La pomme de terre. Tout le monde en mange. Frites, purée, gratin, raclette. Trente kilos par Français chaque année.
Personne ne sait qu'un pharmacien prisonnier de guerre a passé trente ans à convaincre son pays de manger ce qu'il réservait aux cochons.
Antoine-Augustin Parmentier naît en 1737 à Montdidier, dans la Somme. Orphelin de père. Apprenti pharmacien à 15 ans. À 20 ans, il part faire la guerre de Sept Ans. Blessé, capturé, enfermé dans une forteresse prussienne près de Hanovre.
En prison, on le nourrit de pommes de terre. Un tubercule que la France méprise. Le Parlement de Paris en a interdit la culture dès 1748. Les paysans le réservent aux bêtes.
Parmentier survit grâce à ce légume. Il rentre en France avec une obsession.
En 1772, il remporte un prix de l'Académie de Besançon. Personne ne l'écoute. Il insiste treize ans.
En 1785, il convainc Louis XVI de porter une fleur de pomme de terre à la boutonnière. Marie-Antoinette en glisse une dans sa coiffure.
Le roi lui prête un terrain à Neuilly. Parmentier y plante ses tubercules et fait garder le champ par des soldats. Le jour uniquement.
La nuit, les curieux viennent voler ce légume si précieux que le roi le fait surveiller.
La pomme de terre est entrée en France par la porte de derrière.
Magnifique texte d'Olivier de Kersauson
« Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir.
Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre. »
Olivier de Kersauson
Après avoir servi 15 500 gourmets, les Tablées de Vic remettent le couvert avec le défi de faire de la ville la capitale de la gastronomie https://t.co/WlFPqoewlG via @nrpyrenees
Pourquoi les Français mangent-ils du pain tous les jours ?
🔹 2026 — 16 millions de baguettes sortent des fours français chaque matin. Aucun autre pays au monde ne produit autant de pain par habitant. Ce rituel quotidien génère 15 milliards d’euros par an.
🔹 2022 — L’UNESCO inscrit la baguette au patrimoine immatériel de l’humanité. La France est le seul pays au monde dont un pain est protégé par une organisation internationale.
🔹 1993 — Un décret fixe la composition de la « baguette de tradition française ». Quatre ingrédients autorisés : farine, eau, sel, levure. Aucun additif, aucune surgélation. C’est l’un des aliments les plus réglementés du pays.
🔹 1919 — Une loi interdit le travail de nuit en boulangerie. Impossible de commencer avant 4 heures du matin. La baguette, fine et rapide à cuire, s’impose : elle sort du four à temps pour le petit-déjeuner, contrairement aux grosses miches qui demandaient des heures.
🔹 1793 — La Convention décrète le « Pain d’Égalité ». Plus de pain blanc pour les riches, plus de pain de son pour les pauvres. Un seul pain pour tous les Français, sous peine d’incarcération du boulanger.
🔹 Moyen Âge — Le paysan n’a pas le droit de cuire chez lui. Il doit utiliser le four du seigneur et lui remettre un pain sur vingt. Le mot « banal » vient de là : ce qui appartient au ban du seigneur.
🔹 Antiquité — Les Gaulois cuisaient déjà des galettes d’orge et de millet sur des pierres brûlantes. Pas de four, pas de levain, pas de boulanger. Juste du grain écrasé, de l’eau et du feu. Le pain n’appartenait à personne.
Depuis, il a appartenu aux seigneurs, aux révolutionnaires, aux législateurs et à l’UNESCO.
Demain matin, en coupant votre baguette, y penserez-vous ?