Et si le véritable drame français n'était pas seulement d'avoir perdu le contrôle de nos rues, mais d'avoir perdu le contrôle de notre avenir ?
Invité hier soir de David Pujadas sur LCI, j'ai voulu aller au-delà des images de chaos qui bouleversent notre pays. Car ce que nous vivons n'est pas seulement une crise sécuritaire. C'est l'aboutissement de décennies de renoncements.
Nous avons progressivement renoncé à l'autorité, relativisé l'inacceptable et oublié que la première raison d'être de l'État était de garantir la sécurité de ses citoyens.
Nos choix budgétaires le démontrent de manière éclatante. Les fonctions régaliennes de l'État (police, justice, armées) ne représentent que 6,3% de notre dépense publique. Contre 57% pour les dépenses sociales.
En d'autres termes, nous avons fait le choix de la protection plutôt que de la puissance. À force de vouloir nous prémunir contre tous les risques, nous avons fini par désarmer notre pays. Désarmé nos armées, affaibli notre police, fragilisé notre justice. Et jusqu'à notre école, qui peine désormais à remplir sa mission fondamentale : transmettre les savoirs et former des citoyens éclairés.
Mais je crois que nous commettrions une erreur en pensant qu'il suffirait de rétablir l'ordre pour résoudre tous nos problèmes. Car si la France a perdu une partie de son autorité, elle a aussi perdu quelque chose de plus précieux encore : la capacité de se projeter collectivement dans l'avenir.
Et cela me touche profondément. Voyez-vous, je suis moi-même un immigré. Lorsque je suis arrivé en France avec mes parents, nous avons découvert un pays de liberté, de prospérité, un pays où l'on pouvait rêver, entreprendre et construire. Un pays qui ne promettait pas seulement la sécurité, mais aussi la possibilité d'un avenir meilleur.
C'est cette promesse française que je refuse de voir disparaître.
Ce qui a fait la grandeur des nations à travers l'histoire, ce n'est en effet pas seulement leur capacité à faire respecter des règles. C'est aussi leur capacité à rassembler des millions de femmes et d'hommes autour d'un projet qui les dépasse. Un récit collectif qui donne à chacun le sentiment de participer à quelque chose de plus grand que lui.
Et c'est précisément ce qui nous manque cruellement aujourd'hui.
Nous passons notre temps à débattre de ce que nous devons préserver, de ce que nous devons protéger, de ce à quoi nous devons renoncer. Mais quand parlons-nous de ce que nous voulons bâtir ? Quelle France voulons-nous laisser à nos enfants en 2050 ?
Quand David Pujadas me demande quelle pourrait être cette nouvelle utopie rassembleuse, je lui réponds qu'elle est sous nos yeux. Nous entrons en effet dans une révolution technologique qui va bouleverser nos économies, nos sociétés et jusqu'à notre condition humaine. Tout est à réinventer : notre rapport au travail, à la santé, à l'éducation, à la connaissance, à la vie elle-même.
Et qui mieux que la France, pays des Lumières, des ingénieurs, des chercheurs, des inventeurs et des entrepreneurs, pourrait porter cette ambition ?
Nous avons les talents, la jeunesse, l'intelligence et le génie nécessaires. Ce qui nous manque, ce n'est pas le potentiel. C'est la volonté de nous en saisir collectivement.
Mais pour cela, nous devons retrouver les fondations sur lesquelles se construisent les grandes nations : l'ordre, l'autorité, la confiance et l'ambition.
Retrouver l'ordre pour retrouver la confiance.
Retrouver l'autorité pour garantir la liberté.
Retrouver la puissance pour redevenir maîtres de notre destin.
Un discours présidentiel pour rien.
Emmanuel Macron est trop intelligent pour ne pas savoir qu’une telle allocution ne pouvait que décevoir.
Les Français attendaient un électrochoc. Ils ont eu des phrases toutes faites. Ils espéraient un cap. Ils ont entendu des mots.
Comment la France va-t-elle tenir ainsi jusqu’en mai 2027 ?
