Depuis récemment on décompose le TFR, nombre d’enfants par femme, en TMR (part de femmes devenant mères) × CPM (enfants par mère). C’est une nouveauté méthodologique importante pour identifier d’où vient la baisse des naissances.
Ainsi il y a des pays qui ont vu leur fécondité chuter principalement parce que peu de femmes deviennent mères. Mais quand les femmes ont des enfants, elles en ont environ deux. C’est le cas du Japon (1,14 = 0,546 × 2,08), de l’Espagne (1,10 = 0,566 × 1,94), de l’Italie (1,18 = 0,583 × 2,02) ou de Singapour (0,97 = 0,465 × 2,09).
En général cela est dû à deux grandes familles de raisons :
1.Des sociétés peu adaptées à concilier travail et maternité. Dans ce cas un certain nombre de femmes préfèrent avoir une carrière plutôt que d’être mères, ou refusent un contrat conjugal qui les enferme dans le rôle domestique. Il s’agit de pays comme le Japon et Singapour.
2.Des sociétés où une partie importante des jeunes, notamment les hommes, sont en grande difficulté économique : chômage, emploi précaire, logement inaccessible, vie prolongée chez les parents. Dans ce cas ils ne peuvent pas fonder un foyer, ou trop tardivement. Il s’agit de pays comme l’Espagne et l’Italie.
Ces pays ont des fécondités faibles, mais pas les plus faibles.
Deux grands pays présentent une version extrême de ce profil : peu de mères, mais des familles constituées nettement plus grandes qu’ailleurs. Les États-Unis (1,57 = 0,625 × 2,51) ont le CPM le plus élevé de l’Occident : une Américaine sur trois ne devient pas mère, mais celles qui le deviennent font deux enfants et demi, écart qui recouvre la polarisation entre une Amérique religieuse et conservative à trois enfants et des métropoles au profil quasi sud-européen. La Russie (1,40 = 0,589 × 2,38) a un TMR presque japonais pour une raison différente : quinze ans de politique nataliste ciblée sur les deuxième et troisième enfants ont soutenu l’agrandissement des familles existantes, pendant que la guerre et la perte de tout horizon poussaient les jeunes à reporter indéfiniment l’entrée en parentalité, contre laquelle aucun transfert ne peut rien.
Il y a à l’inverse des pays où presque toutes les femmes deviennent mères, mais s’arrêtent à un ou deux enfants, par héritage du modèle post-communiste de l’enfant unique précoce ou à cause du coût de l’agrandissement de la famille. Ce sont des pays comme la Bulgarie (1,60 = 0,808 × 1,98) et le Portugal (1,30 = 0,717 × 1,81). Ces pays ont en général une fécondité plus élevée.
Enfin il y a les pays qui souffrent à la fois d’un faible nombre de mères et d’un faible nombre d’enfants par mère. Ils cumulent les raisons précédentes. Mais l’enfant y coûte aussi très cher, matériellement et parce que l’investissement parental attendu y est démesuré (éducation, concours, activités extra scolaires, etc) Ce sont les pays au bord de l’extinction démographique : la Corée du Sud (0,80 = 0,499 × 1,60), Taïwan (0,70 = 0,388 × 1,79), la Chine (1,13 = 0,612 × 1,85), Macao (0,47 = 0,288 × 1,62).
La France de 2024 est touchée sur les deux critères à la fois, mais de façon encore peu dramatique : 1,61 = 0,716 × 2,24, au-dessus de la moyenne européenne sur les deux facteurs, au max d’aucun. L’Allemagne (1,32 = 0,628 × 2,10) a le même profil que la France, mixte, en un peu plus mauvais sur chaque critère. Mais chaque critère se multiplient, le différentiel est de 0,3 enfant par femme, ce qui équivaut à des millions de naissances en moins par génération.
Quelles sont les marges de progression pour la France ? Probablement environ 0,1 en TMR, guère plus (vers la Bulgarie à 0,808, Israël à 0,837). Plus de marge sur le CPM, où l’on pourrait chercher 0,2-0,3 (vers les États-Unis à 2,51, la Moldavie à 2,64).
Pour passer à 2 enfants par femme et donc au seuil de renouvellement, il faut donc viser à ce que 80% des Françaises deviennent mères et qu elles aient en moyenne 2,5 enfants.
