Découvrez la pensée eugéniste d’Odette Thibault, fondatrice et théoricienne de l'ADMD, militante de l'euthanasie et de l'avortement...
Parmi les auteurs qui ont fortement contribué à façonner la doctrine de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD),[1] Odette Thibault occupe une place centrale.[2] Son œuvre ne se limite pourtant pas à la question de la mort. Elle s'organise autour d'une idée directrice: les progrès de la médecine ayant interrompu la sélection naturelle, il appartient désormais à l'homme d'en reprendre consciemment la fonction.
Par Roxane Vial, ECLJ
Chez Thibault, la dignité humaine est étroitement liée aux capacités cérébrales, ce qui conduit à exclure de cette dignité ceux qu’elle considère comme «en-deçà» de cette norme:
«Si on considère que le cerveau est un privilège spécifiquement humain, on peut dire sans aucune intention péjorative que la déficience mentale est un état de développement sous-humain ou infra-humain.»[3]
Cette hiérarchisation des vies humaines produit des conséquences concrètes. Dans La maîtrise de la mort, Thibault affirme que «beaucoup d’individus sont des morts-vivants, déjà morts à l’humain bien avant la fin de leur vie organique». Dès lors, prolonger certaines vies peut devenir, selon elle, une atteinte à la dignité humaine elle-même, ce qui la conduit notamment à envisager la non-réanimation de nourrissons lourdement handicapés.[4]
En 1987, cette logique est prolongée par une réflexion plus explicitement gestionnaire. Thibault souligne alors le coût croissant du vieillissement et redoute une saturation des structures hospitalières. La fin de vie est ainsi pensée à la fois comme un enjeu individuel et comme un problème de régulation collective.[5]
Peu à peu, la naissance et la mort apparaissent chez elle comme deux moments d’une même logique: celle d’une gestion rationnelle de la vie humaine, afin de «faire un homme meilleur».[6] Dès 1975, elle revendique d’ailleurs explicitement le terme d’eugénisme:
«L’eugénisme à fins racistes du type nazi ou dans une optique de discrimination sociale (comme Galton) a porté préjudice à l’eugénisme humanitaire. Mais soulignons qu’ici c’est l’espèce qui est en cause.»[7]
Cette logique traverse l’ensemble de son œuvre: sélection prénatale, non-réanimation des nouveau-nés gravement handicapés et acceptation de l’euthanasie ne sont pas des positions séparées, mais les différentes étapes d’un même continuum. En 1972, elle posait déjà la question suivante:
«Au nom de quel faux sentimentalisme devrait-on accorder aux parents le droit absolu de "rater un Homme"?»[8]
C'est ici que se construit l'idée centrale de sa pensée. Dès 1972, Thibault appelle explicitement à «substituer à la sélection naturelle post-natale une sélection pré-natale».[9] Cette formule éclaire l'ensemble de son œuvre: les progrès de la médecine ayant interrompu le mécanisme de la sélection naturelle, l'homme doit organiser lui-même cette sélection.
À partir de ce cadre, l’ensemble devient cohérent. Le diagnostic prénatal ne vise plus seulement à soigner, mais à orienter les naissances. La non-réanimation[10] devient un prolongement de cette sélection après la naissance. Les «morts-vivants» désignent ceux que la médecine maintient en vie malgré leur exclusion supposée de l’humanité pleine. Enfin, l’euthanasie apparaît comme l’ultime niveau de cette même logique.
L’œuvre d’Odette Thibault ne se présente donc pas comme une série de positions isolées, mais comme un système intellectuel continu.
