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Il est parfaitement évident qu’une telle ingérence ne contribue pas du tout à la maturation d’États authentiquement démocratiques. Par contre, elle les rend dépendants, avec comme conséquence l’instabilité sur les plans économique et politique.
Nous espérons que l’OSCE se guidera sur ses tâches immédiates et organisera ses relations avec des États souverains sur la base du respect, de la confiance et de la transparence.
Mesdames, Messieurs !
En conclusion, je voudrais retenir ceci. Nous entendons très souvent — et je les entends personnellement — les appels de nos partenaires, y compris nos partenaires européens, exhortant la Russie à jouer un rôle de plus en plus actif dans les affaires internationales.
Je me permettrai à cette occasion une petite remarque. Nous n’avons pas besoin d’être éperonnés ou stimulés. La Russie a une histoire millénaire, et pratiquement elle a toujours eu le privilège de pratiquer une politique extérieure indépendante.
Nous n’avons pas l’intention aujourd’hui non plus de faillir à cette tradition. En même temps, nous voyons que le monde a changé et nous évaluons avec réalisme nos propres possibilités et notre propre potentiel. Et évidemment nous voudrions aussi avoir affaire à des partenaires sérieux et tout aussi indépendants avec lesquels nous pourrions travailler à l’édification d’un monde plus démocratique et plus équitable, tout en y garantissant la sécurité et la prospérité non seulement des élites, mais de tous.
Je vous remercie de votre attention.
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Discours de Vladimir Poutine à la 43e Conférence de Munich sur la sécurité
10 février 2007.
Madame la chancelière fédérale, Monsieur Teltschik, Mesdames, Messieurs,
Je vous remercie pour cette invitation à participer à une conférence aussi représentative, qui a réuni hommes politiques, militaires, entrepreneurs et experts de plus de 40 pays du monde.
Le format de conférence me permet d’éviter les formules de politesse superflues et de recourir aux clichés diplomatiques aussi agréables à entendre que vides de sens. Le format de la conférence me permet de dire ce que je pense des problèmes de la sécurité internationale et, si mes jugements vous semblent inutilement polémiques ou même imprécis, je vous demande de ne pas m’en vouloir. Ce n’est qu’une conférence et j’espère que dans deux ou trois minutes Monsieur Teltschik n’allumera pas la « lampe rouge ».
On sait que les problèmes de la sécurité internationale sont bien plus larges que ceux de la stabilité militaro-politique. Ces problèmes concernent la stabilité de l’économie mondiale, la lutte contre la pauvreté, la sécurité économique et le développement du dialogue entre les civilisations.
Le caractère universel et indivisible de la sécurité est reflété dans son principe de base : « la sécurité de chacun signifie la sécurité de tous ». Franklin Roosevelt avait déclaré au début de la Seconde Guerre mondiale : « Où que la paix soit rompue, c’est le monde entier qui est menacé ».
Ces paroles restent valables aujourd’hui. D’ailleurs, le sujet de notre conférence en témoigne : « Les crises globales impliquent une responsabilité globale ».
Il y a vingt ans, le monde était divisé sur le plan économique et idéologique et sa sécurité était assurée par les potentiels stratégiques immenses des deux superpuissances.
La confrontation globale reléguait les problèmes économiques et sociaux urgents à la périphérie des relations internationales et de l’agenda mondial. De même que n’importe quelle guerre, la guerre froide nous a laissé, pour ainsi dire, des « obus non explosés ». Je pense aux stéréotypes idéologiques, aux doubles standards et autres clichés hérités de la mentalité des blocs.
Le monde unipolaire proposé après la guerre froide ne s’est pas non plus réalisé.
Certes, l’histoire de l’humanité a connu des périodes d’unipolarité et d’aspiration à la domination mondiale. L’histoire de l’humanité en a vu de toutes sortes.
Qu’est-ce qu’un monde unipolaire ? Malgré toutes les tentatives d’embellir ce terme, il ne signifie en pratique qu’une seule chose : c’est un seul centre de pouvoir, un seul centre de force et un seul centre de décision.
C’est le monde d’un unique maître, d’un unique souverain. En fin de compte, cela est fatal à tous ceux qui se trouvent au sein de ce système aussi bien qu’au souverain lui-même, qui se détruira de l’intérieur.
Bien entendu, cela n’a rien à voir avec la démocratie, car la démocratie, c’est, comme on le sait, le pouvoir de la majorité qui prend en considération les intérêts et les opinions de la minorité.
À propos, on donne constamment des leçons de démocratie à la Russie. Mais ceux qui le font ne veulent pas, on ne sait pourquoi, eux-mêmes apprendre.
J’estime que le modèle unipolaire n’est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu’il est même tout à fait impossible.
Non seulement parce que, dans les conditions d’un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner : contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c’est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur la base morale et éthique de la civilisation contemporaine.
