Ingénieur agronome. Astronome amateur. Sujets favoris : Histoire des sciences, épistémologie, philosophie des sciences, la science dans le débat public...
😱La fabrique de la peur : comment certains transforment des traces en scandales
Détecter une molécule dans l’eau ne signifie pas qu’elle présente un risque pour la santé.
Pourtant, depuis plusieurs années, certaines ONG et mouvements écologistes entretiennent une confusion permanente entre présence, danger et risque.
Aujourd’hui, les laboratoires sont capables de détecter des substances à des concentrations infinitésimales, parfois de l’ordre du milliardième de gramme par litre. Une prouesse scientifique qui devrait améliorer notre connaissance de l’environnement, mais qui est trop souvent utilisée pour alimenter des campagnes anxiogènes.
La réalité scientifique est pourtant simple :
– Détecter n’est pas intoxiquer.
– Présence n’est pas danger.
– Danger n’est pas risque.
Le risque dépend de la dose, de la durée d’exposition et de la toxicité réelle de la substance.
À force de transformer chaque détection en scandale sanitaire, certains finissent par semer la peur, la méfiance et la confusion dans l’esprit du public.
Faut-il surveiller la qualité de l’eau et réduire les pollutions ? Évidemment.
Mais entre vigilance scientifique et communication alarmiste, il existe une différence fondamentale.
La science mesure, évalue et hiérarchise les risques.
Le militantisme cherche parfois avant tout à susciter l’émotion.
Au final, l’eau du robinet reste l’un des aliments les plus contrôlés de France, avec des exigences sanitaires parmi les plus strictes au monde.
Avant de partager une nouvelle alerte, une question mérite d’être posée :
Parle-t-on réellement d’un risque sanitaire… ou simplement d’une molécule que l’on sait désormais détecter ?
📖 Article à lire :
« Tempête dans un verre d’eau… du robinet ? »
Le cadmium c’est d’abord la clope!
Alors on arrête l’hypocrisie et l’ecologie de comptoir, on va au bout du raisonnement et on interdit la clope! #cadmium
@RemDumDum@menierjeanrene@tierney1981_t il y a 10 ou 20 ans, seuls les fruits et légumes souffraient réellement des sur-transpositions phytos. Nous (https://t.co/ySSnQwoZPr) nous battions...
Mais bcp d'orgas ont fait le dos rond !
Maintenant, c'est le tour des grandes cultures.
Non aux sur-transpositions !
🔍 Cadmium : quand la politique vend une solution miracle à un problème qu'elle ne résoudra pas!
Soyons clairs :
✔ Réduire la teneur en cadmium des engrais phosphatés est une bonne chose.
✔ Personne ne conteste l'intérêt de limiter autant que possible l'apport de contaminants dans les sols.
Mais ce qui est contestable, c'est de faire croire aux Français que cette mesure va réduire rapidement leur exposition au cadmium.
Les faits scientifiques:
➡️ Selon Thibault Sterckeman (INRAE), les apports annuels de cadmium par les engrais phosphatés représentent moins de 0,1 % du stock déjà présent dans les sols agricoles.
➡️ Même avec des engrais contenant zéro cadmium, la diminution du stock dans les sols serait extrêmement lente :
– environ 1 % en 10 ans – environ 7 % en 100 ans
Pourquoi ?
Parce que le cadmium présent aujourd'hui dans les sols est le résultat d'accumulations sur plusieurs décennies, voire plusieurs siècles :
– fond géologique naturel ; – dépôts atmosphériques historiques ; – activités industrielles ; – anciennes pratiques agricoles.
Pendant ce temps, le débat public désigne un coupable unique : l'agriculture.
La solution la plus rapide est de varier notre alimentation. Les leviers les plus efficaces à court terme sont souvent oubliés :
🚭 Réduire le tabagisme
🥩 Corriger les carences en fer, zinc et calcium qui favorisent l’absorption du cadmium… les végétariens présentent les teneurs les plus importantes en cadmium ! Le cadmium utilise les mêmes transporteurs intestinaux que ces minéraux essentiels.
Une personne carencée en fer absorbe beaucoup plus facilement le cadmium.
🌱 Réduire la biodisponibilité du cadmium dans les sols (chaulage, matière organique…)
La science parle d’ordres de grandeur.
La politique préfère souvent les symboles.
Le cadmium mérite mieux qu’un débat populiste
https://t.co/78HtpEWXgG
🗣️En tant que cancérologue, et en me basant sur le niveau de preuve disponible, je suis aujourd’hui bien plus préoccupé par la malbouffe chez les enfants que par certains risques dont on nous abreuve quotidiennement (eau, acétamipride, etc…)
Les aliments ultra-transformés, le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque solides, documentés, notamment pour les maladies cardio-métaboliques et plusieurs cancers.
L’IARC a notamment rapporté une association entre forte consommation d’aliments ultra-transformés et risque accru de multimorbidité cancer/cardio-métabolique.