Il faut donc deux salves de mesures pour sauver la démographie française :
Augmenter le nombre de mères, ce qui signifie faire advenir les couples et le premier enfant plus tôt :
•Un choc logement pour les moins de 30 ans. (Construction massive et accès privilégié).
•Sécuriser économiquement les 22-30 ans : c’est le prédicteur le plus robuste de la mise en couple dans toute la littérature (Japon, Espagne, pays nordiques). Cela passe par l’entrée plus précoce dans la vie active et la fin du sas de précarité entre diplôme et CDI.
•Droit opposable à la crèche dès le premier enfant, avec son universalité et sa gratuité.
Augmenter le nombre d’enfants par mère :
•Un transfert financier massif et ciblé par rang. De plus en plus élevé selon le rang, avec le paquet sur le troisième enfant. Ça doit se compter en dizaines de milliers d’euros au minimum.
•Un statut de la famille nombreuse qui ouvre de nombreux droits : exonération d’impôt sur le revenu à vie dès le troisième enfant et baisse des cotisations retraite substantielle par enfant, par exemple.
•Une société redéfinie pour les familles de 3 enfants : pour atteindre 2,5 enfants par femme, il faut que tout soit pensé pour des familles de 3 enfants et non pas deux comme aujourd’hui. Besoin en masse de logements avec 4 chambres en particulier.
Et une condition transversale, sans laquelle tout le reste est perdu : la stabilité. Les effets mesurés les plus forts apparaissent quand la politique est affichée comme nataliste et crue durable. Un dispositif garanti sur trente ans, hors des alternances.
La France est remarquablement bien positionnée pour échapper à l’effondrement démographique.
À condition de mettre le paquet tout de suite, avant que les conditions se dégradent trop.
Les Français ignorent leur Histoire démographique, et cela a des conséquences dramatiques.
En quelques mots :
1. Dès le milieu du 18e siècle les Francais s’éloignent de la religion. Un mélange de gallicanisme, d’esprit des lumières, de clergé discrédité et de restes des luttes jansénistes.
Cela a pour conséquence de précipiter la France dans la première transition démographique moderne.
Un siècle avant le reste de l’Europe, deux siècles avant l’Asie, la France cesse de faire des bébés.
Sans injonction cléricale à se reproduire, les gens font moins d’enfants.
2. Du début du 19e siècle à 1939 la population française est quasi stagnante pendant que celle de l’Angleterre est multipliée par 4,5 et celle de l’Allemagne par 3.
La France qui était la puissance dominante de l’Europe depuis le Moyen Âge (période pendant laquelle Franc était synonyme d’Européen hors d’Europe) devient une puissance déclassée.
3. Si la France avait connu la même trajectoire que le reste de l’Europe, il y aurait aujourd’hui environ 150 millions de Français. L’histoire du XXe siècle aurait été très différente. (Et l’Amérique du Nord francophone)
4. La France a vécu le XIXe siècle comme un traumatisme. Imaginez faire 1m90 au milieu de mecs qui font 1m70 pendant toute votre vie, et tout à coup tout le monde fait 2m10. De ce traumatisme naquit la science démographique moderne, dans une France qui se demandait comment son destin avait ainsi pu si vite dérailler. (Le mot même de démographie est une invention française)
5. Le démographe Bertillon fonda en 1896 l’Alliance nationale visant à redresser notre démographie. Il lui fallut 40 ans de lobbying intense pour aboutir en 1939 au Code de la famille, adopté par décret-loi par une Troisième République agonisante. Ces mesures enrichies par la France gaullienne permirent à notre pays de se redresser démographiquement après un siècle et demi de déclin de la fécondité.
6. On estime qu’entre 5 et 10 millions de Français vivant aujourd’hui doivent leur existence à ces mesures. Au fait qu’un démographe en 1896 décida de ne pas lâcher l’affaire.
7. Il est donc assez désespérant de voir tant de Français douter qu’il soit possible de faire quelque chose contre l’effondrement démographique, dans le pays qui est justement l’exemple et l’avant-garde historique des politiques natalistes.
8. Nous vivons une quatrième transition démographique à l’échelle mondiale. L’hypermodernité connectée rend la formation des couples plus difficile, le poids de l’enfant plus lourd et moins accepté. C’est exactement à ce moment là que la France a décidé de détricoter sa politique nataliste historique.
