctions contre les conflits d’intérêts ; – rendre automatiques certaines déchéances en cas de mauvaise gestion grave ou de corruption établie ; – consacrer l’indépendance effective des organes de contrôle comme la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances.
Plus encore, la Quatrième République devrait sacraliser la méritocratie comme principe fondamental de l’État congolais.
L’une des grandes faiblesses structurelles de notre administration réside dans la promotion du clientélisme, du tribalisme politique, du favoritisme et de la loyauté personnelle au détriment de la compétence. Aucun pays ne peut durablement se développer lorsque l’accès aux responsabilités publiques n’est pas fondé sur le mérite, la compétence, la discipline et les résultats.
Les expériences de la Chine, de Singapour ou des dragons asiatiques démontrent que le développement rapide des nations repose toujours sur la valorisation des élites compétentes, l’exigence de performance administrative et la culture de la sanction.
La future Constitution devrait ainsi : – faire du mérite un principe constitutionnel d’accès aux fonctions publiques ; – imposer des concours transparents pour les grandes administrations ; – limiter les nominations discrétionnaires ; – protéger l’administration contre la politisation excessive ; – instaurer une culture institutionnelle de performance et d’évaluation.
Sans une Constitution de la sanction et de la méritocratie le changement constitutionnel ne sera qu’une distraction politique supplémentaire plongeant le pays dans un nouveau cycle de médiocrité
1/2 Entre l’opposition et les tenants du pouvoir,la question constitutionnelle en question …S’agissant de l’opposition ,Je prétends que les uns et les autres se trompent dans l’orientation donnée au débat sur la Constitution en République démocratique du Congo. Le débat constitutionnel ne peut être réduit ni à des postures émotionnelles, ni à des réflexes politiciens, encore moins à des nostalgies partisanes déconnectées des réalités du moment historique que traverse notre nation.
Dans toute démocratie, l’opposition dispose principalement de deux armes pour infléchir les décisions publiques.
La première arme est populaire. Elle consiste à mobiliser le peuple lorsque celui-ci prend conscience de l’incurie des dirigeants élus et exprime son rejet des politiques publiques à travers les manifestations démocratiques d’humeur : grèves, marches, mobilisations citoyennes, désobéissance civile ou pression sociale organisée. Cette logique tire sa légitimité de l’article 26 de la Constitution du 18 février 2006, qui garantit la liberté de manifestation, ainsi que de l’article 5 qui dispose que « la souveraineté nationale appartient au peuple ».
La deuxième arme est institutionnelle. Elle réside dans la capacité de l’opposition à utiliser les mécanismes parlementaires et institutionnels afin de ralentir, contrôler ou infléchir l’action gouvernementale : motions, contrôle parlementaire, débats publics, contentieux constitutionnel, obstruction légale ou mobilisation des assemblées. Cette mission trouve son fondement notamment dans les articles 100, 138 et suivants de la Constitution relatifs au rôle du Parlement et au contrôle de l’action gouvernementale.
Or, s’agissant de ces deux armes, l’opposition congolaise semble aujourd’hui en profond déphasage avec la réalité politique et sociologique du pays. Je prétends ici qu’elle se trompe de stratégie, car la voie qu’elle semble privilégier risque surtout d’exposer sa faiblesse réelle ainsi que le divorce apparent entre elle et une grande partie du peuple.
Ville morte, journées de paralysie, mots d’ordre sans ancrage populaire profond : en quoi de telles initiatives pourraient-elles, dans le contexte actuel, infléchir la décision de la majorité au pouvoir ? Une stratégie politique n’a de valeur que lorsqu’elle repose sur une lecture lucide du rapport de force réel et non sur la nostalgie des anciennes mobilisations ou sur une surestimation de sa propre capacité de mobilisation.
L’opposition devrait faire preuve de davantage de pragmatisme et d’intelligence stratégique. Lorsqu’on ne dispose ni d’une capacité populaire suffisante pour créer une pression démocratique majeure, ni d’une puissance parlementaire capable de bloquer les réformes institutionnelles, il devient politiquement plus rationnel de déplacer le combat vers le terrain du contenu plutôt que vers celui du simple refus de principe.
Ainsi, si débat il doit y avoir, l’opposition devrait concentrer son énergie sur la défense du NON lors d��un éventuel référendum constitutionnel, plutôt que de s’épuiser à combattre abstraitement le principe même du débat constitutionnel. Car en démocratie, le débat d’idées ne peut être interdit. En revanche, le peuple peut souverainement rejeter une proposition lors d’un référendum conformément aux articles 5 et 218 de la Constitution relatifs à la souveraineté populaire et à la révision constitutionnelle.
En persistant dans une posture purement obstructionniste sans stratégie alternative crédible, l’opposition contribue malheureusement à brouiller une opinion publique qui doute déjà de sa sincérité politique et lui fait parfois le procès d’un antipatriotisme supposé, notamment dans un contexte sécuritaire extrêmement sensible marqué par l’agression rwandaise et la rébellion du M23 qui menacent l’intégrité territoriale de la RDC, pourtant protégée par l’article 63 de la Constitution qui impose à tout citoyen le devoir sacré de défendre la patrie et son intégrité territoriale .