Apparemment négative, puisqu'elle ne crée rien, LA RÉVOLTE est profondément positive puisqu'elle révèle ce qui, en l'homme, est toujours à défendre. Camus
La France représente 19,7% de la population de la zone Euro mais 45% de l’impôt sur les successions collecté et on voudrait encore l’augmenter. Un appel au départ immédiat.
Face aux drames de la canicule, une poignée de scientifiques et les habituels artistes et ONG signent une tribune toute en nuance, où ils réclament la tête de @TotalEnergies et de @PPouyanne, accusés de "globocide" et de "criminalité climatique". Total, selon eux, "a choisi l’enfer. Il en résulterait le sacrifice de centaines de millions, voire de milliards de vies humaines et l’effondrement d’environ la moitié du produit intérieur brut mondial avant la fin du siècle."
Leur solution ?
=> "Le gouvernement et les parlementaires doivent adopter une loi d’urgence climatique qui interdise à toutes les entreprises françaises de financer et de participer à l’ouverture de nouveaux projets fossiles (charbon, pétrole, gaz), en France ou à l’étranger, qui supprime toutes les subventions aux énergies fossiles, qui interdise tout lobbying de l’industrie fossile, et qui reconnaisse le crime de « globocide »."
Attention, ceux qui douteraient de la pertinence de leur stratégie (étant donné le poids de la France dans les émissions mondiales) sont prévenus : critiquer cette tribune politique vous vaudra d'être rangé parmi les climatosceptiques, qui "discréditent, insultent et intimident" les "vrais" scientifiques.
On notera avec amusement que parmi les signataires, on retrouve quelques-uns des plus célèbres opposants au nucléaire, objectivement responsables de la réouverture en Europe de dizaines de centrales à gaz et à charbon, et donc individuellement comptables de la hausse des émissions de CO2 qui en a résulté.
Mais que vaut la cohérence, quand on a la morale de son côté ? 🙃
https://t.co/6L7BBpeOSS
SCANDALE ABSOLU, HISTORIQUE, CONTRE LA FRANCE -
Chacun des mots écrits en dessous par le Pdt des maires de France est vrai : @davidlisnard dit vrai.
Sa demande est de bon sens.
Aucun citoyen ni aucun homme d’Etat, s’il en reste, ne peut tolérer cette hâte absurde étrangement au service d’intérêts privés absolument contraires à ceux des citoyens français payeurs déjà pressurés.
La cause exige une UNION NATIONALE - du RN à LFI - contre le pouvoir en dérive qui souhaite une signature de 50 milliards JUSTE AVANT l’élection présidentielle !
Une signature qui nous engage pour 25 ans.
Tout ça sent très mauvais.
La félonie doit être arrêtée.
Je demande à chaque citoyen disposant d’un passeport (les cartes d’identité suivront bientôt) de télécharger @RefCitoyen et de VOTER contre les subventions énormes a l’éolien (ou soutenir ce scandale) 👉🏻 https://t.co/AhkIMiFTAO
Si nous sommes des centaines de milliers ou des millions, le citoyen français imposera sa volonté. Levez-vous !
Et si vous êtes pour que ces contrats de 50 milliards soient signés à la hâte - et que notre peuple les paye - juste avant la présidentielle, votez NON.
La route du pire est toujours pavée de bonnes intentions
Quand je vois la jeune génération réclamer toujours plus de marxisme, plus de socialisme, plus d'État, plus de « planification » pour réparer un monde qu'on lui a appris à détester — je n'ai pas envie de ricaner. J'ai envie de crier.
Parce que je reconnais le premier chapitre d'une histoire dont je connais, moi, la dernière page.
Cette histoire, un homme l'a écrite en 1944, sous les bombes. Friedrich Hayek. Le livre : La Route de la Servitude. Et il l'a dédié — lisez bien — « aux socialistes de tous les partis ». Pas par mépris. Par affection. Par urgence. Parce qu'il avait vu, de ses propres yeux, une Europe entière basculer.
Retenez ceci, c'est le cœur de tout : le totalitarisme ne commence jamais avec des monstres. Il commence avec des gens bien.