9. Il nous faut 870 000 naissances par an simplement pour stabiliser notre pyramide des âges. C’est-à-dire simplement maintenir notre société durablement viable. Nous étions en 820 000 il y a 10 ans. Nous sommes désormais à 640 000. L’effondrement est soudain et inattendu.
10. Les Français doivent prendre conscience d’à quel point le destin de notre pays fut tragique à cause de nos crises démographiques, mais que rien n’est pourtant perdu. Nous sommes aussi le pays de la sortie de la crise démographique.
Si un pays peut inventer un modèle de société fécond au cœur même de la crise hypermoderne c’est bien la France.
A lire, comme explication des difficultés financières des Millenials et Zoomers par rapport aux boomers alors que selon de nombreux indicateurs économiques ils s'en "sortent bien" :
"Je soutiens que les générations précédentes ont hérité d'un immense capital social : des voisins dignes de confiance, des écoles publiques qui fonctionnaient bien, une culture de la rencontre amoureuse propice aux unions durables, des trajectoires de carrière prévisibles et un espace public où les enfants pouvaient circuler librement et où l'on pouvait compter sur les adultes. Ce capital, autrefois reçu gratuitement, a désormais été en grande partie dilapidé.
Les jeunes doivent aujourd'hui racheter, élément par élément et au prix fort, ce que leurs grands-parents avaient reçu comme un héritage issu d'investissements civilisationnels antérieurs. Ils doivent le faire avec des revenus qui n'ont que modestement augmenté, alors que le coût des éléments essentiels de la vie a connu une hausse spectaculaire. Si les indices des prix mesurent le coût individuel de biens spécifiques, ils ne sont pas conçus pour refléter le coût total du rachat, à titre personnel, d'un bien commun qui a été détruit."
On parle souvent des missions d'observation japonaises en France et en Angleterre au 19e siècle pour rattraper leur retard de développement mais les mêmes missions ont eu lieu depuis la France aux USA après 1945 pour essayer de comprendre comment fonctionnait une économie capitaliste moderne et la société de consommation, chapeautées par le commissariat au Plan.
On envoyait des hauts-fonctionnaires, des scientifiques, entrepreneurs, des cadres, des syndicalistes tout observer là-bas comme des pygmées, avec des émerveillements qui nous paraissent inouïs aujourd'hui. "J'ai cru voir des lacs immenses" rapportait un des premiers français envoyé sur la côte est au sujet de... parkings d'une centaine de places devant les usines. Un autre s'étonne de voir des téléphones sur chaque bureau en visitant une entreprise. Ou encore ce Français qui n'en revient pas quand un ouvrier d'une usine interpelle son patron en l'appelant par son nom et lui suggère une idée au sujet de l'outil manuel mécanique qu'il utilise pour travailler, en étant écouté attentivement par son supérieur.
Tout en critiquant la standardisation et le conformisme des Américains devenus avant tout consommateurs de produits identiques achetés à crédit, un Français observe "la population américaine donne l'impression d'une vaste classe moyenne", et pourtant en visitant les universités, les musées ou en découvrant de la littérature classique dans la modeste bibliothèque d'ouvriers américains, de conclure que "l'american way of life et la culture humaniste traditionnelle ne font peut-être pas si mauvais ménage."
De leur côté les conseillers américains venant en France à cette époque font déjà des observations devenues familières : notamment le culte des diplômes, de la réputation et de "l'expérience" à l'embauche plutôt que d'avoir confiance dans les méthodes d'apprentissage de l'entreprise et dans les rechercheurs d'emploi, et de mettre de plus nombreux candidats à l'essai dans un réel contexte de travail et de concurrence ;
des entreprises trop centralisées autour de la personne d'un PDG y faisant la pluie et le beau temps dans le plus grand secret (coucou Bolloré) ;
une population trop conservatrice et routinière (j'ai trouvé l'anecdote d'un industriel français qui préfère acheter de vieilles machines avec son crédit du plan Marshall plutôt que le dernier cri américain parce qu'il a peur de devenir trop productif et de devoir réorganiser sa boîte) ; un manque général de libre communication et de confiance entre employeurs, employés et couches hiérarchiques.
En moins d'une dizaine d'années ce sont plus de 5000 Français des CSP supérieures qui font ce pèlerinage en Amérique et y découvrent l'abîme de retard matériel qui en sépare désormais le vieux continent. Mais le choc fut salutaire.
