Procès Le Priol : la déclaration à la barre de Shaun Hegarty, ami proche de Federico Martín Aramburú, présent le soir du drame
"Merci de m’écouter. Je suis un peu ému. Ça fait plus de quatre ans que j’attends d’être ici.
J’ai 42 ans, je suis né à Bayonne. Je suis issu d’une famille cosmopolite. Mon père est Néo-Zélandais, d’origine irlandaise. Je viens d’une famille multiculturelle.
Dans ma famille, on joue au rugby et j’ai eu la chance d’être dans de belles équipes de jeunes et de jouer avec l’équipe première du Biarritz Olympique.
J’en parle parce que c’est autour de ce sport que j’ai rencontré Federico Aramburu en 2004. On est tombés dans une amitié sincère. Il avait quatre ans de plus que moi, il était international argentin et j’étais espoir à Biarritz. J’avais l’opportunité de jouer avec eux.
On jouait au même poste, ailier, et c’est toujours un peu bizarre de jouer avec un concurrent. Federico me faisait faire des exercices en plus à la fin de l’entraînement, il m’aidait. On a joué ensemble jusqu’en 2006. Dans le cadre étudiant, c’était plutôt moi qui lui donnais des conseils.
En 2006, il part à Perpignan puis à Glasgow, et moi à Bayonne et Narbonne. On devient adversaires et c’est une joie de jouer parfois contre lui.
J'arrête ma carrière en 2012 et je décide de revenir au Pays basque avant de préparer un tour du monde. Durant cette période-là, Federico et sa femme reviennent à Biarritz.
Un jour, on se croise à Biarritz. On s’arrête, Federico sort de la voiture, on s’embrasse. Il doit y avoir 50 voitures de chaque côté, on bloque la route. Les gens attendaient calmement en voyant cette scène de retrouvailles.
Federico repart en Argentine. Ils me reçoivent comme des rois chez eux pendant mon tour du monde.
Il avait un projet de tourisme. Je voulais faire cela aussi. On a monté une société qui organise des séjours avec une licence de voyage pour des groupes, du réceptif autour des grands matchs de sport. On travaille pendant huit ans ensemble. On est inséparables par rapport à ça.
On arrive à cette soirée de mars 2022. Federico arrive le 17 pour un partenariat avec une agence. Je suis monté le 18 de Bayonne pour venir faire la soirée d’avant-match France-Angleterre.
Pour mes clients, on a privatisé un lieu dans le quartier Saint-Germain. J’ai fait venir l’analyste vidéo de l’équipe de France pour expliquer comment allait se passer le match du lendemain.
De là, on va manger. Je les amène continuer leur fête et Federico me dit, à partir de minuit, qu’il veut me voir et qu’il veut partager quelque chose avec moi : « Ça y est, c’est fait, on va pouvoir travailler pour la Coupe du monde de rugby. » Pour nous, c’était un accomplissement.
Je dis à demain à mes clients. Je vais retrouver Federico. Il me dit : « Viens, on boit un coup. » On s’embrasse, on est dans la rue de la Soif, on sourit, on rigole, on chante, on danse.
À la fin de la soirée, on entre à l’hôtel Prince de Conti. On va boire un dernier verre au Mabillon, on va manger un truc, on avait faim.
On arrive sur la terrasse, une vingtaine de tables. On se met en face de la table de Bouvier, Le Priol et Rochemir.
On discute avec les gens à la terrasse, avec eux. Au départ, ça se passe plutôt bien. Tout le monde rigole, c’est léger.
À un moment donné, Le Priol me demande d’où on vient. Je leur dis : « Argentine et Pays basque. » Bouvier montre le sol et dit : « Nous, on vient d’ici », en montrant le sol. Je lui demande : « Comment ça, ici ? Le trottoir ? » On ne comprend pas trop. La soirée continue.
Un gars vient parler avec Monsieur Le Priol et Bouvier. Ils lui répondent mal, de manière autoritaire et condescendante, et ça ne nous plaît pas. Donc j’interviens. Je dis : « Laissez tomber, laissez-le tranquille. » On me rapporte que je l’aurais traité de con. Je n’ai pas ce souvenir, mais si je l’ai dit, je pense que l’ensemble des gens autour devaient le penser.