Mais politiquement, c’est moins rentable : on ne peut pas accuser facilement un gouvernement, un ministre ou une loi.
On touche à la responsabilité individuelle, aux habitudes familiales, aux contraintes économiques, au marketing alimentaire, au temps disponible, à l’éducation nutritionnelle.
Et c’est là que le sujet devient profondément social : cette malbouffe frappe davantage les ménages défavorisés.
Ceux qui ont le moins de moyens sont aussi ceux qui subissent le plus l’environnement alimentaire le plus délétère.
La double peine.
La boucle est bouclée.
Je suis triste de vous l'annoncer : dans 5 ans, l'imprégnation des Français au Cadmium n'aura probablement pas baissé d'un iota.
Pire : il se peut même qu'elle AUGMENTE, tant le populisme politique et la désinformation médiatique se seront ligués pour flinguer l'alerte de l'@Anses_fr - en la détournant et la dénaturant, pour servir leurs agendas.
Le cadmium est effectivement un problème de santé publique : son accumulation tout au long de la vie entraîne des problèmes chez les sujets âgés - atteintes rénales et ostéoporose.
Pour l'éviter, il faut réduire les apports tout au long de la vie.
Deux populations sont à risque, indique l'Anses : les enfants, via une alimentation trop riche en céréales, et les fumeurs, dont l'exposition au cadmium est plus que doublée.
Les populistes de TOUS les partis ont choisi de focaliser le débat sur les engrais. 🚜
Il est vrai que la réglementation française autorise encore 60 mg/kg d'engrais phosphaté épandu, contre 20 mg/kg dans nombre de pays d'Europe. L'Europe prévoir une harmonisation à 20 mg/kg en 2034, on peut décider d'aller plus vite. Aucun problème avec ça. Ce n'est pas le sujet, en réalité...
Car - je suis au regret de vous le dire - cela ne changera pas grand-chose => le cadmium est naturellement présent dans nos roches (et particulièrement en Charente, Champagne, Jura...) 🌍Les retombées athmosphériques (villes, industries) et l'utilisation d'engrais phosphatés ont lourdement contribué dans le passé à agraver les choses.
Mais les pollutions athmosphériques ont quasiment disparu, et l'utilisation d'engrais a été divisée par quatre en vingt ans. Surtout : les engrais marocains, qui représentent 70% du marché en France, se sont déjà adaptés : ils n'exportent plus chez nous que du 20 mg/kg.🇲🇦
Les données de l'INRAE sont claires : le Cadmium représente aujourd'hui moins de 0,1 % du stock total dans les sols utiles aux cultures.
Nos politiques populistes ont flairé le bon filon : faisons un texte sans portée, simple et binaire, qui pourra donner l'illusion qu'on agit.
Faisons-en des caisses : mentons, agitons le spectre du cancer et de la "bombe sanitaire", rafflons des voix... Et surtout, SURTOUT, évitons les sujets qui pourraient VRAIMENT déplaire à nos électeurs. Ne leur demandons PAS de mieux manger, de rééquilibrer leur assiette, d'arrêter de fumer... NON ! Laissons-les croire qu'avec notre loi, le problème disparaîtra de lui-même, sans qu'ils aient à fournir AUCUN effort. Laissons-les croire qu'ils ne sont pas ACTEURS de leur santé, mais les VICTIMES d'un système où des méchants les empoisonnent. 😱
Vous me voyez venir ?
Les fausses informations diffusées en masse ces dernier jours auront un effet certain : celui de RETARDER considérablement la lutte contre la surimprégnation au cadmium.
Car elles ont totalement occulté les mesures qui seraient vraiment efficaces : la lutte contre le tabagisme, y compris passif pour les enfants, et la modification des pratiques alimentaires => moins de céréales, plus de légumineuses, plus de diversification...
La France compte encore 25% de fumeurs. C'était 32% en 2021.
Chez les jeunes, on compte encore 18% de fumeurs quotidiens.
En 2024, en France, 48.8% de la population est obèse ou en surpoids. 🍔
Dans cet article, @BFMTV ne cite pas une seule fois la cigarette comme source principale de surexposition au cadmium.
Pas. Une. Fois.
C'est un rouleau compresseur de désinformation, aujourd'hui... Dans AUCUN papier alarmistes sur le #Cadmium, je ne vois citer la cigarette, ce qui est proprement CRIMINEL.
Que l'@Anses_fr laisse se déchaîner cette tempête de fake news est d'ailleurs sidérant.
Rappelons donc que :
❌Le Cadmium n'est PAS cancérogène, mutagène, et reprotoxique par ingestion. De très vagues interrogations existent pour les cancers du pancréas ou de la prostate, mais avec des preuves (très) limitées. Le principal problème en cas de surexposition prolongée via l'alimentation est l'atteinte rénale et l'ostéoporose. C'EST DEJA important. Inutile d'en rajouter.
