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Coupe du monde : des Kabyles aux USA contraints de supporter l’Algérie
KANSAS (TAMURT) – À moins d'une semaine du match Algérie-Argentine, la fièvre monte dans la ville de Kansas. Le pouvoir algérien veut mobiliser tous les Algériens établis aux alentours de Kansas, sauf que la majorité est kabyle.
Nous avons contacté un Kabyle établi dans la ville américaine de Kansas, où est prévue la première rencontre de l’équipe algérienne. Il a déclaré qu’une manipulation à grande échelle visant à mobiliser les Kabyles est mise en place par le régime algérien. « C’est vrai que certains Kabyles supportent l’Algérie de leur propre gré et personne ne peut nier cette réalité. Mais l’autre réalité, c'est la manipulation du régime algérien. Des indicateurs du régime algérien, des Kabyles malheureusement, font circuler des rumeurs selon lesquelles tout Kabyle qui n'ira pas supporter l’équipe algérienne aura des problèmes à son retour en Algérie, voire même le non-renouvellement de son passeport. Un vrai chantage. Ils sont nombreux, les Kabyles qui ont cédé au chantage du régime algérien. Ils ont peur, ce qui est un peu normal », nous déclare au téléphone un jeune ingénieur kabyle installé depuis à peine un an dans la ville de Kansas.
« Nous sommes nombreux, les Kabyles, à avoir refusé de supporter cette équipe algérienne. La majorité d’entre nous est indépendantiste, d’autres non. Ils ne veulent pas faire la publicité du régime algérien. Il y a même des Algériens arabophones qui ne veulent pas non plus supporter l’Algérie, tellement la manipulation est flagrante. Le pouvoir algérien veut faire croire au monde entier que les Kabyles sont des Algériens et que les Algériens sont tous derrière le régime algérien », témoigne notre interlocuteur.
Certaines autres sources parlent même de contacts directs des services consulaires algériens avec des Kabyles aux États-Unis, leur demandant d’aller au stade et de supporter l’équipe algérienne. Des drapeaux algériens sont distribués gratuitement par certaines personnes qui se présentent comme supporters algériens.
Idir Yatafen
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Arrestation du journaliste Christophe Gleizes : la FIFA gifle Alger
USA (TAMURT) – Un coup dur pour le régime algérien. Alors que les yeux du monde entier sont braqués sur la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, lors d’une conférence de presse, le patron de la FIFA a annoncé qu’une accréditation avait été délivrée au journaliste français Christophe Gleizes, détenu par la junte militaire algérienne au pouvoir.
La nouvelle a été annoncée par le président de la FIFA lors d’une conférence de presse en présence des médias du monde entier. Une gifle cinglante pour le régime d’Alger.
« C’est le seul journaliste encore en prison dans le monde entier », défend le patron de la FIFA, qui a appelé le président algérien à le libérer.
Enfermé depuis plus d’un an dans une prison algérienne, le Français de 37 ans a été accrédité pour couvrir le Mondial pour So Foot, annonce de son côté Reporters sans frontières ce mercredi 10 juin. Il purge actuellement une peine de sept ans de prison parce que le journaliste voulait consacrer un reportage au club kabyle de la JSK. Il a été condamné dans un contexte de crise diplomatique entre Alger et Paris.
L’accréditation du journaliste Christophe Gleizes porte le numéro 00980549. Elle autorise le journaliste âgé de 37 ans à couvrir l’ensemble du Mondial, qui se joue aux États-Unis, au Canada et au Mexique, du 11 juin au 19 juillet, pour le magazine So Foot, dont il est collaborateur.
Pour le moment, le régime algérien et sa presse restent de marbre. Les décideurs sont sonnés. Que fera le régime algérien ? Il est humilié et dos au mur.
Christophe Gleizes a été, pour rappel, arrêté en mai 2024 en Kabylie, à Tizi Ouzou, dans le cadre d’un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK). Placé sous contrôle judiciaire, il a été incarcéré en juin 2025 après sa condamnation pour « apologie du terrorisme » à sept ans de prison.
Ses parents sont allés lui rendre visite en détention la semaine dernière, racontent-ils à l’AFP. « Christophe allait bien et est bien traité, mais se sent de plus en plus isolé du monde extérieur », selon sa mère, Sylvie.
Le régime algérien jette en prison des centaines de Kabyles, parfois sans aucun motif, ainsi que ce journaliste sportif français.
Idir Yatafen
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Slimane Bouhafs : « Je veux renoncer à la nationalité algérienne »
KABYLIE (TAMURT) – Le chrétien kabyle Slimane Bouhafs lance un cri de détresse et interpelle le secrétaire général de l’ONU au sujet des persécutions dont il affirme être victime. Selon lui, les autorités algériennes le privent de ses droits fondamentaux, en dehors de toute décision judiciaire.
« Je n’ai plus droit à ma retraite ni même à la liberté de circuler. Je suis surveillé par les services de sécurité et je ne peux pas quitter le pays. J’interpelle le secrétaire général de l’ONU afin qu’il intervienne auprès des autorités algériennes pour me permettre de quitter définitivement l’Algérie. Ma retraite est confisquée et je suis traité comme un citoyen de seconde zone, simplement parce que je suis chrétien. Je suis prêt à renoncer à la nationalité algérienne et à accepter celle de n’importe quel pays d’accueil », déclare Slimane Bouhafs.
L’ancien détenu affirme ne plus supporter les pressions auxquelles il dit être soumis. « Je rappelle au secrétaire général de l’ONU que j’ai obtenu le statut de réfugié politique auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Tunisie en 2018. En 2021, j’ai été enlevé en Tunisie puis transféré en Algérie, où j’ai été emprisonné pendant plusieurs années. Je n’en peux plus. Je veux quitter ce pays qui ne veut plus de moi », affirme-t-il.
Selon ses déclarations, il aurait tenté à plusieurs reprises de quitter l’Algérie, mais aurait été refoulé à chaque fois à l’aéroport. Il soutient qu’aucune décision de justice ne lui interdit de voyager et qu’il a déjà purgé les peines auxquelles il avait été condamné.
L’affaire de Slimane Bouhafs continue de susciter des réactions parmi les défenseurs des droits humains et les organisations qui suivent la situation des libertés religieuses et des droits fondamentaux en Algérie.
Idir Yatafen
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Examen du baccalauréat : deux sœurs placées en détention pour triche à Biskra
BISKRA (TAMURT) – En Algérie, la triche aux examens du baccalauréat peut entraîner de lourdes sanctions judiciaires. À Biskra, deux sœurs ont été placées en détention provisoire après une affaire de fraude présumée lors des épreuves du BAC.
