Je suis de droite. Et je regarde avec malaise une partie de ma famille politique s’émouvoir de l’expulsion de la propagandiste russe Xenia Fedorova.
Deux arguments reviennent en général et aucun ne me convainc.
1) Elle serait moins dangereuse que les OQTF qu’on n’expulse pas.
La défaillance de l’État sur les OQTF est réelle et je suis le premier à la dénoncer. Mais elle ne fait pas de l’agente d’influence d’une puissance hostile une victime. Un manquement ne justifie pas un autre. La position cohérente, c’est qu’il faut l’expulser, elle et tous les OQTF.
2) C’est l’Ukraine qui a commencé avec le Donbass.
C’est, mot pour mot, le narratif du Kremlin, celui-là même que Fedorova diffuse. Le reprendre pour la défendre, c’est valider le motif de son expulsion.
Mais le véritable sujet est ailleurs. Une partie de la droite s’est construit un Poutine imaginaire : l’homme à poigne, le rempart et l’ordre face à un Occident décadent.
Les faits disent autre chose : une jeunesse diplômée partie par centaines de milliers, une espérance de vie masculine inférieure de dix ans à la nôtre, une corruption systémique, une économie de guerre dépendante de Pékin. L’« ordre russe » est une vitrine. La réalité derrière ne ressemble à aucun modèle dont la France pourrait s’inspirer.
On peut aimer l’ordre, la nation, l’autorité, c’est mon cas, sans les chercher chez un régime qui mène des opérations d’influence sur notre sol.
De Gaulle défendait la souveraineté française contre toutes les tutelles. Y compris Moscou.