Je me disrupte moi-même grâce à l'IA.
Il y a quelques mois, je partageais mon projet de créer mon clone numérique. Le terme est ambitieux, mais c'est l'idée. J'ai créé un projet Claude avec toute ma connaissance sur les modèles mentaux : livres, articles, notes. Et j'ai rédigé un prompt de synthèse. L'idée ? En faire un coach, un sparring partner sur mes projets.
La chance que j'ai : tout le back office est programmé par mon frère, programmeur hors-pair, expert de l'IA depuis des années (on a fait un DEA d'intelligence artificielle ensemble en 1991 !), mon vieux complice avec lequel j'ai créé mes entreprises. On teste, il modifie, on itère vite.
J'ai testé le coach sur un projet récent : accompagner la fusion de deux entreprises sur la dimension culturelle. Le coach a aidé à créer le questionnaire et analysé les réponses. Une dizaine d'interviews par entreprise ont suffi à identifier les croyances fondamentales, agrégées en deux modèles mentaux cœurs. Il a ensuite créé une cartographie des risques et proposé des actions pour les mitiger. Puis deux modèles mentaux cibles pour l'entité fusionnée, avec une recommandation managériale. Il génère évidemment le rapport complet et la présentation PowerPoint, irréprochables. Je suis transparent : le client sait que le résultat est à 90 % de l'IA.
Leçons ?
Le cœur de ma connaissance tient en un prompt d'environ cinq pages Word (complété par mes livres et articles). Tout le reste vient de Claude. Ça donne à réfléchir. Mais j'ai passé beaucoup de temps sur ce prompt, parce qu'il faut comprendre comment l'IA fonctionne.
Il y a aussi des prompts complémentaires, et penser cette architecture prend du temps : fichiers de data propres à chaque entreprise, fichiers de résultats intermédiaires pour que l'IA ne réinvente pas tout à chaque fois (tokens, tokens), méta-règles, etc.
Il faut penser en déclaratif, pas en procédural. Ne pas dire: fais ci, puis fais ça, mais mettre en vrac sa connaissance (un modèle mental, c'est ça, ça fonctionne comme ça) et laisser l'IA gérer le comment.
L'IA est non déterministe : deux fois la même question, deux réponses différentes. Il faut garder l'œil. Elle fait des erreurs et des hallucinations, donc il faut intégrer des instructions de contrôle. La vérification, qui nécessite une expertise, prend de plus en plus d'importance. L'expert produit moins, mais vérifie plus.
La puissance est phénoménale : le résultat produit en quelques minutes dépasse ce que j'aurais produit moi-même, nuancé, exploitant le contexte dont je le nourris. Il faut cesser de croire que l'IA automatise les tâches routinières ou à faible valeur ajoutée. Là, elle tape au plus haut. Le dialogue avec le coach pour tester des hypothèses est jouissif.
Bref, je m'approche du jour où mon jumeau numérique pourra prendre ma place.
Et vous, la disruption de votre métier, vous en êtes où ?
Une encyclique du pape et un manifeste de Palantir, à quelques semaines d'écart. Deux textes que tout oppose, et qui partagent pourtant la même conviction: on ne peut pas laisser l'IA aux gens ordinaires.
L'un veut la désarmer, l'autre l'enrôler. L'un est universaliste et inquiet, l'autre nationaliste et conquérant. Mais tous deux concluent qu'il faut une autorité, morale ou séculaire, pour dire ce qu'on a le droit d'en faire.
Et tous deux fabriquent le danger dont ils prétendent nous protéger. L'encyclique dénonce des monopoles sur le marché le plus concurrentiel du moment. Le manifeste décrit une Silicon Valley qui aurait déserté la défense alors qu'elle s'y précipite.
Le vrai risque est ailleurs. Une technologie nouvelle profite d'abord aux plus modestes: un diagnostic là où il n'y a pas de médecin, une traduction là où il n'y a pas d'interprète. Ralentir sa diffusion au nom de la prudence, c'est priver les plus démunis de ce qui leur manque le plus.
