@juniorkund Ce qui me retient ici, ce n'est pas le changement de logo de l'application X, mais plutôt les sites pornographiques que tu as sur ton portable.
Vraiment, tu mérites une délivrance complète.
🟥 « OUI, JE LE VEUX » : ON NE CONSULTE PAS LA JEUNESSE EN LUI IMPOSANT D’ABORD LA RÉPONSE.
La ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino, affirme avoir consulté les jeunes dans les 26 provinces et en conclut que la jeunesse congolaise souhaite une nouvelle Constitution qui protégerait davantage ses droits et ses « avantages ».
Puis elle annonce une marche, le 12 août à Kinshasa, pour soutenir la campagne « Oui, je le veux ».
Mais oui à quoi, précisément ?
À la révision de quels articles ?
Au changement de quelle institution ?
À l’amélioration de quels droits ?
À la modification de quel équilibre du pouvoir ?
Une campagne qui exige un « oui » avant d’avoir publié clairement la question n’est pas une consultation citoyenne.
C’est une technique de fabrication du consentement.
Madame la Ministre, publiez les preuves.
Vous affirmez avoir consulté la jeunesse des 26 provinces. Très bien.
Les traces publiques disponibles documentent notamment des activités à Kenge dans le Kwango, à Matadi dans le Kongo Central, à Bandundu dans le Kwilu, à Beni dans le Nord-Kivu, à Lubumbashi dans le Haut-Katanga et à Tshikapa dans le Kasaï.
Mais cela ne fait pas 26 provinces.
Où sont les consultations vérifiables organisées au Nord & Sud-Kivu ?
Où sont celles du Maniema ?
Où sont celles du Sankuru ?
Où sont celles de la Tshopo ?
Où sont celles du Haut-Uélé et du Bas-Uélé ?
Même votre passage à Beni ne permet pas d’affirmer que toute la jeunesse du Nord-Kivu a été consultée.
Beni n’est pas Goma.
Beni n’est pas Butembo.
Beni n’est pas Rutshuru, Masisi, Walikale, Lubero ou Nyiragongo.
Alors rendez publics :
— le nombre exact de jeunes consultés ;
— leur répartition par province, âge, sexe et catégorie sociale ;
— les critères de sélection des participants ;
— le questionnaire administré ;
— les réponses favorables, défavorables et indécises ;
— les propositions recueillies ;
— le rapport final des consultations ;
— le budget et les sources de financement de la campagne.
Parce qu’une tournée politique, quelques rencontres avec des structures proches du pouvoir et des images prises dans les provinces ne représentent pas automatiquement des dizaines de millions de jeunes Congolais.
Être passé dans 26 provinces ne signifie pas avoir consulté la jeunesse de 26 provinces.
La première manipulation consiste à faire croire que la Constitution actuelle ne protège pas la jeunesse.
C’est faux.
L’article 36 garantit déjà le droit au travail, la protection contre le chômage et une rémunération équitable.
L’article 42 impose aux pouvoirs publics de protéger la jeunesse dans sa santé, son éducation et son développement intégral.
L’article 43 garantit le droit à l’éducation.
Les articles 47 et 48 garantissent notamment le droit à la santé, à la sécurité alimentaire, à un logement décent, à l’eau potable et à l’électricité.
Le véritable problème n’est donc pas d’abord l’absence de droits dans la Constitution.
Le problème, c’est l’incapacité du pouvoir à appliquer les droits qui y sont déjà inscrits.
Combien :
→ de jeunes ont un emploi décent ?
→ travaillent sans contrat ?
→ attendent des concours publics transparents ?
→ ont des diplômes, mais aucune perspective ?
→ entreprennent sans électricité, sans financement, sans protection et sous une fiscalité étouffante ?
Ce n’est pas la Constitution qui :
→ bloque leurs dossiers de recrutement.
→ détourne les budgets destinés à leur formation.
→ remplace le mérite par les recommandations politiques, familiales et tribales.
→ empêche le Gouvernement d’appliquer l’article 42.
Une Constitution ne distribue pas des « avantages ».
Elle protège des droits, organise les pouvoirs, limite les dirigeants et fixe les règles de la République.