Il commence avec des idéalistes qui veulent le bien commun. Des jeunes gens généreux qui ne supportent plus l'injustice. Des partis mous, consensuels, qui promettent de tout arranger si on leur confie juste un peu plus de pouvoir. Le problème n'est pas leurs intentions. Le problème est le mécanisme qu'ils enclenchent.
Voici ce mécanisme. Suivez-le, il est implacable.
Pour planifier une économie, il faut une décision unique là où il y avait des millions de choix libres. Il faut donc concentrer le pouvoir. Or aucune société n'est jamais d'accord sur un plan unique — chacun a ses fins, ses rêves, ses priorités. Le planificateur se heurte alors à un mur : le désaccord. Et le désaccord devient un obstacle à éliminer. On commence par convaincre. Puis par contraindre. Puis par réduire au silence. Non par sadisme — par nécessité logique. Le plan exige qu'on écrase ce qui lui résiste.
Et arrive alors le chapitre le plus glaçant de Hayek : « Pourquoi les pires accèdent au sommet. » Dans un système qui réclame un pouvoir total, ce ne sont pas les meilleurs qui gagnent. Ce sont ceux qui sont prêts à tout. L'homme scrupuleux hésite ; l'homme sans scrupule agit. La machine collectiviste, quelles que soient ses couleurs, sélectionne mécaniquement les brutes.
Regardez l'Allemagne. On vous a raconté que Hitler tombait du ciel, une anomalie, un accident du mal. C'est faux, et c'est dangereux de le croire. Ce que Hayek a compris, c'est que l'Allemagne avait passé un demi-siècle à abandonner le libéralisme classique — l'individu, le droit, le marché — au profit du culte de l'organisation, du collectif, de l'État qui sait mieux que vous. La gauche et la droite partageaient déjà la même prémisse : l'individu doit se soumettre au plan de la nation. Hitler n'a pas eu à construire cette machine. Il l'a trouvée déjà montée, chauffée, prête. Il n'a eu qu'à saisir le volant.
C'est ça, l'avertissement. Le totalitarisme n'est pas une idéologie. C'est une structure. Vous pouvez la remplir de rouge, de brun, de n'importe quelle couleur généreuse. Une fois que vous avez accepté que l'individu doit plier devant le collectif, que la propriété n'est qu'un privilège révocable, que la liberté d'échanger, de parler, d'entreprendre s'arrête là où commence « le bien commun » décrété d'en haut — vous avez posé les rails. Le train, lui, viendra tout seul.
Et il vient toujours avec les meilleures intentions du monde. Chaque marche vers l'abîme est justifiée, raisonnable, compassionnelle. Un impôt de plus pour les pauvres. Un contrôle de plus contre les méchants. Une liberté de moins, mais « juste celle-là ». Personne ne choisit la servitude. On y glisse, une bonne intention après l'autre.
Alors je lance cette bouteille à la mer. À vous qui avez vingt ans et le cœur en feu. Votre révolte contre l'injustice est belle — gardez-la. Mais par l'amour de Dieu, apprenez l'histoire. Lisez Hayek. Lisez ce que fut réellement le XXᵉ siècle, non pas la caricature qu'on vous en sert. Les dizaines de millions de morts qu'il a laissés derrière lui n'ont pas été tués par des sadiques venus d'ailleurs, mais par des systèmes bâtis, au départ, sur des rêves de justice.
La liberté n'est pas le problème à réparer. Elle est le trésor qu'on est en train de vous convaincre de brader.
Réveillez-vous.
Il y a 250 ans, les États-Unis proclamaient leur indépendance. La France y joua un rôle décisif, avec Lafayette, l’engagement de ses troupes et de sa flotte aux côtés des révolutionnaires américains.
Cet acte fondateur a affirmé des principes universels comme le respect de la vie, la défense de la liberté et la poursuite du bonheur. Ils doivent toujours nous guider et font la grandeur de la démocratie libérale.
Extrait de la déclaration d’indépendance :
« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.
Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur.
La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas
être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. »
Que l’amitié franco-américaine, enracinée dans ces idéaux communs, continue de nous inspirer face aux immenses défis de notre époque.