Cependant, tout ce qui se produit actuellement dans le monde — et nous ne faisons que commencer à discuter à ce sujet — est la conséquence des tentatives pour implanter cette conception dans les affaires mondiales : la conception du monde unipolaire
On me reproche de ne pas voir Poutine tel qu'il est. Alors racontons l'histoire en entier, parce qu'elle relie tout ce que j'écris depuis des semaines : la faillite, l'urgence, l'idéologie et la guerre.
Luc Ferry a rencontré Poutine au début des années 2000, quand il était ministre. Ce qu'il en a retenu ne colle pas avec le récit officiel : pas un Hitler, mais un homme attiré par la culture occidentale. Ferry le répète depuis : Poutine n'est pas Hitler.
Les faits de l'époque vont dans son sens. En 2000, Poutine évoque publiquement l'idée que la Russie rejoigne un jour l'OTAN. En septembre 2001, il parle au Bundestag, en allemand, et tend la main à l'Europe. Après le 11 septembre, il fait de la coopération avec Washington le cœur de sa politique étrangère. Ce n'est pas le profil d'un homme qui rêve de marcher sur Varsovie.
Alors que s'est-il passé ?
Ce qui suit est ma lecture, pas celle de Ferry.
Le Poutine des années 2000 voulait entrer dans l'Occident qu'il admirait : celui de la puissance, de la propriété, de la culture classique, de l'État qui tient debout. L'Occident qu'il a trouvé en face devenait autre chose. Un Occident qui dépense ce qu'il n'a pas, qui déconstruit ses propres institutions, qui fait la morale au monde entier pendant qu'il s'effondre de l'intérieur.
Un Occident qui élargit l'OTAN sans jamais demander l'avis de Moscou, qui promet en 2008 à Bucarest l'adhésion à l'Ukraine et à la Géorgie, et qui s'étonne ensuite qu'on lui réponde.
En 2007 à Munich, Poutine prévient. Personne n'écoute.
En 2021 à Valdaï, il compare la cancel culture occidentale aux bolcheviks des années 1920. Relis bien. Un homme qui a grandi en URSS, qui a servi le KGB et vu le communisme s'effondrer, regarde l'Occident et y reconnaît le système qu'il a connu.
Si tu as vécu le communisme et que tu vois ceux que tu admirais le réinventer sous une autre forme, je peux comprendre que tu deviennes hostile.
Comprendre n'est pas excuser. Rien de tout cela n'excuse l'invasion de l'Ukraine. Mais si on refuse de comprendre comment un partenaire est devenu un adversaire, on se condamne à refaire la même erreur avec le suivant.
C'est là que tout se relie. Le même communisme mental produit trois choses. J'entends par là la conviction que l'État peut tout, que la dépense ne coûte rien, que la propriété est suspecte et que la réalité doit plier devant l'idéologie.
Il ruine nos économies. Une dette à 119 % du PIB, un État qui absorbe 57 % de la richesse nationale, 77 milliards d'intérêts par an.
Il fracture nos sociétés. On a vu nos mairies brûler en 2023, et une partie de la classe politique chercher des excuses aux incendiaires plutôt qu'aux maires.
Il fabrique des ennemis. Un Occident qui n'est plus respecté finit par ne plus être craint. Et un Occident qui n'est plus craint finit par être testé.
Quand l'ennemi est là, l'État en faillite tient enfin son urgence. Il peut suspendre les règles budgétaires, emprunter sans limite, faire taire les questions. La boucle est bouclée.
On n'a pas créé Poutine. Mais on a fabriqué l'adversaire.
Croire que Poutine s'est réveillé un matin avec l'envie de conquérir l'Europe, c'est confortable. Ça évite de se regarder dans le miroir. C'est la version Marvel de la géopolitique : un méchant, des gentils, et surtout aucune cause. Avec cette grille, on ne comprend rien, donc on ne résout rien, donc la guerre continue.
La chaîne complète :
Faillite → idéologie → affaiblissement → ennemi → guerre → urgence → plus de dette → faillite.
On ne casse pas cette boucle avec plus d'armes. On la casse à la racine : l'économie.
Un Occident prospère, libre et sûr de lui n'a pas besoin d'ennemi, et n'en fabrique pas.
Pas d'accord ? Dis-moi quel maillon est faux.
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Appelons donc les choses par leurs noms : il s’avère qu’une main distribue les « aides caritatives », alors que l’autre entretient l’arriération économique, mais récolte aussi des bénéfices. La tension sociale surgissant dans de telles régions dépressives se traduit inévitablement par la croissance du radicalisme et de l’extrémisme, tout en alimentant le terrorisme et les conflits locaux. Et si tout cela se produit de surcroît, par exemple, au Proche-Orient dans le contexte d’une vision aggravée du monde extérieur, en tant que monde injuste, une déstabilisation globale risque de se produire.
Il va sans dire que les principales puissances mondiales doivent voir cette menace et organiser, par conséquent, un système plus démocratique et plus équitable de rapports économiques qui donne à tous une chance et une possibilité de développement.
