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Season 36 arrives this fall on Noovo.
La chambre 814
« J’ai payé mes impôts toute ma vie. Je ne demandais pas une chambre luxueuse. Personne ne demande ça. Est-ce que c’est si compliqué de trouver un ouvrier et un peintre pour faire la job? »
Par @PaulArcand
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J’ai lu ce texte ce matin et j’ai écouté le professeur Francis Richer au micro de Patrick Lagacé. Je suis scandalisé que l’on puisse tolérer une telle violence envers l’un de nos enseignants, en toute connaissance de cause, sans entraîner de conséquences pour qui que ce soit. Je comprends que l’actualité est très chargée mais je veux m’assurer que la classe politique envoie un signal très clair au sujet de la sécurité et du respect envers tous les Québécois, et ce peu importe leur orientation sexuelle.
Pour ceux qui n’ont pas vu passer la nouvelle, un enseignant de l’école La Voie du quartier Côte-des-Neiges à Montréal fait l’objet de propos haineux de la part de ses élèves. « Vive les génocides envers les LGBTQ », « Francis le gay va mourir » ou « Fuck les gays I hope they die », tous des propos écrits sous le couvert de l’anonymat dans une plateforme de discussion de classe. Ces élèves n’ont que 13 ans.
Il y a une ligne très claire que nous devons tracer quant aux fondements de la société québécoise, quant au contrat social qui nous lie tous lorsqu’on vit au Québec. On parle ici d’un enseignant et de son droit d’assumer tout simplement son homosexualité, sans avoir peur d’être insulté ou menacé. L’un des fondements du Parti Québécois, tout comme de la société québécoise dans son ensemble, est que peu importe nos différences individuelles, nous avons tous droit à la sécurité et au respect. Je ne vois donc pas dans quel monde parallèle on pourrait banaliser ou fermer les yeux devant de telles menaces envers nos enseignants en raison de leur différence. La haine est explicite et je ne m’explique pas que différentes autorités, scolaires autant que policières, aient pu traiter cette situation comme un fait divers et que ceux ou celles qui ont écrit de tels propos demeurent impunis.
Cette situation soulève la question du communautarisme religieux et de l’incapacité de nos écoles à intégrer une partie des nouveaux arrivants à la société québécoise. Lors de l’entrevue au 98,5, l’animateur Patrick Lagacé a demandé si le caractère multiethnique de la classe en question avait pu jouer dans la banalisation de ce genre de geste. C’est une question qui est, je le conçois, très délicate. On doit l’aborder avec toute la responsabilité qui nous incombe et les mots justes. Mais on doit l’aborder. Est-ce que le rapport à l’homosexualité qu’ont des membres de certaines communautés, dans le contexte d’une salle de classe issue à 90% de l’immigration, a pu jouer dans un cas comme celui-ci? L’ enseignant Richer raconte qu’on lui a fait la suggestion de ne pas parler de son orientation sexuelle dans le contexte de « ce milieu » où le phénomène LGBTQ « peut être nié ». On lui fait aussi comprendre que certains parents sont « particulièrement problématiques, donc il faut faire attention à ce qu’on dit ».
Patrick Lagacé a terminé son entrevue en affirmant ceci : « Un documentaire de Manuel Foglia l’année passée a été diffusé à la télévision et on a filmé dans deux écoles. Une école en Gaspésie (dans le Bas-du-Fleuve) et une autre au centre-ville de Montréal. Sur la question LGBTQ, en région, on était extrêmement tolérant. Dans l’école multiethnique de Montréal, il faut le dire, les préjugés des parents, certaines pratiques culturelles ou religieuses, on se serait cru en 1950 sur ces enjeux-là ». Évidemment, nous serions fous et naïfs de penser et de dire qu’il n’existe pas d’intolérance dans la société québécoise de manière générale ou à l’extérieur de Montréal. Nous avons fait d’énormes progrès dans les 50 dernières années, même si tout n’est pas parfait. Tout le monde sera cependant d’accord pour dire que les Québécois forment la nation la plus tolérante à l’homosexualité en Amérique, et l’une des plus tolérante dans le monde entier. Et qu’il est hors de question qu’au Québec les homosexuels retournent dans le placard après tant d’années de lutte pour leur émancipation.