À partir de 1949 la France entame une adaptation économique vertueuse et augmente sa productivité de plus de 5% par an, au point que dès 1955 on compte plusieurs dizaines de missions européennes et non-européennes d'observation en France sur le même modèle que les missions d'observation françaises aux USA.
On ne se rend pas compte d'à quel point notre monde a été façonné par le modèle américain à cette époque au-delà du "soft power" culturel souvent mis en avant dans les programmes scolaires.
The Rape Gang Inquiry - what happens next.
I intend to use my parliamentary privilege to name perpetrators and their enablers in the chamber.
This will be done incredibly carefully with our legal team involved every step of the way to ensure that no future prosecutions are jeopardised.
We are cooperating with the authorities in order to help cases be opened and reopened, but my faith in the system to independently deliver justice is not high...
That is why we are pursuing private prosecutions and civil litigation.
A target list has been identified, and it continues to grow.
This all has to be handled very carefully, for obvious reasons, but I am determined to act. We have had enough talk, now we need to act.
Our aim is straightforward.
Put people in prison. Deliver justice. Finally.
We will act. Not talk.
🔴🇬🇧 FLASH - Rupert Lowe publie son rapport indépendant sur les "Rape Gangs".
Le député britannique Rupert Lowe (Great Yarmouth, leader de Restore Britain) a lancé et présidé une enquête indépendante (crowdfundée, menée par des survivantes comme Sammy Woodhouse) sur les gangs de viols organisés au Royaume-Uni.
Ce qu’il a fait :
Il a organisé des auditions, recueilli des témoignages de victimes, lanceurs d’alerte et experts, compilé des données judiciaires et publié aujourd’hui le rapport complet (16 juin 2026).
Les conclusions principales du rapport :
Au moins 250 000 jeunes filles britanniques blanches ont été groomées, violées en bande, trafiquées et abusées de façon systématique depuis les années 2000 (estimation minimale, probablement bien plus élevée).
"Les auteurs feraient partie de réseaux majoritairement composés d’hommes pakistanais."
Méthodes : drogue/alcool, chantage par vidéos, viols collectifs, conversions forcées à l’islam, grossesses, passages entre villes…
Le rapport indique que les institutions ont couvert : police, services sociaux, écoles, NHS et conseils locaux ont ignoré ou minimisé les plaintes par peur d’être accusés de « racisme », pour préserver les « relations communautaires » et les blocs de voix portés à gauche .
Les victimes étaient souvent traitées en « prostituées consentantes ».
Contexte pour les Français :
C’est le plus grand scandale de viols collectifs de l’histoire moderne du Royaume-Uni. Des affaires comme Rotherham (1 400+ victimes), Rochdale ou Telford ne sont que la partie visible.
Lien du rapport complet (PDF) :
https://t.co/Uw1ExcqtPt
> "Il faut censurer les réseaux sociaux pour protéger les enfants".
> Laissent un pédocriminel signalé par 6 familles + la plus grande association mondiale de protection des enfants sévir jusqu'à ce qu'il assassine une petite fille.
"Conformément à une jurisprudence constante"
Même si vous détestez (à juste titre) l'horrible Conseil constitutionnel je pense que vous ne mesurez pas à quel point cette affirmation est ignominieuse - et à quel point ceux qui comme @MtthVieira s'en félicitent sont des ennemis de la démocratie parlementaire.
Le Conseil prend les atours honorables de l'Etat de droit et parle de sa "jurisprudence constante" pour tenter de dissimuler le fait que cette jurisprudence est en soi inconstitutionnelle .
Je vous explique : la réforme constitutionnelle de 2008 visait à donner plus de pouvoir au Parlement et de réduire justement la capacité de censure du CC en réduisant à un "lien indirect" la justification nécessaire pour écarter le motif de censure de "cavalier législatif".
La "jurisprudence constante" du CC consiste en fait à se torcher avec cette réforme constitutionnelle en continuant de censurer de pseudo "cavaliers législatifs" en faisant exprès de ne voir aucun lien entre des dispositions votées au Parlement et l'objet de la loi. Et comme il n'y a aucun recours contre le CC, il fait ce qu'il veut.