Cette pensée s'inscrit dans un contexte plus large, où plusieurs théoriciens de l'eugénisme cherchent à en renouveler le vocabulaire sans en abandonner les objectifs. Frederick Osborn, alors dirigeant de l’American Eugenics Society, explique ainsi le déplacement lexical à l’œuvre:
«Le nom a été changé parce qu’il est devenu évident que des changements de nature eugénique seraient adoptés pour des raisons autres que l’eugénisme…»[11]
Dans cette perspective, le vocabulaire de la «dignité», de l’«autonomie» ou de l’«humanité» peut fonctionner comme un déplacement sémantique, sans nécessairement modifier la structure des raisonnements sous-jacents.[12]
C'est dans ce contexte que l'ADMD s'inscrit historiquement. Au milieu des années 1980, l'association mettait à la disposition de ses adhérents, après plusieurs mois d'adhésion, sur demande et sous réserve d'un engagement de confidentialité, une brochure intitulée Guide d'autodélivrance. Présenté comme un document de «réflexion et d'information», ce guide inscrit explicitement le choix de la mort dans «l'évolution générale des civilisations vers l'acquisition progressive, par l'Homme, de la maîtrise de sa destinée», ajoutant: «On peut désormais choisir de donner la vie [...]; on doit pouvoir également choisir sa mort. Pour nous, la maîtrise de la mort fait partie de la maîtrise de la vie.» L’écho avec le titre de l’ouvrage d’Odette Thibault, La maîtrise de la mort (1975), est direct. Plus encore, la brochure reprend la même architecture intellectuelle: le contrôle de la naissance et celui de la mort y sont présentés comme les deux expressions d’une même conquête de la maîtrise humaine sur le destin biologique.
Cette réflexion ne demeure toutefois pas théorique. Le guide comporte ensuite une douzaine de pages consacrées à la description détaillée de différentes méthodes de suicide, accompagnées de recommandations pratiques destinées à en assurer l'efficacité. À titre d'exemple, à propos de l'asphyxie au monoxyde de carbone, il est précisé: « La voiture doit être récemment révisée [...]. Ne pas oublier de faire le plein d'essence.»[13]
Cette archive montre que la réflexion sur la fin de vie a très tôt dépassé le seul registre du débat éthique abstrait pour se traduire en dispositifs pratiques.
L’histoire des idées est parfois plus tenace que les mots. Chez Odette Thibault, l’eugénisme humanitaire, la sélection prénatale et le droit à mourir dans la dignité ne constituent pas trois combats distincts, mais les différentes expressions d’une même théorie: celle d’une médecine appelée à exercer la sélection que la nature n’assure plus. Ce que cette généalogie met en lumière n’est donc pas seulement un débat sur la fin de vie, mais un déplacement plus profond: le passage d’une médecine destinée à sauver les vies à une médecine investie du pouvoir de les trier.
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[1] Voir notamment Bruno Cadart, Réflexions sur… Mourir dans la dignité, Editions Ressources. Je remercie également son auteur pour les échanges qu'il a bien voulu m'accorder au cours de cette recherche.
[2] Odette Thibault figure parmi les membres du conseil fondateur de l’ADMD aux côtés de Pierre Simon et Michel Lee Landa. Voir « Association pour le droit de mourir dans la dignité », Wikipédia, consulté en 2026 ; Grégor Puppinck, «Aux origines de l’ADMD: eugénisme anglo-saxon et “internationale humaniste”», ECLJ, 2026.
[3] Odette Thibault, Cours de préparation à l’enseignement de la sexualité humaine, Université Paris VI, SEDES, 1975, p. 127.
[4] Odette Thibault, La maîtrise de la mort, Éditions universitaires, 1975, p. 78, 142, 163, 196.
[5] bientôt « plus de mourants que de vivants dans les hôpitaux » Odette Thibault, La mort hospitalière, Éditions de l’ADMD, 1987, conclusion.
[6] Odette Thibault, À la découverte de la sexualité, Dunod, 1971, p. 156.
[7] Odette Thibault, Cours de préparation à l’enseignement de la sexualité humaine, 1975, p. 138. Francis Galton (1822–1911) est le fondateur du terme « eugénisme » (1883).
[8] Odette Thibault, L’homme inachevé, Éditions universitaires, 1972, p. 91.
[9] Odette Thibault, À la découverte de la sexualité, Dunod, 1971, p. 156.
[10] Odette Thibault, Des enfants… comment ?, Chronique sociale, 1984, p. 89.
[11] Citation originale : « The name was changed because it became evident that changes of a eugenic nature would be made for reasons other than eugenics, and that tying a eugenic label on them would more often hinder than help their adoption. Birth control and abortion are turning out to be great eugenic advances of our time. If they had been advanced for eugenic reasons it would have retarded or stopped their acceptance. » Frederick Osborn, Minutes of the American Eugenics Society, New York, 1972, cité par Rebecca Messall, « The Long Road of Eugenics : From Rockefeller to RU-486 », The Human Life Review, vol. XXX, n° 4, 2004, p. 69.
