La Boétie avait compris quelque chose d’essentiel : on finit par désirer le monde auquel on a été habitué.
Il raconte l’histoire de deux chiens frères, élevés différemment. L’un grandit à la cuisine, l’autre court les champs. Devant une soupe et un lièvre, le premier choisit son plat, le second poursuit sa proie. Même nature, habitudes différentes.
Pour La Boétie, les hommes fonctionnent ainsi. La première génération subit éventuellement la contrainte. La suivante naît avec elle, grandit avec elle et finit par la considérer comme l’ordre naturel des choses.
"La première raison de la servitude volontaire, c’est la coutume."
C’est probablement l’un des problèmes politiques majeurs de notre époque.
Celui qui a toujours connu un État qui prélève, réglemente, subventionne, autorise, interdit, surveille et protège finit par concevoir chacune de ces interventions comme normale. Une nouvelle vérification d’identité, une restriction supplémentaire, une nouvelle norme deviennent simplement le décor.
Le plus inquiétant arrive ensuite : la liberté elle-même devient inconfortable. Elle oblige à choisir, assumer, prévoir, risquer, parfois échouer.
La tutelle, elle, rassure.
Voilà pourquoi une société peut perdre sa liberté sans éprouver immédiatement le sentiment de l’avoir perdue. La Boétie l’écrit presque littéralement : ceux qui naissent sous le joug finissent par prendre "pour leur naturel l’état de leur naissance".
On défend difficilement une liberté dont on a oublié l’expérience.
@FrancoisCame Elle a quel âge ? 24 ans ? 28 ans ? Elle est à l’image de nombreuses jeunes femmes. D’ailleurs, c’est un drôle de retournement de tendance. Désormais, les jeunes femmes sont majoritaires dans l’électorat LFI et EELV. Elle porte leurs préoccupations. Ça laisse songeur.
@agathedavray On se demande pourquoi vous ne vous faites pas exciser… si on continue par là, les Talibans présentent « un phénomène culturel complexe », les femmes iraniennes sont « aliénées aux valeurs occidentales » et Pol Pot est un visionnaire incompris…
La nouvelle est passée presque totalement inaperçue dans les médias français, en raison du Mondial de foot et des incendies : l’intelligence artificielle a réussi à déchiffrer entièrement un rouleau de papyrus carbonisé d’Herculanum, aussi fragile que de la cendre de cigarette, sans le dérouler et sans même y toucher ! On y a découvert un traité philosophique sur le stoïcisme. Il a fallu des trésors d’ingéniosité et de technologie pour parvenir à ce résultat. Le rêve est donc devenu réalité : bientôt, on pourra lire en un temps record les centaines de rouleaux de cette bibliothèque calcinée par le Vésuve il y a 2000 ans, et la littérature gréco-latine s’enrichira d’autant de textes inédits, de nouvelles tragédies ou épopées peut-être. Dans cet été déprimant, voilà un vrai rayon de lumière. Vive la science !
@AssouanBen@SlMONWEINBERG@jean_bexon Ça donne le droit de tuer ? Assez symptomatique à aussi ; la tentative des auteurs du meurtre d’échapper à la justice. Les membres de la jeune garde se révèlent lâches et meurtriers. Ça fait réfléchir
@FrancoisCame Je soutiens et partage votre position. J’aspire à la liberté, pas à l’omniprésence d’un État nounou. Au nom du « bien » et de la « sécurité », nous sommes enserrés dans un nombre croissant de règles. Dans la banque, la « Conformité » coûte plus cher que le « Risque » ! C’est dire
Dans la grande tradition du « camp du bien qui partage mais uniquement avec lui-même », voici Jean-Pierre Squillari, maire divers gauche d’Aubagne, ancien lieutenant-colonel et désormais expert en location gratuite de matériel public.
Pendant que ses administrés fixaient les flammes du Var le cœur serré, que des familles évacuaient et que les pompiers se battait jours et nuits contre ce mega feu, notre premier magistrat a eu un sursaut de solidarité envers SA RÉSIDENCE SECONDAIRE.
Coup de fil à la caserne d’Aubagne, ton déterminé, grade sorti du placard : une pompe, 60 mètres de tuyaux, une lance.
Destination : sa résidence secondaire.
Usage : « citoyenne », bien sûr. 🤣
Résultat : matériel jamais utilisé, rendu le lendemain nickel.
Parce que quand on est du bon côté, on peut privatiser les moyens collectifs le temps d’un week-end d’angoisse, c’est « tradition du corps ».
