Passionnée de littérature, de tous les arts, pour la beauté, la grâce, prof retraitée, maman, qui écrit pour le plaisir et qui a le Québec tatoué sur le cœur.
nous reviendrons nous aurons à dos le passé
et à force d'avoir pris en haine toutes les servitudes
nous serons devenus des bêtes féroces de l'espoir
Gaston Miron
"Je ne serai jamais ce que les autres veulent que je sois. Je vais rire si je suis heureuse et crier si je suis en colère. Tu ne sais pas mais le matin quand je regarde dans le miroir je me reconnais et je suis contente de moi."
Frida Kahlo
« Parce que c’était juste. »
– Un texte de Thélyson Aurélien, romancier québécois d'origine haïtienne, qui pose un regard lumineux sur sa terre d’adoption et rend hommage à la générosité discrète des Québécois qui ont adouci son arrivée par simple souci de justice et d’humanité.
L'auteur a publié récemment son premier roman, « C'était ça ou mourir », aux Éditions du Boréal. Les droits de ce titre ont déjà été cédés à 21 éditeurs dans le monde. En une semaine, l’œuvre s’est retrouvée au numéro un des ventes de livres francophones des librairies indépendantes.
Extraits :
« À mon arrivée au Québec, tout était à réapprendre. Trouver un logement. Comprendre les formalités. Chercher un emploi. Décoder des règles qui paraissent évidentes à ceux qui les connaissent depuis toujours. Les premiers mois d’une nouvelle vie ressemblent souvent à un immense labyrinthe, où chaque porte exige une clé différente.
Et puis il y a eu les Québécois.
Pas ceux dont on parle à la télévision. Pas ceux qui occupent les tribunes ou les réseaux sociaux. Les autres. Ceux qui sont nombreux. Les ordinaires. Ceux du quotidien. Ceux qui n’écrivent pas l’histoire officielle, mais qui rendent la vie possible. (...)
Les Québécois ne sont pas toujours ceux qui se racontent le mieux. Ils parlent volontiers de ce qui reste à améliorer, mais beaucoup moins de ce qu’ils ont réussi à bâtir. Pourtant, pour celui qui arrive d’ailleurs et qui prend le temps d’observer, il y a là quelque chose de remarquable. Une société qui a appris à se tenir debout. Une société qui connaît la fragilité parce qu’elle a dû lutter elle-même pour préserver sa langue, sa culture et sa place dans l’histoire. Peut-être est-ce pour cela que tant de gens, lorsqu’ils arrivent ici avec leurs propres blessures et leurs propres combats, trouvent malgré tout une place pour recommencer.
Mon appartenance au Québec ne s’est pas déclarée d’un seul coup. Elle s’est construite peu à peu, dans la langue, dans les rencontres, dans les hivers traversés, dans les gestes reçus et rendus. On n’habite pas seulement un territoire. On apprend aussi une manière de vivre ensemble. »
Source : La Presse, Montréal, 23 juin 2026.
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#livre #roman #Haïti #Québec
Sur la peur – Khalil Gibran
"On dit que, juste avant d’entrer dans la mer,
une rivière tremble de peur.
Elle regarde en arrière le chemin qu’elle a parcouru,
depuis les sommets des montagnes,
la longue route sinueuse à travers forêts et villages.
Et devant elle,
elle voit un océan si vaste
que s’y engager
revient à disparaître à jamais.
Mais il n’y a pas d’autre choix.
La rivière ne peut pas faire demi-tour.
Personne ne peut revenir en arrière.
Reculer est impossible dans l’existence.
La rivière doit prendre le risque
d’entrer dans l’océan,
car ce n’est qu’alors que la peur disparaîtra,
car c’est là que la rivière comprendra
qu’il ne s’agit pas de disparaître dans l’océan,
mais de devenir l’océan."
"Et je dis aux Femmes trois choses : votre indépendance économique est la clé de votre libération. Ne laissez rien passer dans les gestes, le langage, les situations qui attentent à votre dignité. Ne vous résignez jamais."
Gisèle Halimi, Journal Le Monde (22/09/2019)
"Le meilleur pour les turbulences de l'esprit, c'est apprendre. C'est la seule chose qui n'échoue jamais. Vous pouvez vieillir et trembler, vous pouvez veiller la nuit en écoutant le désordre de vos veines, vous pouvez manquer votre seul amour et vous pouvez perdre votre argent à cause d'un monstre ; vous pouvez voir le monde qui vous entoure dévasté par des fous dangereux, ou savoir que votre honneur est piétiné dans les égouts des esprits les plus vils, il n'y a qu'une seule chose à faire dans de telles conditions : apprendre."
Marguerite Yourcenar, Sources II
Dans un monde où les doigts tapent frénétiquement sur des claviers, où les messages s’évaporent plus vite qu’un parfum bon marché, et où l’écriture prédictive transforme la pensée en brouet standardisé, il existe encore un acte de résistance : un carnet, un stylo, et l’on redevient maître de sa pensée, loin des algorithmes qui prétendent savoir mieux que nous ce que nous voulons dire.
@7559pr Ces derniers titres (2010-2013-2016) sont tirés d’un poème d’Aragon qui m’émeut encore. C’était aussi le préféré de mon père. L’Anthologie de D’Ormesson Et toi mon cœur pourquoi bats-tu (Laffont) est un joyau.
"Je suis née avec une blessure ouverte, et des couleurs en jaillissant. Ne me qualifiez ni de brave ni de martyre ; je suis simplement une femme qui a appris à aimer même au cœur de la douleur. Je suis un pinceau, je suis un cri, je suis une chair brisée et un esprit en flammes. Je me peins moi-même parce que je suis la seule chose que je connaisse avec fureur, avec tendresse.
Et si cela ne plaît à personne, qu'on ne me regarde pas, car je ne suis pas venue pour m’intégrer, je suis venue pour être."
Frida Kahlo
« C’est tellement rare, c’est tellement improbable, c’est tellement miraculeux que c’est peut-être ça la civilisation et la culture. Rencontrer quelqu’un qui écoute »
Michel Serres
"Grandir, mûrir, vieillir, mourir, le temps passe, c'est prédestiné, inévitable. Il n'y a qu’une solution pour que la vieillesse ne soit pas une parodie absurde de notre vie antérieure, c'est de continuer à poursuivre des fins qui donnent un sens à notre existence : le dévouement à des individus, à des groupes ou à des causes, le travail social, politique, intellectuel ou créatif. Dans la vieillesse, nous devons souhaiter avoir encore des passions assez fortes pour nous empêcher de nous replier sur nous-mêmes."
Simone de Beauvoir
« Tous les matins du monde » est l’œuvre de Pascal Quignard. Ce roman magnifique, écrit sans fioriture, nous donne à imaginer la relation qui s'est établie entre Marin Marais et celui qui fut son maître de viole, Monsieur de Sainte-Colombe. Livre lu par Jean-Claude Drouot.
La force de la #littérature, c’est ce moment où une phrase, ciselée par le génie d’un autre, vient clarifier une idée que l’on portait en soi sans pouvoir la décrire. Dans cette clarté, ce qui était diffus prend corps, et une part de nous, longtemps muette, trouve enfin sa voix.
« Dans mon enfance et mon adolescence, les livres m’ont sauvée du désespoir, et j’ai alors compris que la culture est la plus haute des valeurs. » Simone de Beauvoir