Quand le discours médiatique façonne la facture
En écoutant Radio Pirate Prime ce matin, j’ai été frappé par ce que Jeff, Gerry et Mister White racontaient au sujet de l’émission Feu vert animée par Catherine Perrin. Les panélistes de cette émission de Radio-Canada y affirmaient sans détour qu’il fallait taxer l’eau, comme si c’était une évidence, comme si les citoyens n’étaient qu’une source de revenus inépuisable. On interviewait même des gens qui semblaient d’accord avec l’idée, ce qui donnait l’impression d’un appui populaire fabriqué. Pendant ce temps, personne ne parlait des fuites d’eau, des infrastructures désuètes, ni de la gestion déficiente qui coûte déjà des millions. Le problème n’est pas l’eau : ce sont les systèmes qui tombent en ruine.
Ce qui dérange, c’est cette impression que Radio-Canada et d’autres médias poussent toujours dans la même direction : plus de taxes, plus de restrictions, plus de sacrifices. On présente ça comme une nécessité, comme une responsabilité morale, alors que les citoyens paient déjà pour des services qui se dégradent. On ne questionne pas la gestion gouvernementale, on ne remet pas en cause les choix politiques, on préfère répéter que la population doit encore se serrer la ceinture.
Ce discours finit par peser lourd. Il installe l’idée que le gouvernement doit tout contrôler, que les libertés doivent reculer, que le bonheur doit être rationné. On normalise l’idée que payer plus pour recevoir moins, est devenu la norme. Et pendant que les médias amplifient ce récit, les gens s’habituent à l’idée que c’est inévitable, que c’est pour leur bien, que c’est la seule voie possible.
Le Québec traverse déjà une période fragile, économiquement et socialement. Les familles étouffent, les services publics s’effritent, et pourtant on continue de demander davantage à ceux qui ont de moins en moins. Une société ne s’effondre pas d’un coup : elle s’érode, elle se résigne, elle accepte peu à peu ce qu’elle aurait refusé autrefois. Et quand les médias cessent de questionner le pouvoir pour plutôt en relayer les réflexes, c’est le citoyen qui perd sa voix.
Le Québec mérite mieux qu’un discours qui culpabilise et qui exige toujours plus sans offrir davantage. Il mérite un débat honnête, une gestion responsable et un respect réel pour ceux qui paient la facture.
Amy L and the Sniffers “You Should Not Be Doing That” August 9, 2024 BMO Stadium, Los Angeles, California @amylandthesniffers
(They opens up for the Foo Fighters and this was early in the day …hence the many open seats.)
Le Pays Où On Nous Demande de Respirer Moins Fort
Il suffit de regarder n’importe quel réseau d’information pour sentir la même pulsation, comme un battement coordonné: la peur. Une météo qui serait devenue une menace permanente, un climat présenté comme un compte à rebours, des catastrophes annoncées comme des bulletins de circulation. Qu’il fasse trop chaud ou trop froid, tout devient prétexte à répéter le même refrain. Et pendant que l’on nous martèle que la fin approche, on nous demande de réduire, de renoncer, de nous restreindre, pendant que ceux qui donnent les leçons continuent de vivre dans un confort qui n’a rien de minimaliste.
On nous parle de solidarité, mais ils nous bloquent quand on leur pose des questions. On nous prend la moitié de nos salaires pour offrir des services qui s’effritent comme du plâtre humide. On nous parle de mobilité durable, mais on transforme les villes en labyrinthes où la voiture devient un péché public. On nous parle de sécurité, mais on laisse les routes se dégrader comme si l’inconfort était devenu un outil politique. Et quand vient le temps de choisir nos représentants, on nous présente des visages interchangeables, des discours préfabriqués, des slogans qui sonnent comme des copies carbones de ceux qui nous ont déjà menés dans le mur. Nous sommes rendus à avoir des PM qui sont élus par leurs propres membres.
Qu’ils soient majoritaires ou minoritaires ne change plus rien : le rapport de force n’a plus de véritable poids lorsque des élus peuvent être convaincus de changer de camp en plein mandat, au détriment de ceux qui les ont portés au pouvoir.
