On commence à se demander à quoi tout cela sert.
À quoi cela sert de voter.
À quoi cela sert de manifester.
Et je comprends les Français·es qui se disent cela ce soir.
Mais je veux leur dire aussi qu'on ne va pas les laisser tomber.
On est plus déterminé·es que jamais.
@regelegorila@Sheshounet C'est qd même dommage de ne pas se poser la question de pourquoi les cinés ne proposent pas ou peu de VO hors grandes villes. Est-ce qu'il y a un public pour ça ? Ou est-ce que ce n'est pas risquer de diffuser complètement à perte dans une salle quasi vide ?
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Franc-Tireur m’a contactée vendredi en me disant préparer un article sur moi, et avoir donc besoin de quelques réponses.
Les questions qu’ils m’ont fait parvenir par écrit (en gras ci-dessous) et la manière dont elles sont formulées sont tellement caricaturales que ça en serait presque drôle (mais ça ne me fait pas rire en fait).
Je vous laisse juger par vous-mêmes et, comme une femme avertie en vaut deux, je vous partage aussi l’intégralité de mes réponses (au cas où elles ne seraient pas prises en compte ou très partiellement… ce dont vous pourrez ainsi vous aussi juger).
Haut les cœurs !
Réponses à Franc-Tireur
Vous venez de publier sur X au sujet de la création de l’Etat d’Israël en parlant de la Nakba, et en parlant de l’expulsion de 750 000 palestiniens. Considérez-vous que la création d’Israël est un acte colonialiste ? Ne voyez-vous pas un problème à employer ce mot de Nakba, reconnu par aucun historien ?
La Nakba veut dire “catastrophe” en arabe. C’est un fait historique reconnu qui a entraîné le déplacement de la moitié de la population palestinienne. Elle est à l’origine du statut de millions de réfugiés aujourd’hui et de la création de l’UNRWA et d’une journée officielle de l’ONU. Et si vous ne l’avez jamais fait, vous pouvez lire l’historien Elias Sanbar.
La création de l'Etat d'Israël aurait dû s'accompagner de la création de l'Etat de Palestine puisque l'ONU a voté le partage de la Palestine mandataire. Par contre, depuis et de façon constante et dernièrement accélérée, les gouvernements israéliens ont mené une politique de colonisation de peuplement condamnée par des dizaines de résolutions internationales.
Comment comprendre la position des Écologistes par rapport à LFI et JL Mélenchon ? Distance ? Rupture ? Partage de nombreux combats ?
Les Écologistes se définissent par leur projet politique qui vise à maintenir des conditions de vie durable sur cette planète et à défendre la liberté, l’égalité et l’émancipation des personnes. Pas par rapport aux autres formations politiques. En politique, nous faisons des alliances sur le fond et nous ne cédons jamais rien sur nos valeurs. Quand les insoumis défendent la transition écologique, ce sont nos alliés. Sur d’autres sujets pour lesquels nous sommes en désaccord : ils sont des interlocuteurs.
Aux municipales, les écologistes feront-ils des alliances avec LFI ?
Les configurations locales sont différentes selon les territoires. Mais le mandat donné par notre congrès est clair : mettre en place les alliances les plus larges possibles qui permettent à un maximum de villes tenues par la droite de basculer à gauche.
Lorsque l’on étudie les résultats des précédents scrutins, on comprend aisément que certaines villes de droite n’ont rien à faire à droite : on y vote à gauche à toutes les autres élections. Allons-nous priver ses habitants de politiques de gauche et écologistes juste parce que nous ne serions pas capables de travailler ensemble comme nous avons su le faire cet été ?
Avez-vous lu la Meute ? Si oui, qu’en pensez-vous ? Cela modifie t-il l’idée du NFP et la géographie des alliances à gauche ?
Oui. Comme tout le monde, j’ai l’impression ! Un certain nombre de faits qui y sont révélés me heurtent, même si je n’ai pas appris grand-chose. Je conteste la manière dont Jean-Luc Mélenchon fait de la politique. Ce n’est clairement pas ma manière de faire, ni celle des Écologistes. Nous sommes un parti très démocratique. Certains ont même jugé que nous le serions trop. Nous sommes fiers d’être attachés à ces valeurs et de les appliquer au fonctionnement de notre mouvement.
Ce livre pose la question de la brutalité dans la gestion des enjeux de pouvoir en politique. Elle n’est ni nouvelle, ni propre à LFI. C’est une question qu’on se pose depuis longtemps chez les Écologistes.
Mais Mélenchon ne se confond pas avec l’intégralité des militants insoumis, et encore moins de ses électeurs. Vous parliez des municipales : en général, les militants qui travaillent avec nous sur le terrain ne sont pas dans ces logiques là.
Ce que je souhaite, c’est que les français et les françaises puissent bénéficier de politiques de gauche et écologiste, quel que soit l’endroit où ils habitent en France. Ça vaut au niveau national, comme au niveau local.