Les images de Paris ce soir font le tour du monde. Et elles vont coûter très cher à la France. La faillite sécuritaire est déjà une catastrophe. Mais elle risque aussi de précipiter une faillite économique.
- Des commerçants saccagés, dont certains mettront des mois, voire des années, à s'en remettre.
- Des images d'une France en proie au chaos qui tournent en boucle sur les télévisions et les réseaux sociaux, de New York à Tokyo ou Singapour.
- Un secteur touristique, l'un des poumons de notre économie, qui risque de payer l'addition pendant longtemps.
- Des investissements étrangers qui seront reportés, voire annulés. Car qui voudrait investir dans un pays dont les images évoquent le chaos ?
- Et enfin, un moral des Français déjà au plus bas, qui risque de s'enfoncer davantage. Or la confiance est le carburant invisible de la croissance : sans elle, on ne consomme plus, on n'investit plus, on n'entreprend plus.
Et je pense aussi à ces lycéens, à ces Français exaspérés, inquiets pour leur avenir, qui voulaient simplement faire entendre leur colère en défilant pacifiquement. Leur colère mérite d'être entendue. Leur droit de manifester mérite d'être respecté. Ils sont eux aussi les victimes de ceux qui ont transformé une journée de mobilisation en une insurrection de voyous.
Trop facile. Vous appelez à la révolution, vous faites de la colère votre fonds de commerce, vous dressez les Français les uns contre les autres... Et aujourd’hui, tétanisé devant les images de chaos, vous tentez de vous dédouaner. Honte à vous.
Une information qui devrait (vraiment) faire descendre les Français dans la rue : près d'un tiers du budget de l'Éducation nationale ne va ni dans une salle de classe, ni dans la poche d'un prof. Il paie des retraites ! C'est ce que Bercy vient de confirmer.
Ceci en dit long sur les choix qui ont été entrepris en France depuis des décennies. Il y a 50 ans, la France consacrait en effet 7% de sa richesse à ses retraites et 7% à son école. Une sorte d'équilibre entre le passé et l'avenir. Aujourd'hui : 14% vont aux retraites. Et toujours 7% à l'école. L'équilibre est rompu. La France a choisi la protection plutôt que l'avenir.
On a doublé ce qu'on verse à ceux qui sont partis, et on n'a rien ajouté pour ceux qui arrivent.
Alors non, les profs ne sont pas responsables de l'effondrement de notre niveau scolaire. Ils en sont les victimes. Tout comme nos enfants.
Voyez-vous, je suis libéral, et j'ose affirmer que nos professeurs ont toutes les raisons de se révolter quand on gèle leur salaire pour tenir le budget de ceux qui ne travaillent plus.
Je ne cherche pas ici à ouvrir une guerre des générations, mais à poser un débat de civilisation. Car une société qui consacre toujours davantage de ressources à son passé, au détriment de son avenir, est une société qui a perdu sa boussole.
La vraie question n'est pas de savoir ce que nous devons à ceux qui nous ont précédés. Elle est de savoir ce que nous voulons laisser à ceux qui nous succéderont.
Et il est grand temps que la France se la pose.
Je méprise les lycéens qui cassent les abribus. Ils ne défendent aucune cause. Ils détruisent simplement le bien commun.
En revanche, je comprends l'inquiétude d'une génération qui regarde l'avenir avec angoisse. Et je comprends tout autant celle de nos professeurs, qui voient chaque jour s'effriter un modèle auquel ils continuent pourtant de croire.
Car regardez ce qu'on demande aujourd'hui à nos professeurs : enseigner dans des classes surchargées, transmettre un savoir à des élèves abrutis par les écrans, faire face à des parents qui contestent leur autorité, savoir qu'une simple altercation peut parfois finir en coup de couteau... le tout pour un salaire indigne de la responsabilité qu'on leur confie.
Des milliards sont engloutis chaque année par l'Éducation nationale. Et pourtant, nos profs souffrent et nos enfants régressent.
Alors une question s'impose.
Pourquoi ?
Pourquoi l'école française va-t-elle si mal ?
La réponse est là, sous nos yeux. C'est l'éléphant au milieu de la pièce. Mais personne n'ose le regarder en face...
