@VoiceOfCongo C'est mieux qu'elle reçoive ce gars chez les parents où il pourrait y avoir un contrôle sur ce qu'ils font qu'ailleurs où les parents n'auront aucun contrôle sur la suite des événements
Ma question est la suivante : en tant que président de la République, que fais-tu réellement pour remédier à cette situation, en dehors de jouer le porte-parole de Kabila et de son prétendu mouvement insurrectionnel ?
2/2
Norbert BASENGEZI KATINTIMA
Partisan de la première heure, Norbert Basengezi est nommé Gouverneur de la Province du Sud-Kivu dès la prise de la ville de Bukavu par le RCD, poste qu'il occupera pendant 4 ans, jusqu'en 2002. C'est d'ailleurs lorsqu'il est Gouverneur du Sud-Kivu qu'ont lieux les massacres de Makobola (30 décembre 2018). Il s'illustrera surtout par des interventions, sur la voie des ondes, à l'encontre de l'église catholique qui avait rapporté ces massacres.
Lors de la transition de 2003, il est désigné Député national pour le compte du RCD-Goma, avant d'occuper le poste de 2è vice-président de la Commission électorale indépendante (CEI). Après les élections, s'étant rapproché de Joseph Kabila, il est nommé, en octobre 2008, Ministre de l'Agriculture. Lors des élections législatives de novembre 2011, il est élu député national de la deuxième législature de la Troisième République. Il est aussi vice-président de Commission électorale. En 2015, il réintègre de nouveau la Commission électorale nationale indépendante (CENI) comme vice-président de Corneille Nangaa. En mars 2019, son fils Marcellin Mukolo Basengezi et lui-même (y compris Corneille Nangaa) seront sanctionnés par le Trésor américain pour avoir "sapé le processus (électoral) ou les institutions démocratiques en RDC".
Elu sénateur en avril 2024, Norbert Basengezi est autorité morale du parti politique ANCE (Alliance des nationalistes pour un Congo émergent).
Jean-Pierre ONDEKANE INKALE
Il a 36 ans ce 2 août 1998, lorsqu'il décide de tourner le dos au Président Laurent-Désiré Kabila et de rallier la rébellion du RCD. Il était basé à Goma, à la tête de la 10è Brigade, une des meilleures unités que Laurent-Désiré Kabila venait de mettre sur pied, dans le cadre de sa nouvelle armée, les Forces Armées Congolaises (FAC). En août 1998, Jean-Pierre Ondekane affirmait disposer de 50.000 hommes dans le Kivu, notamment son propre bataillon du Nord-Kivu (composé d'environ 14.000 soldats), et d'autres éléments d'une autre importante Brigade envoyée par Kinshasa (la 12è Brigade) stationnée dans le Sud-Kivu. La perte de ces deux brigades (la 10è et la 12è) fut donc un coup dur pour le Président Laurent-Désiré Kabila.
Jean-Pierre Ondekane sera désigné Chef d'État-Major Général et Commandant en chef des Opérations de la rébellion du RCD (baptisée "Armée Nationale Congolaise", ANC). Lors de la première scission qui intervient au sein du mouvement en 1999, Jean-Pierre Ondekane est désigné 1er Vice-président du RCD (avec Moïse Nyarugabo comme 2è Vice-président), et gardera le commandement militaire du mouvement.
Lors de la transition politique (2003), il est élevé au grade de Général de Brigade, puis nommé Ministre de la Défense nationale du gouvernement de transition (composante RCD), poste qu'il occupera jusqu'en 2006.
En mai 2020, âge de 58 ans, il est envoyé à la retraite par le Président Félix Tshisekedi.
Delly SESSANGA HIPUNGU DJA KASENG KAPITU
Jeune militant au sein des "Forces du Futur", parti politique créé par Arthur Z'ahidi Ngoma en 1994, Delly Sessanga rejoint la rébellion du RCD, à Goma, en 1999 (certainement en suivant son leader, car au déclenchement de la guerre ce 2 août 1998, Arthur Z'ahidi est le vice-président du mouvement rebelle).
Lors de la première scission au sein du RCD en 1999, Delly Sessanga fait aussi le choix de quitter Goma et de s'allier à Wamba dia Wamba au sein du RCD-ML, établi à Kisangani. C'est de Kisangani qu'il prendra aussi la décision, comme Thomas Luhaka et les autres, de rejoindre le MLC de Jean-Pierre Bemba.
Lors de la transition de 2003-2006, Jean-Pierre Bemba fait de Delly Sessanga son Directeur de cabinet. Sessanga sera aussi, de mars à octobre 2006, Ministre du Plan du gouvernement de transition (pour le compte de la composante MLC).
Lors des élections législatives de 2006, Delly Sessanga parvient à se faire élire député national dans la circonscription de Luiza, ce qu'il rééditera en 2011 et en 2018.