À ce moment-là, je lui parle. Il se lève, il me met trois petites claques et me dit qu’il faut que je fasse attention car il fait partie des forces spéciales. Très vite, la personne de la sécurité le prend et lui dit d’aller s’asseoir. Je suis assez surpris parce qu’on est dans un mode festif avec Federico.
Je leur demande : « T’as pas une cigarette ? », pour montrer que je veux passer à autre chose. Je paye et, cinq minutes après, je décide de rentrer à l’hôtel.
Je fais le tour et j’attends Federico au coin de la rue. Là, je vois Federico qui a ce geste malheureux de le faire tomber par la capuche, et ça lance cette première scène de bagarre qu’il y a autour du Mabillon.
Federico est sur le reculoir. Bouvier vient à ma hauteur, m’attrape le bras. Je lui donne un coup de poing.
C’est une bagarre assez dure. On prend des coups, on en donne, mais c’est court, ça dure dix secondes. Très rapidement, le personnel du Mabillon nous sépare. On se retrouve rue de Buci et boulevard Saint-Germain. Je prends un dernier coup de poing par un des serveurs. Je ne lui en veux pas, c’était hors de propos.
Avec Federico, on part. On se dit que c’est fini. On se dit qu’on a passé une super soirée et qu’on se retrouve dans cette situation.
On passe devant un hôtel. On se dit qu’on va demander des glaçons. Le monsieur de l’hôtel nous les donne gentiment. On les met dans un chiffon.
On s’en va et, au moment où on sort de l’hôtel, je vois cette voiture, une Jeep militaire, et j’entends : « Ils sont là. » La voiture s’arrête.
Je ne comprends pas que c’est Monsieur Bouvier et Madame Rochemir. Je regarde la voiture, elle est spéciale. Je me dis : « Qu’est-ce qu’ils viennent faire là ? »
On traverse. Je reste de mon côté, tranquille. Federico et Monsieur Bouvier parlent. Je suis à cinq mètres derrière. Monsieur Bouvier lui tire dessus quatre fois.
Je suis ahuri. On apprendra que j’ai fait une dissociation, le cerveau se met en mode protection. Pour moi, les sons, c’étaient des petits pétards mouillés et c’était une arme factice. Je ne comprends pas qu’il est blessé à ce moment-là. Je n’ai pas conscience que Federico s’est pris deux balles.
Bouvier et Rochemir s’en vont et Monsieur Le Priol arrive. Ils s’agrippent. Federico tombe au sol. Il passe devant moi. J’essaye d’intervenir mais je ne sers à rien. J’ai l’impression qu’ils retombent, mais Monsieur Le Priol lui tire dessus. Il vide le chargeur.
Je vois Federico tomber sur une poubelle et tomber à terre sur la rue. Je me dis qu’il faut qu’il se lève et qu’on rentre à l’hôtel. Je ne comprends pas ce qu'il se passe.
Et là, il me dit : « Shaun, appelle la police, je vais mourir. »
Là, je prends conscience de ce qu’il se passe.
Je le vois qui s’étouffe parce qu’il a du sang dans sa bouche. Je l’ai dans mes bras et je ne sais pas quoi faire. Pour moi, il est parti là.
On le sort, on le met contre le trottoir et je vois des gens qui essayent de le ranimer, mais il est parti.
On me met dans une voiture de police. Une ambulance arrive. On me déshabille pour voir si je n’ai pas été touché.
Là, on me demande qui était la victime. Je le dis. Ils me demandent s’il a une famille. Je dis oui. Et donc la policière me dit : « Vous voulez que j’appelle sa femme ? »
J’essaye d’appeler Maria mais elle ne me répond pas.
Après, moi, je passe entre la voiture de police et l’hôtel, et ensuite je pars avec la police pour la première audition."
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L'extrême droite est un danger pour nos enfants, pour leur éducation et pour leur sécurité. Et elle attaque sans cesse les classes populaires et moyennes. Chaque jour une nouvelle preuve. La rentrée des horreurs n'est pas finie.
