De sa qualification en novembre 2025 jusqu'à son dernier match de la Coupe du monde, la sélection nationale a fait vibrer toute Haïti à l'unisson.
La dernière fois que le pays tout entier a connu une joie similaire remonte à la période fin 2006 et 2007. À l'époque, Belo venait de remporter le Prix Découvertes RFI, et la sélection nationale était sacrée championne de la Caraïbe.
C'est également à cette période que le festival Musique en Folie, devenu trop grand pour le Cercle Bellevue, s'est installé au Parc Canne à Sucre, où il a connu l'une de ses éditions les plus mémorables avec les prestations de Wyclef Jean, Barikad Crew (BC) et Rock Fam.
C'est aussi l'époque où Digicel était à son apogée et faisait des heureux en rendant les téléphones portables beaucoup plus accessibles et les tarifs des services plus abordables.
C'est l'époque où, après les traumatismes de la crise de 2004, les événements festifs et les soirées nocturnes (event, DJ, disco, Ti Sourit, Atè Plat) se sont multipliés à un rythme vertigineux jusqu'en 2012. L'époque de « Rise Up » avec Yves Larock, l'époque de Bob Sinclar, l'époque où de nombreux jeunes écoliers ont découvert leur vocation pour le métier de DJ.
Les années 2006-2007 ont également vu le mouvement armé et criminel Opération Bagdad (deuxième version) prendre fin, à la suite de l'une des plus importantes offensives menées par la MINUSTAH à Cité Soleil et de la mise en œuvre de nombreux projets de cohésion sociale.
Espérons que cette joie collective, que nous n'avions plus connue depuis près de vingt ans, ne s'arrête pas à cette Coupe du monde ; et qu'elle nous serve d'élan pour nous rassembler autour d'autres initiatives et construire ensemble notre avenir.
L’arbitrage a été très mauvais. Mais il faudra bien qu’on cesse de dire, à cause de cela, que le monde entier est contre nous. Là, il ne s’agit plus de dénoncer une injustice, mais de façonner une sorte de victimisation à outrance. Or, l’excès peut nuire.
Des étrangers, toutes nations confondues — mais surtout des Argentins, des Mexicains et même des Dominicains — ont manifesté leur soutien et leur admiration à la sélection haïtienne après cette défaite. Le journal écossais Scottish Sun a lui-même reconnu qu’il y avait des problèmes au niveau des décisions arbitrales.
Existe-t-il des gens qui nous détestent ? La réponse est oui, et ils sont probablement nombreux, lorsqu’on voit les réactions qui ont suivi un mème laissant croire que les joueurs haïtiens s’empressaient d’aller boire de l’eau traitée à chaque pause de rafraîchissement, comme si c’était la première fois qu’ils en buvaient.
Mais est-ce que le monde entier nous déteste ? La réponse est non.
D’ailleurs, voici ce qui circule comme slogan sur de nombreuses pages étrangères sur internet : “Scotland won the game, Haiti won our hearts.”
Nous avons montré à tous, dans le stade comme un peu partout dans les rues de nombreux pays, que nous étions un peuple fort et admirable. Restons-en dignes. Dénonçons l’injustice, soyons accusateurs même, mais évitons toute forme de paranoïa. Nous sommes en train d’écrire une nouvelle page de notre grande histoire.
According to Walt Whitman Rostow, the underdevelopment of Southern countries is explained by their delay in the process of economic and social modernization, a characteristic feature of traditional societies.
Jodi a, n ap voye yon gwo kout chapo pou tout travayè, espesyalman riral yo, k ap plante espwa nan tè Dayiti. Agrikilti se poto mitan devlopman nou; se li ki pou garanti endepandans ak lasante nou. Ann kontinye travay men nan men pou yon demen kote tè nou bay rannman li dwe bay.
Le débat autour du financement du processus électoral mérite d’être abordé avec prudence, rigueur et sens des responsabilités.