Il se trouve en effet que, dans l'opacité la plus totale, près de 30% du budget de l'Éducation nationale sont alloués aux retraites. Et cette part augmente avec le temps. Et il ne s'agit même pas seulement des anciens enseignants. Ce budget finance aussi les retraites d'autres fonctions publiques, y compris celles de services qui n'existent plus, comme les quelque 300 000 retraités des PTT ! Je vous renvoie notamment aux travaux de Jean-Pascal Beaufret et de Sylvain Catherine.
On nous répète donc chaque année que le budget de l'Éducation nationale augmente. C'est factuellement exact. Mais seulement si l'on oublie de regarder ce qu'il finance !
Car si l'on retranche les sommes consacrées aux retraites, le budget réellement consacré à l'éducation... baisse !
Nous entretenons donc une illusion collective : nous croyons investir davantage dans l'école, alors que nous investissons en réalité toujours moins dans l'éducation.
Voilà pourquoi les classes restent surchargées.
Voilà pourquoi les professeurs sont si mal rémunérés.
Voilà pourquoi l'Éducation nationale donne le sentiment de s'épuiser.
Nous demandons au ministère qui prépare l'avenir... de financer le passé.
Et c'est probablement la plus grande faute que nous puissions commettre au moment même où l'intelligence, la connaissance et la maîtrise des technologies deviennent les premières richesses des nations.
Les empires de demain ne se construiront ni sur le pétrole, ni sur les matières premières. Ils se construiront sur le savoir.
Le jour où nous comprendrons que l'Éducation nationale n'est pas un poste de dépense mais notre principale industrie d'avenir, il sera peut-être déjà trop tard.
Je ne suis pas chrétien. Et pourtant, la visite de Léon XIV en France me touche.
Elle me touche d'abord parce que je vois chez ce Pape quelque chose qui me semble profondément en résonance avec notre époque : la volonté de regarder en face les immenses bouleversements scientifiques et technologiques qui nous font face.
J'avais eu la chance d'échanger avec le Pape François sur l'IA. Il m'avait parlé du « vertige » que lui inspirait cette révolution, dont il avait très tôt perçu la portée. Je trouve passionnant de voir Léon XIV poursuivre cette réflexion et placer à son tour la révolution technologique au cœur de sa pensée.
Et cela me parle. Car plus la science et la technologie repoussent les frontières du possible, plus une question très ancienne revient avec force : qu'allons-nous faire de cette puissance ? Et surtout, où voulons-nous aller ?
Et puis il y a quelque chose de plus personnel. Léon XIV est un fils spirituel de saint Augustin. Et Augustin était un enfant de cette terre d'Afrique du Nord où je suis né, en Algérie.
Il y a là un fil invisible qui traverse les siècles et la Méditerranée et qui, forcément, me touche.
Enfin, il y a eu cette foule immense, place de la Concorde et à Lourdes. Au-delà de la foi de chacun, je crois qu'elle nous dit quelque chose de la France.
Nous avons passé des décennies à chercher des réponses économiques, sociales, institutionnelles à notre malaise collectif. Elles sont indispensables. Mais peut-être avons-nous oublié une dimension plus profonde : un pays ne vit pas seulement de ce qu'il possède. Il vit aussi de ce qui le dépasse.
Oui, une civilisation a besoin de prospérité, de science et de progrès. Mais elle a aussi besoin de transmission, de sacré, de racines, d'espérance, d'un horizon commun.
Appelez cela religion, spiritualité, transcendance, civilisation ou simplement besoin de sens.
Français et musulman, je n'ai aucun mal à reconnaître dans la France la fille aînée de l'Église. Pas plus que je n'oublie qu'elle s'est construite, siècle après siècle, en sachant aussi accueillir, intégrer et faire siens des apports venus d'ailleurs.
Ces deux histoires ne s'opposent pas. Elles sont la France.
En regardant Léon XIV et ces foules rassemblées, je me demande si ce Pape n'est pas venu réveiller quelque chose que nous pensions avoir perdu.
Et dont, peut-être, la France avait terriblement besoin.