Lorsqu’un membre du Gouvernement promet des « avantages » à la jeunesse pour obtenir son adhésion à une réforme constitutionnelle encore imprécise, la question devient sérieuse :
cherche-t-on à renforcer les droits des jeunes ou à utiliser leur poids démographique pour légitimer un projet politique déjà décidé ?
La Constitution prévoit pourtant une procédure claire de révision dans son article 218. Elle protège également, par l’article 220, le nombre et la durée des mandats présidentiels, l’indépendance du pouvoir judiciaire et le pluralisme politique contre toute révision.
Que le Gouvernement dise donc publiquement quels articles il veut modifier.
Et s’il ne touche ni au nombre ni à la durée des mandats présidentiels, qu’il l’écrive clairement, officiellement et sans ambiguïté.
Le plus ironique est ailleurs.
En septembre 2025, la Première ministre exhortait la jeunesse congolaise à ne pas se laisser manipuler politiquement. Grâce Kutino était présente à cette rencontre.
Aujourd’hui, la même jeunesse reçoit un slogan, une conclusion et une date de marche, mais toujours pas le contenu détaillé du changement qu’elle est appelée à soutenir.
On ne protège pas la jeunesse contre la manipulation en lui demandant de marcher derrière une réponse dont la question reste volontairement floue.
Madame la Ministre, la jeunesse congolaise n’est pas un troupeau électoral.
Elle n’est pas un chiffre que l’on brandit pour donner une apparence populaire à une opération gouvernementale.
Avant la marche du 12 août, publiez le rapport des consultations et le projet exact de réforme.
Sinon, votre « Oui, je le veux » restera ce qu’il paraît être :
un consentement proclamé au nom d’une jeunesse qui n’a jamais reçu le droit de répondre librement : oui, non, ou à quelles conditions ?
À ceux qui soutiennent cette campagne, ne venez pas avec des insultes.
Venez avec le (s) :
→ rapport.
→ chiffres.
→ articles à modifier.
→ question exacte soumise aux jeunes.
Parce qu’en démocratie, on ne demande pas au peuple de dire “oui” avant de lui dire toute la vérité.
#politics #RDC
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Madame la Ministre, cessons les slogans.
Quel est concrètement le rapport entre cette campagne et les missions officielles du ministère de la Jeunesse que vous dirigez ?
Votre ministère est censé répondre aux problèmes réels des jeunes : chômage, accès à la formation, entrepreneuriat, financement, insertion professionnelle, participation citoyenne et protection sociale.
Alors, où sont les résultats ?
Combien d’emplois créés ?
Combien de jeunes insérés ?
Combien de projets financés ?
Combien de centres de formation ouverts ?
Combien de jeunes accompagnés dans les territoires oubliés ?
Vous dites que « Oui, je le veux » est le cri d’une génération.
De quelle génération parlez-vous exactement ?
Quels jeunes ont été consultés ?
Dans quelles villes ?
Dans quels territoires ?
Avec quelle méthodologie ?
Sur la base de quel questionnaire ?
Où est le rapport officiel ?
Où sont les chiffres province par province ?
Une poignée de militants, quelques invités dans une salle et des vidéos de communication ne représentent pas toute la jeunesse congolaise.
La jeunesse du Sud-Kivu a-t-elle parlé ?
Celle du Maniema ?
Du Sankuru ?
De la Tshopo ?
Du Haut-Uélé et du Bas-Uélé ?
Les jeunes déplacés, les chômeurs, les étudiants sans perspective, les entrepreneurs sans financement et les diplômés sans emploi vous ont-ils réellement demandé cette campagne ?
Ou leur avez-vous simplement prêté une voix pour servir un projet déjà décidé ?
Vous affirmez que la jeunesse veut une place plus forte dans les décisions.
Très bien.
Commencez donc par lui donner la place de poser des questions, de contester et de dire NON.
Car une campagne qui proclame déjà « Oui » avant de publier clairement la question n’est pas une consultation.
C’est une mise en scène du consentement.
Madame la Ministre, répondez sans slogan :
Quel problème concret de la jeunesse cette campagne résout-elle, et quel lien direct entretient-elle avec les responsabilités de votre ministère ?
Nous attendons des faits, des résultats et un rapport.
Pas trois mots imprimés sur des affiches.