À cet égard, les comparaisons avec la République dominicaine, qui a dépensé 143 millions de dollars pour les élections de 2024, doivent être maniées avec précaution. Les contraintes sécuritaires, institutionnelles, territoriales et logistiques auxquelles fait face Haïti diffèrent profondément de celles de son voisin. On rappellera qu’en 2016, les élections avaient coûté 155 millions de dollars au pays, alors même que les défis étaient moindres.
S'il est vrai que les interrogations relatives au coût du processus actuel (soit 250 millions de dollars) sont compréhensibles, leur appréciation gagnerait à être examinée dans les cadres techniques et institutionnels prévus, afin d’éviter que les échanges ne deviennent une source supplémentaire de soupçons et de tensions politiques.
Divergence d’appréciation ou erreur de communication ? Calcul politique ou intention sincère ?... Quelles que soient les interprétations, l’enjeu principal doit rester la capacité à construire un processus électoral crédible, réalisable et adapté aux contraintes exceptionnelles auxquelles le pays est confronté depuis plus de cinq ans.
Premièrement, le Tchad devrait déployer, dans une très large mesure, des gendarmes. Certes, ceux-ci sont intégrés à l’armée selon l’architecture propre des forces tchadiennes, mais il s’agit bien de gendarmes. Dès lors, ils ne sont pas nécessairement ceux qui ont combattu en première ligne contre l’armée libyenne ou, plus récemment, contre Boko Haram.
Deuxièmement, il est vrai que certains éléments tchadiens sont particulièrement aguerris et redoutables. Toutefois, leur expérience opérationnelle s’est principalement construite dans des environnements désertiques et sahéliens. Or, le terrain haïtien présente des caractéristiques totalement différentes. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles ces unités ont dû suivre un entraînement intensif aux États-Unis avant leur éventuel déploiement.
Troisièmement, ce n’est pas uniquement l’aguerrissement qui fera la différence. Les Kenyans, eux aussi, disposent d’une solide expérience des opérations antiterroristes. La question centrale ne réside pas seulement dans l’équipement, ni même dans le concept d’opération. Elle tient surtout à la volonté de consentir au sacrifice pour un pays qui n’est pas le sien. Tant que les Haïtiens eux-mêmes ne démontreront pas qu’ils sont prêts à se battre et, au besoin, à mourir pour leur pays, les forces étrangères, même présentes sur le terrain, ne s’engageront jamais totalement. Elles auront naturellement tendance à s’aligner sur la dynamique locale.
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Nettoyer, Tenir, Construire (NTC).
En 2020, j’ai commencé à travailler sur cette approche de l’OTAN issue des théories de contre-insurrection. Le terme Construire est aussi souvent désigné par celui de Consolider.
Avec James Boyard, Himmler Rébu et Emmanuel Paul , nous avons été parmi les premiers à attirer l’attention sur le déficit de consolidation qui caractérise la gestion de la crise sécuritaire en Haïti. En effet, les forces de l’ordre parviennent parfois à intervenir et à se déployer sur un territoire, mais elles peinent très souvent à consolider les gains obtenus à la suite de ces efforts.
Pour sa part, Boyard avait parlé de la méthode 3 C (confinement, confrontation et consolidation), laquelle constitue une autre manière de traduire l’approche NTC. Toutefois, même dans cette formulation, le concept de consolidation demeure encore mal compris par nombre de ceux qui l’emploient ou s’y réfèrent.
Consolider — ou tenir et construire — ne consiste pas simplement à laisser des troupes, et plus précisément des militaires, sur les lieux reconquis afin d’empêcher le retour de l’adversaire ou, dans notre cas, des groupes armés criminels. La consolidation va bien au-delà de la seule dimension militaire.
Consolider signifie avant tout ramener les services sociaux de base à la population civile des zones récupérées, permettre l’accompagnement communautaire et favoriser la réintégration sociale. Il s’agit donc d’une approche civilo-militaire, dont l’un des objectifs centraux est la transformation du modèle et, surtout, la restauration de la confiance.