Tradition qui, étrangement, ne fonctionne jamais dans l’autre sens.
Bravo, Monsieur le Maire. Pendant que vos administrés avaient la trouille, vous aviez le numéro d’urgence personnel.
Le progressisme version « Ma maison d’abord, le peuple après ».🤣
Voici la gauche en « toute solidarité »
Le paroxysme de la vertu.
Vous êtes juste pathétique.
Non. Comme si la liberté en dépendait.
La Déclaration des Droits de l'Homme, qui a valeur constitutionnelle, précise, dans son article 4 : "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". Et je ne suis pas plus dangereux pour les autres, avec ou sans casque.
Il faudrait, un jour, que l'Etat cesse de penser que ses citoyens sont ses enfants, irresponsables comme tous les enfants, et qu'il doit donc protéger contre eux mêmes. Pour se penser, au contraire, au service de leurs libertés, quand elles ne nuisent à personne.🙂
Pour avoir beaucoup circulé en Russie, et connaître un certain nombre des villes citées ici... je peux vous recommander ce guide touristique : il est juste.
Le ton est drôle.
Mais les photos ne le sont pas. Et elles montrent la réalité de ce beau pays.
Ironie terrible de l'histoire : le PCF a d'abord été intensément... contre la Sécurité sociale.
Je partage avec vous cette archive de L’Huma' du 18 avril 1930. Sur la Sécu', le salaire net, le fascisme. Voyez dans la deuxième capture le sous-titre : "les assurances sociales, source de la vie chère". L'Humanité prend ainsi position contre la solidarité nationale face à la maladie.
En 1928 et 1930, le législatif discute des premières formes d'assurance santé. Ils mettent en place "le précompte", ce qu'on appelle aujourd'hui les prélèvements. Une vague de grève démarre dans le Nord notamment, quand les ouvriers voient que leur salaire net baisse.
A l'époque, le parti communiste appelle ça une "loi de mouchardage, d’esclavage et d’escroquerie". Un député communiste est tout entier consacré à cette dénonciation : Jacques Doriot. La classe ouvrière perd de l'argent et subit un contrôle renforcé de l'Etat. C'est la position du parti.
Le PCF appelle ce dispositif la "loi-flic". Flicage administratif et surtout, renforcement de l'Etat compris comme un Etat au service de la bourgeoisie. L'assurance publique n'est pas alors un "salaire différé", c'est un vol.
C'est la stratégie générale du durcissement stalinien de l'époque : toute tentative de réforme est une trahison, le progrès ne peut venir que de la révolution.
Dans les pages de l'Humanité, on y lit de violentes dénonciations des ennemis : Paul Reynaud, de la droite libérale, qui défend l'assurance, est appelé fasciste. Renaudel, de la SFIO (ancêtre du PS), ainsi que Dormoy, sont appelés "social-fasciste".
Le PCF exige alors que tout soit financé par le capital, que rien ne soit pris du salaire ouvrier. Comme vous le savez, c'est très exactement la position inverse aujourd'hui, puisque la revendication post-1945 est de faire de la Sécu' la chasse gardée de la gestion ouvrière, sur ses cotisations et rien d'autre.
Quand le fascisme viendra, qu'arrivera-t-il aux trois noms que je cite ici ?
En 1940, Reynaud ledit "fasciste" selon l'Huma' est président du Conseil. Il refuse l'armistice avec les nazis. Il sera remplacé par Pétain. Il sera emprisonné par les nazis.
Renaudel ledit "social-fasciste" est mort en 1935. Il a bien dérivé lui-même en suivant Déat, même si son dernier geste politique aura été de démissionner du groupe quand il s'est rendu compte qu'il en était la caution républicaine. Rédemption tardive.
Dormoy lui aussi dit "social-fasciste" refusera les pleins pouvoirs de Pétain et sera assassiné par une ligue fasciste en 1941.
Quant à Jacques Doriot du PCF, le gueulard, il est devenu le visage de la collaboration.
Bref, ne nous laissons pas impressionner par les trolls d'aujourd'hui qui traitent tout le monde de fasciste. Qui sait où ils finiront ?
Et surtout, il n'y a pas de ligne droite dans l'histoire de la prise en charge de la santé. Même ceux qui ont sanctifié l'Etat social se sont opposés à sa création.
(l'Humanité, 18 avril 1930. Encart "aujourd'hui", après l'histoire sur l'aviation, et surtout page 2 "la Chambre a commencé hier la discussion du rectificatif des assurances sociales".)