Selon les informations rapportées, une candidate aurait contacté sa sœur par téléphone durant l’épreuve de langue arabe afin d’obtenir de l’aide. Surprise en flagrant délit, elle a été immédiatement interpellée par les services de sécurité, tout comme sa sœur.
Les deux jeunes femmes ont été présentées le jour même devant le procureur de la République, qui a ordonné leur placement sous mandat de dépôt dans l’attente de leur jugement. Elles risqueraient jusqu’à six mois de prison ferme ainsi qu’une importante amende.
L’arrestation des deux sœurs et la médiatisation de cette affaire ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Beaucoup d’internautes jugent la sanction disproportionnée au regard des faits reprochés.
« Il est excessif d’envoyer deux jeunes filles en prison pour une simple tricherie à un examen. Il aurait suffi d’annuler leur épreuve ou de leur interdire de se présenter au baccalauréat pendant plusieurs années », estime un proviseur de lycée à Tizi Ouzou.
Notre interlocuteur souligne également que, dans de nombreux établissements, les surveillants privilégient souvent des sanctions administratives plutôt qu’un recours systématique à la justice. « Généralement, on retire la copie au candidat fautif et on établit un rapport. Je ne me vois pas envoyer un jeune de 18 ans derrière les barreaux pour une fraude à un examen », ajoute-t-il.
La lutte contre la fraude aux examens est devenue une priorité pour les autorités algériennes ces dernières années, avec un arsenal juridique renforcé visant à préserver l’intégrité des épreuves nationales.
Idir Yatafen
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L’ancien dirigeant de la JSK, Azziz Khial, libéré
KABYLIE (TAMURT) – Azziz Khial, ancien dirigeant de la JSK durant la présidence de Chérif Mellal, a été remis en liberté après avoir passé près de 24 mois en détention. La justice algérienne a prononcé sa relaxe dans l’affaire où il était poursuivi pour blanchiment d’argent et acquisition de biens dont l’origine des fonds aurait été jugée injustifiée.
Après deux années derrière les barreaux, Azziz Khial retrouve donc la liberté. Il avait notamment contribué au financement de la JSK durant l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente, entre 2018 et 2021, et était considéré comme l’un des plus proches collaborateurs de Chérif Mellal.
Jouissant d’une grande estime auprès d’une partie de la population kabyle, son arrestation avait suscité de nombreuses réactions, notamment parmi les supporters de la JSK. Certains y voient une affaire à caract��re politique en raison de son soutien au club et de sa proximité avec Chérif Mellal.
L’annonce de sa libération, ce dimanche matin, s’est rapidement répandue à travers la Kabylie. Originaire de la région de Tigzirt, Azziz Khial est un homme d’affaires issu d’une famille connue pour son engagement durant la guerre de Libération. Son père est décédé récemment sans avoir pu assister à sa remise en liberté.
Toutefois, pour de nombreux observateurs, le maintien en détention de l’ancien président de la JSK, Chérif Mellal, ainsi que d’autres détenus d’opinion et militants kabyles, demeure une source de mécontentement et de controverse en Kabylie.
Idir Yatafen
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Saïd Sadi rentre au pays le 31 juillet
FRANCE (TAMURT) – La date du retour de Saïd Sadi en Algérie est désormais connue : ce sera le 31 juillet prochain. De ce fait, il ne participera pas à la campagne électorale des législatives auxquelles son mouvement, Assirem, entend prendre part avec deux listes en Kabylie.
L’exil de Saïd Sadi aura ainsi duré près de sept ans. L’ancien président du RCD avait quitté l’Algérie à la fin de l’année 2019 pour s’installer en France, plus précisément à Marseille. Il n’a jamais véritablement expliqué les raisons de son départ. Récemment, il avait déclaré : « J’ai terminé la rédaction de mes mémoires, je peux donc rentrer chez moi. »
Cependant, nombreux sont ceux qui estiment que son exil ne s’expliquait pas uniquement par l’écriture de ses mémoires. Son départ était intervenu en pleine période du Hirak, mouvement auquel il a consacré un ouvrage. Craignait-il une arrestation à l’époque ? La question continue d’alimenter les débats.
Son retour surprend également certains observateurs. Le contexte politique algérien n’a guère chang�� depuis son départ et les poursuites judiciaires visant des responsables politiques, des militants et des opposants restent d’actualité.
En France, les conférences et séances de dédicaces de Saïd Sadi ne semblent plus attirer les foules d’autrefois. Lors de ses dernières interventions publiques à Paris, il se retrouvait souvent devant quelques dizaines de sympathisants seulement.
Malgré cela, Saïd Sadi demeure une figure emblématique de la vie politique kabyle. Son engagement en faveur de la démocratie, de l’identité amazighe et de la laïcité continue de lui valoir le respect d’une partie importante de l’opinion.
Enfin, un comité d’accueil serait déjà à l’œuvre pour préparer son arrivée prévue le 31 juillet à l’aéroport d’Alger.
Idir Yatafen
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La Kabylie ou le nécessaire changement d’ère
CONTRIBUTION (DR BELKACEM LOUNES) - En vue des « élections » législatives en Algérie prévues pour le début du mois de juillet prochain, les candidat-es censés représenter la Kabylie se bousculent pour tenter de décrocher un siège à « l’assemblée populaire nationale » algérienne. Il y en a qui sont candidat-es au nom de leurs partis politiques et d’autres, la majorité, font partie de groupes dits « indépendants ». Les uns et les autres tentent de nous convaincre, mais visiblement sans y croire eux-mêmes, qu’il faut participer à ces « élections » car expliquent-ils, « la politique de la chaise vide, ce n’est pas bien », qu’il vaut mieux « eux » à l’assemblée algérienne plutôt que « n’importe qui » et que cette fois-ci les choses seront différentes. Mais aucun de ces candidat-es ne parvient à nous convaincre en quoi lui/elle va pouvoir faire mieux que ses prédécesseurs.