C’est ce que David Galula, considéré comme l’un des pères des théories de contre-insurrection, désignait par l’expression « gagner les cœurs et les esprits ».
Dans le cas d’Haïti, cela suppose de récupérer d’abord le territoire de la moralité, pour reprendre l’expression de A.J. Victor. Celui-ci constitue, en effet, le premier territoire à reconquérir, avant même les territoires géographiques, lesquels doivent ensuite être consolidés, voire véritablement (re)construits.
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N.B. : On parle de théories de contre-insurrection au pluriel, car il existe plusieurs approches et écoles de pensée regroupées autour de cette question.
Diminuer la dépense publique liée aux bons de carburant et limiterait la gabegie dans l’administration publique. Les ressources ainsi économisées pourraient être réorientées vers des politiques de développement durable, au service d’une Haïti meilleure.
L’État haïtien : la nécessité d’entamer une transition énergétique
Depuis quelques jours, le prix du carburant flambe. Imaginons un scénario dans lequel la situation persiste. Que ferions-nous ? Une situation nous obligant à réfléchir sérieusement à notre dépendance énergétique.
Nous devrions former ou reconvertir des personnes pour accompagner cette transition, et aussi mettre en place une politique d’implantation de ces technologies : les batteries, les voitures électriques et l’ensemble de l’écosystème énergétique renouvelable.
Un pays qui ne dispose pas d’une armée véritablement nationale, et j’insiste sur ce terme, ni d’un armement moderne soutenu par de véritables plans et programmations, ne peut prétendre à une sécurité réelle. Celle-ci suppose également des institutions solides, un système de renseignement efficace, des forces de sécurité intérieure structurées et une véritable vision stratégique de l’État.
Vendredi dernier, de passage à Santo Domingo, j’ai assisté au défilé marquant la célébration de la fête nationale. La première réflexion qui m’est venue à l’esprit est qu’il y a de fortes chances que les chiffres souvent avancés dans les médias pour évoquer l’effectif des forces de sécurité et de défense de la République dominicaine ne reflètent pas la réalité.
Dans les faits, j’ai vu défiler devant moi des régiments entiers, plusieurs bataillons et des compagnies de plus de 150 hommes chacune, chaque corps disposant de sa propre fanfare.
Alors qu’il convient de rappeler que des défilés ont également été organisés dans d’autres villes du pays, rien que dans la capitale, où je me trouvais, j’ai pu observer l’exposition de matériels militaires dont la valeur pourrait atteindre près d’un milliard de dollars, sinon davantage. Au moins une quarantaine d’aéronefs et d’hélicoptères ont été présentés, dont une douzaine d’avions de type Super Tucano, ainsi qu’une dizaine de chars de combat légers. À cela s’ajoutaient des dizaines de véhicules blindés de combat, de l’artillerie légère, des véhicules de transport, de commandement et de contrôle, des drones de reconnaissance, ainsi qu’une dizaine de patrouilleurs côtiers de dernier cri.
À cette démonstration de puissance militaire s’est également jointe une impressionnante capacité policière. La République dominicaine a également fait défiler des unités de police particulièrement bien équipées, tout en présentant des technologies modernes de communication et de télésurveillance.
Tout cela est d’autant plus notable que l’État dominicain, dans sa politique de défense, privilégie un financement largement national de ses forces, garantissant ainsi sa souveraineté stratégique.
Mon collègue et camarade à IRIS Sup, Emmanuel Paul, aime à me dire que la République dominicaine constitue la première armée de la sous-région. À la lumière de ce que j’ai observé, je commence à penser qu’il n’a peut-être pas tort, malgré certains classements internationaux qui continuent de placer Cuba en tête.
