*A-t-on dit à M. Guterres que James Boyard, son épouse et leur fille ont été kidnappés ?*
Un père, une mère et une fille kidnappés, c’est toute une famille arrachée à la vie. C’est ce que le Dr Edelyn Dorismond appelle une fracture symbolique : lorsque la violence ne frappe plus seulement des individus, mais détruit les repères qui permettent encore à une société de tenir debout.
Au pays, pourtant, nous semblons nous être habitués.
Un enlèvement chasse l’autre. Les noms deviennent des chiffres. Les chiffres disparaissent. La vie continue.
J’en ai parlé à une amie. Elle m’a répondu : « Si les autorités ne peuvent pas protéger ceux qui servent le pays, qu’en sera-t-il de moi ? »
Toute la tragédie est là.
James Boyard est professeur et serviteur public. Mais il est d’abord un citoyen. Son épouse est une citoyenne. Leur fille est une enfant d’Haïti. Cela devrait suffire pour que l’État se mobilise.
La sécurité n’est pas une faveur. Elle est une obligation.
Lorsqu’une famille entière est kidnappée, ce n’est pas seulement un crime. C’est l’aveu d’un effondrement. Le père ne peut plus protéger. La mère ne peut plus rassurer. L’enfant ne peut plus croire que les adultes, l’école, la police ou l’État sont là pour elle.
A-t-on dit à M. António Guterres que James Boyard, son épouse et leur fille ont été kidnappés ?
Lui a-t-on dit qu’en Haïti, des familles entières disparaissent, pendant que les rapports s’écrivent, que les réunions se tiennent et que les déclarations de préoccupation se succèdent ?
La communauté internationale connaît parfaitement la crise haïtienne. Elle en connaît les chiffres, les acteurs, les territoires contrôlés et les institutions affaiblies. Mais connaît-elle encore les visages ?
Un père.
Une mère.
Une fille.
Un enfant… des enfants… oui, des enfants, des femmes, des enfants ….
Des proches qui attendent. Des amis impuissants. Un pays qui se demande qui sera le prochain.
Le plus grand danger n’est plus seulement le kidnapping. C’est sa banalisation. C’est notre capacité à entendre l’horreur sans nous arrêter. C’est le silence de ceux qui gouvernent et la résignation de ceux qui subissent.
Nous ne devons pas nous habituer.
La communauté internationale doit cesser de gérer Haïti comme un dossier permanent. Un peuple pris en otage n’a pas besoin d’une déclaration de plus. Il a besoin d’une réponse réelle.
A-t-on dit à M. Guterres que James Boyard, son épouse et leur fille ont été kidnappés ?
A-t-on au moins prononcé leurs noms ?
Car derrière chaque enlèvement, il y a une famille. Et lorsqu’une famille entière est prise en otage, c’est tout un pays qui comprend qu’il n’est plus protégé.
Yves Lafortune
40 ans de lutte féministe : « Nous sommes plus que jamais dans le besoin de nous battre pour nos droits »
Plusieurs centaines de militantes ont défilé pacifiquement ce jeudi 2 avril 2026 dans les rues de Port-au-Prince à l’occasion du 40e anniversaire de la Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes. Organisée par la plateforme Fanm Angaje Pou Ayiti sous la coordination de l’ancienne ministre Marjory Michel, la marche a mêlé hommage historique et cri d’alarme politique.
« 40 ans après, nous sommes plus que jamais dans le besoin de nous battre pour nos droits », a déclaré Marjory Michel, rappelant que le système politique haïtien, défaillant, fait des femmes les premières victimes.
« Une société doit fonctionner sur l’égalité », a-t-elle martelé.
L’analyse est cruelle. Quatre décennies après l’institution de cette journée, les violences basées sur le genre restent endémiques, la marginalisation politique persiste et les inégalités économiques se creusent. Dans un pays où l’insécurité et la crise alimentaire frappent d’abord les plus vulnérables, les femmes paient le plus lourd tribut.
La marche de ce jour n’était donc pas seulement commémorative. Elle portait des revendications sociales et politiques claires : lutte contre les violences, accès à la justice, représentation équitable dans les instances de décision. Les militantes ont défilé pacifiquement, mais leur message était ferme.
Ce 40e anniversaire sonne comme un constat d’échec collectif. L’État haïtien, absorbé par d’autres urgences, a trop souvent relégué la cause des femmes au second plan. Pourtant, comme le rappelle Majory Michel, aucune société ne peut prétendre à la justice sans l’égalité des genres. Les femmes d’Haïti le rappellent : le combat continue.