Je demande la suspension immédiate de l'AO10. C’est un triple scandale.
Le gouvernement lance l'AO10, le plus grand appel d'offres éolien en mer jamais engagé en France : près de 10 GW, dont 5 GW d'éolien flottant, avec des lauréats qui seraient désignés en février 2027 pour des contrats de vingt-cinq ans.
Cette décision est trois fois scandaleuse.
C'est un scandale démocratique d'abord. Un parc éolien en mer met une dizaine d'années à être construit et raccordé. Après une programmation énergétique arrêtée par décret en février dernier, le macronisme finissant veut verrouiller pour un quart de siècle une partie de notre production électrique, choix que les Français s'apprêtent à trancher dans les urnes.
C'est un scancale industriel ensuite. Cet appel d'offres mêle deux technologies aux économies très différentes. L'éolien posé est beaucoup plus mûr et peut être compétitif selon les sites. Le flottant, lui, ne l'est pas encore à cette échelle. En réservant près de 5 GW à cette technologie encore non éprouvée à l'échelle industrielle, l'État fait prendre un risque considérable à la planification électrique, aux finances publiques et aux consommateurs.
C'est un scancale de méthode enfin. Cette précipitation traduit la faiblesse de l'État. Incapable de réformer les procédures qui enlisent les grands projets pendant des années, il multiplie les lancements massifs en espérant qu'une partie aboutisse, au lieu de décider au bon moment, sur la base des besoins réels du système.
Je demande la suspension immédiate de l'AO10. Aucune attribution avant l'élection présidentielle. Aucun contrat ne doit être signé sans débat démocratique ni publication du coût complet (subventions, raccordement, compensations, démantèlement, risques technologiques) et de son impact sur l'équilibre de notre parc pilotable.
Une politique énergétique sérieuse développe la production à mesure qu'elle électrifie les usages - transports, industrie, chauffage -, selon les besoins réels du pays. Elle suppose un État qui accélère les autorisations, purge les recours en amont, divise par deux les délais entre la décision et la mise en service, et déclenche les investissements au bon moment.
Notre priorité est claire : le nucléaire (parc existant prolongé, EPR, SMR) l'hydroélectricité, les réseaux utiles, et des énergies renouvelables retenues au seul critère de leur utilité réelle, de leur compétitivité et de leur acceptabilité locale.
Le post ci-dessous d'un héritier de l'immigration du Maghreb mérite absolument d'être lu, même s'il me semble manquer d'une idée essentielle : l’effacement de l'identité collective.
On parle souvent d’économie, de sécurité, d’immigration, d’école, de laïcité, mais on oublie presque toujours ce qui tient un pays debout : la possibilité offerte à chacun de s’inscrire dans une histoire commune. Les êtres humains ne vivent pas seulement de droits, de procédures et de revenus. Ils ont besoin de savoir à quel monde ils appartiennent, quelle mémoire ils reçoivent, quelle continuité ils prolongent, et ce qu’ils peuvent transmettre à leurs enfants.
Pendant des décennies, la France a su offrir cette identité collective à ceux qui épousaient sa nationalité. Ce fut le cas de mon père, Iranien né en Egypte mais ayant étudié au lycée français du Caire, arrivé en France à la fin des années 40. Il a fait siennes une langue, une culture, une littérature, une histoire, une manière d’habiter le monde. La France, alors, ne demandait pas à ceux qui venaient à elle d’oublier ce qu’ils étaient, mais elle leur proposait quelque chose de plus vaste qu’eux-mêmes, une appartenance qui pouvait les accueillir sans se nier. La France bien que vaincue par l'Allemagne en 1940 et libérée par les Alliés en 1944, restait fière de ses origines.
C’est exactement ce que Renan avait vu lorsqu’il expliquait qu’une nation ne repose ni sur la race, ni seulement sur la langue, ni seulement sur les intérêts, mais sur une mémoire partagée et une volonté commune. Sa formule du « plébiscite de tous les jours » reste juste, à condition de ne pas l’appauvrir. Car ce plébiscite suppose un héritage. Il suppose, selon son autre formule, d’« avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore ». Autrement dit : une nation n’est pas une addition d’individus administrés par un État ; c’est une communauté historique qui accepte de se reconnaître dans un passé et de se projeter ensemble dans un avenir. Nous ne sommes malheureusement plus dans ce mouvement.