C'est ainsi que dans la "loi 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration" de janvier 2024, le CC a censuré les dispositions limitant à certaines conditions les droits sociaux des immigrés.
C'est ainsi qu'aujourd'hui dans la loi de « simplification de la vie économique », le CC censure une disposition simplifiant la vie économique du pays en supprimant une restriction à la circulation.
Tout ceci est une scandaleuse mascarade pseudo-juridique par laquelle le Conseil continue de s'arroger des pouvoirs que la réforme constitutionnelle de 2008 visait expressément à lui enlever.
Et savez-vous où il s'est passé exactement la même chose ? En Ukraine, en 2004, une modification constitutionnelle avait limité les pouvoirs présidentiels au profit du Parlement.
En 2010, après l'élection de Yanoukovitch, la Cour constitutionnelle a annulé la réforme de 2004, jugeant qu’elle avait été adoptée en violation des procédures. Les instances européennes s'étaient alors émues de cette annulation, considérant que l'annulation d'une réforme constitutionnelle par une cour constitutionnelle était une chose curieuse (qui avantageait en outre le pouvoir présidentiel de Yanoukovitch et revenait sur un acquis décisif de la Révolution orange.
Résultat ? Le retour à la réforme de 2004 était une des revendications de Maïdan et elle fut rétablie par la Rada immédiatement après le départ de Yanoukovitch.
Le parallèle évident doit vous montrer à quel point le comportement du Conseil est problématique, et à quel point il faut être aveugle pour se féliciter de ce coup d'Etat permanent.
Plus que jamais, la Ve République doit tomber.
On croit que l’on a du temps devant nous pour lutter contre l’effondrement démographique mais il s’agit d’un simple biais cognitif.
Notre cerveau n’arrive pas à processer des catastrophes étalées dans le temps, même les plus grandes.
Mais quand on fait les calculs, on découvre des choses effroyables : la différence entre mettre en place des politiques natalistes en 2032 plutôt qu’en 2027, c’est 3 millions de naissances en moins et 10 millions de Français en moins sur le siècle.
Oui, un simple quinquennat de retard dans le sursaut, et l’impact pour notre pays est supérieur à celui de toutes les guerres que nous avons connues.
Les naissances baissent de 1,7% par an, donc chaque année qui passe c’est non seulement des naissances perdues, mais un point de départ pour se relever plus bas. Et les naissances perdues créent des générations plus petites et donc moins d’enfants dans les générations d’après.
Il n’y a pas d’enjeu beaucoup plus grand pour notre pays ce siècle : envoyer à l’Élysée quelqu’un qui a un vrai programme nataliste qui tient la route à même d’enrayer l’effondrement en 2027 plutôt qu’en 2032, c’est permettre la naissance de plus de Français qu’il n’en est mort à la guerre EN CUMULÉ depuis le Moyen Âge.
L’enjeu est colossal et nous n’avons plus le temps.
J'ai le plaisir de vous présenter cette infographie, qui est est la première à quantifier rigoureusement les marges réelles de la politique nataliste française.
Elle permet de se rendre compte que l'intégralité du débat actuel sur la natalité est aujourd'hui mal calibré.
L'infographie montre les 8,5 millions de femmes en France entre 25 et 44 ans et projette combien d'enfants elles auront à l'âge de 50 ans si les tendances actuelles se poursuivent :
- 1,5 million auront 3 enfants ou plus
- 3 millions 2 enfants
- 2 milions 1 enfant
- 2 millions zéro enfant
À la fin cela ne fait que 1,5 enfant par femme, ce qui est dramatique, puisque cela signifie qu'à ce rythme chaque génération est plus petite que la précédente d'un quart. C'est un écroulement massif.
Ensuite, pour chaque couple femme/nombre d'enfants, je regarde quels sont les verrous qui les empêchent d'avoir un enfant supplémentaire selon les différentes études et enquêtes.
J'identifie 4 familles de verrou :
- verrou désir (4,6 millions de femmes) : les femmes n'ont simplement pas envie d'avoir un enfant de plus
- verrou conjugal (1,6M) : elles ne sont pas en couple stable
- verrou matériel (1,5 M) : elles n'ont pas les conditions matérielles nécessaires
- verrou médical (0,8M) : problèmes de fertilité
Première découverte : derrière le désir, le premier verrou et celui qui grandit le plus vite est la question de la conjugalité.
