Dans les coulisses du pouvoir français.
Actualités politiques, analyses, rapports de force et informations qui circulent loin des micros.
Paris, l’Élysée, Mati
#politique
Emmanuel Macron réaffirme la souveraineté de Saint-Pierre-et-Miquelon face aux convoitises de Trump. Le président français, qui est arrivé sur l’archipel de l’Atlantique Nord, samedi, doit recevoir le premier ministre canadien, Mark Carney. Ce déplacement exprime la volonté du Canada de prendre ses distances avec les Etats-Unis.
Peu l’ont pris au sérieux, voulant croire à une nouvelle fantaisie de Donald Trump. Mais, lundi 7 septembre, lorsque le président américain a diffusé sur les réseaux sociaux une carte de l’Amérique du Nord et centrale entièrement peinte des « stars and stripes » (« la bannière étoilée »), le drapeau des Etats-Unis, englobant le Canada, le Groenland, mais aussi les Antilles et Saint-Pierre-et-Miquelon, les habitants du petit territoire français de l’Atlantique Nord, vestige de la Nouvelle-France, ont été troublés.
«Ça m’a fait drôle», confie Gilles Poirier, un pêcheur artisanal, quelques heures avant l’arrivée d’Emmanuel Macron dans l’archipel, samedi 19 septembre, pour une visite de trois jours. Le président français y sera rejoint, dimanche, par le premier ministre canadien, Mark Carney. Un geste symbolique pour marquer la réaffirmation de la souveraineté des deux Etats face aux convoitises trumpiennes.
Le pêcheur de 57 ans, au visage raviné par les embruns, salue, comme la plupart des habitants du « caillou » rencontrés par Le Monde, cette visite de haut rang. « Je suis Français, je suis Européen et Américain », énonce le quinquagénaire descendant des Acadiens, ces colons français du XVIIe siècle. « On veut rester français ! Jamais ils n’achèteront le Canada ni Saint-Pierre-et-Miquelon ! Tout ça c’est du blabla de Trump, comme avec l’Iran », appuie Allan Lafitte, un professeur de musique, ancêtre, dit-il, d’un pirate venu du Lot-et-Garonne, rencontré au bar du Joinville, dans le centre-ville de Saint-Pierre. « Le gouvernement français est derrière nous ! », s’enflamme encore la patronne d’un petit café qui souhaite rester anonyme.
#gouvernement
Amélie de Montchalin alerte sur l’état de la dette: «Chaque mois d’inaction aggrave l’asphyxie financière». Le gouvernement – qui table sur un déficit public de 5,4 % en 2026, en hausse par rapport aux 5,1 % de 2025 –, prévoit un effort de 54 milliards d’euros l’an prochain pour assainir les finances publiques.
«Nous sommes à l’heure du choix probablement le plus important de la Vᵉ République». Dans un entretien donné dimanche 20 septembre au Parisien, la première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, appelle à stopper la dérive de la charge d’intérêt de la dette, alors que le projet de budget pour 2027 sera présenté en conseil des ministres le 1ᵉʳ octobre, avant son examen au Parlement.
Cette charge représentera en 2026 « près de 80 milliards d’euros », souligne Mme de Montchalin, qui s’exprimait pour la première fois depuis sa nomination, il y a sept mois, à la tête de cette institution. « C’est bien plus que le budget du ministère de l’éducation nationale (65 milliards), 40 % de plus que le budget des armées et six fois plus que celui de la justice ». La dette publique a atteint « un niveau inédit en 2025, dépassant le pic de la crise sanitaire de 2020. Nous sommes le seul pays dans cette situation en Europe », affirme-t-elle également.
L’ancienne ministre de l’action et des comptes publics (2024-2026) estime que la charge d’intérêt atteindrait 100 milliards d’euros par an en 2030, voire plus si les taux souverains continuent à monter. « Cette charge n’est pas qu’un chiffre théorique : on ne pourra la payer que par moins de dépenses publiques ou plus d’impôts », prévient-elle, tout en assurant : «Il n’y a pas de fatalité pour la France, si les choix sont rapides et responsables».
Le gouvernement – qui table sur un déficit public de 5,4 % en 2026, en hausse par rapport aux 5,1 % de 2025 –, prévoit un effort de 54 milliards d’euros l’an prochain pour assainir les finances publiques. Redresser les finances publiques s’annonce d’autant plus difficile que la prévision de croissance a été abaissée à 0,5 % en 2026 sur fond de tensions inflationnistes provoquées par la guerre au Moyen-Orient.
En présentant jeudi les grandes lignes du budget, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a laissé au Parlement le soin de trancher certaines mesures comme celles, sensibles, concernant les retraités. Selon l’avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale, les retraités percevant entre 1 260 et 2 034 euros par mois verraient leur pension du régime général s’accroître, mais à un rythme moins soutenu que l’inflation. Les plus modestes resteraient protégés.