Les progrès des deux derniers siècles ne sont venus ni d'un clergé ni d'experts, mais de la liberté laissée à chacun d'essayer, d'échouer et de recommencer. La méfiance envers l'action ordinaire se trompe régulièrement de danger.
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Un élève pose cette question à son maitre : « J'ai lu beaucoup de livres et j'en ai oublié la plupart ; mais alors quel est le but de la lecture ? "
L'enseignant n'a pas répondu à ce moment-là ; cependant, au bout de quelques jours, alors que lui et le jeune élève étaient assis près d'une rivière, il a dit qu'il avait soif et a demandé à l'enfant de lui apporter de l'eau avec une vieille passoire sale qu'il y avait au sol.
L'élève a sursauté parce qu'il savait que c'était une requête sans logique.
Cependant, il n'a pas pu contredire son maître et, après avoir pris la passoire, il a commencé à accomplir cette tâche absurde.
Chaque fois qu'il plongeait la passoire dans la rivière pour apporter un peu d'eau à son maître, il ne pouvait même pas faire un pas vers lui car il ne restait plus une goutte dans la passoire.
Il a essayé et essayé des dizaines de fois mais, même si il a essayé de courir plus vite de la rive jusqu'à son maître, l'eau a continué à traverser tous les trous du tamis et s'est perdue en chemin.
Épuisé, il s'est assis à côté du Maître et a dit :
- Je ne peux pas trouver de l'eau avec cette passoire ; pardonnez-moi, maître, c'est impossible et j'ai échoué dans mes devoirs.
- Non ! Dis le vieil homme souriant - tu n'as pas échoué.
Regarde la passoire : maintenant elle brille, elle est propre, comme neuve. L'eau, qui s'infiltre dans ses trous, l'a nettoyée.
— Quand tu lis des livres, a poursuivi le vieux Maître, tu es comme une passoire et ils sont comme de l'eau de rivière.
Peu importe si tu ne peux pas garder dans ta mémoire toute l'eau qu'ils laissent couler en toi, parce que les livres, avec leurs idées, leurs émotions, leurs sentiments, leurs connaissances et la vérité que tu trouveras entre les pages, nettoiera ton mental et ton esprit, et feront de toi une personne meilleure et renouvelée.
Voilà le but de la lecture.
Il y a 2-3 mois j'étais encore singularitariste. Je pensais qu'on allait créer un système qui deviendrait réellement intelligent, avec une agency, un goût, une compréhension du réel. Plus j'avance, moins j'y crois.
La plupart des chercheurs en IA sont, sans toujours l'expliciter, physicalistes computationnalistes. L'esprit émerge du substrat, la cognition est du calcul, donc en principe répliquable sur silicium. C'est le présupposé qui rend la singularité pensable.
Et soyons honnêtes: 99% de ce qu'on appelle "cognition humaine" dans le contexte du travail est déjà craqué. Raisonnement symbolique, synthèse, code, analyse, communication. Le pur computationnel est tombé.
Mais le 1% qui reste résiste. Et ce 1% c'est précisément ce qui touche au craft, au goût, à la capacité de sentir que ce choix-là est le bon dans ce contexte-là. Ce qui ressemble le moins à du calcul.
Je commence à penser qu'il y a quelque chose qui nous échappe sur la conscience et le ressenti. Pas un argument mystique, juste un constat: un système qui n'a jamais été dans un corps, qui n'a rien à perdre, qui ne ressent pas dans sa chair, peut-il vraiment avoir du goût? Ou seulement imiter celui des autres?
Je crois toujours que l'humain va s'hybrider, s'augmenter, fusionner avec la machine. Mais je crois de moins en moins au scénario AGI au sens fort, où on passe d'une intelligence faible à une intelligence forte sur substrat purement silicium.
La vraie intelligence forte passera peut-être par la biologie. Par des systèmes ancrés dans le réel, qui ressentent, qui ont quelque chose à perdre. Pas par l'empilement de paramètres sur GPU.
Bref. Je suis passé de singularitariste à convaincu qu'il y a un truc qu'on ne voit pas encore sur la conscience et le libre arbitre. Et ce truc-là est probablement la vraie frontière.
Steve Jobs a dit un jour : "The only problem with Microsoft is they have no taste."