Delly Sessanga est le président du parti politique ENVOL (Ensemble des volontaires pour le redressement de la RDC), qu'il a créé en 2010.
Tryphon KIN-KIEY MULUMBA
Porte-parole du dernier Gouvernement de l'époque Mobutu (Gouvernement Likulia), Tryphon Kin-Kiey Mulumba quitte le pays en mai 1997, avant de revenir en août 1998, comme membre de la nouvelle rébellion, à Goma : le RCD.
Militant de la première heure au sein du RCD, on lui confie le Département de la Communication et de la Culture. Il sera également porte-parole du RCD-Goma. En juin 2002, il est suspendu du RCD, au motif que ses prises de position étaient contraires à celles du leadership du mouvement rebelle.
Lors des élections législatives de 2006, Tryphon Kin-Kiey parvient à se faire élire député national dans la circonscription électorale de Masi-Manimba. S'étant rapproché de Joseph Kabila, il est, d'avril 2012 à décembre 2014, Ministre des PT-NTIC; puis, de décembre 2014 à décembre 2016, Ministre des Relations avec le Parlement.
Tryphon Kin-Kiey est, depuis juillet 2023, président du Conseil d'Administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA).
Lambert MENDE OMALANGA
Au déclenchement de la rébellion du RCD en août 1998, après des années d’exil et de militantisme en Europe, on le voit à Goma. Lors de la première réforme qui intervient au sein du mouvement rebelle en octobre 1999, Lambert Mende est nommé Chef de Département (l'équivalent du Ministre) en charge de la Mobilisation, Propagande, Jeunesse et Sports.
Mais très vite, Lambert Mende quitte le groupe du RCD-Goma, pour s'associer au RCD/Kisangani-Mouvement de Libération.
Lors de la transition de 2003-2006, Lambert Mende est le Rapporteur du Sénat de la transition (2003 à début 2007). En 2007, il se rapproche de Joseph Kabila et devient membre des différents gouvernements qui se succèderont : en février 2007, il est Ministre des Hydrocarbures au sein du Gouvernement de Gizenga; en octobre 2008, il est Ministre de la Communication et des Médias dans le Gouvernement Muzito; en 2012, Ministre des Médias, des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté dans le Gouvernement Matata; puis de nouveau Ministre de la Communication et des Médias de 2014 à 2018. En 2018 et en 2024, il est élu Député national, pour la circonscription électorale du Sankuru. Il siège actuellement à l'Assemblée nationale.
Emile NGOY KASONGO
Docteur en Économie de l'Université de Paris-Est Créteil, Emile Ngoy Kasongo rejoint la rébellion du RCD à Goma dès son apparition en août 1998. Il sera le tout premier Chef de département (un peu comme l'équivalent d'un Ministre) en charge des Finances et Budget
Pendant la période de la transition, il est désigné Ministre de l'Economie pour la composante RCD-Goma (en juillet 2004, en remplacement d'un autre membre du RCD-Goma, Célestin Vunabandi). En 2005, il se rapproche de Joseph Kabila et il est nommé Administrateur directeur général de l'OGEFREM (de 2005 à 2011).
Émile Ngoy Kasongo est, depuis août 2023, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RD Congo en France.
Alexis THAMBWE MWAMBA
Sous Mobutu, Administrateur-Délégué de la Société minière et industrielle du Kivu (SOMINKI), Ministre des travaux publics et du portefeuille, Ambassadeur du Zaïre en Italie, Président délégué général (PDG) de l'OFIDA (Office des douanes et accises), Alexis Thambwe Mwamba rejoint la rébellion du RCD à Goma dès septembre 1998 et en devient le Chef du Département (un peu comme l'équivalent du ministre) en charge des Relations extérieures.
Mais en 1999, après un conflit sans solution avec le Président du RCD, il quitte le RCD et rejoint le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, mouvement auquel il appartiendra pendant les 5 ans que durera cette guerre. Avec la signature de l'Accord global et inclusif de Pretoria, il est nommé ministre du Plan du gouvernement de transition (juin 2003 à mars 2006).
En 2006, il démissionne de ses fonctions ainsi que de son parti et parvient à se faire élire député national indépendant du Maniema lors des élections législatives de 2006. Il devient ministre des Affaires étrangères du gouvernement Muzito, en octobre 2008.
En décembre 2016, il est nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux et Droits humains, poste qu'il occupera jusqu'à son élection à la présidence du Sénat (juillet 2019 à février 2021).
Roger LUMBALA TSHITENGA
Président de l’UDPS en France dans les années 1990, il rejoint la rébellion du RCD en 1999, avant de se retrouver à la tête d'une faction du mouvement rebelle, qu'il appellera "RCD-National". Son mouvement sera d'ailleurs cité comme ayant participé à la campagne militaire "Effacer le tableau", au cours de laquelle sont perpétrées de nombreuses atrocités contre des civils (atrocités documentées dans le rapport "Mapping").