Sur le voile dans le sport ou sur la question du mot islamophobie, vous semblez défendre une forme de laïcité “ouverte”, pourriez-vous me définir ce qu’est pour vous la notion de laïcité ?
Je ne sais pas quelle question vous pose le mot “islamophobie” exactement mais puisque vous évoquez “le voile dans le sport”, je peux vous confirmer que l’islamophobie est une discipline sportive à part entière chez la droite française. La proposition de Retailleau représente un dévoiement de la loi 1905, qui a été faite pour étendre des droits, et non pour stigmatiser des croyants - en l’occurrence certaines femmes musulmanes.
La laïcité, c’est la neutralité de l’Etat à l’égard de la diversité des confessions religieuses et la garantie de la liberté de croyance (ou de non croyance d’ailleurs). C’est donc un principe de protection. Instrumentalisée, elle peut devenir une norme disciplinaire qui discrimine les citoyens en fonction de leur confession. Et c’est ainsi que Retailleau & consorts attentent aux principes égalitaires de la République en ciblant certaines musulmanes.
On me dit que vous pratiquez des treks catholiques dans la nature. Est-ce exact ?
Je ne sais absolument pas à quoi vous faites référence. Je fais du trail mais je ne vois pas le rapport avec la religion. J’aime la nature. Mais des treks catholiques dans la nature je ne sais pas ce que c’est ni si ça existe. Vous m’expliquerez !
Vous avez confirmé au Nouvel Obs avoir l’encyclique “Laudato si” dans votre bureau. Pourquoi celle-ci vous inspire t’elle ?
Le jour de la sortie de l'exhortation apostolique Laudate Si, très axée sur l’écologie, j’avais été contactée par La Croix pour produire une recension sur le sujet. Je l’ai donc imprimée, lue, et commentée pour la Croix en tant que chef de parti.
Ce document est resté sur mon bureau, comme bien d’autres (la Constitution, des dossiers de presse du mouvement, nos statuts, des notes thématiques) que j’ai vocation à reconsulter si besoin (j’ai horreur de jeter pour devoir réimprimer ensuite, donc je garde).
A la lecture de Laudate Deum, j’ai été frappée par la clarté des mots de ce pape, qui a clairement mieux compris l’écologie que l’immense majorité du personnel politique. Je n’ai quasiment pas une virgule à changer à ce texte, qui pour des passages entiers auraient pu être écrits ainsi par notre Conseil fédéral. Avec beaucoup de lucidité, François rappelle par exemple que le techno-solutionnisme ne nous sauvera pas, et établit un lien indissociable entre justice sociale et justice environnementale.
Ce texte a été une source de réconfort pour beaucoup de militants écologistes, au moment où le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin nous qualifiait d’écoterroristes.
Le Pape étant le chef spirituel de 1,345 milliards de chrétiens dans le monde, sa prise de position, ça n’est pas rien dans la bataille culturelle !
Seriez-vous prête à réintégrer Julien Bayou s’il en exprimait le souhait ? Regrettez-vous la gestion de cette affaire ?
J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer longuement sur le sujet. J’ai d’ailleurs compris à l’écoute de la dernière conférence de presse de Julien Bayou que cette configuration ne se présenterait pas.
Si elle devait se présenter, son adhésion suivrait les procédures décrites dans nos statuts et notre règlement intérieur. Pour celle-ci comme pour les autres, dans un mouvement démocratique et fédéraliste comme le nôtre : ça n’est pas la Secrétaire nationale qui décide.
Quant à la question de savoir si je regrette la gestion de cette affaire, oui, évidemment.
Je regrette d’avoir hérité de ce dossier en devenant Secrétaire nationale - “l’affaire” avant commencé 6 mois auparavant -, dossier qui est le plus difficile que j’ai eu à gérer dans le mandat précédent. Nous avons fait comme nous le pouvions, dans un contexte extrêmement difficile. Pour que stoppent le régime de la rumeur et des enquêtes autogérées en interne, le bureau exécutif de l’époque a demandé une enquête externe gérée par un cabinet professionnel d’avocates, qui respecterait les formes, le RGPD et le contradictoire, et qui a d’ailleurs conduit aux mêmes conclusions que la procédure judiciaire.
Je regrette aussi les souffrances provoquées par cette affaire pour les personnes plaignantes, pour Julien Bayou, pour leur entourage, mais aussi pour les militants et militantes du mouvement, accentuées par le traitement médiatique, qui n’a pas permis un traitement serein de l’affaire et a joué un rôle déterminant dans les souffrances engendrées chez les uns et chez les autres.
