J'ai donc vu La bataille de Gaulle hier soir. Grande salle de l'UGC des Halles quasi pleine.
Côté pile : comme le faisait remarquer un ami, ce film semble refermer la parenthèse ouverte par Le Chagrin et la pitié en 1971, qui avait inauguré la déconstruction de la France gaullienne, et ouvert tout le champ idéologique de la critique d'une France peu glorieuse dont l'essence serait en grande partie dans la collaboration.
Chez Baudry, c'est le grand retour du patriotisme résistant décomplexé. Les héros crient vive la France, les vichystes sont des traitres. Les Anglais sont calculateurs, les Américains des alliés de circonstance autant que des adversaires. Tout est à sa place.
Baudry ajoute aussi au patrimoine national ce qui est je crois une des toutes premières représentations filmiques de la bataille de Bir Hakeim. Morceau de courage et d'abnégation pur, dans la grande tradition gauloise du petit groupe de guerriers sous-équipés qui fait face à l'empire qui veut le submerger.
Bien sûr, il y a les petites touches post-modernes, un recul ironique inévitable, qui dépeint parfois De Gaulle à la frontière du grotesque. Mais cela n'entâche pas le constat : nous sommes culturellement passés de l'autre côté, le patriotisme a de nouveau sa place auprès du grand public. Simon Abkarian qui parle de De Gaulle la larme à l'œil devant Yann Barthès, c'est un nouveau monde/
Les raisons de ce retour me semblent limpides :
la patriotisme contemporain avait disparu car il n'était plus existentiel dans le contexte de la pax americana, et était devenu un obstacle dans le contexte de la construction européenne.
La fin de la pax americana et le risque concret de se faire géopolitiquement écraser redonne une pertinence instrumentale à la technologie sociale du patriotisme sur laquelle repose la défense farouche des intérêts de son pays.
Le retour en grâce de la nation est-il là pour durer ?
Tout dépendra de ce qu'il adviendra de la construciton européenne maintenant que l'Amérique a fait tomber le masque.
Côté face maintenant : Baudry passe à côté du Général.
Pourquoi De Gaulle a-t-il cette folie de rompre avec Pétain et d'aller à Londres. Pourquoi dit-il "je suis la France" à Chruchill, en le croyant profondément ? Et poruquoi certains le croient ?
Pourquoi et comment cette aberration historique qu'est De Gaulle ?
C'est très simple, et l'oubli de Baudry est d'autant plus dommageable que la clé est dans le titre même de la biographie qui a inspiré le film : "une certaine idée de la France."
Plus précisément, il y a au XIXe siècle deux conceptions principales de la nation.
1. La version contractuelle, post-1789, à la Sieyès : la nation est l'agrégat des volontés et des intérêts présents, chaque génération peut la révoquer et la reconfigurer. C'est cette version de la nation qui sous-tend par exemple le concept de nouvelle France de Mélenchon.
2. La version historiciste de la nation, issue de Burke et en France incarnée par Barrès : la terre et les morts. La nation ne représente pas que les vivants, mais aussi les morts et ceux qui sont à naître. Ainsi les vivants n'ont pas l'autorité suffisante pour redéfinir la nation à chaque génération.
Renan est célèbre pour avoir unifié ces deux visions de façon totalement explicite.
"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis."
De Gaulle lui appartient à une autre tradition. La France n'est pas pour lui un objet immanent, que l'on étende son essence à tous les Français passés présents futurs ou qu'on la restreigne aux contemporains.
De Gaulle est péguysite.
De Gaulle en 1964 à propos de Péguy : "Aucun écrivain ne m'a autant marqué. Dans les années qui ont précédé la guerre, je lisais tout ce qu'il écrivait, pendant mon adolescence et quand j'étais à Saint-Cyr, puis jeune officier. Je me sentais très proche de lui. Ce qui m'intéressait surtout chez lui, c'était son instinct."
Payerefitte : "Lui aussi, il se faisait une certaine idée de la France, comme d'une personne vivante, pareille à la Madone des fresques.
De Gaulle : "Oui, c'est évident."
Péguy rompt avec les définitions immanentes de la France, et lui accorde la transcendance. La France est une essence dont les générations successives ne sont que les dépositaires. Une certaine idée de la France existant avant, après et au-dessus de tout Français particulier. Cette idée de la France anime les Français beaucoup plus que les Français animent la France. Et les intérêts de la France peuvent être en contradiction avec ceux des Français de toutes les générations.