Sachez que la tour sur la première photo.. très belle hein, ça évoque les légendes arthuriennes et tout. Mais cette tour est une.... Maison pour canards.
Ceux qui le disent que le NSDAP était de gauche parce qu'il y a socialiste dans le nom, je leur recommande de boire de l'eau de javel, parce qu'il y a eau dans le nom.
Il ya moins d'un mois les présidents de l'assemblée nationale et du Sénat ont refusé qu'on consulte leurs notes de frais pourtant payés avec de l'argent public en invoquant leur "droit à la vie privee"
Être traité d’antisémite par des comptes qui distribuent des brevets de judéité selon son alignement sur une politique génocidaire, relève de l’obscénité. Je combats l’antisémitisme & j’en subis les violences. Les amalgames ne salissent que l’engagement de ces fanatiques !
J’ai toujours combattu l’antisémitisme. Je ne laisserai personne confisquer ma judéité. Soutenir les droits du peuple palestinien est un devoir universel. L’instrumentalisation de l’antisémitisme pour faire taire toute critique d’Israël est une faillite morale ! #Nausee
Je m’appelle David, j’ai 29 ans.
Il y a quelques étés, j’ai répondu à une annonce pour travailler dans un snack de plage sur la côte méditerranéenne. Le patron, toujours en chemise en lin blanc et mocassins sans chaussettes, m’a accueilli avec un grand sourire. Son offre était soi-disant “correcte” pour la saison : 750 euros par mois.
Pour justifier ce salaire ridicule, les patrons des plages privées ressortent toujours la même phrase magique :
“Le logement et les repas sont compris.”
Ils te vendent ça comme si tu allais vivre dans un hôtel avec vue sur mer.
La réalité ?
Le logement, c’était un vieux matelas posé dans une chambre étouffante sous les toits, sans climatisation, à partager avec trois autres saisonniers qui rentraient tous cassés après avoir passé la journée au soleil.
Et les repas ?
On mangeait debout derrière le snack, en cinq minutes chrono, les restes de frites froides, des paninis invendus ou une salade ramollie avant de repartir au service.
Sur le papier, je devais simplement “aider un peu en salle”.
Dans le langage des saisonniers, ça veut dire commencer à 7h du matin pour nettoyer la terrasse pleine de sable, courir toute la journée avec des plateaux brûlants sous 38 degrés, supporter les clients agressifs parce que leur mojito met dix minutes à arriver… puis finir à minuit passé à laver le sol pendant que les derniers vacanciers rigolent encore en terrasse.
Jour de repos ?
Une blague.
Le week-end, c’est impossible.
Et la semaine “il y a trop de monde”.
Alors tu bosses sept jours sur sept.
Mi-août, avec le dos détruit et les pieds en sang dans mes baskets trempées de sueur, j’ai commencé à faire le calcul.
Je travaillais environ treize heures par jour.
Presque 400 heures dans le mois.
Pour 750 euros.
Ça faisait même pas 2 euros de l’heure.
Je gagnais moins qu’une bouteille d’eau tiède vendue aux touristes sur la plage.
Pendant que toi tu comptes les pièces pour finir le mois, tu regardes le patron encaisser des milliers d’euros chaque week-end.
Et bizarrement, à la fin de l’été, celui qui te répétait :
“Cette saison est catastrophique… les charges nous tuent… il n’y a plus d’argent…”
arrive en septembre avec un SUV allemand flambant neuf.
Puis l’hiver arrive.
Et tu retrouves ces mêmes patrons à la télévision ou dans les journaux locaux à expliquer que les jeunes ne veulent plus travailler, qu’ils sont fainéants, qu’ils préfèrent rester chez eux plutôt que de faire des efforts.
Mais le problème n’a jamais été le travail.
Le problème, c’est qu’on a compris quelque chose.
Sacrifier son été, sa santé, son sommeil et sa dignité pour moins de deux euros de l’heure, ce n’est pas “faire ses preuves”.
C’est juste se faire exploiter.
Et le pire, ce n’est même pas la fatigue.
Le pire, c’est de se faire traiter de paresseux par ceux qui vivent grâce à ton épuisement.