L’effort budgétaire prévoit aussi un gel des aides personnalisées au logement (APL), selon le ministre de la ville et du logement, Vincent Jeanbrun, tandis que les ressources des collectivités locales progresseront au niveau de l’inflation, a confirmé Sébastien Lecornu dans une lettre au président du Sénat et dont des extraits ont été publiés samedi dans le journal Ouest-France.
De son côté, la ministre de la culture, Catherine Pégard, a affirmé dimanche sur Franceinfo que le budget de son ministère pour 2027 se traduirait pour les structures du spectacle vivant public par «des crédits en moins», mais « au cas par cas, qui (…) ne rendront pas vulnérables nos établissements ». «On est soumis à des contraintes très fortes, qui sont nouvelles», a déclaré la ministre, qui s’engage à «travailler avec ceux qui sont impactés par ces budgets pour voir comment on peut faire pour ne pas casser la vie culturelle en France».
La ministre a également été interrogée sur les inquiétudes du secteur de l’audiovisuel public, alors que la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a annoncé que le groupe allait devoir faire 90 millions d’euros d’économies en 2027. « Je suis bien consciente qu’il faut faire tout ce qui sera (…) possible pour que l’on s’attaque le moins possible à l’information et à la production. C’est mes deux combats pour France Télévisions », a-t-elle assuré.
David Amiel a appelé dimanche les partis à dépasser « l’esprit de boutique » durant l’examen budgétaire. « Le débat parlementaire devra ainsi porter sur le “comment”, c’est-à-dire les mesures, pas sur le “combien”, c’est-à-dire la réduction du déficit, qui est un impératif. » De son côté, Amélie de Montchalin a averti que, s’il n’y avait pas de budget au 31 décembre, « le ministère des finances estime un surcoût d’une quinzaine de milliards d’euros pour les finances publiques ». « Notre pays ne peut pas se le permettre », a-t-elle ajouté.
#politique
En Allemagne, Friedrich Merz joue sa survie politique lors des élections régionales de dimanche. Après sa percée en Saxe-Anhalt, le parti d’extrême droite AfD devrait poursuivre son ascension, le 20 septembre, selon les sondages. Les électeurs sont appelés à voter dans deux Länder : la ville de Berlin et la région de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
Deux semaines après le séisme provoqué par le score historique de l’extrême droite aux élections régionales de Saxe-Anhalt, l’Allemagne se prépare, dimanche 20 septembre, à retourner aux urnes. Dans un système fédéral rythmé presque chaque année par des élections régionales, deux autres Länder, sur les seize que compte le pays, renouvellent leur Parlement et leur exécutif régionaux : la ville de Berlin (3,9 millions d’habitants) et la région de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (1,6 million), qui borde la mer Baltique et est située en ex-Allemagne de l’Est.
En temps normal, ces élections, qui concernent, à elles deux, un peu plus de 6 % de la population allemande, ne susciteraient que peu d’intérêt en dehors des régions concernées. Mais pour la coalition au pouvoir à Berlin depuis mai 2025, et pour Friedrich Merz, le très impopulaire chancelier qui la dirige, il s’agit désormais d’un enjeu de survie politique.
«La situation est extrêmement tendue politiquement, décrit Thomas Biebricher, professeur de science politique à l’université Goethe de Francfort. Il y a un mécontentement réel à l’égard du gouvernement et du chancelier, que son parti a mis sous forte pression ces derniers jours, en faisant circuler toutes sortes de scénarios irréalistes. » De fait nombreux sont les barons et figures de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui attribuent un peu vite au chancelier la responsabilité de ces mauvais résultats.
#politique
La Russie ne peut « espérer dicter directement ou indirectement la politique » de la France, selon Le Pen et Bardella. Dans un communiqué, Marine Le Pen et Jordan Bardella prennent une position ferme.
La Russie ne peut « espérer dicter directement ou indirectement la politique » de la France « par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique », ont déclaré samedi Marine Le Pen et Jordan Bardella dans un communiqué, condamnant les actes « hostiles » de la Russie. « Aucune provocation, aucune opération clandestine et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter l’obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine », ajoutent la candidate à la présidentielle et le patron du parti.
Ce communiqué intervient au lendemain d’une réunion à l’Elysée à laquelle a participé Jordan Bardella, visant à informer les forces politiques sur les crises géopolitiques auxquelles la France est confrontée. Le ton du communiqué se veut ferme, alors que la favorite des sondages pour la présidentielle est régulièrement épinglée par ses adversaires pour des positions jugées conciliantes avec le président russe Vladimir Poutine. Le vice-président du RN Louis Aliot avait par ailleurs suscité un feu nourri de critiques au début du mois en disant vouloir « couper le robinet » des aides à Kiev.
Le débat démocratique « doit pouvoir porter » sur « le niveau du soutien financier accordé à l’Ukraine et sur les conditions de ce soutien », écrivent Marine Le Pen et Jordan Bardella. Mais si « ces débats sont légitimes, les pressions étrangères ne le sont pas », ajoutent-ils. Le communiqué condamne « fermement » la décision de Moscou de prendre le contrôle d’actifs d’entreprises européennes encore implantées en Russie comme Nestlé et Auchan, un «acte hostile» qui « porte directement atteinte aux intérêts et aux droits de nos entreprises».