De notre point de vue, leur démarche manque d’honnêteté car ces candidat-es savent ce que tout le monde sait : Ce pseudo-scrutin ne sera ni sincère, ni bénéfique pour le peuple. Au contraire, il aura des effets négatifs pour la Kabylie et même pour l’Algérie. Pourquoi les candidat-es manquent d’honnêteté ? Parce qu’ils/elles tentent de nous faire croire qu’il y aura « élection », c’est-à-dire un moment solennel où les élu-es seront choisis en toute liberté et en toute transparence par les citoyens-électeurs avertis. Or, cela ne s’est jamais produit en Algérie et cette fois-ci aussi, les conditions d’une véritable élection ne sont pas réunies. Parmi ces conditions, citons-en une seule, la liberté : les citoyens comme les candidat-es devraient pouvoir, sans crainte de représailles, s’exprimer, se réunir, manifester, circuler en toute liberté et sécurité. Or les libertés sont gravement bafouées, particulièrement en Kabylie. Quand des personnes sont arrêtées pour un simple « like »,
comment peut-on imaginer interroger un candidat-e ou exprimer une opinion publiquement sans risques ? Et comment dans ces conditions, mener une campagne électorale ? comment l’électeur peut-il être informé et échanger avec les candidat-es afin de mieux comprendre et de pouvoir faire son choix en connaissance de cause ? Et on voit bien que les candidat-es eux-mêmes pratiquent l’auto-censure et usent de discours vagues et sans consistance, sans jamais aborder les sujets qui préoccupent les Kabyles. Par peur du régime ou pour lui plaire, certains candidat-es poussent même le zèle jusqu’à dire qu’ils sont candidat-es par « amour pour l’Algérie », tout en évitant de prononcer les mots « Kabyle » ou « Kabylie ».
Un-e candidat-e à une élection est censé porter les préoccupations majeures des citoyen-nes qu’il souhaite représenter. Mais les candidat-es kabyles passent à côté des problèmes cruciaux que vit la Kabylie : les arrestations et les détentions arbitraires, les condamnations à la peine de mort sans procès équitables, les rafles, les persécutions, l’ISTN, le bannissement, la spoliation des ressources naturelles sans consentement, ni même la consultation des populations concernées comme dans le cas de la mine de Tala-Hemza, la dégradation de l’environnement, la militarisation-policiarisation des territoires et de la société, l’étouffement social, culturel et économique de la Kabylie, etc. Si les candidat-es de la Kabylie ne peuvent pas évoquer ces sujets durant leur campagne électorale et que les citoyen-nes ne peuvent pas les questionner sur ces mêmes sujets, cela signifie qu’il n’y a pas de campagne électorale. Et demain, lorsque ces candidat-es seront élus, ils seront de la même façon, bâillonnés à l’intérieur même du parlement algérien.
Ajoutons à cela, l’absence de liberté de la presse, de liberté d’association, de réunion, de manifestation, qui font qu’il n’y a pas de débat démocratique et donc pas de campagne électorale et donc au final, il n’y a pas de vraie élection. Cette fausse élection n’a donc aucun sens, ni aucun intérêt pour la Kabylie. Au contraire, participer à ce faux scrutin renforcera le régime algérien en le cautionnant et en lui donnant une légitimité qu’il ne mérite pas. Et les abus vont se poursuivre… Il faut cesser de participer à ce jeu anti-démocratique, anti- social et sans fair-play politique.
Par ailleurs le droit même de voter est violé : En Kabylie comme à l’étranger, les autorités algériennes refusent à des personnes, hors de tout cadre légal, de leur délivrer les documents d’identité (passeport ou carte d’identité) nécessaires à l’acte de vote. De même, des candidat-es ont vu leur candidature rejetée par l’administration de façon totalement arbitraire. Des organisations politiques kabyles qui souhaitent limiter leur champ d’action uniquement au territoire de la Kabylie sont interdites, les militants des organisations autonomistes ont été arrêtés, condamnés et emprisonnés, le mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie a été déclaré « organisation terroriste » de façon injuste et sans fondement légal. Ces pratiques sont illégales, anti-démocratiques et contraires aux normes internationales relatives notamment aux droits civils et politiques et aux droits des peuples. Quand les droits et les libertés sont aussi massivement et systématiquement piétinés, cela signifie que le système est totalitaire et le rôle de tout citoyen intègre est de le combattre et non de le cautionner ou de le servir.
C’est d’ailleurs pour dénoncer les crimes, le racisme, les discriminations et les abus de toutes sortes mais aussi pour dénoncer l’ethnocide rampant contre le peuple kabyle, que les Kabyles ont toujours rejeté majoritairement les scrutins nationaux algériens. Depuis 2019, le rejet des votes nationaux algériens est devenu quasi unanime en Kabylie. Tant que l’État algérien ne cesse pas ses agressions contre le peuple kabyle et tant qu’il n’ouvre pas une nouvelle ère pour ses relations avec la Kabylie, fondée sur le droit international, avec l’accompagnement des Nations Unies, toute candidature kabyle dans une élection algérienne dessert les intérêts de la Kabylie.
Et dernier point, il faut cesser de fonctionner avec le logiciel algérien car celui-ci est conçu et imposé pour servir les intérêts de l’État arabo-islamique algérien. Ni les Kabyles, ni les autres Amazighs ne sont pris en compte dans ce logiciel qui vise à les soumettre avant de les faire disparaitre en tant que peuples distincts, non-arabes, autochtones sur cette terre nord-africaine de Tamazgha. La répression brutale qui s’est abattue particulièrement sur la Kabylie au cours des 7 dernières années, nous a ramenés des décennies en arrière en matière de droits et de libertés. Elle a fait la chasse à l’expression publique, elle a interdit les idées innovantes et les a même criminalisées. C’est une grave et inacceptable régression qui veut empêcher les Kabyles de réfléchir par eux-mêmes et pour eux-mêmes. C’est ce qui explique le vide des discours politiques des candidat-es à cette pseudo-élection.
Aujourd’hui, il n’est plus possible de permettre à des « représentants » de la Kabylie, de continuer à jouer contre leur camp. Quelle que soit la force de l’adversité, les Kabyles doivent avec courage, changer radicalement leur mode de pensée et leur stratégie. Le peuple kabyle a besoin de s’affirmer et de s’affranchir pour exister en tant que peuple distinct et à part entière. Le peuple kabyle doit refuser toute domination et protéger ce qu’il lui reste de territoires, de ressources et de patrimoine. Sans aucun sentiment raciste envers ceux qui se définissent comme Arabes, il est urgent de cesser de penser la Kabylie comme une région d’Algérie et de penser le peuple kabyle comme « un particularisme » ou un sous-peuple du peuple arabe algérien. La Kabylie est un pays, c’est le pays du peuple kabyle, tamurt n-iqvayliyen, doté de sa langue, de son histoire, de sa culture, de ses traditions et de sa spiritualité qui puisent leurs racines dans les millénaires passés. Et ce territoire et son peuple, tout comme les autres territoires et peuples amazighs, doit disposer de ses compétences souveraines et défendre ses intérêts, ses positions et ses relations avec les Etats et d’autres parties prenantes, sur la base des principes de bonne gouvernance et du droit international.
