"Fallait-il une université en Corse ? Je crains que non, car cela favorise un entre-soi qui est le contraire de l’esprit d’ouverture et de rencontres qu’est censé encourager une université. C’est un incubateur à nationalistes.
Avant la création de l’université de Corte, les jeunes étudiants corses allaient sur le continent, à Nice surtout, et à Marseille ou Aix. Ils s’y frottaient à des différences. Et c’est évidemment une expérience formatrice."
Pierre Assouline
Oh oui, Monsieur Assouline, vous avez raison. C’était tellement, tellement mieux avant.
Avant que la Corse ne dispose d’une université, quand seuls les enfants des familles aisées pouvaient se permettre d’aller étudier à Nice, à Aix-en-Provence, à Montpellier ou — pour les plus fortunés — à Paris. L’enseignement supérieur n’était alors réservé qu’à une élite choisie, bien née, bien introduite. Un monde parfait, en somme. Un monde où l’on pouvait se frotter aux « différences », mais seulement si l’on avait le portefeuille pour.
Il fallait donc avoir les moyens de faire des études ou se saigner pour y parvenir. Il y a peu encore, dans de nombreuses familles corses, surtout modestes, envoyer un enfant sur le continent pour y effectuer des études représentait un investissement considérable. Par conséquent, il n’était pas rare que la fratrie se sacrifie pour permettre à un seul membre de la famille de poursuivre une scolarité au lycée ou à l'université. Cette situation était la source d'une frustration immense.
Mais oui, Monsieur Assouline, vous avez vraiment raison. Quelle idée absurde a eue Pascal Paoli, ce provincial entêté, en fondant en 1765 une université à Corte ! Quel malheureux égarement, lui qui prétendait former une jeunesse instruite au cœur de la montagne corse, en plein siècle des Lumières. Heureusement, le roi Louis XV, dans sa grande sagesse, s’empressa de refermer cette parenthèse dangereusement éclairée après la conquête militaire de l’île.
Et quelle clairvoyance, surtout, de voir dans la réouverture de cette université au début des années 1980 un « incubateur à nationalistes ». Comme si former des étudiants sur leur propre sol, dans leur propre langue et avec leur propre culture pouvait être autre chose qu’un ferment de repli identitaire. C’est bien connu : toutes les universités du monde forment des citoyens ouverts, sauf celles des peuples dominés, qui elles, seraient de dangereuses fabriques à séparatistes. Sauf si, bien sûr, ces étudiants étudient ailleurs. Là, cela devient une expérience “formatrice”.
Il faut donc saluer votre courage, Monsieur Assouline, d’oser dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : la Corse ne mérite pas une université. Et si elle en a une, elle devrait surtout apprendre à bien penser. À penser “comme il faut”. À penser comme on pensait avant, du temps béni où la République savait mieux que les peuples ce dont ils avaient besoin.
Mais permettez que nous vous répondions avec calme, sans ironie cette fois :
L’Université de Corse n’est pas une erreur. Elle est un droit.
Elle n’est pas un entre-soi. Elle est un lieu d’ouverture sur le monde, où l’on enseigne en français, en corse, en anglais, en italien ; où l’on produit de la recherche de haut niveau, où des jeunes issus de milieux modestes peuvent enfin accéder à l’enseignement supérieur.
Elle n’est pas un repli. Elle est une conquête.
Et si des idées naissent en Corse, fussent-elles critiques, politiques, voire radicales parfois, c’est peut-être le signe que l’université fonctionne. Car une université qui ne produit ni débat, ni pensée libre, ni conscience, n’est qu’un décor.
Alors non, Monsieur Assouline, la Corse ne vous demande pas la permission d’être instruite.
Mais l’université de Corse vous est ouverte, Monsieur Assouline. Elle vous est ouverte — comme elle l’est à toutes les voix, y compris celles qui la critiquent.
À Corte, nous n’avons jamais eu peur des idées, seulement du mépris, de l'injustice et des caricatures.
Sans rancune,
Eugène Gherardi
Sede vacante
À la mort du pape François, le siège de Pierre devient vacant : Sede Vacante. Toute autorité pontificale s’interrompt.
Le Camerlingue (Kevin cardinal Farrell) gère les affaires courantes, les cardinaux préparent le conclave.
Il #Papa in #Corsica il 15 dicembre. Annunciata la visita di Francesco nell’isola del Mediterraneo dove concluderà il congresso sulla “Religiosità popolare nel Mediterraneo” ad Ajaccio. In programma incontro col presidente Macron
@SalvoCernuzio
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Il vescovo di Ajaccio commenta il viaggio del #Papa in Corsica: “Un regalo che ci stimola alla responsabilità per il futuro”. Francesco concluderà il congresso sulla religiosità popolare nel Mediterraneo: “Non occasione di folklore ma di evangelizzazione"
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Pope Francis will make an Apostolic Journey to the Mediterranean island of Corsica, France, on 15 December to close an international conference on popular religious traditions organized by the Diocese of Ajaccio.
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Voilà comment ces gens-là vendent la Corse aux colons, pendant qu'eux s'installent tranquillement en bord de mer ou au cœur des villes. Nos jeunes et nos familles corses sont contraints de déménager ailleurs, où les loyers sont encore soutenables, dans la plus grande indifférence. À quand un RIACQUISTU des valeurs nationalistes sur les fondamentaux des intérêts du peuple corse ?
Aio, chì u populu si ne more.
2/2 À 23 ans, issu d’un milieu très modeste, je travaillais pour payer mes études et j’avais obtenu une petite bourse pour préparer les concours. Je n’ai jamais oublié ce mépris de classe à l’encontre du jeune homme que j’étais. Ce mépris que je rencontre encore si souvent.
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Pour le bien de la Corse, le vote que nous devons choisir ce dimanche devient de plus en plus évident. Imaginez juste l’AN sans un représentant de la Corse et de ses valeurs… #legislative2024