Les deux leaders d’extrême droite disent par ailleurs « soutenir l’ensemble des mesures nécessaires au renforcement de la sécurité de nos infrastructures stratégiques », après que le président français Emmanuel Macron a annoncé vendredi avoir demandé au gouvernement de « préparer un plan de protection » des infrastructures critiques face aux attaques «hybrides» russes.
Actant la « dégradation de la situation sécuritaire » présentée aux forces politiques, Marine Le Pen et Jordan Bardella déclarent que « la France ne saurait […] laisser impunie toute action hostile entreprise sur son territoire, contre ses infrastructures, ses intérêts stratégiques ou son peuple ». Ils estiment par ailleurs que « nul ne peut aujourd’hui prédire, ni exclure à plus ou moins long terme, la survenue d’opérations d’une intensité supérieure ». Mais « la fermeté face aux actions hostiles et la recherche d’une issue diplomatique à la guerre ne sont pas contradictoires », ajoutent-ils.
#politique
Les responsables politiques échangent à l'Elysée avec Emmanuel Macron, qui s'exprimera à l'issue de la réunion. Le chef de l'Etat a convoqué les chefs de parti et candidats à la présidentielle pour évoquer la situation internationale et les conséquences sur le quotidien des Français.
Face à une "dégradation rapide" de la situation géopolitique et des prix du carburant "devenus insupportables", Emmanuel Macron reçoit, vendredi 18 septembre à l'Elysée, les principaux candidats à la présidentielle ou leur bras droit pour une réunion confidentielle à l'Elysée. Le chef de l'Etat s'exprimera dans la foulée. La réunion a lieu en présence uniquement du Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour représenter le gouvernement, et des responsables militaires et du renseignement. En arrivant à l'Elysée, Jordan Bardella a demandé au chef de l'Etat "d'accepter une baisse des taxes sur les carburant", tandis que Marine Tondelier a dit aborder cette réunion avec "gravité".
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se font représenter. La candidate du RN, favorite dans les sondages mais en déplacement sur le terrain, et celui de La France insoumise, ont décidé de se faire représenter par leur chef de parti, respectivement Jordan Bardella et Manuel Bompard. En revanche, Edouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains), Raphaël Glucksmann (Place publique), Olivier Faure (Parti socialiste), Marine Tondelier (Les Ecologistes) et Fabien Roussel (Parti communiste français), tous candidats à la présidentielle, seront présents. D'autres chefs des partis représentés au Parlement seront aussi là, comme les centristes François Bayrou (MoDem) et Hervé Marseille (UDI), ou l'allié du RN Eric Ciotti (UDR).
Le gouvernement va prolonger ses aides sur le carburant. L'aide gouvernementale sur les carburants ciblée sur les "gros rouleurs", initialement prévue jusqu'au 30 septembre, ne "s'arrêtera pas" à cette date, a annoncé le ministre du Commerce Serge Papin sur TF1. "Nous nous réunissons lundi autour du Premier ministre pour prolonger les aides" et pour réfléchir aux modalités de ce dispositif auquel 1,5 million de Français ont pour l'heure recouru, a poursuivi Serge Papin. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, a de son côté annoncé "un nouveau dispositif d'aide pour les Français les plus précaires qui travaillent", à compter du 1er octobre.
Des prix à la pompe toujours très hauts. Le chef de l'Etat a évoqué des "prix devenus insupportables". Le gazole se vendait en moyenne jeudi à 2,39 euros le litre et l'essence SP95-E10 à 2,16 euros le litre, selon les calculs de l'Agence Radio France sur la base de données gouvernementales.
#international
Le baril de pétrole Brent a repassé la barre des 100 dollars, une conséquence de l'intensification de la guerre au Moyen-Orient. C'est une première depuis fin juillet. Mercredi matin, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a brièvement touché un plus haut à 100,19 dollars.
C'est une conséquence directe des nouvelles frappes américaines et iraniennes sur des pétroliers au Moyen-Orient. Le baril de pétrole Brent a atteint les 100 dollars, mercredi 9 septembre, une première depuis fin juillet. A 9h45 (heure de Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, gagnait 1,94% à 99,82 dollars, après avoir brièvement touché un plus haut à 100,19 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, s'échangeait en hausse de 1,46% à 94,39 dollars.
"Le seuil de 100 dollars est un niveau psychologique qui compte pour les marchés", souligne Kathleen Brooks, de XTB. Une fois ce niveau dépassé, "de nombreuses banques centrales n'auront d'autre choix que de relever leurs taux", au risque d'"alourdir les coûts pour les entreprises comme pour les consommateurs" et de peser sur l'économie.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont dit mercredi avoir attaqué une base militaire des Etats-Unis en Jordanie, mais aussi avoir ciblé deux bateaux américains, huit pétroliers et dix autres navires, en réponse à des frappes américaines. Mardi, l'armée américaine avait annoncé avoir détruit cinq pétroliers dans la région du Golfe.