Il est urgent pour les Kabyles de s’assumer et d’assumer clairement leur ambition existentielle et de proposer à l’Etat algérien et au reste du monde, leur solution de sortie de crise qui respecte leurs droits fondamentaux mais sans volonté de nuire à l’Etat algérien. Il est vital pour la Kabylie de sortir du statu quo actuel qui n’est ni vivable, ni viable et aller vers un projet fondé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, conformément au droit international.
Belkacem Lounes
1/06/2026
. Membre du Congrès Mondial Amazigh
. Ancien expert auprès des Nations Unies et de la Commission Africaine des droits de l’homme et des
peuples, de l’Union Africaine
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L’appel de Lyazid Abid (URK) aux « frères algériens » : « Il faudrait qu’un jour on se mette tous autour d’une table »
KABYLIE (TAMURT) – Le dialogue et la non-violence sont les maître-mots récurrents dans les interventions de Lyazid Abid, président de l’Union pour la République Kabyle (URK), lord du débat politique l’ayant opposé au journaliste d’Algérie Part, Abdou Semmar, diffusé jeudi 04 juin sur la chaîne YouTube de ce média indépendant. Tout en réaffirmant la revendication d’indépendance de la Kabylie via un referendum d’autodétermination, le président de l’URK a exprimé le souhait, voire la nécessité de dialoguer avec « ses frères algériens » autour d’une table.
Interrogé par le journaliste d’Algérie Part sur les fondements historiques et sociologiques sur lesquels se basent la revendication d’indépendance de la Kabylie, L. Abid a d’abord évoqué la nature de l’Etat algérien, fondé sur le jacobinisme, hérité du colonialisme français, où les kabyles se sentent exclus. « L'État algérien est un État jacobin. (…) Rien ne doit appartenir aux Touaregs, rien ne doit appartenir aux Kabyles, rien ne doit appartenir aux Chaouis. Tout appartient à l'État », a-t-il expliqué. Pour L. Abid, le peuple kabyle a toujours ressenti un sentiment d'exclusion et de non-représentation au sein de la structure de l'État algérien, qu’il qualifie d’« Etat jacobin ». Celui-ci cherche, selon ce leader indépendantiste kabyle, à centraliser tout pouvoir et toute identité au détriment d’autres spécificités identitaires et culturelles. « Nier la volonté des peuples, les obliger à vivre ensemble est dangereux, parce que tout ça va imploser », a-t-il alerté.
En outre, L. Abid souligne la falsification de l’histoire et la mise en place par le régime algérien d’un « récit national » mensonger. « Dans nos écoles, on n'enseigne pas le kabyle... On nous enseigne "nos ancêtres les Arabes", alors que ce n'est pas vrai. C'est une falsification de l'histoire », a-t-il dénoncé. Ainsi, selon le président de l’URK, l’imposition d’un récit national basé foncièrement sur l’idéologie arabo-musulmane à travers un système éducatif occultant l’ancrage historique de l’identité et de la culture berbères rend impossible l'épanouissement des kabyles dans le cadre de l’Etat algérien.
Abondant dans le même sens, le fondateur de l’URK soutient que la Kabylie se distingue du reste de l’Algérie par une composante sociologique et historique qui lui est propre, notamment en ce qui concerne les aspirations du peuple kabyle pour la laïcité, les libertés individuelles, l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté du culte, etc. Pour lui, le projet de société ou la vision d’avenir que porte la Kabylie n’est pas partagé par l’Etat algérien. Le besoin d’émancipation politique et culturelle du peuple kabyle ne peut être concrétisé que dans le cadre d’un Etat kabyle indépendant et souverain, soutient encore L. Abid.
Dans un autre chapitre, ce chef indépendantiste, condamné à perpétuité par le régime algérien, considère que la lutte pour l’indépendance de la Kabylie est une réponse juste et légitime à la répression systématique dont est victime le peuple kabyle. L. Abid a justement évoqué les crises cycliques que traverse la Kabylie comme c’était le cas lors de la guerre entre l’armées des frontières contre le FFS en 1963, le printemps berbère de 1980 et 1981, le printemps noir de 2001 et l’été noir de 2021. Si aucune solution n’est trouvée à ces crises récurrentes, cela mènera inévitablement à des déflagrations, selon l’URK. Ce mouvement croit que la solution qui mettra définitivement le peuple kabyle à l’abri de ces crises répétitives et qui assurera sa survie est l’indépendance de la Kabylie. Cette solution, affirme L. Abid, qui peut être concrétisée via un référendum d’autodétermination, est basée sur le droit international des peuples à disposer d’eux-mêmes.
URK-MAK : un seul objectif ultime
Interrogé sur la différence qui existe entre l’URK et le MAK, L. Abid a déclaré que les deux mouvements convergent quant au but final recherché, à savoir l’indépendance de la Kabylie, même si des divergences méthodologiques existent en termes de fonctionnement et de stratégie. L’invité de Abdou Semmar reconnait que les deux mouvements, l’URK et le MAK, luttent pour l’avènement d’un Etat kabyle libre et indépendant, tout en prônant, une démarche pacifique rejetant tout recours à la violence. La principale divergence entre les deux mouvements se situe dans le mode de fonctionnement. L'URK, selon L. Abid, se définit comme un « mouvement horizontal » où la prise de décision repose sur le consensus de la base. En somme, pour le président de l’URK, ces différences ne sont que des visions distinctes sur la méthode et la structuration interne nécessaires à chacun de ces deux mouvements pour mener à bien leur cause commune.
Seul le dialogue
Prônant une approche foncièrement pacifique, le leader de l’URK appelle à un dialogue direct pour résoudre la question kabyle. « Je m'adresse à mes frères algériens. Il faudrait qu'un jour on se mette tous autour d'une table, quelles que soient nos opinions. Moi, en tant que Kabyle, j'ai le droit de m'asseoir avec vous et de revendiquer l'indépendance de la Kabylie », a-t-il soutenu, tout en réaffirmant le caractère pacifiste du combat politique de l’URK. « Nous militons pour le droit à un référendum d'autodétermination. On milite de façon pacifiste, on n'a jamais appelé à la violence, et on n'appellera pas à la violence », a-t-il rassuré. Dans cette optique, L. Abid souhaite un dialogue direct entre les représentants de la Kabylie et de l’Algérie. « On ne veut pas pousser jusqu'à la rupture totale avec l'Algérie parce qu'on estime que, avant tout, le problème aujourd'hui est entre la Kabylie et l'Algérie ; donc on doit se parler », a-t-il préconisé.