🌍🇭🇹 𝟯𝟬 𝗺𝗼𝘁𝘀 𝗱𝘂 𝗰𝗿é𝗼𝗹𝗲 𝗵𝗮ï𝘁𝗶𝗲𝗻 𝗶𝘀𝘀𝘂𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗕é𝗻𝗶𝗻 🇧🇯, 𝗱𝘂 𝗡𝗶𝗴é𝗿𝗶𝗮 🇳🇬 𝗲𝘁 𝗱𝘂 𝗧𝗼𝗴𝗼 🇹🇬
𝘓𝘦 𝘤𝘳é𝘰𝘭𝘦 𝘩𝘢ï𝘵𝘪𝘦𝘯 𝘯'𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘥𝘶 « 𝘧𝘳𝘢𝘯ç𝘢𝘪𝘴 𝘮𝘢𝘭 𝘱𝘢𝘳𝘭é ».
Une grande partie de son vocabulaire sacré vient directement des langues du Bénin, du Nigéria et du Togo — transportée par les captifs déportés à Saint-Domingue (Haïti) aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Le français a fourni le vocabulaire du quotidien. L'Afrique a fourni l'âme.
Voici 30 mots qui en témoignent :
𝟭. 𝘈𝘤𝘤𝘳𝘢 🇹🇬🇧🇯 — de l'éwégbé 𝘢𝘬𝘳𝘢 : beignets frits de légumes ou de morue. Un mot éwé pour un plat du quotidien haïtien — et antillais en général.
𝟮. 𝘈𝘥𝘺𝘢𝘩𝘰𝘶𝘯𝘵𝘰̀ 🇧🇯 — du fongbé 𝘩𝘶𝘯 (esprit) + 𝘵𝘰̀ (grand, père) : « père des esprits ». Nom du plus grand tambour sacré du rite Rada.
𝟯. 𝘈𝘨𝘰 🇧🇯 — du fongbé 𝘢𝘨𝘰 : « attention ! », « gare ! » Exclamation rituelle pour demander permission d'entrer dans un espace sacré. Même forme, même sens, deux continents.
𝟰. 𝘈𝘬𝘣𝘢𝘥𝘫𝘢 🇹🇬🇧🇯🇳🇬 — de l'éwégbé du Togo, Bénin et sud-ouest du Nigéria : rythme et danse intégrés dans le répertoire vodou haïtien. La musique a traversé l'Atlantique avec ses danseurs.
𝟱. 𝘈𝘰𝘶𝘴𝘢 (Haoussa) 🇳🇬🇳🇪 — du nom du peuple haoussa, présent principalement au nord du Nigéria et au Niger : désigne en créole haïtien quelqu'un qui soutire de l'argent ou des biens par des moyens détournés, souvent mystiques. Glissement classique d'un ethnonyme vers un nom commun péjoratif.
𝟲. 𝘈𝘴𝘴𝘰𝘯 🇧🇯 — du fongbé 𝘢𝘴𝘰𝘯 : crécelle sacrée en calebasse garnie de vertèbres de serpent. Objet et mot viennent directement des temples Vodun du Dahomey (Bénin).
𝟳. 𝘈𝘴𝘴𝘰𝘵𝘰𝘳 🇧🇯 — du fongbé : le plus grand tambour sacré du Vodou haïtien, plus grand encore que l'𝘢𝘥𝘺𝘢𝘩𝘰𝘶𝘯𝘵𝘰̀. Instrument rituel exceptionnel, il ne résonne que lors des cérémonies les plus importantes. Racine 𝘢𝘴𝘰 directement liée aux instruments rituels fon du Dahomey (Bénin).
𝟴. 𝘈𝘺𝘪𝘣𝘰𝘣𝘰 🇹🇬🇧🇯 — de l'éwégbé du Togo et du Bénin : acclamation rituelle d'assentiment solennel. L'équivalent d'un « amen » — d'origine africaine, pas latine.
