Avec MonCash et NatCash, la monnaie circule contre rançon. Ici, transférer de l’argent entre comptes locaux, en monnaie nationale, a un coût. Ce coût est présenté comme normal, technique, inévitable.
Des systèmes publics ou quasi-publics ( Interac, SEPA, Pix, Zelle, UPI, etc. ) permettent des transferts gratuits, rapides et sécurisés, sous la supervision directe des banques centrales. Haïti fait exception. Non par pauvreté, mais par abandon politique. MonCash et NatCash opèrent dans un marché captif. Ils ne concurrencent pas : ils dominent. Le citoyen ne choisit pas, il subit. Les frais exploitent une dépendance. Cette situation renvoie également aux défis institutionnels plus larges auxquels font face l’État et la Banque de la République d’Haïti dans la structuration d’un système national de paiement interbancaire gratuit, pourtant techniquement envisageable.
Le plus inquiétant n’est pas seulement le prélèvement, mais sa normalisation. Une génération entière a intégré l’idée qu’il est normal de payer pour accéder à son propre argent.
Il est temps de rompre avec cette logique. Soit MonCash et NatCash acceptent de s’inscrire dans une mission de service public régulé, soit Haïti doit se doter d’un système national gratuit qui les rendra obsolètes.
La monnaie nationale ne doit plus circuler contre rançon. Elle doit circuler au service de la société. #PAPPOST #Haiti
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