C’est en cela que la gauche, ou du moins une grande partie de la gauche contemporaine, a commis une erreur majeure et qui s'avère fatale. Au nom d’un internationalisme égalitaire abstrait, elle a refusé l’idée même d’identité collective française, comme si toute inscription dans l’histoire nationale était déjà suspecte, comme si la transmission était nécessairement domination, comme si l’amour d’un pays était forcément une exclusion de l’autre. Elle a voulu fabriquer des individus universels, débarrassés de leurs appartenances. Elle a surtout créé du vide.
Or le vide ne dure jamais. Lorsqu’une identité collective légitime disparaît, d’autres identités viennent l’occuper. Elles sont souvent plus étroites, plus agressives, plus communautaires, parce qu’elles ne sont plus ordonnées par une histoire nationale commune. C’est ainsi que se constituent des îlots identitaires. Non pas d’abord parce que les hommes seraient naturellement séparatistes, mais parce qu’on leur a retiré la possibilité d’une appartenance plus haute.
Simone Weil écrivait qu’une collectivité peut être une « nourriture d’un certain nombre d’âmes humaines ». C’est exactement cela qui a été perdu de vue. La nation n’est pas seulement une structure juridique. Elle nourrit les âmes lorsqu’elle transmet une langue, des paysages, des morts, des œuvres, des exemples, des gestes, des fêtes, des fidélités. Quand elle cesse de le faire, elle ne devient pas neutre ; elle devient inhabitable.
Nous avons cessé d’enseigner la France comme une continuité vivante, puis nous nous indignons que d’autres récits, souvent hostiles, viennent remplir l’espace laissé libre. On connait la fameuse phrase de Marc Bloch : il ne comprenait pas les Français incapables d’être émus à la fois par le « sacre de Reims » et par la « fête de la Fédération ». Tout est là. L’identité collective française n’est pas le choix d’un camp contre un autre. Elle n’est ni seulement monarchique, ni seulement révolutionnaire, ni seulement catholique, ni seulement républicaine. Elle est faite de tensions, de conflits, de ruptures, mais aussi d’une continuité qui finit par les absorber. La France est précisément cette capacité à faire tenir ensemble Reims et le Champ-de-Mars, les cathédrales et 1789, Racine et Hugo, les provinces et l’État, les morts et les vivants.
On ne retrouvera donc pas l’unité du pays en se contentant de dénoncer les extrêmes. Les extrêmes prospèrent sur le vide laissé par l’effacement du commun. On ne les combattra pas seulement par des appels moraux ou par des dispositifs administratifs. On ne les combattra qu’en remettant en selle une identité collective française assumée. Nous pourrions nous appuyer deux outils possibles pour cela : l'instruction publique, qui est défaillante, et le service militaire, qui a été aboli. On doit donc faire les deux seules choses à faire : redresser notre "Education Nationale", et remettre en place un véritable service national, de 12 à 18 mois, pour les garçons ET pour les filles.
Sans cela, les choses continueront de s’aggraver. Car un pays qui ne transmet plus son identité collective ne devient pas pacifique et universel. Il devient simplement le champ clos d’identités concurrentes.
On a refusé la climatisation et nos enfants, nos malades et nos aînés risquent de mourrir de chaud mais le problème c’est pas les écologistes, c’est le capitalisme. Délirant.
AI spends record amounts on new fossil fuels
They know you can't run data centers and critical infrastructure on unreliable renewables
https://t.co/JPQPKyppWs
Le réel appartient à ceux qui le vivent, pas à ceux qui le décrivent.
Décidons ce qui NOUS concerne sur @RefCitoyen et imposons collectivement nos choix aux système hors sol.
Il y a un tel besoin de démocratie directe, sans filtre !