❌Le Cadmium n'est pas une "bombe sanitaire". Il ne l'a jamais été, et personne de sérieux ne le considère comme tel. C'est un métal présent dans l'environnement, essentiellement naturellement, et à ce titre il doit être étroitement surveillé, comme le plomb ou le mercure, et il l'est.
❌ Les Français ne sont pas "imprégnés" : la surexposition via l'alimentation concerne 23 à 27 % des enfants, et seulement 1,4 à 1,6 % des adultes (Anses.)
❌ Ceux qui dépassent la dose toxicologique de référence, accumulée tout au long de la vie, sont les personnes âgées (et très âgées) ET les fumeurs qui, eux, dépassent la valeur de référence dès la cinquantaine.
❌ Le tabac – l’Anses le rappelle avec force – est une source massive de cadmium : une seule cigarette contient de l’ordre de 1 à 2 microgrammes de cadmium.
❌ L'accumulation de cadmium dans les sols via les engrais, très importante hier, l'est beaucoup moins aujourd'hui. L'Inrae ET le JRC européen chiffrent à 2 % la part des engrais comme sources de cadmium dans les sols. La teneur de cadmium dans les sols français est, en moyenne, de 0,31 mg/kg de terre sèche. Ce n'est pas particulièrement élevé.
❌ L'alternative aux engrais phosphatés marocains sont les engrais russes (très actifs dans cette campagne de désinformation.)
Les solutions existent :
✅ Mangez équilibré. Augmentez votre consommation de légumineuses, et diminuez un peu celle de pommes de terre ou de céréales. Et tout ira bien.
✅ La consommation d'engrais phosphatés en France a largement chuté, de 2 millions de tonnes en 1980 à 213 000 tonnes aujourd'hui. C'est bien = > il faut continuer.
@martinajdari , @Arcom_fr , @mediatriceRF : la désinformation qui se déploie sur les antennes publiques aujourd'hui a peu d'équivalents. Elle met la population en danger. Elle détourne massivement l'attention des sources avérées de cancer : alcool, tabac, obésité, nourriture ultra-trasformée... Et brouille les messages de santé publique.
C'est un scandale démocratique que vous ne pouvez pas laisser sans réponse.
Alors très rapide debunk
1/ la France est décrite comme le pays avec le taux de cadmium le plus élevé dans la population mais jamais on ne vous dit que cela vient d’une étude qui n’a testé que 9 pays et où la France était sur représentée
Voici l’étude en ACCÈS LIBRE donc même @franceinfo y a accès !
https://t.co/XGoB01as75
et la carte des prélèvements
Vous voyez le problème ?!
1/⤵️
@SSR_2026@SaiyanBio@Podgorny3@franceinfo@FranceTV Il n'en reste pas moins que :
Les taux de cadmium baissent
Une part très importante des pbs est due au tabac
La France est +tôt bien placée en UE
Les principaux pbs sanitaires sont liés à l'inhalation, pas à l'ingestion.
Bref : @franceinfo fait de la désinformation
@SSR_2026@SaiyanBio@Podgorny3@franceinfo@FranceTV mon post s'appuyait sur une information partielle. Et exagérée : une part importante des dépassements de normes sont liées au tabac (de l'ordre de 50% ?), mais pas 95%.
Merci de m'avoir incité à vérifier.
🟢 Dire que certains PFAS ou contaminants méritent une surveillance renforcée : légitime.
🟡 Présenter l’ensemble comme une « menace systémique » déjà démontrée : généralisation anxiogène
🔴 Confondre présence chimique, dépassement réglementaire et danger sanitaire avéré : dramatisation du risque
🔴 Présenter la prise de position de la "CN URPS-ML" comme la position de « la médecine libérale » : procédé journalistique contestable.
🔴 Conclure que « l'heure n'est plus aux études supplémentaires » : posture militante
Comment fabrique-t-on la désinformation ?
On décrypte le propos d’@elise_bordet_ cette autoproclamée scientifique qui, en réalité, possède un cabinet de conseil en stratégie et influence.
Quand la lutte contre la désinformation devient elle-même une stratégie d’influence, il faut regarder de près. C’est orwellien. Accrochez-vous !
@Samagriculteur Irrigation est la seule solution pour diversifier les cultures et allonger les rotations, ce qui sécurise les revenus face aux aléas des marchés et climatiques.
@FrancoisCame@chachauffedur Sans compter le pb du coût, pour la même raison. Les jours où le cheval ne travaille pas, il faut le soigner.
l'engin à moteur, on le laisse au garage...
Tout ça n'enlève pas, en ts cas pas forcément, l'intérêt d'un cheval municipal
@FrancoisCame@chachauffedur "rapporté au travail fourni" est un aspect à ne pas négligé. Quand on cesse d'utiliser un véhicule à moteur, il n'émet plus rien. Un cheval vous devez continuer à le nourrir, le panser, etc.
Ça peut rester une bonne idée, mais l'avantage écologique me parait au moins surestimé...