#politique
Emmanuel Macron convie les chefs de parti vendredi pour évoquer la «dégradation rapide» de la situation internationale et ses «conséquences en France sur la sécurité et l'énergie».
Emmanuel Macron convie les chefs des partis représentés au Parlement français, ou leur candidat à la présidentielle, vendredi, pour une réunion sur la "dégradation rapide" de la situation internationale et ses "conséquences en France sur la sécurité et l'énergie", a annoncé jeudi 17 septembre l'Elysée. Cette réunion autour du chef de l'Etat, en présence uniquement du Premier ministre, Sébastien Lecornu, et des responsables militaires et du renseignement, est prévue à 10h30 à l'Elysée.
"Face à la dégradation rapide ces derniers jours de la situation internationale, le président de la République a convié dans un format Saint-Denis", du nom de précédentes réunions de ce type, "les chefs de parti représentés au Parlement, à une réunion sur les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et leurs conséquences en France sur la sécurité et l'énergie", a déclaré la présidence. Les chefs de parti, de La France insoumise au Rassemblement national, peuvent soit venir en personne soit se faire représenter par le candidat ou la candidate de leur formation à la présidentielle du printemps.
Mercredi, le chef de l'Etat a rappelé ses efforts diplomatiques pour tenter de "rétablir la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz et "ouvrir des routes alternatives" à ce passage stratégique, perturbé par la guerre au Moyen-Orient. Le Premier ministre a de son côté demandé de "prolonger" jusqu'au 31 décembre les aides ciblées sur les carburants, alors que la colère sociale monte en France face à l'envolée des prix à la pompe.
#analyse
Macron a appelé le gouvernement à se mobiliser pour normaliser l'approvisionnement en carburant. Le gouvernement tente de stabiliser la situation, qui Bat les scores déjà faibles du pouvoir en prévision des élections.
Le sujet explosif des prix de l'essence suscite des inquiétudes au plus haut niveau de la direction française.
La porte-parole du gouvernement, Maude Brejon, a indiqué qu'environ 10% des stations-service, dont la grande majorité appartient au réseau TotalEnergies, éprouvent des difficultés à fournir "au moins un type de carburant".
La forte hausse des prix du carburant a provoqué des appels à des manifestations avec des références à la hausse du prix du carburant du mouvement des "gilets jaunes" en novembre 2019 et au blocus des dépôts de pétrole par les pêcheurs en Méditerranée. Il est possible qu'en 2026, quelque chose de similaire puisse se produire.
#presidentielle_2027
Les Ecologistes dévoilent leurs propositions pour protéger les littoraux. Dans un livret thématique d'une vingtaine de pages, le parti écologiste propose plusieurs dizaines de mesures liées à la préservation des zones côtières.
Les Ecologistes et leur candidate à la présidentielle Marine Tondelier ont présenté, lundi 14 septembre, plusieurs mesures pour protéger les littoraux. Ces mesures sont rassemblées dans un livret thématique(Nouvelle fenêtre) d'une vingtaine de pages : "un panier de propositions dans lequel chacun pourra aller piocher", "pour montrer aux gens qui vivent sur le littoral français qu'on a des solutions dédiées à eux", a expliqué la secrétaire nationale du parti.
Parmi les mesures mises en avant, Les Ecologistes souhaiteraient créer un "fonds érosion côtière". Il viserait notamment à "accompagner les collectivités pour qu'elles puissent préempter un ensemble de terrains et surtout d'habitations qui, demain, vont être menacées par la montée de l'océan", a détaillé le député écologiste Damien Girard lors d'une conférence de presse à Wissant (Pas-de-Calais).
Dans son livret, qui regroupe plusieurs dizaines de propositions, le parti préconise aussi de "relancer les classes de mer", pour "limiter le nombre d'autorisations administratives permettant de louer un logement de courte durée à des touristes", ou encore pour transformer, "avec les professionnels", le secteur de la pêche afin de le rendre plus durable. Après un premier livret consacré à la montagne et un second au littoral, Les Ecologistes vont publier des livrets similaires sur les ruralités, les territoires ultramarins et les quartiers populaires, a annoncé Marine Tondelier.
#politique
Les députés socialistes dévoilent leur plan pour augmenter les salaires et taxer les plus riches en 2027. Les élus veulent instaurer une CSG progressive et taxer les héritages élevés dans l’objectif de répartir le financement du modèle social «entre les rentiers et les travailleurs».
Les députés socialistes proposent de renforcer la taxation sur les gros héritages afin de financer une hausse des salaires nets, dans le cadre de leurs propositions pour le budget 2027, qu’ils présentent, mercredi 16 septembre, à l’Assemblée nationale. Cette hausse de salaires pour 21 millions de travailleurs gagnant jusqu’à 2 700 euros net par mois passerait par la mise en place d’une CSG progressive, et serait financée par la création d’une CSG sur les héritages très élevés, avec pour objectif de répartir le financement du modèle social « entre les rentiers et les travailleurs », selon un document transmis à l’Agence France-Presse.