Cette phrase va définir l'économie des 20 prochaines années. Voici pourquoi.
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Mea culpa. Il y a deux mois je pensais que l'IA allait détruire la majorité des jobs. Je me trompais.
Sundar Pichai a raison : l'IA n'a pas créé un nouveau jeu. Elle a débloqué tous les jeux en même temps.
Plus j'avance, plus je suis convaincu que l'IA va créer un nombre incalculable de nouveaux métiers. Des métiers qu'on ne peut même pas imaginer aujourd'hui. Exactement comme personne n'imaginait "YouTuber" en 2004 ou "community manager" en 2008.
Et ces nouveaux métiers auront deux points communs.
Premier point : ils ressembleront à des jeux vidéo. Diriger des agents IA c'est du RTS en temps réel. Prompter un système complexe c'est du crafting. Orchestrer un workflow multi-agents c'est du raid management. Créer du contenu augmenté c'est du mode créatif. Les gamers sont les mieux préparés à l'économie qui arrive et personne ne le voit.
Deuxième point, et c'est le plus important : ils seront tous connectés à une forme de plaisir artistique. Chaque nouveau métier aura une dimension de création, de goût, de sensibilité. On va passer d'une économie où 80% des gens font des tâches répétitives qui n'ont aucun sens à une économie où la majorité des activités humaines sont liées à la création, à l'esthétique, à l'expression.
Et c'est là que la phrase de Jobs prend tout son sens. Le goût devient le nouveau capital.
Dans un monde où l'IA exécute tout, la seule chose qui différencie un résultat médiocre d'un chef-d'oeuvre c'est le goût de l'humain qui dirige. Deux personnes avec le même outil IA produiront des résultats radicalement différents. La variable c'est pas l'outil. C'est la sensibilité de celui qui l'utilise.
Jobs n'a pas battu Microsoft avec une meilleure technologie. Il l'a battu avec du goût. Avec la conviction que la technologie sans esthétique est morte. Que le "comment ça marche" ne vaut rien sans le "comment ça se sent". Microsoft avait les ingénieurs. Apple avait l'âme.
C'est exactement ce qui va se passer dans chaque industrie transformée par l'IA. Les outils seront les mêmes pour tout le monde. Les modèles seront les mêmes. Les APIs seront les mêmes. La seule différenciation sera le goût. La sensibilité. La vision. Le truc qu'on ne peut pas mettre dans un prompt.
Le goût ne s'automatise pas. Il se cultive. Par les livres, les films, les voyages, les conversations, les échecs, les expériences. C'est 20 ans de vie condensés en intuition instantanée. Et pour la première fois dans l'histoire, ce capital invisible va devenir le capital le plus valorisé de l'économie.
Le travail va se reconnecter au sens. Pour la première fois depuis la révolution industrielle.
Et c'est pour ça que le narratif "IA > Humain" est une idéologie de morts. C'est du nihilisme technologique. C'est regarder dans l'abîme et laisser l'abîme te convaincre que tu ne vaux rien.
Les big labs qui vendent de la destruction comme stratégie marketing ont tort. "L'IA va remplacer tout le monde" c'est pas une prédiction. C'est un pitch de vente déguisé en prophétie. Ça crée de la peur. La peur crée de l'urgence. L'urgence crée des contrats. C'est du marketing apocalyptique. Pas de la science.
L'IA ne remplace pas l'humain. L'IA libère l'humain de tout ce qui n'était pas humain dans son travail. Ce qui reste c'est le goût, la vision, la sensibilité, la création. Le noyau irréductiblement humain. La seule chose que la machine ne peut pas produire : une âme derrière la décision.
Jobs le savait en 1997 devant un Microsoft sans goût. C'est encore plus vrai en 2026 devant une industrie IA sans goût.
Le futur n'est pas humain VS machine. C'est humain + machine VS problèmes que personne ne pouvait résoudre avant. Et chaque solution sera teintée d'art, de beauté, de sens. Parce que quand la machine gère l'exécution, l'humain n'a plus que le beau à apporter.
Quand tu regardes dans l'abîme, l'abîme regarde en toi. Arrêtez de regarder l'abîme. Regardez le terrain de jeu. Il est immense. Et la partie vient de commencer.
