Je suis Monsieur Tout-le-monde et oui : je suis la classe moyenne. Je gagne entre 3000 et 4000€ par mois et j’ai le droit à rien, même pas à l’aide au carburant. Pourtant je travaille pour le service public et je me tape 150 km aller-retour tous les jours avec ma voiture personnelle.
Chaque matin à 6h39, je monte dans ma vieille renault qui a déjà 270 000 km au compteur à cause du travail.
75 km à l’aller, 75 km au retour.
Et les 4 années précédentes, 145 km aller 145 km retour.
Essence, usure des pneus, vidange, kit de distribution, tout à ma charge. Je fais partie de ces « grands rouleurs » dont on parle dans les annonces gouvernementales… Sauf que mon revenu fiscal de référence dépasse les 16 880 € par part. Donc officiellement, je ne suis pas assez « modeste ».
L’autre soir, j’ai vu l’annonce : 100 € d’indemnité carburant pour les travailleurs modestes. J’ai souri mais j'ai surtout souri jaune. Pendant que je remplissais le réservoir à 105€ pour la deuxième fois de la semaine, le gars à côté de moi, en jogging, a peut être reçu la notification sur son téléphone : « Votre aide de 100 € a été versée. »
Moi ? Rien. Je paie mes impôts, je finance le système, je fais tourner le service public… Et je reste là, à la pompe, à regarder le chiffre tourner.
Le soir, en rentrant, je n’ai pas crié. Je me dis juste qu'un jour, on va arrêter de faire semblant que tout va bien.
Au fond, si vous râlez à ce tweet cela me fera rire. Rire jaune encore une fois. Car vous savez très bien comment ça marche : je suis juste assez riche pour payer, jamais assez pauvre pour toucher. Le système parfait : les classes moyennes, c’est les vaches à lait idéales. On les trait jusqu’à la moelle, et on leur dit merci d’un air compatissant. Sans oublier de leur dire, que le salaire de 3000 € est déjà énorme.
Le socialisme est une maladie.