Aujourd’hui je m’adresse aux #députés & #sénateurs de la #Gironde
Lettre ouverte : “Je ne suis pas une criminelle”
Je ne suis pas une criminelle.
Je suis une victime — d’abord victime d’un squatteur, ensuite victime de l’inaction de l’État, et enfin victime de la persécution de cet État qui m’a condamnée pour avoir simplement tenté de récupérer ma propre maison.
1. Les faits : comment tout a commencé
Un homme est entré dans ma maison sans mon autorisation.
C’est un délit, prévu par l’article 226-4 du Code pénal : un an d’emprisonnement.
Il a changé les serrures : une atteinte directe à ma propriété.
Il a fait modifier les compteurs d’eau et d’électricité à son nom : une fraude.
Et pourtant, quelle a été sa sanction ?
Aucune. Rien. Pas même une amende.
2. Ce que j’ai fait : suivre la loi, pas me faire justice moi-même
J’ai fait exactement tout ce que l’on m’a dit de faire.
•J’ai appelé la gendarmerie : on m’a répondu que le squatteur était « légalement chez lui ».
C’est faux : c’est MA maison, la maison de mon père décédé.
•J’ai saisi le préfet pour demander une expulsion administrative : refus.
Motif : « pas de preuve d’effraction ».
Mais le squatteur avait pourtant changé mes serrures !
Pendant six mois, j’ai attendu que l’État me protège.
Pendant six mois, j’ai vu ma vie se dégrader tandis que ma maison m’était volée.
Que devais-je faire ?
Attendre indéfiniment, pendant que tout s’effondrait autour de moi ?
3. Le renversement absurde : la victime devient coupable
Quand j’ai enfin tenté de récupérer ma propre maison — la maison de mon père — c’est moi qui ai été condamnée.
Ma sanction :
•12 mois de prison avec sursis,
•un casier judiciaire,
•1 200 euros de dommages-intérêts… à verser au squatteur.
Je pose donc la question à tous les Français :
Qui est le criminel dans cette histoire ?
4. Un droit fondamental piétiné
L’article 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclame que la propriété est un droit « inviolable et sacré ».
Mais si l’État refuse de protéger ce droit…
Si l’État refuse d’expulser celui qui occupe illégalement ma maison…
Si l’État punit celui qui tente simplement de récupérer ce qui lui appartient…
Alors ce droit existe-t-il encore ?
Ou n’est-ce plus qu’un mot sur un papier ?
5. Ce que je regrette — et ce que je ne regrette pas
Je regrette d’avoir été placée dans une situation impossible.
Je regrette l’abandon de l’État.
Je regrette que la seule option qu’on m’ait laissée ait été de me défendre moi-même.
Mais je ne regretterai jamais d’avoir voulu récupérer ma propre maison.
Je ne m’excuserai jamais d’avoir tenté de protéger ce qui appartenait à mon père, après que toutes les institutions censées me protéger ont détourné le regard.
Ce n’est pas moi qui dois m’excuser.
C’est l’État.
Karine Lellouche