Cela fait 30 ans que la fin de vie est pour moi un sujet, 5 ans que je suis engagé quotidiennement, 4 ans que je vais au chevet des malades.
J'ai bien le droit de vous adresser encore ces derniers mots, Mesdames, Messieurs les députés
"Il est vrai que je me suis employé à scruter les symptômes du suicide occidental, la montée du nihilisme; ms je n’ai ps le souvenir de m’en être réjoui. Ns entrons dans un monde où il sera + facile de mourir; j’aurais préféré 1 monde où l’on puisse vivre" https://t.co/jnE0xRd7rR
Il ne faut être dupe des démentis mensongers bricolés à la hâte sur le "cocktail de célébration" de la loi fin de vie. Ils n'ont reculé que parce qu'ils ont été pris les doigts dans le pot de confiture. Non à un droit à légiférer dans l'indignité !
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Si ce texte passe, pourrai-je encore aimer cette société, me sentir une communauté de destin avec elle, avec cette Nation ?
Ma chronique du 6 juillet pour La Croix
LETTRE OFFICIELLE
Monsieur le Premier ministre @SebLecornu,
Le Sénat vient, une nouvelle fois, de refuser la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. La commission mixte paritaire a échoué. La suite vous appartient car l’article 45 de la Constitution ne vous oblige nullement à demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement. Vous pouvez y renoncer.
C’est pourquoi je m’adresse à vous comme à celui qui tient, en cet instant, une responsabilité que nul ne peut porter à sa place. Cette loi n’est pas une loi ordinaire : elle rompt avec une prohibition de vingt-cinq siècles, celle d’Hippocrate interdisant au médecin de remettre du poison et autorise la mise à mort d’innocents. On ne saurait la traiter comme un aménagement technique.
Permettez-moi de vous soumettre, en conscience, quelques faits établis car il ne s’agit pas ici d’une simple opinion.
— La promesse d’une « mort douce » n’est pas garantie. Ni les substances administrées ni la physiologie du corps humain ne permettent d’affirmer que ces procédés sont indolores : les autopsies révèlent un œdème pulmonaire aigu dans la majorité des cas et les complications sont documentées là où l’euthanasie est pratiquée.
— Le texte ne se limite pas à la fin de vie. Une « phase avancée » suffit (article 4) : une personne à qui il reste des mois, voire des années, peut être concernée.
— Les plus vulnérables ne sont pas protégés. Ni les majeurs sous tutelle ou curatelle, ni les personnes au discernement altéré ne sont exclus. Un discernement jugé insuffisant, en droit civil, pour souscrire un crédit ou acquérir un véhicule serait tenu pour suffisant pour consentir à sa propre mort.
— La conscience est niée à chaque échelon. Les pharmaciens sont privés de clause de conscience ; les établissements privés, en particulier confessionnels, ne pourront s’opposer à ce que l’acte soit pratiqué en leur sein. L’euthanasie pourra entrer, contre leur charte, jusque dans les maisons tenues par des congrégations.
— Aucun droit opposable au soin n’est garanti. La personne se voit reconnaître un accès à la mort, mais non un droit aux soins palliatifs, quand une vingtaine de départements en demeurent dépourvus et que moins de la moitié des besoins est couverte.
— L’expérience étrangère avertit. En Oregon comme au Canada, la demande est mue par la perte d’autonomie et la peur d’être un fardeau pour l’entourage, non par la douleur . Le « droit » de mourir s’y mue insensiblement en devoir de ne pas peser.
Monsieur le Premier ministre, la sagesse ne commande pas de précipiter ce texte mais plutôt de l’abandonner. Donnez la priorité à ce que les Français réclament d’abord : l’accès universel aux soins palliatifs. Ne donnez pas le dernier mot à ceux qui veulent à tout prix administrer la mort quand la République n’a pas encore assuré à chacun le premier secours du soin.
La grandeur d’un homme réside dans le courage de protéger les plus faibles, quelles que soient les forces en présence. Vous avez ce pouvoir. Rien, aujourd’hui, ne vous oblige à en faire un autre usage. Je forme le vœu que votre conscience vous porte à en user pour la défense de la vie.
L’ensemble de l’analyse — l’article « L’euthanasie, pour quoi faire ? » et ses deux annexes — est à la disposition de vos services :
https://t.co/d4Uw9xS7Ep
https://t.co/HYJdNZezda
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Vous remerciant par avance de votre attention,
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.
Me Virginie de Araújo-Recchia
Copie : @DepCitoyennes@AllegretPilot@DocteurPEB1@halterophilo@koztoujours@allianceVITA@asso_SFAP@clairefourcade3@ONEST_alter
On ne débat plus seulement de fin de vie : on assiste à une opération de langage. La mort provoquée devient un “soin”, l’euthanasie devient une “liberté”, et la dignité humaine se retrouve conditionnée à l’autonomie. Voilà comment le système habille une rupture majeure avec des mots acceptables. ⚠️
Si la priorité était vraiment la dignité, pourquoi l’État ne commence-t-il pas par garantir des soins palliatifs accessibles partout, avant de légaliser la solution la plus irréversible ? 🧨
EXCLUSIF - Les députés devraient adopter définitivement, le 15 juillet, la proposition de loi sur la fin de vie. À cette occasion, l’écrivain confie les raisons profondes pour lesquelles il s’oppose à l’euthanasie. →https://t.co/XR9IeDJZTt
"Il suffit d’examiner les arguments des partisans de l’euthanasie pour être envahi par le dégoût, et qu’à force de dégoût se déclenche une insurrection morale." Michel Houellebecq dans @Le_Figaro
https://t.co/MEKjqOdISF
« Aide à mourir » : suite aux vives réactions suscitées par l’organisation d'une réception le 15 juillet, Laurent Panifous a indiqué la « reporter » https://t.co/ybQrEIKu9D
Cocktail de "célébration" de la (pas encore votée) loi sur le "l'aide à mourir".
Une fête parce qu'il sera plus facile d'accéder à "l'aide à mourir" qu'aux soins palliatifs pour les 50% de patients qui en sont toujours privés?
Tous frais payés par le CESE bien sûr...