Pendant ce temps, une partie de la population vit branchée en continu sur les nouvelles, comme si c’était une perfusion. Chaque alerte devient une vérité, chaque manchette un dogme. Les médias, financés par ceux qu’ils devraient surveiller, servent un récit unique, une vision étroite du monde où toute nuance est suspecte. La pensée unique n’est plus un risque: c’est devenu un mode de gestion.
Et dans ce climat saturé, la colère circule librement. On s’habitue à souhaiter la disparition de ceux qui pensent autrement. On s’habitue à voir la haine comme un réflexe normal. On s’habitue à ce que la liberté d’expression soit un privilège conditionnel. On s’habitue, et c’est peut-être ça, le plus inquiétant. On assiste à une arrivée massive d’immigrants légaux et illégaux, auxquelles on accorde des priorités financières qui dépassent parfois celles offertes aux citoyens établis.
Et lorsque certains soulèvent les enjeux économiques ou les tensions d’équité que cela crée, surtout en voyant des familles d’ici dépendre des banques alimentaires, on les étiquette aussitôt comme intolérants, au lieu de reconnaître que la question mérite un débat sérieux et nuancé.
Certains parlent d’idéologies, de réseaux occultes, de mouvements qui tireraient les ficelles en arrière-plan. Peut-être. Peut-être pas. Mais une chose est certaine: quelque chose s’est détraqué. Quelque chose a glissé entre nos doigts pendant que nous étions occupés à survivre au quotidien. Et aujourd’hui, on se retrouve dans un Québec où les institutions semblent avoir oublié l’humain, où l’idéologie passe avant le bon sens, où l’on demande aux citoyens de s’adapter à un monde qui ne leur ressemble plus.
Reste une question, la seule qui compte vraiment:
Combien de temps encore avant que les gens se regardent dans le miroir et réalisent qu’ils ne reconnaissent plus ce qu’ils sont devenus?
Born in Cork, Ireland, Cillian Murphy captures a quiet act of defiance with a final glance at Prince Henry—echoing a chilling order from the War of Independence, when British authorities decreed that anyone caught with hands in their pockets could be shot.
Bafouille du jour ...
J’aime les gens sensibles.
J’aime ceux qui ont le cœur trop grand pour cette époque, ceux qui encaissent en silence, ceux qui sourient encore alors qu’ils sont parfois au bord des larmes.
J’aime ceux qui s’arrêtent devant presque rien. Un ciel fendu par les oiseaux.
Une vieille chanson. Une photo froissée. Le rire d’un enfant dans une flaque.
Le regard fatigué de quelqu’un qui essaie de tenir debout.
J’aime ceux qui sentent tout. Trop fort, trop vite, trop profondément.
Ceux à qui on a souvent dit "tu devrais te blinder", comme si devenir dur était une victoire.
Comme si ne plus trembler était une preuve de force.
Mais moi, je crois l’inverse.
Je crois que les gens sensibles portent quelque chose de rare
Quelque chose que beaucoup ont perdu en grandissant, à force de déceptions, de chocs, d’abandons, de jours trop lourds. Ils portent encore la capacité d’être touchés.
D’être bouleversés. D’aimer sans calcul. De tendre la main même quand la leur tremble.
Ce sont souvent eux qui ramassent les autres quand tout s’écroule.
Eux qui restent au téléphone quand quelqu’un pleure. Eux qui sentent qu’un "ça va" veut dire exactement le contraire. Eux qui se vident pour consoler, réparer, rassurer, recoudre, alors qu’au fond d’eux aussi il y a des fissures.
Et c’est peut-être ça qui me bouleverse le plus.
Le fait qu’on traite parfois de fragiles les mêmes personnes qui passent leur vie à porter la douleur des autres.
Le fait qu’on se moque de leur peau trop fine, alors que c’est justement cette peau-là qui ressent encore la beauté du monde.
Parce qu’un cœur sensible, ce n’est pas un cœur faible.
C’est un cœur qui n’a pas renoncé.
Un cœur qui continue d’aimer malgré les absences.
Qui continue de croire malgré les blessures.
Qui continue de s’émouvoir malgré tout ce que la vie a essayé de lui arracher.
Et dans un monde qui apprend aux gens à se fermer, à se durcir, à ne plus rien montrer, ceux qui restent sensibles sont peut-être les derniers à nous rappeler ce que c’est qu’être vraiment humain.
Alors oui, j’aime les gens sensibles.
J’aime leurs larmes faciles.