Face à la flambée des prix pétroliers, le gouvernement haïtien décrète de nouvelles mesures d'austérité
Par la rédaction
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a signé une circulaire, en date du 31 mars 2026, imposant des restrictions drastiques dans la gestion des dépenses publiques. Gel des achats de véhicules, limitation des missions à l’étranger et réduction des crédits de carburant figurent parmi les dispositions destinées à préserver l’équilibre macro-économique du pays.
Le gouvernement haïtien serre la vis. Dans une circulaire (n° 017) adressée à tous les ordonnateurs de l’administration publique nationale, le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, annonce un train de mesures d’austérité immédiates, justifiées par une conjoncture internationale jugée « préoccupante ».
Selon le texte, la hausse « accélérée » des produits pétroliers sur le marché mondial et les risques potentiels de perturbation des approvisionnements commandent de « réduire davantage le train de vie de l’État ». Pour ce faire, plusieurs dispositions sont édictées jusqu’à nouvel ordre :
▪︎ l’acquisition de nouveaux véhicules est formellement interdite dans toutes les institutions publiques ;
▪︎ les crédits de dépenses de carburant seront révisés à la baisse, ce qui devrait entraîner une limitation des déplacements administratifs ;
▪︎ les voyages à l’étranger des officiels et cadres ne seront autorisés que pour des « missions essentielles », sur approbation expresse du Premier ministre ;
▪︎ les escortes de protection des personnalités publiques sont, si elles s’avèrent nécessaires, réduites à un seul véhicule.
Dans sa circulaire, le locataire du palais de la Primature souligne que ces arbitrages visent à préserver à la fois la stabilité macro-économique qui est déjà fragile, et la capacité de l’État à financer les services sociaux de base à destination de la population, ainsi que les dépenses de sécurité et les perspectives de relance économique à plus long terme.
Les ordonnateurs de l’administration publique sont désormais tenus d’assurer, chacun en ce qui le concerne, l’application stricte de ces directives, qui entrent en vigueur immédiatement.
Cette décision intervient dans un climat de vulnérabilité accrue pour l’économie haïtienne, fortement dépendante des importations d’hydrocarbures. Les récentes turbulences géopolitiques et les fluctuations des cours du brut laissent présager des pressions supplémentaires sur les finances publiques et sur les prix à la consommation.
En attendant d’éventuelles précisions sur les modalités pratiques de mise en œuvre, les responsables d’institutions publiques devront désormais composer avec des marges de manœuvre budgétaires considérablement réduites.
*Élections en Haïti : le gouvernement s'engage à sécuriser les zones sous emprise des gangs*
Par la rédaction
Le ministre de la Justice, Patrick Pélissier, et le président du Conseil électoral provisoire, Jacques Desrosiers, ont échangé ce mardi 31 mars 2026 sur les conditions sécuritaires nécessaires à la tenue des prochaines élections. Alors qu’une vingtaine de communes échappent au contrôle de l’État, le gouvernement promet d’agir avec le soutien de la Force de répression des gangs.
L’organisation des élections en Haïti se heurte encore à d’importants défis sécuritaires. Réunis ce mardi, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, et le président du Conseil électoral provisoire, Jacques Desrosiers, ont fait le point sur les mesures à prendre pour garantir un scrutin crédible et inclusif.
Lors de cette séance de travail, le président du CEP a salué les avancées dans la planification du processus électoral. Toutefois, il a alerté sur une situation préoccupante : une vingtaine de communes du pays sont toujours placées hors du contrôle de l’État, sous l’emprise de groupes armés. Une condition jugée indispensable à la tenue d’élections libres, la sécurisation de ces territoires, a été réaffirmée comme une priorité absolue.
En réponse, le ministre de la Justice a réitéré la détermination du gouvernement à conduire le pays sur la voie électorale. Il a garanti que les autorités, avec l’appui de la Force de répression des gangs, prendront toutes les dispositions nécessaires pour instaurer un climat de sécurité acceptable.
À ses côtés lors de cette rencontre figuraient Me Mosler Georges, expert électoral, et l’Inspecteur général Fritz Saint-Fort, spécialiste des questions sécuritaires. Leur présence souligne la volonté d’une approche technique et coordonnée entre les deux institutions.
Alors que le calendrier électoral reste tributaire des conditions sur le terrain, cette rencontre marque une étape clé dans la convergence des efforts entre le gouvernement et le CEP pour relever le défi sécuritaire.