Cultivez votre goût. C'est le seul actif que l'IA ne commoditisera jamais. Jobs l'avait compris avant tout le monde. A nous de l'appliquer.
Umberto Eco, qui possédait 50 000 livres, disait ceci à propos des bibliothèques personnelles :
« Il est absurde de penser qu’il faut lire tous les livres qu’on achète, tout comme il est absurde de critiquer ceux qui en achètent plus qu’ils ne pourront jamais lire. Ce serait comme dire qu’il faut utiliser tous les couverts, verres, tournevis ou forets achetés avant d’en acheter de nouveaux. Il y a des choses dans la vie pour lesquelles il faut toujours avoir une quantité suffisante, même si on n’en utilise qu’une petite partie. Si, par exemple, on considère les livres comme des médicaments, on comprend qu’il vaut mieux en avoir plusieurs chez soi plutôt que quelques-uns : quand on a besoin de se sentir mieux, on va à son « armoire à pharmacie » et on choisit un livre. Pas un au hasard, mais celui qui convient à ce moment-là. C’est pourquoi il faut toujours avoir un choix de lectures ! Ceux qui n’achètent qu’un seul livre, ne lisent que lui et s’en débarrassent. Ils appliquent simplement une mentalité consumériste aux livres, c’est-à-dire qu’ils les considèrent comme un produit de consommation, un bien. Ceux qui aiment les livres savent qu’un livre est bien plus qu’un simple objet, une marchandise. »
Il paraît que la diffusion de "Persepolis" ce soir sur une chaîne du service public en agace certains sur ce réseau, du coup je vous en mets un extrait. À ne surtout pas RT.
#FreeIran#MarjaneSatrapi#César
Bonjour à tous, nouveau thread👋
On connait tous l'écriture cunéiforme, caractéristique marquante de la Mésopotamie. Mais quelle langue traduit-elle? Y en-t-il qu'une seule?
C'est ce que l'on va voir dans ce thread : 🧵
Cette perception illustre un mécanisme que j’observe depuis longtemps : la sélection des sources ou des références est interprétée comme un alignement idéologique total, sans nuance possible.
Ce glissement traduit un affaiblissement du discernement : on ne lit plus un propos dans sa singularité, on l’absorbe à travers un prisme de camps ennemis.
Le dialogue devient alors quasi impossible, car toute divergence de sources ou d’angles est perçue comme une appartenance à « l’autre camp ».
C’est ce type de dynamique qui nourrit le clivage et appauvrit le débat démocratique.
https://t.co/0AwzKFt7ZR
Vous aimez le slasher ? Scream ou Souviens toi l’été dernier n’ont plus de secrets pour vous ? Vous aimez l’humour méta ?! Vous allez ADORER nous écouter parler de deux pépites du neo slasher ! Attention : je hurle mon amour pour Detention sans limite.
Dépeindre un demi-siècle d'archéologie protohistorique était la commande de la revue L'Archéologue
et des éditions Marion Charlet qui mettent aujourd'hui cet article en accès libre :
https://t.co/7nrPHowMtk
Info utile du jour en #psychiatrie: les 🔟 principales idées reçues sur le suicide.
Entre banalisation, instrumentalisation et expertises bidon qui pullulent dans cette triste actualité, il faut remettre un peu de clarté.
C'est important, et c'est maintenant⬇️
#prévention
-BOUALEM SANSAL condamné en appel à 5 ans de prison en Algérie.
-CHRITOPHE GLEIZES: le journaliste est condamné en Algérie à 7 ans de prison.
-DOGAN PEHLEVAN: le caricaturiste turc est emprisonné à Istanbul. Des fondamentalistes ont essayé d’attaquer son journal LEMAN.
"La seule révolution possible, c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors."
Georges Brassens
Découvrez cet ouvrage d'Anna Reser de Leila McNeill qui met à l'honneur de nombreuses femmes scientifiques, malheureusement invisibilisées au cours de l'histoire. Publié chez @Belin_editeur
Merci à Emma Monnier pour la recension!
https://t.co/l5yf1XGFoB