En début d’année, dans un excellent papier de Louise Leduc dans La Presse, on apprenait que de nombreuses écoles publiques de Montréal, particulièrement dans certains quartiers, étaient de plus en plus homogènes. « Les écoles secondaires de Montréal que l’on qualifie de multiethniques sont nombreuses aujourd’hui à être de plus en plus homogènes, avec un groupe ethnique nettement prépondérant. L’idéal de mixité recule, de jeunes immigrants de première et de deuxième génération côtoyant finalement peu de Québécois qui sont ici de longue date ». Rachida Azdouz, chercheuse au Laboratoire de recherche en relations interculturelles de l’Université de Montréal, nous explique que cette nouvelle réalité pose deux problèmes majeurs : « il y a risque du repli sur son groupe d’origine, par défaut, et un ratio d’accueillants insuffisant pour permettre une interaction significative entre accueillants et accueillis ». En d’autres termes : on se magasinerait un problème d’intégration. Est-ce vraiment le Québec de 2024 dans lequel nous souhaitons vivre et élever nos enfants? Un Québec où on vit chacun dans son coin, par communauté, sans aucun échange au sujet de ce qu’on partage tous en commun, soit d’être tous dans le même bateau, d’être tous Québécois ? Comment maintenir la paix sociale dans une société où ces communautés ne partageraient ni valeurs ni règles communes ?
Vous le savez, je suis très critique de la mouvance woke et de l’introduction dans les écoles de concepts et de théories qui n’ont fait l’objet d’aucun débat démocratique au préalable et dont les assises conceptuelles me semblent douteuses. Nos écoles regroupent des enfants dont les parents ont des bagages différents et je suis toujours critique de l’introduction, sans aucun débat démocratique préalable, de concepts qui, de mon point de vue, tiennent davantage d’une dérive idéologique que de la science. À mon avis, les parents doivent faire partie intégrante du débat démocratique au sujet de ces notions, dans le respect de tous et chacun. Mais, indépendamment de la réaction potentiellement légitime des parents en regard de ce qui est enseigné à leur enfant, je veux être très clair sur un principe fondamental dans notre société. Le cas de cet enseignant ne relève pas du débat légitime sur ce qui est enseigné et à quel âge, dans nos écoles. Il s’agit ici du droit d’un enseignant homosexuel à pouvoir exercer sa profession sans craindre pour sa sécurité et sans devoir se cacher. C’est non négociable.
L’incapacité de plus en plus grande du Québec à intégrer par l’école est un réel sujet qui devrait tous nous préoccuper collectivement. Sans intégration, nous assisterons à la désintégration du contrat social québécois axé sur la paix sociale, ainsi que de notre culture québécoise, cette même culture paisible et respectueuse qui fait du Québec une terre d’accueil si attirante. Il ne s’agit pas ici de blâmer qui que ce soit ou de trouver des coupables, mais plutôt de faire des constats difficiles mais nécessaires, qui nous permettront d’avancer et de trouver des politiques publiques capables de recréer une mixité et une intégration dans les valeurs partagées de notre société. L’un des mandats fondamentaux de l’école est de former des citoyens. L’école québécoise ne doit plus uniquement viser à transmettre la maîtrise du français, elle doit aussi viser à transmettre la culture québécoise, notre vision du monde et notre façon de participer et de le façonner. Et surtout de transmettre une citoyenneté qui garantit une place, la sécurité et le respect de tous et chacun.
L’incapacité de l’école à faire respecter l’autorité de l’enseignant, à établir des normes élémentaires de respect et de civisme devrait aussi nous préoccuper au plus haut point. Ce n’est pas normal que dans certaines écoles, on craint davantage le fait d’indisposer certains parents que de perdre des élèves à qui on aurait échoué à apprendre les règles élémentaires de la vie en société. Ce n’est pas normal qu’on puisse avoir des comportements haineux aussi décomplexés de la part d’élèves sans que toute la lumière soit faite, sans qu’il y ait des conséquences.
J’invite les autorités compétentes à agir en conséquence. Je nous invite également à une réflexion collective plus profonde sur l’avenir de l’école et de son rôle dans la transmission du savoir objectif dépourvu de dérives idéologiques certes, mais aussi dans la transmission d’un patrimoine culturel commun.
Ayant lu ce qui se dit sur l’attentat contre Trump, je conclus que les réseaux sociaux donnent accès à la parole de la même manière que les USA donnent accès aux armes. Avec le même résultat.