J’aime leurs silences pleins.
J’aime leur façon d’aimer encore les disparus, de garder des souvenirs dans un coin du cœur, de relire des messages, de repenser à une voix, à une main, à une présence qui n’est plus là.
J’aime leur fatigue.
J’aime leur douceur.
J’aime leur manière de continuer à mettre de la lumière chez les autres, même quand eux-mêmes traversent la nuit.
On devrait les protéger davantage.
On devrait leur parler avec plus de tendresse.
On devrait leur dire plus souvent qu’ils ne sont pas "trop".
Ils sont précieux.
Ils sont vivants.
Ils sont ce qu’il reste de plus vrai dans ce monde. ❤️
Composition d'un sirop pour la toux qui était vendu aux alentours des années 1900 ...
Voilà qui explique pourquoi nos aïeux faisaient 9 km pour aller à l'école, dans la neige, sans chaussures, et qu'ils affrontaient aussi des loups ...
Lettre à Marguerite Blais, concernant la sortie de son livre.
À l’occasion de la parution de votre livre, je tiens à vous informer que je ne le lirai pas et que je n’en ferai pas l’achat. Votre rôle comme ministre responsable des Aînés durant la crise sanitaire demeure trop lourd de conséquences pour que je puisse accueillir votre récit comme une simple tentative d’explication ou de justification. Les décisions prises sous votre mandat ont profondément marqué le Québec, et les blessures qu’elles ont laissées ne sont toujours pas refermées.
En tant que ministre des Aînés, vous aviez la responsabilité d’agir et de protéger les personnes les plus vulnérables. Si vous étiez en désaccord avec les orientations de votre gouvernement, vous aviez le devoir de vous y opposer, quitte à démissionner.
Vous étiez en poste lorsque votre gouvernement a imposé des directives qui ont mené à l’isolement extrême des personnes âgées, à leur transfert dans des établissements déjà fragilisés, et à des conditions de vie qui se sont avérées indignes. Des milliers d’aînés ont été confinés, privés de soins adéquats, privés de présence humaine, et laissés dans des situations que personne n’aurait cru possibles, dans une société qui se dit respectueuse de ses aînés.
Beaucoup sont morts seuls, dans des conditions que leurs familles n’oublieront jamais. Je repense à cette femme en fin de vie qu’on a sortie dehors, en plein froid, pour qu’elle puisse dire adieu à ses enfants, parce que le CHSLD interdisait l’entrée aux proches.
Aucune crise sanitaire, aussi grave soit‑elle, ne peut justifier qu’on prive des êtres humains d’accompagner un proche en fin de vie. Vous n’auriez jamais toléré qu’un membre de votre propre famille subisse un tel traitement. Pourtant, les décisions de votre gouvernement ont mené à 6 700 décès dans les CHSLD, dans des conditions abominables. Je doute que votre livre relate l’ensemble des histoires vécues par ces proches qui ont été privés d’un dernier adieu et qui sont morts de faim et de soif, abandonnés et enfermés dans leurs chambres cadenassées.
Votre refus, partagé par votre gouvernement, d’appuyer la tenue d’une enquête publique indépendante a été vécu comme un affront par ces familles. Le fait que la CAQ se soit félicitée de cette décision en s’applaudissant à l’Assemblée nationale n’a fait qu’accentuer l’incompréhension et la colère. Pour beaucoup, cela a donné l’impression que la souffrance vécue n’était pas reconnue, que la dignité des victimes n’était pas honorée et que la transparence n’était pas une priorité. Si vos intentions étaient réellement de protéger les aînés et de comprendre ce qui s’est passé, pourquoi avoir refusé cette enquête?
Il est difficile pour plusieurs d’accepter aujourd’hui que vous publiiez un livre qui semble vouloir présenter votre version des faits, voire vous placer dans une posture de victime. Pour ceux et celles qui ont vu leurs parents dépérir seuls, dans des conditions inhumaines, cette démarche est douloureuse et difficile à recevoir.
Quelles que soient les explications avancées dans votre ouvrage, elles n’effaceront jamais la responsabilité de votre gouvernement et de votre ministère. Vous étiez la ministre des Aînés, et 6 700 personnes ont perdu la vie dans un contexte où les mesures imposées ont contribué à leur isolement et à leur détresse. Les familles se souviendront longtemps de ce qu’elles ont vécu, de ce qu’elles ont perdu, et de l’absence de responsabilité assumée par ceux et celles qui étaient aux commandes.