Confiant dans le combat que mène son mouvement, L. Abid appelle les autres peuples d’Algérie à respecter les aspirations légitimes des kabyles. « Un jour, la Kabylie sera indépendante et je ne vois rien d'offensant ou de contraignant vis-à-vis des autres peuples d'Algérie », a-t-il annoncé.
Arezki Massi
https://t.co/jcOF3knHXO
Répression anti-kabyle : l’ancien détenu d’opinion Mourad Chabane de nouveau arrêté
VGAYETH (TAMURT) – Ce jeudi 04 juin, des agents de Brigade de Recherche et d'Intervention (BRI) de Béjaïa ont procédé à l’arrestation de l’ancien détenu d’opinion Mourad Chabane, à Aokas, a indiqué son frère Hicham sur sa page Facebook. Le natif du village Tazrout, sur les hauteurs de Tizi n’Berber, a déjà été arrêté en octobre 2021 dans le cadre de la répression anti-kabyle menée par le régime algérien et avait purgé une peine de 03 ans de prison ferme. Pour le moment, l’on ignore les raisons de la nouvelle arrestation de ce militant kabyle.
Libéré en octobre 2024, après avoir passé injustement 03 longues années dans les geôles algériennes, le poète et militant Mourad Chabane est de nouveau arrêté et placé en détention. C’est son frère qui a annoncé cette nouvelle sur sa page Facebook. « Mon frère est arrêté aujourd'hui par la brigade d'intervention (BRI) de la wilaya de Béjaïa. Après un bref passage au commissariat d'Aokas sous prétexte d'une enquête, il a été transféré au commissariat central de Béjaïa, puis en comparution immédiate devant le juge. Ce dernier l’a condamné à 06 mois de prison ferme sous effet immédiat et avec mandat de dépôt », a affirmé Hicham Chabane, tout en soulignant que son frère a été transféré à Alger.
En 2021, Mourad, à l’instar de dizaines de militants kabyles, a été injustement poursuivi sur la base du controversé article 87 bis et accusé principalement « d’atteinte à l’unité nationale » et « appartenance au MAK ». Des dizaines de militants politiques kabyles croupissent toujours dans les prisons algériennes.
Lyes B.
https://t.co/79ISbpwyPc
Tebboune veut un Parlement à sa dévotion totale
ALGÉRIE (TAMURT) – Les prochains députés algériens seront encore plus alignés sur le pouvoir que les précédentes assemblées. À l’approche des élections législatives, de nombreuses candidatures ont été rejetées dans différents partis politiques, confirmant les critiques sur le contrôle exercé par l’administration sur le processus électoral.
Des candidats du Front de Libération Nationale (FLN), du Rassemblement National Démocratique (RND), du Front des Forces Socialistes (FFS), du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), ainsi que d’autres formations politiques et listes indépendantes, ont vu leurs dossiers invalidés.
Selon plusieurs témoignages, les personnes connues pour leur activité politique, leurs interventions médiatiques ou leurs prises de position publiques étaient particulièrement visées par ces exclusions, y compris parmi les candidats réputés favorables au pouvoir. Cette situation soulève une interrogation : si les précédentes assemblées étaient déjà largement acquises au régime, pourquoi vouloir renforcer davantage le contrôle sur la future représentation parlementaire ?
Plusieurs hypothèses circulent dans les milieux politiques. Certains estiment que le président Abdelmadjid Tebboune chercherait à préparer sa succession dans les meilleures conditions possibles à l’horizon 2029, en s’assurant le soutien d’un Parlement entièrement acquis à son camp. D’autres évoquent la possibilité d’une révision constitutionnelle ou d’une évolution politique nécessitant l’appui d’une majorité parlementaire solide. Certains observateurs rappellent également les événements de 2019, lorsque la crise politique ayant conduit au départ de Abdelaziz Bouteflika avait révélé de profondes divisions au sein des institutions du pays.
Pour ces analystes, le pouvoir actuel cherche avant tout à éviter tout scénario susceptible de fragiliser sa stabilité politique dans les années à venir. Une autre hypothèse avancée concerne la possibilité d’un futur projet politique nécessitant l’aval du Parlement, à l’image de la modification constitutionnelle qui avait permis à Bouteflika de briguer un troisième mandat en 2008.
Quelles que soient les motivations réelles du pouvoir, une idée revient souvent dans les débats : la méfiance demeure omniprésente au sommet de l’État. Dans un système politique marqué par les rivalités internes et les luttes d’influence, le contrôle du Parlement apparaît comme un enjeu majeur pour le pouvoir en place.
À ce titre, les prochaines élections législatives sont perçues comme un rendez-vous important pour l’équilibre des forces autour du président Tebboune et du chef d’état-major Saïd Chengriha.
Idir Yatafen
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« La Légende » : le cri de liberté de Boualem Sansal
FRANCE (TAMURT) - Ce mardi 2 juin 2026 marque un tournant littéraire et politique majeur dans la vie de l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, avec la parution, aux éditions Grasset, de son nouveau récit La Légende. Loin d’être un simple témoignage, cet ouvrage de 252 s'impose comme le réquisitoire implacable d'un homme que le régime algérien a tenté, pendant un an, de faire disparaître.
Dans ce récit, né au cœur de l'ombre, Boualem Sansal revient sur une année de détention qui a tenu le monde en haleine. Arrêté le 16 novembre 2024 et condamné en mars 2025 à cinq ans de prison ferme pour notamment « atteinte à l'unité nationale », l'écrivain de 80 ans raconte dans La Légende l'épreuve de sa captivité. Dans ce nouveau livre, Boualem Sansal ne se limite pas au récit carcéral d’un détenu, mais explore la mécanique de l'arbitraire dont excelle le régime algérien. Comme l’explique l’auteur dans plusieurs interviews accordées à des médias de l’Hexagone, ce récit est une tentative de « se réapproprier une histoire » qui lui a échappé, passant des mains d'un « grand magistrat » à celles d'un tribunal d'exception, pour finir au centre d'une tempête diplomatique mondiale.
Dans La Légende, l’écrivain franco-algérien dénonce la justice aux ordres, instrumentalisée par le régime algérien pour museler toute voix discordante en Algérie. La détention de l’écrivain Boualem Sansal n'a pas seulement été une épreuve personnelle, mais elle a cristallisé les tensions entre Alger et Paris, particulièrement après le soutien apporté par la France au plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental. En effet, emprisonné d’abord dans un quartier de haute sécurité, isolé du monde, cet opposant à ce qu’il qualifie de « la maffia des généraux » a vu son incarcération devenir le point focal d'une crise diplomatique sans précédent entre Alger et Paris.