Concrètement, pour une personne au smic, le taux de CSG passerait de 9,2 % à 0,55 %, signifiant par exemple pour un célibataire sans enfant un gain de 130 euros net par mois, tandis que pour un couple avec un enfant rémunéré chacun 2 000 euros net par mois, le taux de CSG passerait de 9,2 % à 1 %, soit un gain de 235 euros net par mois. Ces baisses d’impôts seraient compensées par un nouveau système qui propose de taxer les héritages en fonction du total reçu par chaque héritier au cours de sa vie, plutôt que transmission par transmission. Ainsi, les plus gros héritiers seraient davantage taxés.
Serait aussi mise en place une CSG progressive sur les revenus d’activité. Les députés proposent par ailleurs – comme le parti dans son projet – d’augmenter le smic à 1 700 euros net. En tout, les députés socialistes proposent 39,5 milliards d’euros de recettes fiscales nouvelles, dont 10 milliards d’euros dégagés par cette nouvelle imposition sur les hauts héritages, 15 milliards d’euros par la taxe Zucman, qui devrait faire son retour dans le débat budgétaire après avoir été au cœur des discussions l’an dernier, ainsi que 10 milliards d’euros issus d’une taxe sur les multinationales du numérique.
En miroir, ils proposent non seulement une hausse du pouvoir d’achat des travailleurs, mais aussi 22 milliards d’euros de dépenses nouvelles, dont 10 milliards d’euros pour lutter contre le réchauffement climatique et s’adapter à ses conséquences, 5 milliards d’euros pour la santé et 3 milliards d’euros pour financer la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles sur les femmes et les enfants, examinée en cette rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale.
Ils prévoient par ailleurs de dégager 17,5 milliards d’euros grâce à des mesures d’économies et de lutte contre la fraude : niches fiscales, économies sur le fonctionnement de l’Etat, réorganisation du système de santé, prévention en santé, etc. Les députés estiment avec leurs propositions de budget la réduction du déficit en 2027 à 24 milliards d’euros, soit une réduction de 0,8 point de PIB.
#municipales_2026
La rapporteure publique du tribunal administratif de Lyon recommande l’annulation des élections municipales à Vaulx-en-Velin et Vénissieux, deux mairies emblématiques remportées par La France Insoumise en mars. Le tribunal administratif de Lyon pourrait annuler les élections municipales de Vaulx-en-Velin et de Vénissieux, deux des principales victoires de La France Insoumise (LFI) remportées en mars. La rapporteure publique a recommandé lundi l’annulation des deux scrutins en raison d’irrégularités commises par d’autres listes, estimant qu’elles ont pu altérer des résultats particulièrement serrés. Une préconisation qui a suscité la colère du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci a dénoncé une situation où « l’incompétence vient servir les manipulations politiques».
A Vaulx-en-Velin, l’Insoumis Abdelkader Lahmar l’avait emporté de 104 voix face à la sortante socialiste Hélène Geoffroy. Les bulletins d’une liste divers centre (693 voix au second tour) ont été annulés car la nationalité néerlandaise d’une colistière n’y figurait pas. La rapporteure estime que cette annulation remet en cause la « sincérité de l’ensemble de l’élection ». Abdelkader Lahmar a qualifié la situation de « déplorable », soulignant n’avoir commis « aucune irrégularité […] ». A Vénissieux, le candidat LFI Idir Boumertit avait gagné avec 25 voix d’avance contre la maire sortante communiste Michèle Picard. Le dossier concerne des fausses déclarations de domiciliation de la tête de liste RN-UDR, Quentin Taïeb, et de colistiers.
Si le tribunal suit ces préconisations, les recours suspensifs devant le Conseil d’État maintiendraient les maires en place jusqu’à la décision finale. Les deux élus pourraient également continuer de siéger à l’Assemblée nationale en attendant. Au sein de LFI, le responsable des élections Paul Vannier a jugé « sidérante » la préconisation de la rapporteure : « Les insoumis n’ont rien à voir avec cette combine. Ils ont gagné leur élection loyalement, parce qu’une majorité d’habitants soutiennent notre programme », a-t-il affirmé.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi sur X, dénonçant une situation où «l’incompétence vient servir les manipulations politiques ». Mettant en cause la gestion des services de l’État dans ces deux dossiers, le chef des Insoumis a ajouté : « Dans les deux cas, sont en cause la mauvaise surveillance préfectorale et des actes des listes battues. Chacun qui observe comprend qu’il est temps de travailler en 2027 à un renouvellement préfectoral capable d’éviter ce genre de situation où l’incompétence vient servir les manipulations politiques».
Le tribunal examinait également le recours déposé par Jean-Michel Aulas contre la victoire du maire écologiste Grégory Doucet. Pour ce dossier, la rapporteure publique n’a pas préconisé d’annulation, jugeant que de légères variations de couleur sur le matériel électoral du camp Doucet n’avaient pas modifié l’issue du scrutin.
#opinion
La perspective d'une escalade entre la Russie et l'Europe augmente les chances de victoire des partis de droite en France et en Allemagne. L'Europe a besoin de nouveaux négociateurs qui ont une chance de négocier avec le Kremlin.