De Gaulle, c'est avant tout ça.
Les pétainistes ne sont que des sieyèsiens qui se trompent. Mais fondamentalement, ils justifient leur comportement par leur objectif consistant à préserver les intérêts des Français. Éviter une nouvelle boucherie. Donner aux Français une place dans le nouvel ordre germanique.
Pour De Gaulle, ce serait entâcher l'âme de la France. C'est pour cela qu'il peut dire être la France, son dépositaire légitime. Peu importe ce que disent les institutions, c'est celui qui est habité par la France qui porte sa légitimité.
C'est parce que Roosvelt n'est pas péguyste qu'il ne comprend pas qui est De Gaulle et cherche à l'écarter.
Et c'est parce que De Gaulle a fondamentalement raison qu'il réussit. En effet, sur quoi repose le succès de De Gaulle ? Sur le fait qu'en France, dans l'Empire, des Français reconnaissent la France en lui. Des Français pour qui donc la France est autre chose que les Français.
Et c'est aussi pour cela que De Gaulle peut raconter le récit de la résistance. Si la France est autre chose que les Français, alors elle est aussi autre chose que Vichy et ses collabos. Les Français peuvent être indignes de la France, mais la France, elle, reste intacte, tant qu'assez de Français sont là pour protéger et perpétuer son âme.
Sans cette clé de lecture, De Gaulle n'est qu'un excentrique qui a eu de la chance et du courage. Vision du personnage qui transparaît un peu trop chez Baudry.
Avec cette clé de lecture, l'histoire de De Gaulle est une histoire quasi christique, où ce n'est pas Dieu qui s'est fait homme, mais une nation qui s'est faite Général.
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That water clarity is an engineering decision, and the math behind it is wilder than the video.
Roman aqueducts ran on gravity alone. No pumps, no pressure systems. Engineers carved channels with a gradient so shallow it borders on absurd. The Pont du Gard in southern France drops 2.5 centimeters over 275 meters. That's roughly the thickness of a coin over the length of three football fields. They surveyed that accuracy with plumb lines and wooden leveling instruments.
The clarity you're seeing is a direct product of flow velocity. Too steep and the water erodes the channel walls, picks up sediment, turns brown. Too flat and it stagnates. Roman engineers targeted a slope of about 20 centimeters per kilometer, which kept the water moving fast enough to stay fresh but slow enough to stay clear. Before the water reached the city, it passed through multi-chamber settling tanks where velocity dropped near zero. Suspended particles sank. Clean water flowed out the top into the next chamber. Repeat three or four times.
Pliny specified the minimum slope in writing. Vitruvius published the exact mortar ratio for hydraulic cement: one part lime to two parts volcanic ash for underwater work. The pozzolana from Pozzuoli reacted with water to form a calcium-aluminum-silicate compound that actually gets stronger the longer it sits submerged. Modern concrete degrades in water. Roman concrete bonds with it.
Scale the whole system and it gets harder to process. Eleven aqueducts fed Rome at its peak. Combined output: roughly 1 million cubic meters of water per day. That works out to about 250 gallons per person for a city of one million. Modern New York delivers about 125 gallons per person per day. Ancient Rome had access to double the per capita water supply of the largest city in the United States, running entirely on slope and stone.
The Trevi Fountain in Rome is still fed by one of them. Two thousand years, same source, same gravity, same water.
Je remercie Monsieur l'ambassadeur représentant les USA aux Nations Unies, SA M Waltz pour le courrier qu'il a adressé au Conseil de Sécurité le 10 mars dernier (rendu public hier) afin de justifier l'intervention américaine en Iran.
🔗 https://t.co/ISP1FOQuYC
En effet :
1. Il montre que le droit international n'est pas mort, puisqu'on continue de l'invoquer pour se justifier; et
2. Il me fournit matière à cas pratique en contexte avec mes étudiants de Droit International Public.
#1
Je continue dans la lignée des billets de 500 euros qui traînent par terre et qu'on ne prend pas la peine de ramasser, trop occupés à pleurer sur le déclin du pays.
Si je vous disais que j'ai une autre méthode gratuite pour obtenir 20 000 naissances de plus par an, plus d'un demi-million en une génération, et que le seul prix à pays c'est... des gens plus contents de travailler et en meilleure santé ?...