[12] Sur la stratégie de requalification lexicale, voir Faith Schenk et A. S. Parkes, « The Activities of the Eugenics Society », Journal of Biosocial Science, 1968 (directive Blacker, 1960) ; Michael Freeden, Eugenics and Ideology. Sur l’eugénisme libéral : Jürgen Habermas, L’avenir de la nature humaine, Gallimard, 2002 ; André Pichot, La Société pure. De Darwin à Hitler, Flammarion, 2000.
[13]ADMD, Guide d'autodélivrance, brochure destinée aux adhérents de l'association, diffusée sur demande après une période minimale d'adhésion et sous engagement de ne pas la communiquer à des tiers, Conseil d'administration de l'ADMD, 1985, p. 3. Exemplaire consulté dans une collection privée dont le propriétaire a souhaité conserver l'anonymat. La formule « Pour nous, la maîtrise de la mort fait partie de la maîtrise de la vie » fait directement écho au titre de l'ouvrage d'Odette Thibault, La maîtrise de la mort (1975), sans qu'il soit possible d'établir à elle seule un lien de filiation textuelle.
https://t.co/n1raYqHjVt
En 🇫🇷, on a un sérieux pb avec l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), écoutez cet avocat spécialisé dans la protection des enfants @michel_amas, c'est sidérant :
"une petite fille placée à 11 ans, à 11 ans, on est en 6ème. Le soir de son anniversaire, on lui a dit, on va égorger ta mère et sa soeur, et elle a commencé à travailler. Elle a travaillé pendant 4 ans, elle faisait 10 passes par jour, elle ramenait 1500 € par jour.
A partir du foyer de l'Aide Sociale à l'Enfance, ils viennent en voiture, ils chargent les petites, ils les amènent dans un Airbnb qu'ils ont amorti dès le 1er quart de la 1ère passe puis ils les ramènent après.
Tous les juges savent.
Tous les avocats savent.
Tous les services sociaux savent.
Et maintenant, nous, on peut affirmer."
🔴‼️ SUIVI
Guillaume Waath a donc répondu à la convocation et cela est dû au fait que le présumé agresseur sexuel A PORTÉ PLAINTE contre lui pour divulgation des données.
En s'appuyant sur la loi SAMUEL PATY.
Si l'on rapproche ces deux amendements rejetés, un majeur sous curatelle pourra demander l'euthanasie, qui lui sera accordée, sans avoir bénéficié des soins palliatifs qu'il aura pourtant demandée.
Elle est pas belle, cette "loi de fraternité" ? E viva la muerte ☠️ !
"On va me demander à moi d'écrire un certificat que la personne est morte naturellement, alors qu'on aura injecté un produit pour la tuer"
➡️ Ségolène Perruchio dans #ChristineKellyEtVous@christine_kelly#Europe1
🟣 EUTHANASIE : on approche d'un basculement majeur.
Vous n'avez pas tout suivi sur ce sujet complexe ?
👉 Ce petit récapitulatif est fait pour vous.
J'ai l'impression qu'on parle de ce texte depuis des années, et qu'on ne sait plus du tout où on en est, ni de quoi il s'agit à date.
1⃣ Les points polémiques du texte actuel
👉 Il ne concerne pas que la "fin de vie" mais aussi les personnes dont la maladie est en "phase avancée", sans que ce soit médicalement défini.
👉 Les députés ont supprimé le délit d’incitation. Rien ne protège les patients des pressions extérieures recommandant vivement l'euthanasie.
👉 Le texte ne prévoit pas de vérifier si un patient a eu accès aux soins palliatifs s’il a demandé à y recourir. Les patients n'auront donc pas forcément eu "d'alternative" accessible.
👉 Le texte précise que la personne morte par euthanasie serait "réputée décédée de mort naturelle". Ce qui complique la possibilité de faire des statistiques sur le sujet.
👉 L’euthanasie serait un considérée comme un soin, remboursé par la sécurité sociale.
2⃣ Les opposants au texte
👉 De nombreuses voix de la société civile se sont élevées contre ce texte : Société Française de Soins Palliatifs Pédiatriques, Collège National Professionnel de Gériatrie, Société Française du Cancer, Société Française de Gériatrie et Gérontologie, des personnalités comme @DominiqueReynie, etc.
👉 Le Sénat a rejeté le texte par 2 fois, avec une large majorité.
3⃣ Les prochaines étapes
👉 Le gouvernement est très déterminé à faire passer le texte, et il hâte le calendrier législatif. C'est clairement la priorité de l'exécutif.