Massacre à Jean Denis: Les États-Unis et la France, sous le choc, condamnent des violences « terroristes » et appellent à une riposte renforcée en Haïti
Des ambassades occidentales en Haïti ont vivement réagi après les attaques meurtrières survenues les 28 et 29 mars 2026 dans la localité de Jean-Denis, dans le département de l’Artibonite, condamnant avec fermeté des violences ciblant des civils et appelant à un renforcement urgent de la réponse sécuritaire.
L’Ambassade des États-Unis a exprimé sa profonde tristesse face à cette nouvelle tragédie, présentant ses sincères condoléances aux familles des victimes. Dans sa déclaration, elle a dénoncé des actes perpétrés par des groupes armés qualifiés de « terroristes », pointant des violences répétées contre la population civile, sans respect pour la vie humaine ni pour la dignité.
La représentation diplomatique américaine a également réaffirmé sa solidarité avec le peuple haïtien, soulignant son aspiration à vivre dans un pays stable et sécurisé. Elle a insisté sur la nécessité d’intensifier la lutte contre les gangs, tout en renouvelant son engagement à soutenir la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi que la Force de répression des gangs (FRG), appelée à être renforcée.
De son côté, l’Ambassade de France en Haïti a condamné avec la plus grande fermeté le massacre attribué au gang « Gran Grif », un groupe sous sanctions des Nations unies pour de graves violations des droits humains. Elle a adressé ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé son soutien aux survivants ainsi qu’aux communautés affectées.
La France a réitéré son engagement aux côtés des autorités haïtiennes dans la lutte contre l’insécurité, tout en rappelant son appui à la Police nationale d’Haïti (PNH) et aux Forces armées d’Haïti (FADH), en vue de renforcer leurs capacités opérationnelles pour mieux protéger la population.
Par ailleurs, Paris a souligné l’importance des efforts de la communauté internationale pour rétablir la sécurité en Haïti, notamment à travers des mécanismes de coopération et d’assistance sécuritaire.
Ces prises de position interviennent dans un contexte de recrudescence des violences dans l’Artibonite, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut face aux exactions des groupes armés, accentuant l’urgence d’une réponse coordonnée à la hauteur de la crise.
Transparence et gouvernance publique: le chef de l’exécutif installe les cinq membres de la CNMP
Cette cérémonie marque une étape importante dans la volonté du Gouvernement de consolider la transparence, la redevabilité et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques.
Dans son intervention, le Chef du Gouvernement considère cet acte comme la traduction d’une exigence accrue de rigueur dans la passation des marchés publics.
Selon lui, les membres de la Commission de nationale des marché publics ont été sélectionnés à l’issue d’un processus compétitif, rigoureux et transparent, incluant l’analyse approfondie des dossiers ainsi qu’une évaluation orale portant sur les compétences, l’éthique et le sens des responsabilités.
Elle a pour mission de réguler et de contrôler la commande publique, en veillant au respect des principes d’équité, de transparence et d’efficacité dans l’attribution des marchés de l’État.
Le représentant spécial de la Force de répression des gangs (GSF), Jack Christofides, est arrivé à Port-au-Prince ce mercredi 1er avril 2026, tandis qu'une équipe précurseur de forces tchadiennes a également débarqué, constituant le premier déploiement de troupes de la mission élargie.
Une arrivée effectuée à la demande du gouvernement haïtien et autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies via la résolution 2793 (2025), selon un communiqué de la GSF publié sur X.
Le nouveau ministre de l’éducation veut régulariser la situation des enseignants nommés
« Je connais les besoins des enseignants », a martelé le ministre de l’Éducation, Vijonet Déméro, ce mercredi 1er avril 2026, en présentant ses priorités dans les locaux de l’inspection générale de l’Éducation nationale à Musseau, lors d’une conférence de presse. Ancien enseignant, le titulaire du ministère affirme vouloir mettre son expérience au service d’une feuille de route articulée autour de cinq axes : nominations des professeurs, lutte contre la corruption, matériels scolaires, baccalauréat et rentrée des classes. Avec une promesse ferme : régulariser dans les trois prochains mois la situation des enseignants nommés par l’État et honorer les engagements pris envers les étudiants de l’École Normale Supérieure.
@james_boyard Prof @james_boyard , l'idée est tentante mais tout aussi fragile. Recruter massivement des citoyens qui n'ont pas de problème avec la justice haitienne pour condition, dans 3 mois ils auront acquis les compétences nécessaires pour renforcer la lutte contre le banditisme
@PierreSharnoon_@Mario_Andresol Poum sispann manje depil fè 5h... Men fok pnh la ta edem ui pou yo ta soti yon not ki di pou machann griyo bo lakay lan fri la jounen selman