Vous avez toujours projeté l’image d’une personne empathique et humaine, ce qui rend d’autant plus incompréhensible que vous ayez endossé les décisions de votre gouvernement. Plutôt que de publier un livre pour justifier ces choix, il aurait été plus respectueux de mettre de l’avant les témoignages et les réalités vécues par les familles, comme le fait le documentaire CHSLD – Je me souviens de Sylvain Laforest, qui illustre clairement l’ampleur de la tragédie.
Les absurdités gouvernementales dans toute leur splendeur.
Après avoir vu la vidéo de Dany Dufour.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans la manière dont certaines institutions publiques, censées servir la population, finissent par se comporter comme des machines froides, déconnectées de la réalité humaine. Revenu Québec, dans plusieurs témoignages qui circulent, donne parfois l’impression d’être devenu un organisme qui applique ses règles avec une rigidité telle qu’elle en devient presque arbitraire.
L’histoire racontée par Dany Dufour sur X illustre parfaitement cette dérive bureaucratique où le citoyen se retrouve piégé dans un labyrinthe administratif qui semble se nourrir de sa propre incohérence. Recevoir une amende de 900 $ pour avoir envoyé des documents sur papier, alors même que ces documents avaient été fournis en format papier par le gouvernement lui‑même, dépasse l’entendement. Ce n’est plus une question de conformité ou d’efficacité : c’est une démonstration de pouvoir, un rappel brutal que l’institution peut imposer ses règles même lorsqu’elles se contredisent.
Ce qui choque le plus, c’est la logique circulaire dans laquelle on enferme le citoyen. On lui reproche d’utiliser le papier, mais pour contester l’amende, on l’oblige… à utiliser le papier. On lui dit qu’il aurait dû procéder autrement, mais on ne lui donne pas les moyens de le faire correctement. On lui impose des obligations numériques tout en maintenant des procédures analogiques.
On exige de lui une précision absolue alors que l’institution elle‑même se permet des contradictions flagrantes. Cette asymétrie crée un sentiment d’impuissance, comme si l’administration n’était plus un service public, mais une entité autonome qui fabrique ses propres règles au gré des fonctionnaires qui les appliquent.
Ce genre de situation révèle un problème plus profond : lorsque la bureaucratie cesse d’être au service des gens, elle devient un obstacle à leur dignité. Elle transforme des citoyens de bonne foi en contrevenants malgré eux. Elle impose des sanctions disproportionnées pour des gestes qui ne relèvent ni de la fraude ni de la négligence, mais simplement du bon sens. Et surtout, elle crée un climat de peur et de méfiance, où chaque interaction avec l’État devient une source potentielle de stress, d’erreur et de pénalité.
Il ne s’agit pas de nier la nécessité d’un système fiscal rigoureux ni de prétendre que tout doit être flexible au point de perdre sa cohérence. Mais lorsqu’une institution en vient à punir des comportements qu’elle a elle‑même encouragés, lorsqu’elle exige l’impossible et sanctionne l’inévitable, elle perd sa légitimité morale. Une administration publique devrait être prévisible, cohérente, compréhensible. Elle devrait accompagner plutôt que piéger, informer plutôt que punir, corriger plutôt qu’écraser. La situation décrite par Dany Dufour n’est pas seulement une anecdote malheureuse : elle est le symptôme d’un système qui a oublié que derrière chaque dossier, chaque formulaire, chaque “non‑conformité”, il y a une personne qui tente simplement de faire les choses correctement.
Ce qui est demandé, au fond, n’est pas extravagant : un minimum d’humanité, de cohérence et de respect. Une institution qui se permet d’imposer des amendes absurdes pour des raisons absurdes finit par miner la confiance du public. Et sans cette confiance, même la machine la mieux huilée finit par se gripper. Une société ne peut pas fonctionner durablement lorsque ses propres structures administratives deviennent sources d’angoisse plutôt que de soutien. Il est temps de se demander si la rigidité actuelle sert réellement l’intérêt collectif ou si elle ne fait qu’alimenter une bureaucratie qui semble parfois oublier qu’elle existe pour les citoyens, et non l’inverse.