Je suis passionné par le monde de l'audiovisuel en général. J'adore aussi les jeux vidéo, les séries etc. Je parle de tout ça sur mon compte et sur youtube !
@Brian_PnT C’est pas le dernier dernier plan mais je vois ce que tu veux dire, j'avais les larmes aux yeux mais rien ne sera jamais comme la fin de l'épisode 7... un traumatisme
J’ai fini Better Call Saul et j’ai adoré. C'était juste génial et c'est clairement devenu l’une de mes séries préférées. J’aurais cependant du mal à la placer au-dessus de Breaking Bad, tant les deux œuvres sont différentes et complémentaires. Là où Breaking Bad est une descente aux enfers brutale, Better Call Saul est une tragédie lente et profondément humaine. Ensemble, elles forment un diptyque magnifique, probablement jamais vu à la télévision.
Ici, Vince Gilligan et Peter Gould atteignent ici une forme de perfection dans la gestion du rythme et de l'écriture. La série prend son temps et surtout elle n'a pas peur de se concentrer sur des détails qui paraissent insignifiants avant de devenir essentiels. Rarement une série m’aura donné l’impression d’être entre les mains de scénaristes aussi sûrs de ce qu'ils veulent faire, du premier au dernier épisode. C'est comme si toute la ligne de route avait été tracée lors du lancement du show.
J’ai également trouvé la galerie de personnages plus chaleureuse que celle de Breaking Bad. Même les personnages les plus faillibles conservent une forme d’humanité désarmante. La maniaquerie obsessionnelle de Frings est beaucoup plus palpable que dans la série mère par exemple. Tous les personnages (Mike, Nacho, Kim, Howard ou encore Chuck) sont des individus complexes que l’on comprend même lorsqu’on les désapprouve. Là où Breaking Bad reposait souvent sur des personnalités abrasives ou toxiques, Better Call Saul dégage une mélancolie et une tendresse qui lui sont propres.
L'aspect le plus désarmant et donc fascinant de la série c'est la tragédie qu'elle raconte. Si on sait que Saul Goodman s'en sort car on le retrouve aux cotés de Walter White, on se retrouve absorber dans le tourbillon narratif de la série lorsqu'on réalise que presque tous les personnages de Better Caul Saul. À part Mike, Francesca et quelques figures du cartel, ils ont tous disparu. Dès lors, chaque épisode de la saison 6 devient une source d’angoisse. Tu ne te demandes plus si tout va mal finir, mais comment. Comment Jimmy McGill va-t-il détruire tout ce qu’il touche. Comment son sillage de vanité, de mensonges et de compromis va engloutir ceux qui l’aiment.
La véritable réussite de la série reste James Morgan McGill. Là où Breaking Bad racontait l’histoire d’un homme ordinaire découvrant qu’il plonge avec délectation dans le chaos, Better Call Saul raconte celle d’un filou qui essaie sincèrement de devenir quelqu’un de bien. Jimmy n’est pas un homme que la corruption mais un pauvre gars qui lutte contre sa propre nature. Il veut être respectable. Il veut être reconnu. Il veut prouver à son frère, au monde et à lui-même qu’il peut être autre chose que "Slippin' Jimmy". Mais chaque porte fermée, chaque humiliation, chaque regard condescendant le ramène à cette identité qu’on lui a collée à la peau.
C’est là toute la cruauté du personnage, car plus Jimmy tente d’être James McGill, plus le monde semble lui indiquer qu’il ne peut exister qu'en tant que Saul Goodman. Sa relation avec Kim Wexler cristallise parfaitement cette tragédie. Ils s’aiment sincèrement, probablement plus que n’importe quel couple de l’univers Breaking Bad. Pourtant, ils deviennent aussi les pires versions d’eux-mêmes lorsqu’ils sont ensemble. Leur amour est réel, mais il est aussi profondément toxique. Ils s’encouragent mutuellement dans leurs travers jusqu’à provoquer une catastrophe dont aucun des deux ne se remettra vraiment.
Et au milieu de l'enfer d'Albuquerque, il y a Mike et Nacho, qui constituent sans doute le cœur émotionnel de la série. Ce sont deux hommes coincés dans un monde de violence dont ils comprennent mieux que quiconque les règles et le prix. Ils conservent une forme de décence malgré l’enfer qui les entoure. Leur humanité apporte un contrepoint essentiel à la lente déchéance de Jimmy.
Je mets un gros coup de coeur sur la scène de discussion autour de la machine à remonter le temps car c'est sans doute l'une des plus belles de toute la série. Lorsque Jimmy demande à Mike ce qu'il ferait s'il pouvait voyager dans le passé, Mike répond qu'il reviendrait au jour où il a accepté son premier pot-de-vin comme policier. Derrière cette réponse se cache tout ce qui fait de Mike l'un des meilleurs personnages de ce diptyque. Le porte flingue de Frings ne regrette pas sa vie de criminel parce qu'elle l'a conduit à la mort de son fils, il regrette le moment précis où il a accepté de compromettre ses principes. Jimmy, lui, répond d'abord par une histoire absurde de gain financier, incapable d'affronter ses véritables regrets. Cette différence résume parfaitement les deux hommes. Mike regarde son passé avec lucidité et accepte sa culpabilité. Jimmy, lui, passe sa vie à fuir les vérités qui lui font mal.
Better Call Saul est une série sur l’identité, sur les compromis que l’on accepte pour être aimé et sur les mensonges que l’on finit par raconter à soi-même. Une œuvre d’une intelligence rare et qui réussit l’exploit presque impossible de donner encore plus de profondeur à l’univers de Breaking Bad.
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