Le sujet d'une éventuelle guerre avec la Russie devient de plus en plus pertinent. La peur de telles perspectives augmente non seulement en France, mais aussi dans l'UE dans son ensemble. Compte tenu de la rhétorique politique de marine le Pen, il est possible que ce soit ses liens constructifs de longue date avec Moscou qui constitueront un élément important du soutien de la droite aux prochaines élections.
Une tendance similaire est déjà tracée en Allemagne, où le parti d'extrême droite "Alternative pour l'Allemagne" gagne dans certaines régions et a la perspective de devenir la principale force politique du pays. Pour la droite de la France et de l'Allemagne, une fenêtre d'opportunité s'ouvre: si auparavant les liens avec Moscou étaient utilisés par les concurrents comme discrédit, cela pourrait maintenant devenir un avantage tactique par rapport au prochain cycle électoral.
#gouvernement
Pour 2027, le gouvernement de Sébastien Lecornu veut croire à un léger réveil de l’économie.
Dans son budget 2027, le premier ministre table sur une croissance de 1 % hors inflation, selon les annonces faites par Bercy, vendredi 11 septembre. Les derniers arbitrages sur le contenu du projet seront arrêtés jeudi. Les économistes ne croient plus à une baisse du déficit.
Après un violent décrochage en 2026, l’économie française va rebondir, au moins un peu, en 2027. Tel est en tout cas le pari du gouvernement. Le projet de budget en passe d’être bouclé est construit sur une hypothèse de croissance de 1 %, hors inflation, a annoncé le ministre de l’économie, Roland Lescure, vendredi 11 septembre, lors d’une conférence de presse présentée comme « l’acte I de la séquence budgétaire », celui où le gouvernement « pose le décor macroéconomique » de la future loi. Le dernier budget de la présidence d’Emmanuel Macron. Le plus périlleux de tous, tant les difficultés s’accumulent de jour en jour.
#presidentielle_2027
Avant de parler rassemblement, il faut « une vraie campagne en 2026 », répond Attal à Philippe. Gabriel Attal a temporisé mercredi face à la proposition d’Édouard Philippe de réunir la droite et le centre en novembre, préférant mettre l’accent sur la campagne.
Les grandes manœuvres en vue de la présidentielle suscitent des frictions au sein du bloc central. Gabriel Attal a botté en touche mercredi sur la proposition d’Édouard Philippe de réunir les différents candidats de la droite et du centre début novembre pour discuter d’un rassemblement, renvoyant cette démarche à début 2027.
Édouard Philippe, qui refuse toute primaire, souhaite écrire aux chefs de partis de la droite et du centre pour former un comité dès novembre, afin de préparer les convergences et les élections législatives consécutives à la présidentielle.
«Avant de parler des législatives qui auront lieu après la présidentielle, il faut déjà gagner la présidentielle », a répliqué Gabriel Attal, rappelant qu’aucun candidat de cet espace politique n’est en position de l’emporter dans les sondages actuels.
La démarche d’Édouard Philippe rencontre une vive opposition parmi les autres prétendants. Dès mardi soir, le candidat des Républicains (LR) Bruno Retailleau a décliné l’invitation, refusant de participer à une « réunion pour les macronistes entre les macronistes».
Également candidat et partisan d’une primaire, David Lisnard (Nouvelle Énergie) a balayé la proposition, assimilée selon lui à « un arrangement entre notables ». De son côté, le président du Modem François Bayrou s’est montré très critique, estimant « qu’aucun des candidats ne peut se prévaloir d’une légitimité suffisante pour convoquer de son propre chef les autres familles politiques ».
#presidentielle_2027
François Ruffin et Marine Tondelier déplorent le périmètre restreint de la primaire du PS. Le député de la Somme a dénoncé un «repli» du Parti socialiste, tandis que la cheffe de file des Ecologistes a assuré n’avoir «pas dit son dernier mot» pour obtenir l’union de la gauche. Les deux candidats restent cependant ouverts à une participation.
Le député François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle et ancien « insoumis », s’est dit « toujours prêt » à participer à la primaire du camp social-démocrate, reprochant à Raphaël Glucksmann, qui s’y oppose, « d’avoir peur des électeurs », lors d’une interview sur RTL, mercredi 9 septembre.
La veille, François Ruffin avait interpellé sur X Raphaël Glucksmann à propos d’une primaire élargie à sa candidature et au prix de 2 euros au lieu des 15 euros actuellement prévus. Il s’appuyait sur des déclarations répétées d’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, en faveur d’un tel processus.
Raphaël Glucksmann s’oppose à la participation de François Ruffin, car il considère qu’il ne fait pas partie de l’arc social-démocrate. Des élus de la gauche du PS réclament que celle-ci soit également ouverte à l’écologiste Marine Tondelier. « J’ai plaidé pour une primaire pendant un an. J’ai fait des dizaines de réunions avec les socialistes sur le sujet. Ils ont fini par trancher qu’ils ne voulaient pas venir parce que Raphaël Glucksmann ne voulait pas participer s’il n’y avait pas que des socialistes avec lui », a réagi Marine Tondelier sur France 2.