𝟵. 𝘈𝘺𝘪𝘻𝘢𝘯 🇧🇯 — du fongbé : lwa de la terre, des marchés et de la purification, l'une des divinités les plus anciennes du Vodou haïtien. Épouse de 𝘓𝘦𝘨𝘣𝘢, elle ouvre les cérémonies aux côtés de son mari. Nom et attributs directement hérités du Vodun du Dahomey (Bénin).
𝟭𝟬. 𝘈𝘻𝘢𝘬𝘢 🇧🇯 — du fongbé 𝘈𝘻𝘢𝘬𝘢 𝘔𝘦𝘥𝘦𝘩 : divinité agraire du Dahomey (Bénin), protectrice des paysans. Nom et fonctions directement hérités du culte fon.
𝟭𝟭. 𝘉𝘢𝘥𝘫𝘪 🇧🇯 — du fongbé : sanctuaire intérieur d'un temple vodou. Terme architectural rituel directement issu des temples Vodun du Dahomey (Bénin).
𝟭𝟮. 𝘉𝘰̀𝘬𝘰̀ 🇧🇯 — du fongbé 𝘣𝘰𝘬𝘰́𝘯𝘰̃ : devin initié interprétant l'oracle Fa au Dahomey (Bénin). En Haïti, le sens a glissé vers le sorcier qui « travaille des deux mains ».
𝟭𝟯. 𝘉𝘰𝘴𝘰𝘶 🇧🇯 — du fongbé : divinité-taureau du Vodun du Dahomey (Bénin), symbole de force irrépressible. Nom et symbolique conservés intacts en Haïti.
𝟭𝟰. 𝘋𝘢𝘯𝘣𝘢𝘭𝘢 🇧🇯 — du fongbé 𝘋𝘢𝘯 (serpent sacré) + 𝘈𝘪𝘥𝘢 (arc-en-ciel) : divinité-serpent, symbole de sagesse. La racine 𝘋𝘢𝘯 est une divinité majeure du Vodun du Dahomey (Bénin).
𝟭𝟱. 𝘌𝘳𝘻𝘶𝘭𝘪𝘦 🇧🇯 — du fongbé 𝘈𝘻𝘪𝘭𝘪 : divinité féminine de l'eau et de la fertilité dans le panthéon Gbe du Dahomey (Bénin). Nom conservé presque intact en créole haïtien.
𝟭𝟲. 𝘎𝘰𝘷𝘪 🇧🇯 — du fongbé : jarre en terre cuite dans laquelle résident les esprits des ancêtres. Objet et mot attestés dans les pratiques Vodun du Dahomey (Bénin).
𝟭𝟳. 𝘐𝘣𝘰 🇳🇬 — du nom du peuple igbo du Nigéria du sud-est. Désigne en Haïti un rite et une nation de lwa parmi les plus puissants et les plus redoutés du panthéon vodou. Même logique que 𝘕𝘢𝘨𝘰 — un ethnonyme africain devenu nom de rite liturgique.
𝟭𝟴. 𝘒𝘢𝘯𝘻𝘰 🇧🇯 — du fongbé : initiation par le feu, rite central du Vodou haïtien par lequel un initié accède au grade de 𝘰𝘶𝘯𝘴𝘪 𝘬𝘢𝘯𝘻𝘰. Le feu (𝘬𝘢𝘯) joue un rôle rituel majeur dans le Vodun du Dahomey (Bénin).
𝟭𝟵. 𝘓𝘦𝘨𝘣𝘢 🇧🇯 — du fongbé 𝘓𝘦𝘨𝘣𝘢 : gardien des portes et des carrefours. Ouvre chaque cérémonie vodou. Les Yoruba l'appellent 𝘌𝘭𝘦𝘨𝘣𝘢 — même divinité, deux noms.
𝟮𝟬. 𝘕𝘢𝘨𝘰 🇧🇯🇳🇬 — terme utilisé au Dahomey (Bénin) pour désigner les Yoruba voisins du Nigéria. Désigne en Haïti le rite et les lwa d'origine yoruba. Un ethnonyme africain survivant dans la liturgie.