Je fais partie des Français qui ont voté pour Emmanuel Macron. J'y ai cru. J'ai pensé un temps qu'il serait celui qui pourrait secouer le Léviathan technocratique et alléger une sphère publique devenue tentaculaire. Je me suis trompé. Je l'ai dit chez David Pujadas.
Certes, le premier mandat avait suscité un véritable espoir : flat tax, IS à 25%, réforme du marché du travail, French Tech, Choose France… Avec des résultats tangibles. Mais le problème, c'est que cette politique de l’offre n’a jamais été financée par des baisses de dépenses.
En 2017, pourtant, nous disposions de marges de manœuvre exceptionnelles pour réformer la France en profondeur, avec un alignement des astres particulièrement favorable : pétrole bon marché, croissance mondiale, parité euro-dollar avantageuse, taux d'intérêt historiquement bas, une France qui empruntait à moins de 1%, et parfois même à taux négatif.
Comme le disait Kennedy, c'est quand il fait beau qu'on doit réparer le toit. On ne l'a pas fait.
À la place, la France a ouvert un crédit à la consommation de 1 400 milliards.
Pas pour construire des centrales nucléaires.
Pas pour l'éducation de nos enfants.
Pas pour investir massivement dans l'IA ou préparer les technologies de demain...
Mais pour financer des dépenses courantes, en faisant payer la facture aux générations futures.
Et qu'on ne me dise pas que cette dette s'explique par toutes les crises que nous avons traversées : le Covid, l'Ukraine, la crise inflationniste, la crise énergétique... Ces crises, tous les pays d'Europe les ont subies ! Le Portugal, la Grèce, l'Espagne, l'Italie ont été confrontés aux mêmes chocs que nous. Pourtant, ils sont parvenus à se réformer, à redresser leurs comptes et à retrouver une dynamique économique.
Quant à l'argument d'Emmanuel Macron lui-même, qui se vante d'avoir mieux « protégé les Français » que les autres pays du monde, je réponds que je n'ai pas besoin d'un État nounou qui prétend prendre soin de moi aujourd'hui en envoyant la facture à mes enfants demain !
C'est peut-être là le plus grand rendez-vous manqué de ces dix dernières années : avoir gouverné les yeux rivés sur le présent alors qu'il fallait préparer l'avenir. Quel gâchis !
Car le rôle d'un président de la République n'est pas de chercher à faire plaisir aux Français aujourd'hui pour les faire passer à la caisse demain.
Son rôle, par-dessus tout, est de préparer la France de 2050 : une France qui maîtrise son énergie, forme ses enfants aux sciences et aux technologies, investit dans l'IA, réindustrialise, innove, produit davantage et retrouve sa puissance.
Gouverner, ce n'est pas protéger le présent. C'est rendre l'avenir possible.
La crise des carburants résume à elle seule toutes les schizophrénies françaises.
Prenez TotalEnergies. Une entreprise française, l'un des géants mondiaux des hydrocarbures. Un exploit, pour un pays qui ne dispose pas d'un seul puits de pétrole sur son territoire !
Dans n'importe quel pays, on y verrait une réussite industrielle, un motif de fierté. On les remercierait même de plafonner les prix à la pompe comme ils le font.
Mais en France, dès qu'une entreprise réussit trop, a fortiori dans l'industrie, elle devient aussitôt suspecte : il faut la critiquer, mais surtout la taxer, la faire payer. Et, si possible, la punir.
Dans cette crise des carburants, TotalEnergies est présentée comme un problème, une menace, alors qu'elle fait partie de la solution.
Et dans le même temps, les écologistes, supposément anti-pétrole, en viennent à défendre... le blocage du prix du gazole pour rendre le gazole accessible à tous !
Mesurez l'absurdité : on veut punir le champion français parce qu'il gagne trop, mais on veut administrer le prix d'un carburant fossile pour qu'il ne coûte pas trop cher.
Derrière cette schizophrénie, il y a quelque chose de plus profond : on a cessé de penser comme un pays qui veut créer de la puissance. On organise la pénurie. On taxe, on bloque, on redistribue, on se dispute les restes.