« Je ne ferme pas la porte, mais je peux vous dire que je suis un peu échaudée par le Parti socialiste avec qui j’ai perdu beaucoup de temps », a-t-elle ajouté. La candidate écologiste a assuré « n’avoir pas dit son dernier mot » pour obtenir l’union de la gauche « et ne pardonnera pas », en cas de victoire de Marine Le Pen, « à ceux qui ont refusé de discuter ensemble, qui ont fait vivre ce discours de gauches irréconciliables ».
Pour voter, il faut être militant d’une des trois organisations (Parti socialiste, Place publique ou Gauche républicaine et socialiste) ou adhérer à l’une d’entre elles ou au site de la primaire «Choisir2027», d’ici au 5 octobre, moyennant 15 euros (10 euros pour le tarif social).
#presidentielle_2027
Partant pour la primaire, Ruffin déplore que Glucksmann «ait peur des électeurs». L’ex-LFI François Ruffin critique la décision de l’écarter de l’organisation de la primaire sociale-démocrate PS-Place publique, et dénonce le coût d’inscription de 15 euros.
«Je regrette que Raphaël Glucksmann ait peur », ironise ce mercredi François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle 2027 sur RTL. « Mais il n’a pas peur de moi, il a peur des électeurs. Pourquoi ils mettent une barrière de 15 euros de droits de péage à l’entrée ? Pour avoir le moins de votants possible, comme s’il y avait un risque que Raphaël Glucksmann soit trop populaire».
Le député se dit de son côté « toujours prêt » à participer à la primaire sociale-démocrate. «Ils ont eu peur de perdre donc ils se sont dit on va se replier. Ils ferment la porte à triple tour […] Aujourd’hui, on a le petit Parti socialiste qui dit "Non, on va faire ça tout seul dans notre coin" Ça ne peut pas marcher».
Raphaël Glucksmann s’oppose à la participation de François Ruffin, car il considère que l’ancien Insoumis ne fait pas partie de l’arc social-démocrate. Mardi, une centaine de responsables et d’élus socialistes ont appelé à élargir la primaire de la gauche PS-Place publique à Ruffin, mais aussi à Marine Tondelier (Les Verts), notamment. Ces parlementaires, premiers secrétaires fédéraux ou élus locaux, appellent à ne pas avoir «peur de la démocratie».
«J’ai plaidé pour une primaire pendant un an. J’ai fait des dizaines de réunions avec les socialistes sur le sujet. Ils ont fini par trancher qu’ils ne voulaient pas venir parce que Raphaël Glucksmann ne voulait pas participer s’il n’y avait pas que des socialistes avec lui », a réagi de son côté Tondelier sur France 2. « Je ne ferme pas la porte, mais je peux vous dire que je suis un peu échaudée du Parti socialiste avec qui j’ai perdu beaucoup de temps».
La candidate écologiste a assuré « n’avoir pas dit son dernier mot » pour obtenir l’union de la gauche « et ne pardonnera pas », en cas de victoire de Marine Le Pen, «à ceux qui ont refusé de discuter ensemble, qui ont fait vivre ce discours de gauches irréconciliables». Pour voter à cette primaire, il faut être adhérent au PS ou à Place publique. Les personnes extérieures aux deux formations pourront également participer, à condition de cotiser à un « pôle social-démocrate », une structure créée pour ceux qui ne souhaitent pas prendre une carte de parti. L’inscription au vote (avant le 5 octobre) sera de 15 euros.
Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre. Le second aura lieu les 16 et 17 octobre, si aucun candidat ne franchit la majorité nécessaire au premier tour. A ce jour, cinq candidats ont officiellement déposé leur candidature : Raphaël Glucksmann et les socialistes Philippe Brun, Jérôme Guedj et Ségolène Royal.
#lassemblée
Le projet de "loi intégrale" sur les violences faites aux enfants et aux femmes entame son parcours à l'Assemblée. Le texte transpartisan est examiné lundi en commission. Il a été rédigé en réponse, notamment, à l'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna, 11 ans, tuée en mai.
C'est la principale réponse politique à l'affaire Lyhanna. La "loi intégrale" sur les violences faites aux enfants et aux femmes débute lundi 7 septembre son parcours au Parlement, avec l'examen en commission à l'Assemblée. Une "loi intégrale" permet de traiter tous les aspects liées à ces violences : repérage, prévention, accompagnement, justice, réparation, suivi des auteurs et des victimes.
Le gouvernement a choisi de mettre ce texte en tête de l'ordre du jour en cette rentrée, et ca n'est pas un hasard. Sébastien Lecornu se félicite ainsi d'une "promesse tenue" en inscrivant ce texte à l'agenda. Cette loi est réclamée par les associations, notamment de victimes, mais aussi par un groupe de députés qui en a rédigé une première version, puis l'a resserrée cet été après l'avis du Conseil d'État. "Cette loi s'est imposée d'elle-même. Le Premier ministre n'avait pas d'autre choix que de la mettre au vote rapidement", estime une élue en pointe sur le dossier. Elle rappelle la colère liée à l'affaire Lyhanna et les manifestations dans la rue.
