La vraie résilience, c’est de naître et de grandir au Sénégal.
C’est continuer à se battre, à entreprendre et à croire, dans un pays où tout semble au ralenti.
Le plus grave n’est pas la crise économique.
Le plus grave, c’est que nous ne rêvons plus.
Je ne parle pas de politique. Je parle d’ambition. De vision. D’un pays qui donne envie à sa jeunesse de construire plutôt que de partir.
Oui, l’époque d’Abdoulaye Wade me manque. Pas par nostalgie politique, mais parce qu’il portait des projets qui faisaient rêver. On pouvait être d’accord ou non avec lui, mais il insufflait une ambition. Il nous faisait croire que le Sénégal pouvait voir grand.
Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’un pays figé. Comme suspendu dans le temps.
Nous faisons dix pas en avant, puis cent en arrière.
Et au-delà de l’État, nous devons aussi nous regarder en face. Nos comportements, notre méchanceté gratuite, notre jalousie, notre incapacité à nous soutenir les uns les autres. Nous sommes parfois les premiers freins au développement de notre propre pays.
Que se passe-t-il avec le Sénégal ?
Pourquoi avons-nous perdu cette flamme ?
Parce qu’un peuple qui ne rêve plus est un peuple qui s’éteint doucement.
Et un pays qui cesse de faire rêver sa jeunesse est un pays qui hypothèque son avenir.
C’est le cri du cœur d’une simple citoyenne qui refuse de renoncer à aimer son pays.