Pendant ce temps, des pays tels que l'Italie et l'Espagne ont fait des réformes structurelles qui leur ont permis de retrouver des marges de manœuvre. Lorsqu'une nouvelle crise arrive, eux peuvent agir. Ils peuvent amortir le choc, investir, protéger. Contrairement à nous.
Pendant des années, nos dirigeants politiques ont distribué l'argent que nous n'avions pas. Ils ont agi par clientélisme en assurant « protéger les Français ». Aujourd'hui, nous sommes tout nus, et notre pays en est réduit à se répartir la pénurie.
Je ne me résignerai jamais à ce que l'échec et la démagogie deviennent notre horizon. La France doit retrouver le goût de la puissance, de la création et de l'abondance.
Sébastien Lecornu vient de présenter son budget 2027. Et franchement, ce budget n’est pas à la hauteur de nos enjeux.
Mais pour être honnête, il fait le job.
Un job de transition, dans une situation budgétaire cataclysmique : 54 milliards d’euros d’effort, une fiscalité annoncée comme stable, des dépenses de l’État gelées en valeur hors Défense, et la volonté d’enrayer une mécanique qui, sans correction, conduirait, selon le gouvernement, le déficit vers 6,5 % du PIB.
Ce n’est pas le grand soir de la dépense publique. Ce n’est pas la réforme structurelle dont la France aura besoin pour retrouver durablement des marges de manœuvre. Mais l’honnêteté commande aussi de reconnaître une réalité politique : à quelques mois de l’élection présidentielle, avec une Assemblée sans majorité, personne ne prendra aujourd’hui les décisions les plus tranchées.
Ce budget peut juste limiter les dégâts et éviter que l’ale pire advienne.
Reste maintenant aux oppositions à ne pas pourrir le débat budgétaire avec une surenchère de taxes et des discours réduisant l’équation à « faire payer les riches » et à stigmatiser les entrepreneurs. (Spoiler : j’en doute.)
Les vrais choix, eux, seront ceux que les Français feront lors de l’élection présidentielle de 2027.
Puissions-nous alors faire preuve de courage et d’audace.
Sans quoi, nous n’aurons plus qu’à nous en prendre à nous-mêmes.
François Hollande préfère ChatGPT à Mistral, et il le dit : « c'est quand même plus simple ». Bravo �� lui pour sa sincérité.
N'importe quel autre dirigeant politique nous aurait servi le couplet sur « Mistral, le fleuron français » et les vertus de « Le Chat ».
Sauf que le patriotisme économique ne peut se concevoir que toutes choses égales par ailleurs. Si le produit français est objectivement moins bon, ou moins simple, que son concurrent américain, on ne doit pas s'obliger à l'utiliser, sauf à s'inscrire dans un nivellement par le bas. Point.
Le sujet n'est pas d'utiliser Le Chat parce qu'il est français, mais de créer l'écosystème qui fera émerger de vrais géants français de l'IA. Le reste n'est que littérature. Et démagogie.
Le drame arrivera un 1er ou un 3ème jeudi du mois.
Peut-être le mois prochain. Peut-être dans six mois. Peut-être dans trois ans.
Ce jeudi-là, comme elle le fait à date fixe depuis des décennies, l'Agence France Trésor (qui gère la dette de la France) se présentera sur les marchés pour emprunter des milliards d'euros.
10 milliards.
15 milliards.
Peut-être 20.
La routine.
Jusqu'au moment où elle constatera que, cette fois, les milliards espérés ne viendront pas. Pas assez d'ordres d'achat. Pas assez d'investisseurs pour acheter toute la dette que la France cherchera alors à placer.
Pourquoi ? Parce que la dette française est désormais concurrencée de toute part. L'Allemagne emprunte massivement pour financer son réarmement. Le Japon fait évoluer sa politique monétaire. Et les géants américains de la tech vont lever des centaines de milliards pour financer les data centers, l'intelligence artificielle et la puissance technologique de demain.