La position de Boualem Sansal vis-à-vis du régime algérien est connue de tous. C’est celle d'un homme qui, malgré les menaces, a refusé de s'exiler intellectuellement avant son arrestation. Pour lui, le pouvoir en place n'est pas un gouvernement, mais une structure clanique dont la survie repose sur la captation de la rente et une « cruauté à toute épreuve ». Il faudra attendre le 12 novembre 2025 pour qu'une grâce présidentielle, obtenue suite à l'intervention du président allemand Frank-Walter Steinmeier, lui permette de retrouver la liberté et de quitter l'Algérie pour raisons de santé.
Aujourd'hui, Sansal ne se contente pas de raconter. Il a exprimé son désir de poursuivre le r��gime algérien devant la justice internationale, dénonçant l'absence d'un procès équitable et les conditions de son internement. Justement, l'écrivain met en lumière dans La Légende, l’impunité dans laquelle prospèrent les bourreaux. Son livre transforme une expérience individuelle en un symbole de résistance contre un pouvoir sans contrepoids. Loin d'être apaisé, Sansal réaffirme son rôle d'intellectuel engagé, pour qui écrire reste l'acte ultime de résistance face à ceux qui ont voulu « effacer » son existence. « Les bourreaux prospèrent dans l'anonymat ; la lumière commence par les désigner. Ces pages n'adoucissent rien : elles éclairent », écrit Boualem Sansal dans La Légende.
Arezki Massi
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Tebboune privatise les plages
ALGÉRIE (TAMURT) – Après l’interdiction faite aux randonneurs d’accéder aux espaces forestiers durant la saison estivale, le président Abdelmadjid Tebboune a signé un nouveau décret, récemment publié au Journal officiel, autorisant la concession d’une partie des plages algériennes à des investisseurs privés.
Selon ce texte, jusqu’à 30 % de certaines plages pourront être exploités dans le cadre de projets touristiques privés. Ces espaces deviendront accessibles contre paiement, au profit de ce que le gouvernement algérien qualifie « d’investissements touristiques ». Pour de nombreux citoyens, cette mesure marque une nouvelle restriction de l’accès aux rares espaces de loisirs encore accessibles gratuitement à la population.
Certains critiques y voient également le retour d’un système privilégiant les élites proches du pouvoir, rappelant selon eux certaines pratiques de l’époque de Houari Boumédiène, où les hauts responsables et leurs familles bénéficiaient d’espaces réservés loin de la population ordinaire. Dans un contexte marqué par la crise économique et la baisse du pouvoir d’achat, beaucoup craignent que l’accès aux plages devienne progressivement un luxe inaccessible pour une partie importante des Algériens.
Plusieurs internautes dénoncent également une multiplication des restrictions dans la vie quotidienne : fermeture des frontières terrestres avec le Morocco, difficultés d’obtention de visas pour de nombreux pays étrangers, limitations d’accès à certains espaces naturels, ainsi qu’une dégradation du secteur touristique régional.
La décision concernant les plages a toutefois suscité peu de débats dans les médias algériens, plusieurs observateurs estimant que le sujet a été largement passé sous silence par la presse nationale.
Idir Yatafen
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Législatives algériennes : le FFS, le RCD et Assirem maintiennent leur participation
ALGÉRIE (TAMURT) – Le pouvoir algérien vient, selon plusieurs observateurs, d’infliger un sérieux revers aux partis politiques engagés dans les prochaines élections législatives prévues le 2 juillet 2026. L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), organisme chargé de l’organisation des élections en Algérie, a rejeté plusieurs listes électorales ainsi qu’un grand nombre de candidatures.
À Alger, par exemple, la liste du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) été entièrement rejetée. À Tizi Ouzou, le Front des Forces Socialistes (FFS) a vu dix de ses dix-huit candidats recalés.
Même situation pour le mouvement « Assirem », proche devSaïd Sadi, dont plusieurs candidats potentiels ont également été écartés.
« Généralement, ce sont les militants les plus actifs et les candidats les plus instruits qui ont été exclus des listes. Le régime semble vouloir imposer ses propres candidats, les plus dociles et souvent les moins qualifiés », affirme un responsable local du RCD à Tizi Ouzou.
Pour plusieurs militants, ces invalidations traduisent une volonté du pouvoir de contrôler directement ce qu’il reste de la vie politique partisane en Algérie.
Le FFS a publié ce jeudi un communiqué laissant entendre qu’un retrait du scrutin restait envisageable, sans toutefois annoncer officiellement une décision définitive.
En Kabylie, les appels au boycott et au retrait des partis kabyles de ces élections se multiplient. De nombreux militants estiment que maintenir une participation dans de telles conditions porterait atteinte à la crédibilité des formations politiques concernées.
Idir Yatafen
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Kabylie : c’est l’Aïd malgré tout !
KABYLIE (TAMURT) – Les fêtes religieuses se suivent et se ressemblent en Kabylie. Elles deviennent, au fil des années, de plus en plus moroses. En ce mercredi 28 mai, jour de l’Aïd el-Kebir, la fête la plus importante pour les musulmans, les cœurs ne semblent plus vraiment à la célébration. Même à Draâ Ben Khedda, non loin de Tizi Ouzou, ville réputée pour la forte présence de courants islamistes, l’ambiance matinale de l’Aïd n’est plus celle d’autrefois.
La hausse du coût de la vie et la baisse du pouvoir d’achat frappent durement une grande partie de la population. Acheter un mouton pour l’Aïd est devenu un luxe inaccessible pour de nombreuses familles kabyles. « Il ne nous reste qu’à faire la prière de l’Aïd, puisque c’est gratuit. Pour le reste, nous ne sommes plus concernés. C’est la troisième année que je ne peux pas sacrifier de mouton, faute de moyens financiers », confie un père de famille rencontré au centre-ville de Draâ Ben Khedda.
Elles sont désormais nombreuses, les familles kabyles contraintes de renoncer au sacrifice rituel.
Malgré tout, les musulmans pratiquants de Kabylie continuent de marquer l’Aïd el-Kebir à leur manière : prières matinales, recueillement sur les tombes des proches, visites aux malades et aux personnes âgées.
Comme chaque année, certains émigrés kabyles sont également revenus au pays pour passer la fête auprès de leurs familles. « Je vis à Paris et je n’avais pas passé l’Aïd en Kabylie depuis vingt ans. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais je voulais revivre les souvenirs de mon enfance et profiter un peu de mes parents. Malheureusement, ce n’est plus comme avant. La vie est devenue très chère et beaucoup de familles ont dû faire l’impasse sur le mouton », constate avec amertume Djamel, un jeune émigré installé en France.