𝟮𝟭. 𝘖𝘣𝘢𝘵𝘢𝘭𝘢 🇳🇬 — du yoruba 𝘖𝘣𝘢̀𝘵𝘢́𝘭𝘢́ : orisha de la pureté et de la création humaine. Présent dans le rite Nago du Vodou haïtien avec une continuité rituelle remarquable.
𝟮𝟮. 𝘖𝘨𝘰𝘶 🇳🇬🇧🇯 — du yoruba 𝘖̀𝘨𝘶́𝘯 : dieu du fer, de la guerre et des forgerons. Présent aussi à Cuba, au Brésil, à Trinidad — un dieu africain qui a fait le tour de l'Atlantique.
𝟮𝟯. 𝘖𝘶𝘯𝘧𝘰̀ 🇧🇯 — du fongbé 𝘩𝘶𝘯 (esprit) + 𝘧𝘰̀ (maison) : « maison des esprits ». Le temple vodou haïtien porte un nom entièrement fon.
𝟮𝟰. 𝘖𝘶𝘯𝘨𝘢𝘯 🇧🇯🇹🇬 — du fongbé 𝘩𝘶𝘯 (esprit) + 𝘨𝘢𝘯 (chef) : « chef des esprits ». Le prêtre vodou porte un titre entièrement construit en fon.
𝟮𝟱. 𝘖𝘶𝘯𝘴𝘪 🇧🇯 — du fongbé 𝘩𝘶𝘯 (esprit) + 𝘴𝘪 (épouse) : « épouse de l'esprit ». Désigne les initiés d'un temple. Morphologie 100 % fon.
𝟮𝟲. 𝘙𝘢𝘥𝘢 🇧🇯 — du nom de la ville d'𝘈𝘭𝘭𝘢𝘥𝘢 (Arada), ancienne capitale d'un royaume du Bénin. Le rite Rada du Vodou haïtien porte le nom de la cité d'où venaient de nombreux captifs.
𝟮𝟳. 𝘚𝘩𝘢𝘯𝘨𝘰 🇳🇬 — du yoruba 𝘚̧𝘢̀𝘯𝘨𝘰́ : dieu du tonnerre, ancien roi légendaire d'Oyo. Vénéré dans le rite Nago du Vodou avec les mêmes attributs qu'au Nigéria.
𝟮𝟴. 𝘛𝘤𝘩𝘰𝘷𝘪 🇧🇯 — du fongbé : désigne un enfant dans l'univers du Vodou haïtien. La racine 𝘷𝘪 signifie « enfant » en fongbé, langue du Dahomey (Bénin) — l'une des racines les plus courantes des langues Gbe. Connu de tous les locuteurs haïtiens bien qu'ancré dans le registre vodou.
𝟮𝟵. 𝘝𝘰𝘥𝘰𝘶 🇧🇯🇹🇬 — du fongbé/éwé 𝘷𝘰𝘥𝘶𝘯 : « esprit invisible », « divinité ». C'est le nom même de la religion, conservé tel quel depuis le Dahomey (Bénin).
𝟯𝟬. 𝘠𝘰 🇧🇯 — du fongbé 𝘺𝘦 : pronom de troisième personne du pluriel, aussi marqueur du pluriel nominal. La grammaire elle-même porte l'empreinte du fon.
#Haïti #Afrique
@Haitianaute D’un point de vue stratégique, cette île pourrait générer des espaces maritimes additionnels et renforcer l’étendue de la compétence maritime d’Haïti.
@Haitianaute Se trouvant à 55 km des côtes haïtiennes,l’île se situe dans la ZEE d’Haïti. La revendication haïtienne s’appuie notamment sur le Traité de Ryswick (1697), sur le principe de l’uti possidetis juris (les nouveaux États héritent des frontières coloniales).