Imaginez alors un investisseur, quelque part à New York, Londres, Tokyo ou Singapour qui a des dizaines de milliards à investir. Il a le choix entre financer les infrastructures allemandes, la révolution technologique américaine, les géants de l'IA... ou la dette française, qui n'est qu'un immense crédit à la consommation. Que choisiriez-vous à sa place ?
Quand ce 1er ou ce 3ème jeudi du mois surviendra, la sidération s'emparera du pays. La plupart des experts et des dirigeants politiques expliqueront qu'on ne pouvait pas le prévoir. Puis le président de la République prendra la parole à 20h devant les Français. Il annoncera une augmentation sans préavis de 5 points du taux de TVA, mais surtout des coupes radicales dans les pensions de retraite et les salaires des fonctionnaires. Pas un plafonnement, non. Un carnage avec effet immédiat.
Peut-être me trouvez-vous trop alarmiste ? Mais voilà ce qui nous attend si nous n'avons pas le courage de faire aujourd'hui, dans le calme, les choix que les circonstances nous imposeront demain, dans la panique.
L'hypothèse de ce jeudi noir me tétanise. Elle me tétanise parce que je sais que ce jour peut arriver. Mais elle me tétanise surtout parce que je sais qu'il peut encore être évité.
Il est encore temps pour la France de choisir : le courage et la vérité maintenant. Ou la chute. Un jeudi matin.
Sur l'IA et les risques qu'elle ferait peser sur l'humanité, je crois que nous passons littéralement à côté du débat.
Amodei, Altman et Musk disent vouloir ralentir. Soit.
Musk, sérieusement ? Le même qui annonce plus d'un milliard de robots humanoïdes d'ici 10 ans et qui développe des puces destinées à être implantées dans le cerveau humain ? Permettez-moi de douter de sa soudaine peur de l'accélération technologique !
Quant à Sam Altman et Dario Amodei, ils dirigent les entreprises qui ont le plus intérêt à verrouiller leurs positions.
Nous avons donc affaire à 3 des hommes les plus puissants de l'IA qui nous expliquent, en substance, qu'il serait peut-être temps que la course ralentisse.
Mais qui est en tête de la course ? Eux, justement ! Et c'est ça qui doit nous interpeller : car derrière un débat éthique parfaitement légitime, se joue surtout une gigantesque bataille industrielle et une redistribution des cartes du monde. Ralentir aujourd'hui, c'est en effet figer les positions au moment précis où quelques entreprises américaines dominent le marché et où les modèles open weight chinois progressent à une vitesse spectaculaire.
Bien sûr, les risques de l'IA sont réels. Mais l'IA porte aussi en elle les germes de la survie de notre espèce et d'une ère d'abondance. C'est là toute l'histoire du progrès humain. Plus l'espèce humaine accroît sa capacité à propager le bien, plus elle accroît, symétriquement, sa capacité à propager le mal.
La vraie question n'est donc pas de savoir s'il faut avoir peur de l'IA, mais qui aura la puissance de décider de ce qu'on en fera.
Et c'est précisément là que l'Europe commet une faute historique. Nous sommes déjà un nain numérique. Nous sommes en train de devenir un nain de l'intelligence artificielle. Et il faudrait maintenant écouter ceux qui occupent les premières places nous expliquer qu'il faut ralentir ?
Eh bien non ! L'Europe ne doit pas sortir de la course. Elle doit y entrer !
Parce qu'on ne régule durablement que ce que l'on maîtrise. Parce qu'on n'impose ses valeurs que lorsqu'on a la puissance de les défendre. Parce qu'un continent dépendant technologiquement finit toujours par dépendre politiquement.
C'est le combat que je défends dans mon livre « Le Nouveau Temps » : celui d'un humanisme technologique. Ni technophilie béate, ni peur du progrès. La puissance technologique mise au service de l'Homme.
N'oublions jamais que dans le monde qui vient, la sagesse sans la puissance est le plus sûr chemin vers la servitude.
Voilà quel devrait être le vrai débat de 2027.
Merci à vous ! Je ne crois pas en l’homme providentiel et je ne suis candidat à rien. Mais comptez sur moi pour user de mon influence et de ma visibilité pour imposer les enjeux d’avenir dans le débat de la future campagne présidentielle.
