L'engagement politique du petit bourgeois dure généralement jusqu'au 24 du mois.
« Comme Jean-Pascal Zadi en début de semaine, Juliette Binoche retourne sa veste. L’actrice, signataire d’une tribune dénonçant "l’emprise de l’extrême droite" et de Vincent Bolloré sur le groupe Canal+, a déclaré vendredi matin, au micro de France Culture, que la pétition publiée dans le journal Libération juste avant le Festival de Cannes était "maladroite". "Je pense que l’utilisation du mot fasciste était déplacée, a-t-elle ajouté. Et c’est vrai que je regrette les huées entendues devant la Croisette au moment du générique des productions Canal+. Les employés de ce groupe travaillent très bien. Ils font vraiment un travail d’orfèvre et son très attentifs à la diversité du cinéma." »
https://t.co/CudDUSU7rw
Je viens de découvrir HANDGUN de Tony Garnett de 1983 grâce à collection dirigée par Jean-Baptiste Thoret. Fidèle associé de Ken Loach à ses débuts (il produit entre autres KES et FAMILY LIFE), il ne réalisera que deux films.
Ce deuxième et donc dernier long-métrage est une sorte de Ken Loach des premiers temps au pays des armes à feu. Un traitement très original et malin du rape and revenge qui ne sombre jamais dans le cinéma d'exploitation. Le cinéma, même fait par des hommes, n'a décidément pas attendu le XXIe siècle pour épouser la cause des femmes victimes de violences sexuelles. Et quelle affiche pour cette nouvelle édition !
Merci à @rafaelwolf1703 pour le conseil !
C'était l'un des derniers films vus à #cannes26 sur lesquels je voulais écrire, et il vient de recevoir la Palme d'or. Voici donc ma critique de FJORD de Cristian Mungiu. Un grand film sur les tensions entre progressistes et conservateurs qui décrit parfaitement comment une société persuadée d’avoir dépassé les violences du passé peut produire à son tour ses propres formes d’orthodoxie idéologique. Bonne lecture :
https://t.co/WhzWsxI9PK
En donnant la Palme d'or à FJORD de Cristian Mungiu, le jury de Park Chan-wook salue l'un des rares films de la sélection complexe moralement et politiquement. Peut-être le seul film, avec NOTRE SALUT (prix du scénario) qui ose naviguer dans des eaux troubles et qui ne prétend pas se situer du côté du Bien.
Certes, il ne s'agit pas du plus grand film de son réalisateur, mais certainement d'un des meilleurs au sein de cette compétition. Un choix qui traduit sans doute une certaine lassitude des films qui sombrent dans l'étalage de vertu.
Que les gens qui s'indignent se demandent pourquoi FJORD a également reçu le prix FIPRESCI.
#cannes26
@Tinalakiller Il y en a eu beaucoup :
WINTER SLEEP,
LA VIE D'ADÈLE,
LE RUBAN BLANC,
QUATRE MOIS, TROIS SEMAINES, DEUX JOURS,
FAHRENHEIT 9/11,
LA CHAMBRE DU FILS...
@JoalaKentucky Où voyez-vous une comparaison avec les précédentes Palme d'or ? Ce n'était pas l'objet de mon message, car ce n'est effectivement pas un reproche qu'on peut faire aux récents palmés, si ce n'est l'horrible I, DANIEL BLAKE.
Il est précisément en train de répondre à une podcasteuse française qui lui reproche de mettre sur un pied d'égalité les violences des conservateurs et des progressistes en conférence de presse. Sa réponse est parfaite ; il revendique le droit et la nécessité de mettre les deux sur un même niveau et le droit à chaque tendance de s'exprimer. Un appel au dialogue que les militants ne peuvent même plus entendre.
Je ne sais pas encore si NOTRE SALUT va remporter un prix ce soir, mais il en mérite un.
Toute la force du film tient dans cette intuition fondamentale : la collaboration n’est pas ici présentée comme une irruption démoniaque dans le cours normal des choses, mais comme une extension logique du culte bureaucratique de l’efficacité. Notre salut ressemble parfois à une adaptation clandestine de Libres d’obéir de Johann Chapoutot tant Emmanuel Marre montre avec précision comment des logiques managériales, des impératifs de rendement et des raisonnements administratifs peuvent progressivement épouser la mécanique du national-socialisme sans même avoir besoin d’un engagement idéologique fort.
Ma critique du film qui était en compétition à #cannes26 :
https://t.co/39WO1FaeL2
Là où Godzilla Minus One réhabilitait déjà la figure du lâche capable d’accéder malgré tout à une forme d’héroïsme, Kiyoshi Kurosawa pousse la réflexion encore plus loin avec LE CHÂTEAU D'ARIOKA (KUKOROJO : THE SAMOURAI AND THE PRISONER) : il interroge la possibilité même d’une grandeur pacifique au sein d’un monde entièrement structuré par la violence codifiée et le culte de l’honneur guerrier.
Ma critique de cette immense méditation philosophique sur le besoin humain de croire aux récits et ce qui est, assurément, un des meilleurs films projetés à Cannes cette année #cannes26 :
https://t.co/KtapPZOQGJ
2026 comptera bel et bien un grand film sur la collaboration, et ce ne sera pas le Xavier Giannoli (qui était certes honnête dans son traitement, mais qui manquait d'envergure dans la mise en scène).
Avec NOTRE SALUT, Emmanuel Marre propose un film sur un "grimpion" comme on dit en Suisse, soit un arriviste prêt à tout pour gravir les échelons. On pense beaucoup à ZONE OF INTEREST dans le traitement du quotidien de la collaboration, celle-ci consistant essentiellement, du moins au début, en de la petite gestion. Les Allemands, les rares fois où on les voit, sont polis (tu peux en prendre de la graine László Nemes), il s'agit avant tout de faire diminuer le chômage. Si le film peut avoir des airs de petit Johann Chapoutot illustré dans sa manière de montrer que la dynamique trouve son origine dans le management, la démonstration n'en est pas moins captivante. Swann Arlaud livre une grande prestation et c'est visuellement l'antithèse du trop académique LES RAYONS ET LES OMBRES.
Emmanuel Marre livre en plus trois séquences musicales géniales. #cannes26
C'est un film très appliqué et maîtrisé dans sa forme, mais qui n'a pas d'approche particulière, qui ne tente presque pas de rendre sa mise en scène signifiante. Ce n'est pas un mal en soi, mais ça l'empêche d'être une vraie proposition. Je préfère toujours un film qui associe forme et fond, et le Marre a une approche formelle cohérente avec son propos, l'image témoigne elle-même de la trivialité et de la dimension quotidienne des gestes de collaboration. Elle souligne aussi, avec la musique contemporaine, l'actualité du propos.