31 AOÛT 2016.
DEVOIR DE MÉMOIRE POUR NOS MARTYRS.
Il était une fois... Omwanawintché, martyr vivant des massacres post-électoraux de 2016.
Le 30 août, l'oligarchie bongoïste fête son coup de confiscation du pouvoir. Le 31 août, le bas-peuple pleure ses morts.
#Gabon#FreeGabon
Aïta Magassa a levé des fonds auprès de plus de 1 500 membres de la diaspora pour leur bâtir des maisons au pays.
Quand les enquêteurs ont vérifié les comptes de l'entreprise, l'un affichait 67 euros, l'autre était à découvert de 1 500 euros.
Le préjudice allégué dépasse 1,2 million d'euros.
L'affaire Nawali est l'histoire entrepreneuriale la plus instructive de la diaspora en ce moment, et presque chaque leçon relève de la structure, pas de l'intention.
L'idée de départ était bonne. Des millions de personnes dans la diaspora veulent bâtir au pays, sans moyen sûr de le faire. Elles envoient de l'argent à un proche, et trop souvent il disparaît, sans maison à la clé.
Nawali promettait de régler cela : un moyen digitalisé et sécurisé de construire à distance depuis la France, avec des projets au Sénégal, au Mali, en Côte d'Ivoire, en Mauritanie et en Gambie.
Passée par Forbes Afrique et France 24, primée à plusieurs reprises, elle incarnait une demande réelle.
Puis tout s'est effondré. Plus de 90 plaignants. Un procès fixé en France. Des clients ayant payé des années sans rien voir se construire.
La défense de Magassa : un projet qui a grandi trop vite et a été mal exécuté, pas une fraude délibérée.
C'est peut-être vrai, et la justice tranchera.
Mais pour quiconque construit ici, la vraie question n'est pas sa bonne foi, mais quels garde-fous auraient rendu cette issue impossible, quelle que soit l'intention.
Il y en a au moins quatre, aucun exotique :
D'abord, les comptes séquestres -
L'argent des clients ne devrait jamais être sur un compte que le fondateur peut toucher. Un notaire détient les fonds et ne les libère qu'à mesure que les jalons sont validés. « Où est passé l'argent » devient une question que personne ne peut poser.
Ensuite, un seul métier, pas cinq -
Nawali vendait des terrains, gérait des tontines, supervisait des chantiers et gérait l'administratif dans cinq pays à la fois. Aucune jeune entreprise ne survit en menant tout cela de front.
Troisièmement, payer les constructeurs par étapes. Ils touchent les 30 % d'avancement seulement quand un tiers les valide. Cela protège le client et discipline la chaîne.
Quatrièmement, de vrais contrats prestataires : clauses anti-fraude, assurance obligatoire, pénalités de retard. Tout cela existe en Afrique francophone. On ne le demande jamais.
Cela dépasse une seule entreprise. L'Afrique francophone absorbe une part énorme des capitaux immobiliers de la diaspora, qui envoie plus de 10 milliards d'euros au pays chaque année, sur des marchés fonciers reposant encore sur la confiance informelle.
Chaque affaire comme celle-ci complique la tâche du prochain fondateur honnête.
Le rêve n'est pas mort. L'opportunité est toujours là, et la demande n'a jamais été aussi forte. Pensez-vous que ce modèle peut encore marcher ?
#Gabon : Sacs de billets, silence d'État, Parlement muet : la rupture en question
@OCCRP@tvplus_afrique@TV5MONDE
Les images avaient marqué les esprits : des sacs de billets soigneusement alignés dans une villa du fils d’Ali Bongo, au lendemain du coup d’État du 30 août 2023. La transition avait alors évoqué des découvertes spectaculaires lors des perquisitions.
Trois ans plus tard, une question demeure : combien d’argent a réellement été saisi ? Des centaines de millions ? Des milliards ? Personne ne sait. Aucun inventaire public, aucun rapport officiel. Les Gabonais ont eu le spectacle, pas la transparence.
Le général Brice Clotaire Oligui Nguema était pourtant arrivé avec une promesse solide : tourner la page des pratiques opaques, restaurer l’État de droit, instaurer une gouvernance fondée sur la reddition des comptes. Sur ce dossier, le silence des autorités est devenu assourdissant.
L’argent saisi dans le cadre d’une procédure judiciaire ne peut être un secret d’État. Il doit être inventorié, sécurisé, tracé. Son usage doit être connu. Exhiber des liasses devant les caméras n’est pas de la transparence ; c’en est la mise en scène.
Plus inquiétant encore : le mutisme des nouveaux députés, pourtant élus comme figures du renouveau. Leur mission ? Contrôler l’exécutif, défendre le droit à l’information. Or, pas de commission d’enquête, pas d’audition, pas d’interpellation. Rien.
Que vaut un Parlement qui ne demande pas de comptes sur la saisie la plus spectaculaire de l’histoire récente ? Le silence de l’exécutif est préoccupant. Celui des représentants l’est davantage. Car quand les deux se taisent, l’opacité cesse d’être une anomalie : elle devient système.
Où sont ces fonds aujourd’hui ? Au Trésor ? Entre les mains de la justice ? Experts indépendants ? Trois ans après, les Gabonais n’ont toujours aucune information précise.
L’opacité nourrit le soupçon. Et le soupçon est l’ennemi d’un pouvoir qui prétend incarner la rupture. Changer les hommes sans changer les méthodes, ce n’est pas une révolution, c’est une rotation.
Si les nouvelles autorités veulent prouver qu’elles gouvernent autrement, elles doivent rendre des comptes : publier les montants, préciser les statuts juridiques, informer la nation.
Les Gabonais n’ont pas besoin de mises en scène. Ils ont besoin de vérité. Des sacs de billets sans inventaire ni contrôle parlementaire ne sont pas une preuve de bonne gouvernance. Ils deviennent, au contraire, le symbole d’une promesse qui s’égare dans les mêmes zones d’ombre qu’elle prétendait dissiper.
Un gabonais lucide dit qu'il n'a pas été convaincu par le discours du putschiste PDGiste Oligui Bongo au parlement du rire. Il dénonce les fausses promesses du mythomane Oligui Nguéma.
Ce n'est pas un activiste de la diaspora qui parle, c'est un gabonais qui vit au #Gabon