Un chercheur d'Anthropic vient de démissionner avec fracas. Il affirme que l'IA pourrait provoquer l'extinction de l'humanité avant la fin de la décennie. Certains de ses collègues évaluent même ce risque à plus de 10% dans les 10 prochaines années.
Je lis beaucoup de réactions de peur, parfois de sidération. Je vois certains politiques prendre leur air martial pour déclarer qu'il faut « s'en occuper ». Mais je crois que tous passent à côté du vrai sujet.
Oui, l'intelligence artificielle porte en elle les germes d'un possible anéantissement de l'humanité. Je l'ai dit et écrit maintes fois.
Mais je veux dire avec la même force quelque chose que l'on entend beaucoup moins : l'IA porte aussi en elle les germes de la survie de notre espèce et de notre élévation.
Elle nous aidera à découvrir de nouvelles molécules, inventer des vaccins et des traitements, comprendre les mécanismes du vieillissement, augmenter spectaculairement notre productivité, accélérer la recherche scientifique et donner accès au savoir à des milliards d'êtres humains, jusque dans les endroits les plus reculés de la planète.
C'est toute l'histoire du progrès humain. Plus l'espèce humaine accroît sa capacité à propager le bien, plus elle accroît, symétriquement, sa capacité à propager le mal. Et comme je l'ai démontré dans mon livre « Le Nouveau Temps », chaque révolution technologique rend ce contraste encore plus puissant.
Le nucléaire en est probablement l'exemple le plus spectaculaire. Il permet de soigner des cancers et de produire une électricité abondante et décarbonée. Il nous a aussi donné l'arme la plus destructrice jamais inventée par l'humanité.
L'IA nous place aujourd'hui devant le même vertige, mais à une échelle probablement encore supérieure.
La vraie question n'est donc pas de savoir si nous devons avoir peur de l'IA, mais plutôt comment garantir que l'immense puissance que nous sommes en train de créer reste au service de l'humanité.
Cela exige une vigilance absolue. Des garde-fous. De la recherche sur la sécurité. Une coopération internationale. Mais certainement pas de tourner le dos au progrès par peur de ce qu'il pourrait devenir.
Et surtout, cela exige que l'Europe cesse d'être spectatrice et obsédée par la régulation. Nous ne pouvons pas laisser les USA définir seuls une technologie gouvernée par la puissance et la Chine développer seule une technologie gouvernée par le contrôle.
L'Europe doit proposer une troisième voie : celle que j'appelle l'humanisme technologique.
Une civilisation qui ne renonce ni au progrès, ni à l'humain.
Car le grand combat du siècle qui commence ne sera peut-être pas celui de l'homme contre la machine.
Il sera, comme depuis la nuit des temps, celui du bien contre le mal. Et dans cette course de vitesse, ce sont le génie humain, la créativité et la fraternité qui feront gagner le bien.
Au risque de vous surprendre, je veux aujourd'hui prendre la défense de nos professeurs.
Oui, moi. Le libéral. L'homme de droite. Le chef d'entreprise. Convaincu que le « Mammouth » doit être dégraissé. Pas exactement le profil qu'on imagine spontanément monter au créneau pour défendre les profs.
Car depuis la publication des derniers résultats PISA, tout le monde critique notre système éducatif. À raison. Mais je vois aussi monter un procès contre nos professeurs. Et là, je dis stop ! Je refuse qu'on fasse d'eux les boucs émissaires de la faillite éducative française.
Vous pensez que le problème, ce sont les profs ?
Alors allez enseigner devant 35 élèves.
Allez tenter de transmettre Racine, Pythagore ou l'histoire de France à des enfants abrutis par les écrans, et dont les parents sont parfois les premiers à contester l'autorité du professeur.
Allez faire cours dans une salle de classe sans climatisation où la température excède les 30 degrés.
Allez travailler avec une bureaucratie tentaculaire sur le dos, une direction qui attend le rectorat, un rectorat qui attend le ministère, et un ministère qui produit des circulaires.