Intervenant à une conférence sur la sécurité, on ne peut pas, non plus, Mesdames et Messieurs, passer sous silence l’activité de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). L’OSCE a été créée pour examiner tous les aspects, je tiens à le souligner, tous les aspects de la sécurité, qu’il s’agisse des aspects politico-militaires, économiques ou humanitaires et ce, dans leurs rapports réciproques.
Mais que voyons-nous aujourd’hui en réalité ? Nous voyons que cet équilibre est manifestement perturbé. On essaie de transformer l’OSCE en instrument vulgaire au service des intérêts politiques extérieurs d’un seul pays ou d’un groupe de pays à l’égard d’autres États. Et c’est pour cette tâche, que l’on a aussi « monté de toutes pièces » l’appareil bureaucratique de l’OSCE qui n’est nullement lié aux États fondateurs. On a « monté de toutes pièces » pour cette tâche également les procédures d’adoption des décisions et d’utilisation des fameuses « organisations non gouvernementales (ONG) ». Formellement, il s’agit effectivement d’organisations indépendantes, mais financées rationnellement et, par conséquent, contrôlées.
Conformément aux documents fondateurs, dans la sphère humanitaire, l’OSCE est appelée à accorder aux pays membres, à leur demande, un concours en matière de respect des normes internationales dans le domaine des droits de l’homme. C’est une importante mission. Nous la soutenons. Mais cela ne signifie pas qu’on peut s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays et encore moins tenter de leur dicter la manière dont ils doivent vivre et se développer.
Hein ? Depuis quand la Constitution française rend-elle irréversible l’adhésion de la France à l’Union européenne ?
Vous racontez vraiment n’importe quoi .
Vous rendez-vous compte de la malhonnêteté de tous ces candidats qui promettent monts et merveilles pour sortir de l'Union européenne afin de récolter des voix, mais qui oublient de dire l'essentiel ? C'est du mensonge par omission. Ils savent pertinemment qu'ils vont se fracasser sur le mur de la Constitution (l'article 88-1, Ferrand inamovible jusqu'en 2034, le Sénat). Mais plutôt que de vous expliquer la réalité, ils préfèrent vous vendre du rêve pour prendre le pouvoir. C'est une véritable trahison de la confiance des électeurs.
Le plus triste dans ce gâchis, c'est qu'ils instrumentalisent l'espoir des gens. Ils laissent croire au miracle d'un Frexit facile, créent de la frustration et de la colère, et au final, ils prennent le peuple pour des imbéciles .
Mais au final, pour eux, le plus important, c'est de récolter des voix. Le reste, ils s'en foutent.
Quelle honte.
@LiseSantolini Personne n’a dit que ce serait facile, mais le Conseil constitutionnel n’a pas non plus le pouvoir de bloquer le déclenchement de l’article 50, que la Constitution soit révisée ou non. Vous mélangez le verrou politique et un pouvoir de censure que le Conseil n’a pas.
Elle pense que la France a besoin de l’UE pour s’en sortir, alors que c’est depuis qu’elle est dans l’UE qu’elle décline, car justement elle a perdu le contrôle de ses politiques existentielles.
Ces gens sont irrécupérables et font parti du problème.
C'est magnifique de promettre le Frexit. Mais une fois la porte claquée, vous faites quoi les cocos pour être souverains ? Concrètement, votre plan, c'est quoi ?
1- L'énergie : Vous allez acheter votre pétrole, votre diesel et votre gaz à qui ? Avec la Russie ? La Chine ? Les États-Unis ? Vous avez des puits de pétrole secrets sous le périphérique ?
2- Le commerce : Vos denrées alimentaires, vous les importez d'où ? Vous mangez des tomates françaises en plein hiver ? Vous vous coupez du monde entier pour vivre en autarcie ?
3- La défense : Vous fabriquez vos armes et vos bombes avec quoi ? Vous avez des mines d'uranium et de terres rares en France ? Les composants électroniques de vos Rafale, vous les produisez vous-mêmes ?
4- Les relations internationales : Vous commercez avec qui après ? Avec la Russie, la Chine, l'Inde, le Brésil ? Il faudra bien commercer avec le reste du monde, il faudra bien faire des relations avec eux. Vous faites comment pour négocier d'égal à égal avec ces géants quand vous aurez claqué la porte de l'Europe ?
5- La diplomatie : Et vous allez faire comment pour commercer avec le reste du monde alors que vous les avez écrasés, humiliés et sanctionnés pendant des années ? Vous vous êtes fait chasser d'Afrique. Vous allez faire du commerce avec qui maintenant, maintenant que vous avez insulté tout le monde ?
Être souverain, ce n'est pas juste faire un doigt d'honneur à Bruxelles et s'isoler. C'est avoir un plan B pour TOUT et savoir négocier avec le reste de la planète sans se mettre tout le monde à dos. Aujourd'hui, à part des slogans, vous n'avez rien.