Étude très robuste d'Aksoy, Bloom et al. (King's College London / Stanford, 2025, 38 pays) : quand les deux partenaires d'un couple télétravaillent au moins un jour par semaine, la fécondité augmente de 0,32 enfant par femme. Aux États-Unis, les niveaux actuels de télétravail expliquent 8,1% des naissances en 2024, soit 291 000 bébés.
Lyman Stone (Institute for Family Studies, 2022) : les femmes travaillant à distance avaient 40% de chances en plus d'être enceintes ou d'essayer de l'être. Bailey, Currie et Schwandt : le baby bump post-COVID de 2021 (+50 000 naissances chez les diplômées mariées) était concentré chez celles qui avaient accès au télétravail.
La preuve en négatif : la Corée du Sud a un TFR de 0,72 (le plus bas du monde) malgré des milliards de dépenses natalistes. Raison identifiée : journées de 12 heures, présentéisme absolu, incompatible avec la parentalité. Sans flexibilité du travail, même l'argent ne sert à rien.
POURQUOI ÇA MARCHE
Trois mécanismes. Le temps de trajet disparaît : un Francilien perd 1h20/jour en transport, deux jours de télétravail c'est 6 semaines de temps libre récupérées par an. Le coût d'opportunité d'un enfant baisse : on gère un enfant malade, des devoirs, une livraison entre deux réunions, la charge mentale diminue. La géographie se libère : le couple qui télétravaille accepte 30 minutes de trajet en plus, accède à des logements familiaux deux fois moins chers.
LE CALCUL POUR LA FRANCE
27 millions d'actifs. 30% d'emplois télétravaillables (DARES), soit 8 millions. Aujourd'hui, 25-30% télétravaillent régulièrement. Les autres ne le font pas par refus managérial, pas par impossibilité technique. En passant de 30% à 80% de télétravailleurs parmi les éligibles, avec l'élasticité de Bloom (+0,18 enfant/couple, estimation conservatrice US), on arrive à 15 000 à 25 000 naissances/an.
Coût économique : nul ou positif. Bloom a montré que si le total télétravail faisait baisser la productivité de 20 à 30%, le télétravail hybride jusqu'à deux jours ne réduit pas la productivité et diminue le turnover de 35%. L'essai islandais (2015-2019, fonction publique) a confirmé : productivité stable, salariés en meilleure santé.
CE QU'IL FAUT FAIRE
Une seule mesure. Un droit opposable au télétravail, 2 jours/semaine, pour les métiers qui le permettent. L'employeur peut refuser mais doit motiver par écrit avec des raisons objectives. On ne force personne. On inverse la charge de la preuve.
Une loi. Un article. Pas de budget. Juste l'inscription dans le Code du travail d'un droit qui existe déjà de fait pour des millions de salariés depuis 2020, mais qui dépend encore du conservatisme d'un manager.
Le Royaume-Uni (2024) et les Pays-Bas (2023) ont déjà inscrit dans la loi un droit de demander le travail flexible dès le premier jour. C'est encore trop récent pour mesurer l'effet sur la fécondité, mais ça montre que le principe est politiquement faisable dans des démocraties européennes.
Transparence totale : dans ma boîte, nous avons décidé d'être en total télétravail 5 jours par semaine + pas d'obligation de localisation (si tu veux travailler depuis le Lot, tant que tu as du haut débit, c'est ton choix) dès 2018. Personne ne voudrait revenir en arrière, et particulièrement pas les dirigeants.
Alors voilà, pas la peine de pleurnicher sur l'effondrement démographique, la crise du logement et l'économie atone.
Avec quelques lois gratuites, on fait baisser le coût du logement de 40%, on augmente le PIB de 50 milliards par an, on améliore la qualité de vie et le pouvoir d'achat des Français, et on produit en une génération 1,6 millions d'habitants en plus.
On continue à se plaindre, ou on ramasse les billets ?
Pourquoi des militaires français sont-ils présents en Irak ? Comment le dispositif a-t-il évolué et à quelles menaces font-ils face ?
Je détaille tout cela dans un Focus stratégique @IFRI_ publié en novembre 2022 mais qui reste d'actualité ⬇️
https://t.co/IJ8HsfUxwF
Cette tribune de Françoise Laborde soulève un problème majeur : l'Arcom organise la judiciarisation de la pensée.