Malgré les difficultés économiques et l’ambiance morose, l’Aïd reste encore, pour beaucoup de familles kabyles, un moment de retrouvailles et de solidarité.
Idir Yatafen
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Pour mieux contrôler la Kabylie : le pouvoir s’emparerait des comités de village
KABYLIE (TAMURT) – Après avoir tenté de contrôler la société kabyle à travers la multiplication des mosquées, des associations salafistes puis par la répression des voix dissidentes, le pouvoir algérien adopte désormais une autre stratégie : l’affaiblissement progressif des structures traditionnelles de la société kabyle.
Ces dernières années, plusieurs habitants de Kabylie affirment que les services de sécurité algériens, notamment la gendarmerie, ont infiltré de nombreux comités de village à travers des agents ou des personnes proches du pouvoir. Les comités de village constituent depuis des siècles un système d’organisation et de gestion communautaire profondément enraciné dans la société kabyle. Ils jouent encore aujourd’hui un rôle central dans la gestion des affaires locales, la médiation des conflits et l’organisation de la vie collective.
Dans plusieurs villages, l’autorité morale de ces comités reste parfois plus respectée que celle des institutions administratives officielles. Selon certains témoignages, les autorités cherchent ainsi à affaiblir ce modèle d’organisation considéré comme spécifique à la Kabylie. « Avant, notre comité de village était neutre et apolitique. Mais depuis 2019, ses membres ont été progressivement remplacés par des personnes proches des services de sécurité. Aujourd’hui, notre comité a perdu une grande partie de sa crédibilité et de sa dynamique. C’est regrettable de voir cette organisation ancestrale tomber sous l’influence du pouvoir », témoigne un habitant d’Aït Arjaouen, près de Tizi Ouzou.
Certains observateurs établissent également un parallèle avec la situation vécue par la communauté mozabite dans les années 1980. Au Mzab, plusieurs habitants estiment que les conseils traditionnels des sages auraient progressivement perdu leur autonomie après l’intégration de membres proches du pouvoir et du Front de Libération Nationale (FLN). « Notre conseil des sages est devenu une simple extension du FLN. Les Kabyles avaient réussi à préserver leurs comités de village plus longtemps, mais ces dernières années, le pouvoir a commencé à les infiltrer lui aussi », affirme un étudiant mozabite rencontré à Tizi Ouzou.
Ce constat est partagé par plusieurs observateurs locaux, qui craignent une fragilisation progressive des structures communautaires traditionnelles en Kabylie.
Idir Yatafen
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Le Somaliland prévoit l’ouverture d’une ambassade en Israël
JERUSALEM (TAMURT) – Reconnu par Israël, le 26 décembre 2025, comme « État indépendant et souverain », le Somaliland, qui s’est unilatéralement séparé de la Somalie en 1991, vient d’annoncer l’ouverture d’une ambassade à Jérusalem. L’Algérie, qui fait face à la revendication d’indépendance de la Kabylie, a condamné cette décision avec d’autres pays arabes et musulmans.
Le Dr. Mohamed Hagi devient le tout premier ambassadeur du Somaliland auprès d’un pays étranger. Il a présenté ses lettres de créances, lundi 18 mai, au président de l’Etat d’Israël Isaac Herzog. « J’ai été ravi de recevoir le tout premier ambassadeur du Somaliland en Israël, Mohamed Hagi, qui a présenté ses lettres de créance ce matin », a écrit le président israélien sur le réseau social X. En cette occasion, l’orchestre de l’Etat hébreu a joué l’hymne national du Somaliland pour la toute première fois en Israël.
Membre de l'Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO - Unrepresented Nations and Peoples Organization), au même titre que la Kabylie, le Somaliland avait proclamé son indépendance de la Somalie en 1991 et possède sa propre monnaie, son propre passeport et sa propre armée. Israël est devenu, le 26 décembre dernier, le premier pays à reconnaitre officiellement le Somaliland comme « Etat indépendant et souverain ». Les mouvements indépendantistes kabyles, l’URK et le MAK, avaient salué cette reconnaissance internationale. A noter qu’Israël avait nommé, en avril dernier, le diplomate Michael Lotem comme son premier ambassadeur au Somaliland.
Avant cette nomination, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s’était rendu, en janvier 2026, dans ce pays, situé dans la Corne de l’Afrique. Comme il fallait s’y attendre, l’Algérie, qui fait face à une montée en puissance de la revendication de l’indépendance de la Kabylie et l’internationalisation de la question kabyle, a condamné la décision du Somaliland d’ouvrir une ambassade en Israël.
Arezki Massi
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Aucun indépendantiste kabyle ne sera expulsé de France
KABYLIE (TAMURT) – La visite en Algérie du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a suscité de nombreuses réactions dans certains cercles proches du pouvoir algérien. Plusieurs médias favorables au régime ont laissé entendre que la France serait prête à livrer aux autorités algériennes des militants indépendantistes kabyles exilés en France et recherchés par la justice algérienne. Une hypothèse que plusieurs juristes et observateurs considèrent comme très improbable.
En France, le pouvoir judiciaire fonctionne de manière indépendante du pouvoir politique. Ni le ministre de la Justice ni même le président de la République ne peuvent décider seuls d’une extradition ou d’une expulsion sans décision judiciaire conforme au droit français et international. Le nom de Ferhat Mehenni est notamment cité par certains médias algériens parmi les personnes que l’Algérie souhaiterait voir remises à Alger.
Or, les bénéficiaires du statut de réfugié politique disposent d’une protection juridique encadrée par la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. Ferhat Mehenni bénéficie d’une protection accordée par OFPRA, organisme chargé de la protection des réfugiés et apatrides en France. Plusieurs spécialistes rappellent également que l’extradition vers un pays accusé de violations des droits fondamentaux reste juridiquement très encadrée en Europe.
L’affaire récente impliquant un diplomate algérien poursuivi en France dans le cadre d’une enquête liée à l’enlèvement de l’opposant connu sous le nom d’« Amir DZ » illustre, selon certains observateurs, les limites de l’influence politique algérienne sur la justice française.
Par ailleurs, une partie importante des militants indépendantistes kabyles installés en France possèdent également la nationalité française, ce qui rend toute expulsion encore plus improbable sur le plan légal.
Pour de nombreux militants kabyles vivant en Europe, les pays d’accueil constituent aujourd’hui des espaces leur permettant de poursuivre leurs activités politiques et militantes dans un cadre légal et démocratique.