Allez enfin exercer un métier où, dans certains établissements, une simple altercation peut finir en coup de couteau.
Et faites tout cela pour un salaire indigne de la responsabilité qu'on vous confie.
Puis revenez m'expliquer que les professeurs sont le problème.
Car malgré tout ça, chaque matin, des centaines de milliers de professeurs poussent la porte de leur classe et essaient de transmettre quelque chose.
Un savoir. Une méthode. Une curiosité. Parfois simplement le goût de l'effort.
Bien sûr qu'il existe de mauvais professeurs. Comme il existe de mauvais médecins, de mauvais entrepreneurs et de mauvais journalistes. Mais notre problème collectif n'est pas là.
Notre problème, c'est qu'on a construit un système qui demande aux professeurs toujours davantage, leur donne toujours moins d'autorité, les ensevelit sous la bureaucratie, puis leur demande des comptes lorsque tout s'effondre.
Je vais même aller plus loin. Être prof aujourd'hui, dans beaucoup d'endroits en France, relève presque du sacrifice.
Car il faut encore croire à quelque chose de profondément révolutionnaire dans notre époque : qu'un adulte peut changer la vie d'un enfant en lui transmettant un savoir.
Alors oui, réformons radicalement l'Éducation nationale. Rétablissons l'exigence, l'autorité, la discipline, le mérite et l'excellence.
Mais commençons par respecter ceux qui, chaque matin, tiennent encore la ligne de front de la transmission.
Un pays qui méprise ses professeurs finit toujours par mépriser son propre avenir.
L'intelligence artificielle générale (celle qui est capable de surpasser l'humain dans toutes ses tâches) n'est plus de la science-fiction. C'est la prochaine grande rupture, et elle est à nos portes.
Les géants américains y investissent plusieurs milliards de dollars PAR JOUR. La Chine lui donne déjà des corps avec ses robots humanoïdes. Et la France ? Elle regarde passer le train en se disputant sur l'âge de la retraite.
« L'Intelligence artificielle générale arrive. Et la France regarde ailleurs. »
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Nouvelle dégringolade de la France dans le classement PISA. Les élèves français ont perdu 2 ans de niveau scolaire en 10 ans ! Une hécatombe et une capitulation devant l'avenir.
Nous allons maintenant assister à un concert d'indignation et de mauvaise foi. Ceux qui sont actuellement aux commandes vont s'empresser de désigner des boucs émissaires : le numérique, l'IA... Comme si les pays qui nous surclassent étaient coupés du monde numérique ! Je prends le pari avec vous qu'ils annonceront bientôt une commission, un plan, quelques mesures. Puis plus rien. Jusqu'au prochain classement, où on découvrira que la France aura encore reculé.
C'est pas comme si on ne savait pas... En 20 ans, la France a divisé par 3 la proportion de ses excellents élèves en mathématiques et presque doublé celle des élèves en difficulté.
Ce ne sont pas nos enfants qui sont devenus mauvais ni nos professeurs qui ont failli. C'est un système politique qui a fait de la médiocrité une fatalité, de l'excellence un tabou et de la sélection un scandale inégalitaire. Ils ont même osé retirer les mathématiques du tronc commun en 1ère au lycée, avant de se raviser.
Et tout ça arrive au pire moment. Nous entrons en effet dans un monde où les mathématiques vont s'imposer comme une discipline primordiale pour façonner notre futur. Pas seulement pour devenir ingénieur ou chercheur. Mais parce qu'elles apprennent à raisonner, à démontrer, à appréhender l'entropie, à modéliser la complexité, à distinguer ce qui est vrai de ce qui semble vrai.
À l'heure de l'IA, ceux qui maîtriseront les mathématiques comprendront les machines, les construiront et les dirigeront. Les autres risquent de les subir.
La bataille des maths est donc bien plus qu'une bataille scolaire. C'est une bataille de souveraineté, une bataille pour notre place dans le monde qui vient.
Nos enfants méritent mieux que ce renoncement. Ils méritent qu'on recommence à croire en eux. Et qu'on recommence à exiger beaucoup d'eux.