Poulet : la consommation explose, les importations aussi. Jadis leader à l’export, la France importe aujourd'hui plus de 52% des poulets qu'elle consomme.
Comment en est-on arrivés là ?
Ce n'est pas un hasard.
Décryptage d'un fiasco auto-infligé.👇
(Où l'on découvre comment, en 2015, alors que les mesures à prendre pour redresser la barre étaient parfaitement connues et identifiées... Ségolène Royal et les dogmes décroissants sont arrivés.)
https://t.co/cWYiLvdr2L
De l'électricité décarbonée.
Pendant qu'on est en train de couper des cheveux en quatre pour savoir comment éviter de l'utiliser chez nous pour climatiser les écoles.
La chaleur persiste, la sécheresse menace déjà. Même scénario, même retard, même indignation tardive… Pendant que les parlementaires s’écharpent autour d’une loi d’urgence agricole au Sénat, la France continue d’importer l’eau qu’elle refuse de stocker. https://t.co/XMxSIV3AFN
Depuis le temps que je recherchais cette archive !
Édifiante sur l'obsession nucléaire d'EELV
"On est tombés dans le piège du réchauffement climatique. Vous faites le jeu du nucléaire"
A déguster et faire circuler sans modération
https://t.co/px8Ss3z8wY
@DocuVerite@_Cereme_
Ce graphique raconte une histoire que les moyennes d’inflation masquent : dans les pays riches depuis 25 ans le prix des objets a baissé ou stagné, tandis que le prix de la présence humaine a explosé. Tout ce qui est produit industriellement, échangeable et automatisable devient relativement moins cher, tandis que tout ce qui exige du travail humain local devient plus cher.
Le FT appelle cela l’effet Baumol.
On peut importer des téléviseurs, des chaussures et des smartphones, on n’importe pas facilement une heure de soin, une place en crèche ou une présence auprès d’une personne âgée.
Dans les secteurs industriels, les gains de productivité sont massifs. On produit plus, plus vite, avec moins de travail humain par unité. Les prix peuvent donc baisser.
Mais dans les services intensifs en main-d’œuvre, la productivité progresse peu : un professeur ne peut pas enseigner correctement à dix fois plus d’élèves. Pourtant, ces travailleurs vivent dans des économies plus riches, où les salaires montent ailleurs. Il faut donc les payer davantage pour qu’ils restent dans ces métiers. Du coup les services deviennent plus chers.
La France illustre très bien cette tension. Le graphique montre que, comme aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Allemagne, les biens échangeables y ont fortement baissé en prix relatif depuis 2000, tandis que les services ont continué de grimper.
C’est aussi l’un des effets silencieux de la désindustrialisation : à mesure que les pays riches produisent moins d’objets sur leur sol et importent davantage de biens manufacturés à bas coût, leur économie intérieure se recentre sur les services, c’est-à-dire précisément sur ce qui se délocalise le moins, s’automatise le plus difficilement et coûte de plus en plus cher.
Le progrès matériel a rendu beaucoup de biens abondants mais n’a pas rendu abondant le temps humain qualifié. Et c’est précisément ce temps humain (soigner, éduquer, garder, accompagner…) qui devient le cœur du coût de la vie.
Le graphique contrevient donc à 2 idées reçues à la fois.
Première idée fausse : "tout augmente". Non : une grande partie des biens manufacturés a fortement baissé en prix relatif depuis 2000. Deuxième idée fausse : "le sentiment de déclassement est imaginaire". Non plus : les dépenses contraintes et non délocalisables ont en réalité grimpé, et ce sont elles qui définissent concrètement la sécurité matérielle.
La modernité a formidablement baissé le prix des choses mais a mécaniquement renchéri le prix des personnes. Les sociétés riches n’ont jamais eu autant d’objets accessibles, mais elles ont de plus en plus de mal à financer les services qui donnent à la vie sa sécurité concrète.
C’est peut-être cela que raconte ce graphique : nous avons gagné en objets, mais nous payons de plus en plus cher les relations, les soins, l’attention, la présence. Le confort matériel a baissé le prix du superflu visible, mais il a renchéri l’essentiel vécu...
https://t.co/dpU9yTaj0F