👉 Le gouvernement a donc prévu de donner le dernier mot à l'Assemblée, pour contourner un 3e rejet du Sénat, avec un vote solennel prévu le 15 juillet.
👉 Les opposants au texte poursuivent leurs mobilisations avec un rassemblement.
Je suivrai le sujet et vous tiendrai au courant des prochains développements !
📍 Dimanche 28 juin – 16h – Paris > Grande manifestation contre l’euthanasie.
Les bus en provenance de Lyon, Nantes et d’autres sont déjà complets.
➡️ Organisez un départ collectif et permettez à davantage de personnes de rejoindre la mobilisation.
#AppelDu28Juin
Questions d’actualité au Gouvernement au Sénat, les voitures des ministres, moteurs en marche et climatisation à fond pendant 90 minutes ! Faites ce que je dit et pas ce que je fais. « Ce sont les symboles et les signes qui gouvernent le monde, pas les discours, ni les lois. »
BREAKING:
Denmark’s new socialist Immigration Minister Morten Bødskov announces that he’ll ban the Islamic call to prayer
He says that “parts of the country shouldn’t feel like a suburb of Islamabad”
The Red-Green alliance isn’t as strong in Denmark as in other parts of Europe
Pouvoir bénéficier d'un accès réel aux soins palliatifs si on le souhaite, avant d'avoir accès à "l'aide à mourir".
Amendement du député communiste Yannick Monnet.
REJETÉ.
🎙️ « Ce juge qui a téléchargé un million de fichiers pédopornographiques et qui n'a eu que 1 000 euros d'amende, comment vous l'expliquez ? C'est parce que sa hiérarchie, elle pense comme lui. » - @BOROWSKIMIKE
Bistro Libertés sur TVL 🔻
https://t.co/Kcuzn1cAjc
Le texte "fin de vie" prévoit l'administration de la mort dans les Éhpad. Mais les Éhpad sont des lieux de vie où résident des personnes qui ont besoin d'être entourées. Leur fragilité, c'est la vieillesse. Quelle inhumanité que de vouloir abréger les derniers moments d'une vie!
📅 J-3 Grand manifestation contre l'euthanasie
Ne cédons rien ! Rendez-vous le 28 juin à Paris pour dire non à la loi euthanasie, dont le vote est prévu le 15 juillet à l’Assemblée nationale.
📣 Venez nombreux et relayez l’appel. #Appel28Juin
https://t.co/6FI6Zf12Er
Le milliardaire Rodolphe Saadé, proche de Macron, ferme 9 chaînes TV et vire une 100aine de journalistes
Pas 1 SEULE LIGNE ce matin dans Libé, Le Figaro, Le Parisien, La Tribune ou La Croix
On vous laisse imaginer si cela avait été Vincent Bolloré
Saint-Brieuc (22) : présenté comme un écolier de 10 ans, le suspect d’une tentative de viol et de meurtre serait un adolescent congolais d’au moins 14 ans révèlent des test osseux (MàJ) https://t.co/1bTDZ7BkqG
Fin de vie : l'association militante ADMD, favorable à l'euthanasie, fait l’objet d’un signalement judiciaire portant sur son mode de financement
https://t.co/8XQwyGC7TE
🚨 APPEL AUX INFIRMIERS
Les députés ont voté l'exclusion des médecins de l'administration de l'acte létal pour en confier la réalisation aux infirmiers… Infimiers, médecins, levez-vous !
📍 RDV à Paris le 28 juin à 16h, place de Fontenoy
#Appel28Juin
J’y étais initialement favorable car je me disais « parfois il y a tant de souffrance… » Et puis j’ai eu des cas concrets autour de moi : la fille de ma meilleure amie, condamnée par une méningite foudroyante et le corps médical qui conseillait d’en finir. Elle s’en est sortie et c’est une fille absolument brillante. Une autre fille d’amis proches auxquels l’avortement fut ardemment conseillé en raison d’une apparente malformation (visible aux examens de routine) et qui est venue au monde en pleine santé et qui est toujours pleine de de vie… Et puis j’ai lu des dizaines, puis des centaines de témoignages à l’occasion de cette nouvelle loi, ainsi que des tribunes, j’ai aussi échangé avec beaucoup de médecins, de religieux, des gens au final très différents : ça m’a vraiment fait changer d’avis. L’amour, l’accompagnement, des soins adaptés font des miracles.
https://t.co/Dff58dAHEc