Idir Yatafen
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Législatives algériennes : le RCD présent dans 8 wilayas sur 69
KABYLIE (TAMURT) – Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), parti d’origine kabyle qui se présente comme une formation politique nationale, peine toujours à s’implanter durablement en dehors de la Kabylie et rencontre même des difficultés croissantes dans sa propre région.
À l’occasion des prochaines élections législatives algériennes prévues le 2 juillet 2026, le RCD n’a réussi à déposer que huit listes électorales, soit une présence limitée à seulement huit wilayas sur les 69 que compte le pays. Même en Kabylie, le parti éprouve des difficultés à maintenir son influence. À Boumerdès, par exemple, le RCD n’a présenté aucune liste. Dans les Aurès également, région où le parti avait réussi il y a quelques années à gagner une certaine visibilité, aucune présence notable n’est signalée, y compris à Batna.
Par ailleurs, plusieurs listes déposées par le RCD restent encore en attente de validation par l’administration algérienne. Le parti, dirigé par Atmane Mazouz, semble traverser une période de fragilité politique et organisationnelle. La création par Saïd Sadi d’un mouvement parallèle baptisé « Assirem », qui a lui aussi présenté quelques listes essentiellement en Kabylie, accentue selon certains militants les divisions internes et affaiblit davantage le RCD.
À l’étranger, sur les douze listes possibles pour la diaspora, le RCD n’a officiellement confirmé que le dépôt d’une liste à Paris, en attente elle aussi de validation par le consulat algérien. Concernant le Canada, le parti n’a communiqué aucune information pour le moment.
Le Front des Forces Socialistes (FFS), autre grand parti kabyle historique, ne semble pas non plus en mesure de réaliser une percée nationale significative. Il n’a présenté que 23 listes sur les 69 wilayas du pays.
Depuis la création du FFS en 1963 puis du RCD en 1989, les partis kabyles n’ont jamais réellement réussi à s’imposer durablement en dehors de la Kabylie.
Idir Yatafen
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Détenus politiques de Larbaâ Nath Irathen : les candidats kabyles peuvent-ils les défendre ?
KABYLIE (TAMURT) – Le nombre de candidats en Kabylie aux élections législatives du 2 juillet 2026 est inédit et impressionnant. En plus des listes présentées par les partis kabyles et algériens, une dizaine de listes indépendantes sont également en lice. Il y en a pour tous les goûts...
Selon plusieurs observateurs, chaque candidat âgé de moins de 40 ans bénéficierait automatiquement d’un financement public important dans le cadre de la campagne électorale. Une fois élus, les avantages liés au mandat de député rendent la compétition encore plus féroce. Mais une question revient souvent dans les discussions en Kabylie : les candidats actuels ont-ils au moins le courage d’évoquer ou de défendre les détenus politiques de Larbaâ Nath Irathen ?
Pour le moment, très peu de candidats abordent publiquement ce dossier sensible. Les partis politiques et leurs représentants parlent de nombreux sujets, mais rarement de celui des détenus de Larbaâ Nath Irathen, condamnés dans le cadre de l’affaire liée à l’assassinat de Djamel Bensmaïl en août 2021. Pour certains militants, ces détenus semblent totalement absents du débat politique actuel, « comme s’ils n’étaient plus kabyles ».
Le Front des Forces Socialistes (FFS) est accusé par certains de garder le silence depuis le début de cette affaire. En revanche, le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) aurait affiché à plusieurs reprises sa solidarité avec les détenus de Larbaâ Nath Irathen, dont plusieurs ont été condamnés à de lourdes peines, parfois à perpétuité.
Les futurs députés kabyles, même s’ils ne seront probablement qu’une vingtaine au Parlement algérien, disposeront théoriquement du droit de s’exprimer devant le gouvernement et la presse nationale. Cependant, beaucoup doutent que les futurs élus du FFS ou du RCD abordent réellement cette question à l’Assemblée populaire nationale. Certains estiment néanmoins que le RCD pourrait être le seul parti susceptible d’évoquer publiquement ce dossier sensible.
Idir Yatafen
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Tizi Ouzou : la liste Assirem aux législatives et le voile islamique
TIZI OUZOU (TAMURT) – Le combat pour la laïcité en Kabylie semble perdre du terrain, tandis que l’islamisme gagne en influence, selon plusieurs observateurs de la scène politique locale.
La liste indépendante « Assirem », candidate aux élections législatives algériennes du 2 juillet 2026 à Tizi Ouzou, est principalement conduite par d’anciens élus du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) en rupture avec leur parti. Plusieurs d’entre eux sont réputés proches de Saïd Sadi.
Le RCD et son ancien président ont longtemps fait de la lutte contre l’islamisme politique et de la défense de la laïcité un axe central de leur engagement politique. Pourtant, la présence de candidates portant le voile islamique sur cette liste suscite aujourd’hui de nombreuses réactions en Kabylie. Pour certains habitants de Tizi Ouzou, ce voile, inspiré selon eux des courants religieux conservateurs du Moyen-Orient, demeure étranger aux traditions vestimentaires kabyles. « Certes, chaque femme est libre de porter ce qui lui convient. Mais voir des proches du RCD et de Saïd Sadi présenter des candidates voilées sur une liste électorale à Tizi Ouzou ressemble à un aveu d’échec de cette mouvance politique.
Ces femmes voilées qui pourraient devenir députées ne représentent ni la femme kabyle ni les milliers de militantes historiques du RCD. Je sais qu’ils répondront qu’il s’agit d’un choix démocratique, mais je pose une question simple : existe-t-il des candidates d’autres partis algériens qui se présenteraient en tenue kabyle traditionnelle ? La réponse est évidemment non.
Malheureusement, ce recul vient d’un mouvement kabyle qui se présente comme démocrate et moderniste », regrette un enseignant de l’université de Tizi Ouzou, se définissant lui-même comme sympathisant du RCD et admirateur de Saïd Sadi.
Cet avis semble partagé par une partie de l’opinion locale. Pour plusieurs militants laïcs, la présence visible du voile islamique dans la vie politique à Tizi Ouzou constitue un tournant symbolique important dans une région historiquement attachée aux valeurs laïques et à l’identité culturelle kabyle. Selon eux, l’islamisme politique représente une menace pour la langue et l’identité kabyles.
« Les femmes kabyles ont toujours pratiqué la religion musulmane depuis des siècles, mais sans jamais porter ce type de voile ou de tenue islamique », rappellent plusieurs habitants de la région.
Idir Yatafen