Cet après-midi, à la 23e chambre correctionnelle, aux côtés de la brigade d’avocats volontaires pour les défenses massives, pour ouvrir l'audience et lancer notre grève du zèle contre le PJL sur la justice criminelle.
Dans toutes les procédures où la liberté est en jeu, j’appelle mes confrères parisiens à se mobiliser massivement afin d'exercer pleinement les droits de la défense.
Dans toutes celles où la présence de l'avocat est obligatoire, les désignations d'office ne seront plus assurées.
@Avocats_Paris
La semaine dernière, j’ai défendu trois jours durant un homme qui reconnaissait sa pleine et entière culpabilité. Cette reconnaissance est le fruit d’un long travail sur lui, de dizaines d’heures de parloir, et d’une prise en charge psychologique souvent douloureuse en détention. Sa prise de conscience de la souffrance infligée n’aurait pas existé sans l’échéance de l’audience criminelle, sans ce rendez-vous judiciaire crucial. Une femme appelée à témoigner est venue raconter le mal que l’accusé lui avait fait. Il s’est levé et lui a demandé pardon. Elle s’est écroulée à la barre en murmurant : « C’est la première fois, la toute première fois de ma vie que quelqu’un me demande pardon pour de vrai ». L’accusé l’a répété tout au long du procès : « Je veux laisser une peau dans ce box, je veux laisser le pire de moi ici ». Voilà ce que la loi SURE va supprimer. Il y a mille façons de reconnaître un crime mais un seul moyen de s’y confronter réellement : l’audience criminelle. Cette réforme est aussi une machine à fabriquer de la récidive…
🗞️Le barreau de Paris en grève contre le projet de loi de Gérald Darmanin sur la justice criminelle.
Pourquoi nous nous mobilisons, à lire sur @BFMTV ⬇️
#PJLJusticecriminelle@Noemie_S_C
https://t.co/14FXkOxsQe
C’est l’histoire d’un dossier de viols.
Multiples.
Des centaines de viols, sur 42 parties civiles.
Dès 2017, des femmes tentent de porter plainte.
La police ne réagit pas.
Les mises en examen n’interviennent qu’en octobre 2020.
16 hommes, tous en liberté.
Viols en réunion.
Traite d’êtres humains en bande organisée.
Proxénétisme aggravé.

Le dossier est clôturé en 2023.
Les circonstances aggravantes de racisme et de sexisme, évidentes, sont pourtant écartées par la chambre de l’instruction.
Il faut aller en cassation pour les faire reconnaître, en 2025.
Depuis, nous n’avons toujours pas de date d’audience.
C’est l’histoire du dossier « French Bukkake ».
Un naufrage judiciaire.
Une dizaine d’année de naufrage judiciaire.
Un avis, @GDarmanin ?
Assemblée générale de la Conférence des bâtonniers de France
Les bâtonniers et vice-bâtonniers s’opposent au projet de loi justice criminelle et décident d’un mouvement de grève générale des 163 barreaux de province à compter du 31 mars.
𝐍𝐎𝐍 𝐀̀ 𝐋’𝐔𝐁𝐄𝐑𝐈𝐒𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐉𝐔𝐒𝐓𝐈𝐂𝐄 𝐂𝐑𝐈𝐌𝐈𝐍𝐄𝐋𝐋𝐄!
🔴Des cours criminelles sans jurés même en appel plutôt que des cours d’assises avec jury populaire,
🔴Un plaider-coupable, synonyme de justice au rabais,
❌Non @GDarmanin , les avocats ne participeront pas à votre entreprise de démolition de la justice criminelle !
🚨Le barreau de Paris redit sa ferme opposition au projet de loi #Justice criminelle dans @Le_Figaro
Le bâtonnier, Louis Degos le dit sans détour, on ne rend pas la justice plus efficace en affaiblissant ses fondements :
« Il y a quinze jours, le déjeuner sous les ors de la Place Vendôme entre le bâtonnier de Paris, Louis Degos, et Gérald Darmanin a failli tourner au vinaigre, intimidations à l'appui.
Il n'est pas normal de demander aux avocats de régler les problèmes comptables de la justice. Nous n'avons pas à gérer ses stocks. Pourquoi nous demander de faire des efforts plutôt que d'augmenter le nombre de magistrats !
Et peut-on imaginer que les problèmes d'audiencement seront réglés parce que, après 8 ans d'attente d'un procès, on aura raccourci son audience. »
Retrouvez l'intégralité de l'interview : https://t.co/IDN1PXv1yi
Déception pour Rachida Dati ce soir mais on se laisse pas abattre et on reste concentré sur la prochaine échéance, l’élection des représentantes des détenues à Fleury-Merogis
Tous ceux qui se sont révélés de rigoureux juristes pour dénoncer, à juste titre, le caractère fourre-tout de l'association de malfaiteurs quand celle-ci était retenue contre Nicolas Sarkozy seront-ils aussi critiques ici? Le suspens est immense.
On vit une drôle d’époque, les avocats qui font exactement ce pour quoi ils ont prêté serment deviennent des cibles publiques.
J’ai prêté serment après le procès des attentats du 13 novembre, après avoir travaillé dessus comme élève-avocate. C’est le procès sur lequel j’ai grandi comme jeune avocate, aux côtés de confrères représentant une vingtaine de rescapés. J’y ai appris une chose essentielle : on ne rend pas justice aux victimes en piétinant les droits de la défense. On les trahit.
Mon éminente Consoeur @OliRonen , comme elle l’a fait avec @MartinVettes , a exercé et exerce son office avec une rigueur et une tenue qui forcent le respect.
Toujours dans la nuance, jamais dans le misérabilisme, jamais dans la provocation gratuite. Elle a défendu, tout simplement. Elle a rappelé que le droit pénal ne se rend pas à l’émotion, même lorsque l’horreur est à son comble. C’est ce qui m’a inspirée comme jeune élève-avocate, et ce qui continue de m’inspirer aujourd’hui.
Que l’on discute, critique, contredise ses positions, c’est le jeu normal du débat démocratique.
Qu’on la voue au lynchage médiatique, qu’on l’accuse, qu'elle subisse des insultes antisémites est une dérive inquiétante.
La défense de la mémoire des victimes du 13 novembre est le combat que nous menons. Mais la brandir comme arme pour abattre un avocat qui fait son travail, c’est affaiblir à la fois la lutte contre la haine et l’État de droit.
Un avocat n’est pas son client. Un avocat n’est pas la cause qu’il défend. Un avocat est la condition pour que la justice reste justice, y compris - surtout - dans les affaires les plus insupportables.
Le traitement qu’on réserve à Olivia Ronen aujourd’hui est indigne de notre profession et dangereux pour tous.
Aujourd’hui, c’est elle. Demain, ce sera un autre. À la fin, ce sont les victimes et la justice qui perdent.
Pour celles et ceux qui regardent le documentaire sur FranceTV sur le procès Barbie, voici l’arrêt de la cour de cassation du 3 juin 1988 rejetant le pourvoi de Klaus Barbie et rendant définitif l'arrêt du 4 juillet 1987. https://t.co/X3wr7puDOT