Les crues de wadis sont rares, mais brutales.
L'oeil du géologue discerne aussi que des crues bien plus violentes ont existé dans le passé.
L'aménagement du territoire ne peut pas se faire sans tenir compte de la question des pluies extrêmes, même si elles sont rares.
1) Cette photo est celle d'un oued, un lit fluvio-torrentiel asséché à Oman.
Au milieu des chenaux sable-caillouteux en tresse, des hommes et des bâtiments.
Quelques heures d'orage suffiront à transformer ce paysage minéral en torrent: ruissellement aréolaire, transport de blocs et de boues, véhicules emportés...
Petite photo que j'ai prise dimanche soir.
Plateau des Dômes, au-dessus de la faille de la Limagne. Pays dur. Altitude.
Et pourtant, du seigle pousse.
Quelques centimètres de sol, gagnés sur la roche granitique, pour nourrir le vivant.
5/ Car les bassins versants sont en compétition.
Un réseau plus actif captera plus d’eau.
Il creusera plus vite.
Il agrandira son territoire.
Et cela aux dépens des bassins versants voisins.
Bref, les bassins versants, c’est de la géopolitique.
Comme dans les sociétés humaines :
des luttes de territoire, des rapports de force.
Et l'arbitre ultime, c'est l'énergie disponible.
1/ Un bassin versant, ce n’est pas juste qu'une simple zone coloriée sur une carte.
C’est ce que les thermodynamiciens appellent une structure dissipative.
Au sens de Prigogine : une organisation hors équilibre, traversée par un flux d’énergie.
Ici, cette énergie, c’est l’énergie de gravité de l’eau qui descend la pente.
4/ Dans cette histoire, la nature ne se comporte pas en bon père de famille.
Elle ne garde pas l’énergie “pour plus tard”.
Elle la dépense. Le plus vite possible. Le plus efficacement possible.
Plutôt cigale que fourmi.
La nature est un joueur qui flambe au casino.
C’est ainsi que fonctionnent les structures dissipatives auto-organisées.
Et c’est même l’une des grandes lois fondamentales de la nature.
12/ Pour les voitures, il y a Bison Futé.
Son boulot : fluidifier le trafic.
Pour l’eau, il y a les géologues, les hydrogéologues et les spécialistes du risque.
Leur boulot : faciliter l'écoulement de l'eau.
1/ Pour beaucoup de gens, une autoroute, c’est simple : des voitures, des motos, des camions, et des bouchons.
Pour un géologue, c’est aussi autre chose :
une ligne d’obstacles qui perturbe un autre réseau de circulation. Celui de l'eau !
Et parfois, sous un gros orage, ce n’est plus le trafic routier qui pose problème.
C’est le trafic hydraulique.
11/ Puis on construit l’hydrogramme de crue.
La courbe qui raconte l’arrivée de l’eau.
Elle permet d’estimer : le pic de débit, son heure d’arrivée, sa durée, et le moment où la décrue commence.
Autrement dit : quand le bouchon hydraulique se forme, culmine, puis se résorbe.