Jour J de la sortie de Dodje : on abandonne.
On prône la transparence et on a toujours montré tout ce qui allait bien jusqu’à maintenant.
Aujourd’hui, on va parler de tout ce qui ne va pas, et pourquoi on abandonne.
⚠️ Attention : on n’abandonne pas le projet, mais seulement l’idée de sortir l’application aujourd’hui.
Loin de moi l’idée de me plaindre, mais je pense que c’est aussi important de montrer les problèmes qu’on rencontre.
1. Le vibe coding
Comme je l’évoquais dans un post précédent : le vibe coding, c’est très loin d’être magique. J’en suis encore plus persuadé aujourd’hui.
Je me suis lancé dans cette aventure sans aucune connaissance en code, et sans personne pour m’accompagner financièrement. J’ai donc dû me débrouiller tout seul pour la sortir de terre.
Par chance, je suis arrivé au moment de la démocratisation de l’IA et du fameux « vibe coding ».
Alors oui, j’ai réussi à construire une application mobile 100 % fonctionnelle, sans compétences et avec peu d’argent.
Mais évidemment, cette solution est loin d’être parfaite.
Après un refus d’Apple lors de la vérification, j’ai creusé :
- une multitude de bugs cachés,
- des configurations incohérentes,
- un chaos architectural…
En gros, une application qui marche à 1ère vue, mais avec des fondations bancales, prêtes à s’effondrer au moindre coup de vent.
2. La priorisation de notre travail
La base de notre application repose sur de courtes vidéos en motion design pour expliquer la finance.
Le problème : produire une vidéo de 5 minutes prend plus de 2 jours de travail à temps plein.
Conséquence : Ronan passe la plupart de son temps sur la création de ces vidéos, et n’a donc pas le temps de produire du contenu pour les réseaux.
Du coup, on n’a pas construit de communauté et on est très peu présents sur les réseaux.
Avoir une application avec du contenu, c’est bien. Mais s’il n’y a personne pour l’utiliser, ça ne sert à rien.
3. Les yeux plus gros que le ventre
En voulant trop bien faire, on s’est perdus.
On a voulu sortir des vidéos et une application d’une telle qualité que…
j’ai passé beaucoup trop de temps sur le développement (et mon manque de compétences n’a pas aidé),
Ronan a passé trop de temps sur des détails de design.
Conséquences :
- le lancement de l’application est retardé,
- et nous n’avons que 2 parcours disponibles.
4. Le système de l’argent
J’ai financé tout le développement du projet avec mon argent de poche, en cherchant toujours les solutions les moins chères.
Mais évidemment, pour aller plus loin, il faudra bien plus que ça.
Comme tout bon citoyen, je me suis renseigné sur les subventions, les prêts, etc.
Pour la faire courte :
- « Si tu n’as pas d’argent, on ne t’en donnera pas. »
- « Mais si j’en ai, je n’aurai plus besoin du vôtre ? »
- « Oui. »
En gros : débrouille-toi.
5. La peur de louper le train
Depuis quelques temps, je vois beaucoup de projets émerger dans la même dynamique que nous.
Encore hier, un codeur rencontré sur Twitter m’a dit :
« Ce qui est drôle, c’est que j’ai travaillé sur le MVP d’un projet fintech (sous NDA encore) qui rejoint un peu ce côté Duolingo de la finance. »
Le verre à moitié plein : si d’autres se lancent, c’est qu’on ne s’est pas trompé sur le besoin.
Mais ça veut aussi dire qu’il ne faut pas louper le train.
Et plus on retarde la sortie, plus on augmente le risque d’arriver trop tard, et de laisser l’opportunité à quelqu’un d’autre.
6. Le trop-plein personnel
J’ai longtemps esquivé le sujet, car je me suis toujours considéré comme chanceux : chanceux d’être né dans cet environnement, d’avoir cet entourage, ce travail, etc.
Mais il faut être honnête : aujourd’hui, mes journées normales ressemblent à ça :
- 9h–18h : Thales, avec des projets toujours plus urgents,
- (18h30–19h30 : sport, si j’ai le temps),
- 20h30–00h/01h/02h : développement de Dodje.
L’équilibre entre Thales, Dodje et ma vie perso devient de plus en plus compliqué à tenir.
Quand tu lances un tel projet, c’est toi contre toi.
Personne ne sera là pour t’aider ou vraiment comprendre.
Résultat : nuits raccourcies, doutes permanents, stress qui monte.
Alors, on abandonne ?
Bien sûr que non.
On prend du recul. On priorise. On adapte.
Après une longue discussion avec Ronan hier soir, voici ce qu’on a décidé :
J’ai contacté différents développeurs pour m’aider à corriger les problèmes de l’application.
On termine les vidéos du 1er parcours Crypo et on stoppe la production pour l’instant. Elles serviront de teasing et montreront ce qu’on sait faire.
Ronan se concentre désormais intégralement sur les réseaux sociaux jusqu’à la fin de l’année. Construire une communauté reste plus important, à court terme, que d’avoir plein de vidéos.
Pour offrir du contenu « infini », je vais développer rapidement DodjeArena : des petits jeux pour apprendre la finance de façon ludique.
Ce n’était pas la priorité au départ, mais ça va permettre de maintenir notre objectif : apprendre la finance de manière ludique.
Il faut qu’on s’enlève de la tête qu’on pourra tout faire, et trop bien.
On ne pourra pas. Cette année de travail nous l’a montré.
Désolé à tous ceux qui attendaient la sortie aujourd’hui.
On ne vous décevra pas. 🚀