Lors de la transition de 2003, Roger Lumbala devient Ministre du Commerce extérieur, avant de se faire élire Député national et Sénateur en 2006. Lors de la rébellion du M23 en 2012-2013, il rejoint ce mouvement rebelle à Bunagana, avant de se faire arrêter à Bujumbura (Burundi) et de trouver refuge en France. Mais en janvier 2021, il est interpellé et mis en examen par le parquet anti-terroriste français pour "complicités de crimes contre l'humanité". Il croupit en prison en France, actuellement.
Thomas LUHAKA LOSENDJOLA
Assistant-professeur à l'Université Panthéon-Assas (Paris II), il rejoint la rébellion du RCD à Goma vers la fin 1998. Lors de la première dissension au sein du mouvement en mai 1999, il fait le choix de s'associer à Wamba dia Wamba qui s'installe à Kisangani, avant de s'allier finalement à Jean-Pierre Bemba, au sein de la rébellion du Mouvement de Libération du Congo (MCL).
Pendant les 5 ans que durent ces guerres de rébellion, Thomas Luhaka fait partie des principaux lieutenants de Jean-Pierre Bemba au sein du MCL. Lors de la mise en place des institutions de transition, il est désigné président de l'Assemblée nationale de transition (composante MLC). En 2014, il se rapproche de Joseph Kabila et est nommé Vice-Premier ministre, ministre des Postes et Télécommunications (PT) et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC); puis Ministre des Infrastructures (2016 à 2019) et, enfin, Ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (2019 à 2021).
Moïse NYARUGABO MUHIZI MUGEYO
Avocat à la Cour d’Appel de Lubumbashi, il rejoint la rébellion de l'AFDL de Laurent-Désiré Kabila en 1996. A la prise de Kinshasa par l'AFDL, Laurent-Désiré Kabila le nomme à la tête à l'OBMA (Office des Biens Mal Acquis, organisme de l'Etat chargé de poursuivre d'anciens mobutistes soupçonnés de s'être enrichis illicitement durant la 2ème République).
Au déclenchement de la rébellion du RCD en août 1998, Nyarugabo est désigné Vice-président du mouvement rebelle (l'adjoint au Président Wamba dia Wamba). Lors de la transition politique de 2003-2006, il est d'abord député de l'Assemblée nationale de transition, puis ministre de l'Economie en octobre 2006 (pour le compte de la composante RCD-Goma), avant de se faire élire Sénateur pour la ville de Kinshasa en février 2007. Moïse Nyarugabo parvient à se faire élire député national en 2018, pour le compte de la circonscription électorale d'Uvira.
Antipas MBUSA NYAMWISI
Responsable provincial de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR) au Nord-Kivu lors du déclenchement de la guerre ce 2 août 1998, il rallie la rébellion du RCD et se voit confier le poste de Chef de Département (un peu comme un ministre) en charge de l'Administration territoriale. Par la suite, il est désigné Président de l'Assemblée constituante (une sorte d'assemblée nationale mise en place par le RCD). En septembre 1999, il fait scission du RCD-Goma, aux côtés de Wamba dia Wamba et créent ensemble le RCD-ML.
Lors de la mise en place du Gouvernement de transition en 2003, Mbusa Nyamwisi est nommé Ministre de la Coopération régionale. A l'issue des élections de 2006, il est Ministre des Affaires Etrangères du Gouvernement Gizenga, puis Ministre de la Décentralisation et de l'Aménagement du territoire dans le Gouvernement Muzito.
Mbusa Nyamwisi siège actuellement dans le Gouvernement Suminwa comme Ministre d'État en charge de l'Intégration régionale
Jean-Pierre BEMBA GOMBO
Il a 36 ans lorsqu'il lance sa propre rébellion, qu'il appellera "Mouvement de Libération du Congo" (MLC). A ce moment-là, il fait des affaires, amassant une petite fortune grâce à sa compagnie "Comcel", une des sociétés de téléphones cellulaires présente à Kinshasa vers 1995-1996.
Avec l'aide du Général-Major James Kazini (jeune frère du Président ougandais Yoweri Museveni), Jean-Pierre Bemba parvient à contrôler une grande partie du nord-est de la RD Congo. Après l'accord de paix qui met fin à la guerre en 2003, il devint l'un des quatre Vice-présidents du pays au sein du Gouvernement de transition (2003-2006). Arrivé 2è lors de l'élection présidentielle de 2006, il devient sénateur, avant de quitter le pays et de se faire arrêter, en mai 2008, par la Cour Pénale Internationale qui l'accusera des crimes graves commis en République centrafricaine.
En juin 2018, la Chambre d'appel de la CPI décide d'acquitter Jean-Pierre Bemba des charges de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Il rentre alors au pays. En avril 2023, il est nommé Vice-Premier ministre et ministre en charge de la Défense nationale; avant de devenir, depuis mai 2024, Vice-Premier ministre en charge des Transports.