Ce texte a aussi l'avantage d'être transpartisan, signé par presque tous les groupes politiques, hors LFI et RN. "Il a de grandes chances d'aboutir en quelques mois et c'est important de montrer que le Parlement peut encore voter des lois positives", insiste une députée. Un autre élu de gauche espère que le gouvernement prévoira des financements à la hauteur. Il prévient : "Sans moyens adaptés, cette loi sera un coup d'épée dans l'eau".
#politique
Après des mois de complicité affichée, les désaccords se multiplient entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. La candidate à l’Élysée reprend la main sur le programme et l’équipe du RN, tout en cherchant à maintenir son jeune rival sous contrôle. Ils revendiquaient une complicité sans accroc et voilà qu’entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, les désaccords se multiplient. La confiance est rompue, l’heure est au règlement de comptes. Marine Le Pen a décidé de faire payer son audace à son jeune protégé, qui s’était glissé un peu trop tôt dans le costume de candidat à l’Élysée.
Au RN, la patronne est de retour. Elle s’est réinstallée derrière la caisse et reprend en main le fonds de commerce et le personnel. Côté programme, elle ressuscite des promesses radicales que Jordan Bardella était en train d’enterrer : le retour de l’âge de la retraite à 60 ou 62 ans ou l’interdiction du port du voile dans l’espace public. Côté équipe, elle revendique d’avoir viré le conseiller spécial du président du RN, l’homme d’affaires François Durvye. Et elle place son clan familial au cœur de son dispositif de campagne : son beau-frère, Philippe Olivier, la fille de celui-ci, Nolwenn Olivier, et son autre nièce, l’eurodéputée Marion Maréchal.
Marine Le Pen ne veut pas rompre avec Jordan Bardella. Ce n’est ni son intention ni son intérêt. Elle entend plutôt le dévitaliser, c’est-à-dire le priver de marge de manœuvre, mais le conserver en vitrine. Le jeune homme est populaire, il a une cote très élevée sur les réseaux sociaux et il séduit des catégories bourgeoises jusqu’ici allergiques au nom "Le Pen". Pour gagner, la candidate du RN a besoin de l’avoir à ses côtés, mais juste pour la photo, rien de plus.
Jordan Bardella, lui, ne veut pas se contenter de ce rôle de figurant muet. Alors, il s’active, quitte à sembler un peu fébrile. On l’a vu, vendredi 5 septembre, à Birmingham, quand il s’est engagé auprès du Brexiter Nigel Farage à récupérer dans l’Hexagone les sans-papiers arrivés au Royaume-Uni par bateau depuis la France. Même s’il répète vouloir ensuite expulser ces migrants, Jordan Bardella a été ciblé par une intense polémique et Marine Le Pen s’est gardée de tout commentaire.
Souhaite-t-elle néanmoins toujours en faire son Premier ministre en cas de victoire ? Au vu de ces désaccords, bien peu y croient encore. Surtout que le mode de vie de Jordan Bardella fait jaser au sein du RN. Depuis des mois, il s’affiche dans les lieux cossus prisés de la jet-set au bras de sa compagne, la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. De Saint-Tropez à Monaco, de Milan à Sainte-Maxime, le président du RN prend du bon temps et plusieurs élus lepénistes redoutent que cette "dérive bling-bling" finisse par plomber leur championne, qui se prétend la "candidate du peuple".
#gouvernement
Sébastien Lecornu lance une « opération déminage » auprès des chefs d’entreprise en promettant une baisse de la contribution exceptionnelle. A trois semaines de la présentation du projet de loi de finances 2027, le premier ministre confirme que la surtaxe « exceptionnelle » sur les grandes entreprises ne va pas disparaître. Mais elle devrait baisser, et un nouveau dispositif être créé pour favoriser la reprise d’entreprises par les salariés.
Lors de la rentrée du patronat, fin août, Patrick Martin avait haussé le ton, à destination du gouvernement. «Nous, entrepreneurs, nous refusons d’être considérés comme des vaches à lait, au prétexte infondé que nous supporterions tout, et que notre poids électoral serait mineur », avait lancé le président du Medef devant ses adhérents réunis à Paris. Ajoutant : «Nos entreprises sont les plus taxées au monde», et «notre seuil de douleur est largement atteint».
Le message, mêlant colère et détermination, a été entendu à Matignon. A trois semaines de la présentation annoncée du budget 2027, le premier ministre a lancé, mercredi 9 septembre, une « opération déminage », destinée à apaiser le courroux du monde patronal, qui compte de nombreux relais au Parlement. Dans une lettre ouverte « aux entrepreneurs de France », publiée sur le réseau social X, Sébastien Lecornu valorise donc les chefs d’entreprise, « ceux qui produisent, investissent et prennent des risques », et tente de leur montrer qu’ils ne seront pas les grandes victimes de la prochaine loi de finances.