Terrence Malick, Olga Kurylenko, Ben Affleck
"Les gens faibles ne mènent jamais les choses à une conclusion. Ils attendent que les autres le fassent. Comment la haine a-t-elle remplacé l'amour ? Comment mon coeur tendre s'est-il endurci ?" (A la merveille)
Nick Nolte : « Terrence Malick est comme Stanley Kubrick, il attend. Si une scène ne fonctionne pas, il arrête et il attend que l’inspiration vienne. Le temps est une donnée fondamentale, il permet de réfléchir aux choses, d’atteindre une certaine maturation. Par exemple, Terry ne termine jamais une scène : au bout d’une semaine, il se retrouve avec cinq ou six scènes incomplètes. Il dit alors « On trouvera le moyen de terminer ces scènes la semaine prochaine. »
Evidemment, en travaillant ainsi, Malick rend les acteurs fous furieux, ils perdent tous leurs repères. Terrence recherche l’inspiration, la vérité d’une scène.
Ce film (La ligne rouge) n’avait aucune obligation de délai, d’emploi du temps, excepté sa propre vérité, sa propre maturation.
Je me souviens aussi que, pour terminer ces fameuses scènes, Terry regardait toujours le soleil : il attendait 6 h du soir, quand le ciel devient orange. Peu importait le bon raccord, ce qui comptait était cette qualité dorée de la lumière. S’il avait informé le studio qu’il ne tournerait qu’entre 6 et 8, ils auraient refusé catégoriquement !
Pour un acteur, les méthodes de Terrence sont fantastiques, car il n’y a rien de plus précieux que le temps pour ruminer un rôle. C’est rare de travailler dans un contexte où seule compte la créativité, où il n’y a pas la pression habituelle du résultat.
Par ailleurs, la plupart des acteurs, surtout les jeunes, veulent savoir quel est leur statut dans le film, s’ils ont le premier, le second ou le troisième rôle. Terry est muet à ce sujet, il ne dit pas qui est le personnage principal : il filme. Il filme tout le monde, chaque acteur, chaque personnage. J’ai trouvé cela merveilleux, parce qu’on doit laisser son ego au vestiaire. C’était très libérateur ! Puisque je ne savais pas combien de temps j’apparaîtrais dans le montage final, puisqu’il se pouvait très bien que je ne sois même pas dans le film, pourquoi ne pas tout tenter ? Terrence est l’un de ces cinéastes que l’on compte sur les doigts de la main, l’un de ceux qui racontent leur histoire, qui font le film qu’ils ont profondément besoin de faire. »
Serge Kaganski : "De temps à autre, pour faire patienter la Paramount, Terrence Malick leur fait parvenir quelques pages de son travail : de longues tirades poétiques ou philosophiques, de splendides descriptions visuelles, mais pas une ligne de dialogue.
Les types de Paramount perdent patience :
« Envoyez-nous un script qui commence par la page 1 et qui se termine par le mot « fin » ! N’importe quoi, ce que vous voulez, mais mettez-vous au boulot ! »"
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Landscape in the Mist (1988, Angelopoulos)
"For me, each shot is a living thing, with a breath of its own, that consists of inhaling and exhaling. This is a process that cannot accept any interference; it must have a natural opening and fading."
--- Theo Angelopoulos