1) Le procédé dénoncé est d'une efficacité redoutable : sanctionner le diffuseur pour évincer l'auteur des propos.
👉 En refusant le statut de "partie intéressée" à l'intervenant, le régulateur crée une zone de non-droit.
👉 La personne est jetée en pâture à l'opinion publique, mais reste privée de recours direct puisque, juridiquement, elle n'est pas la cible de l'amende.
👉 C'est une condamnation morale sans les garanties de la défense.
2) On assiste à l'émergence d'une société de la vigilance, où des groupes de pression transforment le signalement en arme politique.
👉 En saisissant l'Arcom par milliers au moindre mot "clivant", ces activistes imposent leur propre grille de lecture du réel.
👉 Le régulateur n'est plus un arbitre, mais la chambre d'enregistrement d'une indignation sélective.
3) Cette dérive produit un effet dévastateur : l'autocensure préventive.
👉 Pour les chaînes : La peur du coût financier pousse à l'uniformisation des plateaux. On écarte le profil "à risque" pour privilégier le consensus mou.
👉 Pour le débat : Isoler une phrase de son contexte d'analyse pour la qualifier de "dérapage" tue la nuance.
Si l'on ne peut plus citer, analyser ou même nommer une réalité sans risquer la mort sociale ou la faillite de son employeur, la liberté d'expression n'est plus qu'un concept de papier.
La démocratie ne doit pas être un espace de "sécurité intellectuelle" absolue, mais un lieu de confrontation. Transformer la régulation en police des intentions, c'est condamner le journalisme à la simple lecture de communiqués.
"Si l'opinion est juste, on les prive de l'occasion d'échanger l'erreur pour la vérité ; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable : une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l'erreur." John Stuart Mill.
@HertzienBaracca@cortisquared Encore heureux qu'EDF ait margé sur l'ARENH, mais 1.7Md c'est un montant faible vu le besoin d'investissement + Bien entendu que le consommateur se reporte vers des fournisseurs qui bénéficient d'un avantage déloyal via l'ARENH... car ils ne supportent pas les mêmes coûts
@HertzienBaracca@cortisquared Bien évidemment qu'il faut réserver le marché de détail aux producteurs d'électricité, je critique l'ARENH car elle permet à des fournisseurs d'être rentables sans investir, c'est la clé de voûte d'un marché biaisé pour démanteler l'opérateur historique
@cohaerentiat Aussi ce sont bien les frustrations créées par le règne de l'idéologie progressiste (et ses délires) dans les médias traditionnels qui a alimenté leur rejet, comme un prix payé par l'usure du pouvoir
@cohaerentiat Parce que la galaxie des médias alternatifs MAGA a eu une influence énorme, laquelle ne se limite pas au budget investi. D'ailleurs ce qui importe c'est l'audience (électorat à séduire pour les primaires).Une fois Trump candidat, il lui suffisait de jouer la carte de l'alternance
@HertzienBaracca@cortisquared L’ARENH a permis à cette catégorie d’acteurs d’exister et d’être compétitifs face à l’opérateur historique sans avoir à réinvestir les bénéfices dans l’outil de production, alors même qu’ils supportent des coûts faibles. Là est le scandale !
@HertzienBaracca@cortisquared Vous faites bien de rappeler que la loi NOME n’a pas créé de contrepartie ! même si EDF a pu bénéficier de rentes par accidents, la clause était déséquilibrée pour avantager artificiellement ses concurrents
Perhaps the most spectral rendition of La Marseillaise
French army officer cadets sing in the Douaumont Ossuary which contains the remains of 130,000 soldiers who died at Verdun and the surrounding area during WWI (2025)
#MardiMarseillaise
@HertzienBaracca@cortisquared In fine cela a permis de subventionner pour partie la production d'installations ENR par le parc nucléaire historique, mais pour atteindre ce but la création d'un marché artificiel n'est pas le procédé le plus efficace, et EDF a accumulé du retardd'investissement sur le nucléaire
@HertzienBaracca@cortisquared Homme de paille ! Je n'ai pas dit que l'ARENH a augmenté le coût mais qu'il a augmenté même avec. Je critique la création d'une rente au profit de dealers d'électr. sans valeur ajoutée, alors que l'émergence de producteurs alternatifs était l'objectif in fine de la libéralisation