Quand les pierres ne reconnaissent pas les pas
Ils arrivent toujours pleins de bonnes intentions.
Ils cherchent la vraie Corse, celle de l’intérieur, celle que plus personne n’habite. Ils montent les routes en lacets, s’émerveillent d’un clocher fendu, d’un toit mangé par les ronces.
Ils prennent des photos, s’imaginent une vie simple, loin de tout, comme si l’isolement était un luxe, comme si le vide était un choix.
Et puis ils achètent. Une ruine, une maison sans toit, un “petit bijou” à retaper.
Et ils s’installent.
Mais ils ne savent pas où ils mettent les pieds.
Parce qu’un village corse, surtout dans ces hauteurs de Castagniccia, ce n’est pas un décor. Ce n’est pas une carte postale défraîchie qu’on vient repeindre avec ses rêves.
C’est une mémoire. Une matière vivante. Une densité sociale.
Un village, ici, n’est pas un lieu : c’est une appartenance.
On n’y vit pas parce qu’on l’a choisi. On y vit parce qu’on y est lié.
Par le sang, la terre, les morts.
Alors quand un étranger arrive, aussi bienveillant soit-il, il brise l’ordre symbolique. Il rompt une continuité. Il s’introduit dans une histoire qui n’est pas la sienne et souvent sans même le savoir.
Et c’est bien là tout le problème.
Ils ne savent pas.
Ils voient de vieilles pierres, pas des maisons pleurées.
Ils voient un clocher, pas les baptêmes et les enterrements.
Ils voient du silence, pas l’absence.
Leur regard est vierge et c’est cela qui offense.
Le village, ici, est une matrice.
On n’en vient pas par goût, on en vient par naissance.
Chaque ruelle a vu grandir, se battre, s’enterrer des familles entières. Et quand bien même il n’y reste plus personne, le souvenir y tient encore debout les pierres.
Dans ces villages, chaque seuil est une généalogie, chaque terrasse une histoire de famille. Ceux qui sont partis y laissent une blessure. Ceux qui restent s’y accrochent avec une forme de résignation.
Et ceux qui arrivent n’ont, eux, ni passé, ni dette.
Juste une envie. Et un titre de propriété.
Mais le territoire n’est pas neutre. Il n’est jamais neutre.
Le croire, c’est une erreur profondément moderne et coloniale, d’une certaine façon.
Croire qu’on peut habiter n’importe où parce qu’on en a les moyens, c’est oublier que certains lieux ont une âme, un code, une douleur.
Et qu’il faut les mériter.
On parle souvent de “revitaliser les villages”. Comme si les pierres se ranimaient au bruit d’une perceuse.
Mais un village n’est pas mort parce qu’il est vide.
Il est en deuil.
Et le deuil appelle le respect, pas l’enthousiasme.
Alors oui, ils repeignent, ils plantent, ils aménagent. Ils partagent leur bonheur sur Instagram.
Mais rien de ce qu’ils font n’a de racines.
Ils ne s’installent pas. Ils occupent.
Ils veulent la nature, mais pas la rudesse.
Ils veulent le silence, mais pas le poids de ceux qui se sont tus.
Ils veulent le vrai, mais sans la douleur.
Ils confondent la vie avec une idée.
Et le territoire avec un décor.
Mais ici, on n’est pas chez soi parce qu’on a les clefs.
On est chez soi parce qu’on y a laissé une part de soi. Parce qu’on a été vu enfant. Parce qu’on y a vieilli. Parce qu’on y a enterré des siens.
Il est fascinant, au fond, de voir à quel point l’époque autorise cette prétention : s’installer sans appartenir, occuper sans comprendre, et croire que la solitude équivaut à la liberté. On vit en Corse. Mais rien n’a été vécu. Ni l’hiver, ni l’ennui, ni l’exil des enfants, ni les funérailles de ceux qui ont tenu les murs avant. Ce n’est pas une vie : c’est une pose.
Le village n’est pas à vendre.
Même vidé de ses habitants, il reste habité.
Et ce qui ne vous reconnaît pas vous tolérera peut-être. Mais c’est tout.
PM Santucci
Serata di sustegnu à Scola Corsa in Biguglia, in presenza di i nostri amichi baschi : dopu à 3 anni d’impegnu, si rinforza a dimustrazione di a necessità di l’insignamentu immersivu, accuppiatu à a valurizazione suciale è sucietale di a lingua. Forza !
Ùn a sò s'è a mo publicazione serà cume taglià erba per cavallu mortu ma u bellu situ Orange di "gbatti" nant'à a lingua corsa hà da chjode da quì à pocu. Seria peccatu di perde sta richezza linguistica à a manu di tutti senza pruvà di salvà la. 1/2 ⤵️
⛔️ Ne surchargez pas les lignes d'urgence, les sapeurs-pompiers sont déjà sur place.
⛔️ Ne tentez pas de vous approcher pour prendre photos et vidéos : vous prenez des risques et perturbez les secours.
⛔️ Évitez prioritairement le secteur.
Incendies de cette nuit : désarroi, colère, remerciements.
Vargogna è dannu à quellu chì brusgie a tarra !
@CitaDiLisula@sis_2b @IsulaCorsica @CCIRB@Prefet2B
14 juillet 1755
C'est dans ce couvent de Castagniccia que, 34 ans avant la prise de la Bastille, Pasquale Paoli, général et homme des Lumières, devint le chef de la Nation corse indépendante.
A Cullettività di Corsica più chè mai à fiancu à i studianti ! Dépenses de rentrée, première installation, pass mutuelle étudiante, accès aux soins… Retrouvez toutes nos aides sur https://t.co/uu0JywT6Vn !
From a smile to a tender hug.
Mothers across the world share the same language in nurturing dreams, providing strength, and inspiring hope.
UNICEF is committed to supporting mothers and their children to thrive and reach their full potential. #MothersDay
Salute Twitter 📣
Aghju fattu un picculu questiunariu per u mo memoriu nantu à Scola Corsa. Se vò avete piccule minute per dà mi u vostru avisu è per sparte per piacè ✌🏼
E dumande sò dinù scritte in francese.
A ringrazià vi 😄
(Spartite puru 😎)
https://t.co/rWOcbgbeJh
[SPÉCULATION IMMOBILIÈRE]
Voilà un bel exemple de promotion immobilière hostile, qui engendre nécessairement un phénomène de spéculation immobilière. Raphaël Cohen-Touati vient donc en Corse promouvoir des immeubles de dollars... #Speculative#environnement#corse