La question des Violences Sexistes et Sexuelles percute tous les pans de la société et toutes les organisations. Me too est un mouvement révolutionnaire. Et il y a toujours deux écueils dans un mouvement révolutionnaire : le retour au statu quo défendu par les dominants (et notre société reste éminemment patriarcale), et une forme de course en avant qui pourrait nous amener à accepter l’arbitraire. Tout mon combat, et c’est aussi ma responsabilité en tant que cheffe de parti, c’est d’être sur une ligne de crête, en soutien d’un mouvement d’émancipation essentiel, tout en respectant l’état de droit.
Ce n’est évidemment pas simple, car cette ligne de crête charrie beaucoup de questions complexes : sur l’exemplarité des dirigeants (il y a des comportements qui ne sont pas sanctionnés par la loi mais qui posent question quand on a du pouvoir), la médiatisation des affaires, les limites de la vie privée, le fait d’offrir des cadres clairs, etc. En tout cas, chaque décision que nous avons prise dans cette affaire, nous l’avons prise en étant guidés par une boussole : donner droit à la parole de celles qui sont silenciées, dans un cadre sécurisé et avec des procédures impartiales, permettant aux plaignantes de dire ce qu’elles avaient à dire et à Julien Bayou de se défendre.
1. Aucun ministre n’a réclamé l’interdiction de Twitter.
2. Le bannissement de Twitter ou TikTok est déjà prévu dans le droit européen (ce qu’ont rappelé les ministres en question).
3. Le problème régulièrement évoqué n’est pas ce que pense Musk, mais l’opacité avec laquelle il peut manipuler ce qui apparaît sur les écrans des électeurs français. Comme si un étranger pouvait instantanément placer des millions d’affiches électorales dans nos rues, sans aucun contrôle.
4. Il est étonnant que le président d’un parti se disant patriote voie d’un mauvais œil la nécessité de transparence sur les algorithmes d’une plateforme américaine désormais liée à Trump, ou d’une plateforme chinoise liée au Parti communiste.
5. La liberté d’expression n’est pas absolue. Par exemple, on ne peut pas dire que les chambres à gaz sont un détail de l’Histoire (selon la jurisprudence).
🗣️ "C'est absolument infect, c'est insupportable".
L'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem réagit aux propos de François Bayrou après la mort de Jean-Marie Le Pen, qui a évoqué "une figure de la vie politique française".
Jean-Marie Le Pen est mort.
Pensées aux algériens qu’il a torturés, aux victimes de la Shoah qu’il a niées, à toutes les cibles de l’extrême-droite.
Ses idées, le danger qu’elles représentent pour nos démocraties, sont elles, bien vivantes.
Battons enfin ses héritiers.
@MurielRoux3@leJDD Prêt à remplacer les migrants économiques dans les champs en été et une serpillère à la main le reste de l'année ? Sans être déclaré, sans être payé au SMIC et, si t'as de la chance, avec un simple mi-temps.
🇫🇷 « On vient nous parler du droit du sol alors que des gens n'ont ni à manger ni à boire », « on existe aussi! ». Le préfet de Mayotte a été interpellé lors de la visite de Bayrou. Mtsangadoua, durement touchée, est toujours privée d'eau et d'électricité.
J’ai écrit aujourd’hui à Emmanuel Macron pour lui dire qu’il doit respecter le résultat des élections législatives plutôt que de nommer dans la précipitation un Premier ministre de son camp à 20 heures ce soir.
Ce serait une faute politique majeure.
Les Français ont demandé une alternance.
Notre rôle de forces politiques est de la préparer. C’est ce que j’ai proposé aux autres chefs de parti.
Le sien est d’y consentir.
🟢Que faire après la chute du gouvernement Barnier ?
À situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Il faut un dispositif transitoire d'urgence à la hauteur du moment de crise que nous vivons.
Mon message aux Françaises et aux Français ⤵️
#MotionDeCensure
Un soutien d’un ancien président ne devrait pas dire ça.
Un soutien d’un candidat à la présidentielle non plus.
Un politique qui se prétend socialiste encore moins.
Je ne savais pas que les débats internes au NFP tourneraient un jour autour de la supposée couleur de mes sous-vêtements.
Je suis la seule femme cheffe de parti. J’en vois des vertes et des pas mûres. Mais ce genre de propos, en 2024, au sein du NFP, je ne pensais pas que c’était encore possible.
Passée la forme douteuse et sexiste (qui ne passe pas vraiment), le fond du propos n’a aucun sens.
Les Écologistes sont Écologistes. Ils ne se déterminent ni par rapport à la France insoumise, ni par rapport au Parti socialiste. Ils se déterminent par rapport à l’Ecologie et je le rappellerai autant que nécessaire.
Les Écologistes défendent par contre un truc très simple : la justice environnementale et sociale. Et une candidature unique pour 2027, pas juste pour éviter le pire mais pour proposer aux français le meilleur. Pour améliorer leur quotidien et pour protéger leurs lendemains.
Cela ne fait pas vraiment de nous un parti « qui fait le boulot au service de la FI ».
Ni un parti « au service de François Hollande », certes.
Et si ça vous pose un problème c’est la même chose.