Un nombre toujours plus important de femmes se déclare célébataires, tout en témoigant par ailleurs d'un désir d'enfant.
On note aussi que le verrou matériel sur lequel se focalisent l'essentiel des politiques publiques natalistes ne représente que 18% des cas de blocage.
C'est en cela que l'on peut affirmer que le sujet de la natalité est aujourd'hui extrêmement mal traité par le milieu politique.
Voici selon la littérature les meilleures mesures par verrou :
A. Verrou désir. Le plus délicat, que la politique laisse de côté car elle croit que le désir d'enfant est une donnée fixe et sacrée, alors qu'il est très socialement déterminé.
Mesures jouables sur ce levier :
1. Aides financières massives sur enfants de rangs élevés, afin de valoriser socialement la famille nombreuse.
2. Quotas dans tous les concours et postes clés pour parents de famille nombreuse. Crée le lien famille nombreuse <> haut statut social
3. Valorisation de la famille nombreuse dans la société et les médias (quotas Arcom, prioritisation et visibilisation des infrastructures familiales dans l’espace public)
Rien de magique et il s’agit du verrou le plus compliqué à débloquer, mais le désir d’enfant n’est pas immuable, et la recherche nous indique que plus on vit dans une société où l'on voit des familles nombreuses socialement valorisées, plus on désire soi-même faire des enfants.
B. Verrou matériel. Les politiques s’en saisissent beaucoup, mais souvent mal.
Ce qui fonctionne sur le taux de fécondité :
1. Augmenter drastiquement l’offre de logement dans les bassins d’emploi en favorisant la construction.
2. Assurer la garde d’enfant universelle et gratuite de la naissance à l’adolescence, jusqu’à tard en fin de journée et sur les vacances scolaires.
3. Favoriser la flexibilité travail / famille (avec droits opposables au télétravail et au temps partiel par exemple.)
C. Verrou médical. On en parle de plus en plus mais encore trop peu. C'est la moitié du verrou matériel, et l'enfant supplémentaire coûte beauocup moins cher à obtenir. C'est vraiment un levier d'action rapide et efficace.
1. PMA entièrement remboursée sur un grand nombre de tentatives, utilisation des meilleurs techniques d'avant garde à l'hôpital public, plus aucun plafond d'âge.
2. Généralisation de la conservation d'ovocytes. Une des principales raisons de l'infertilité, c'est l'âge avancé des mères. L'autoconservation ovocytaire est légalisée depuis 2021 mais reste réservée aux CHU avec listes d'attente très longues, sans remboursement complet. Toute femme lors de son bilan des 30 ans devrait se voir fortement encouragée à conserver ses ovocytes.
3. Dépistage systématique des pathologies de la fertilité (endométriose, SOPK, infertilité masculine) à 25 et 30 ans.
Point bonus pour les cohortes futures : sensibilisation à la fertilité lors des cours d'éducation sexuelle à l'école. (Effet reconnu : les femmes qui ont conscience de la baisse de leur fertilité font des enfants plus tôt)
D. Verrou conjugal. Encore un verrou qui n'est pas évident. Néanmoins la littérature nous indique qu'il existe des mesures qui favorisent la mise en couple.
1. Politiques de mixité dans l'enseignement supérieur. Mélanger les spécialités sur les campus et dans les universités pour que - en caricaturant - les hommes ingénieurs cotoient les femmes dans la santé. Traiter la vie étudiante et l'enseignement supérieur comme un vrai levier nataliste.
2. Favoriser la stabilité économique précoce. Plus rapidement on a un logement et un travail, plus l'on cherche à se mettre en couple stable tôt. Favoriser donc l'accession au logement pour les jeunes, apprentissage et autres mesures de ce type pour garantir un accès rapide au marché du travail.
3. Traiter plus sérieusement le décrochage scolaire masculin. Une raison fortement documentée de la baisse de la conjugalité est que les femmes éduquées ne trouvent pas assez d'hommes à leur niveau éducativo-économique.
Il est tout à fait possible pour notre pays de passer d'une situation où il perd 25% de naissances à chaque génération à un pays qui atteint le seuil de renouvellement.
Le secret est d'attaquer les 4 verrous simultanément et donc d'avoir le courage de poser des objectifs quantitatifs de naissances au lieu de se cacher comme aujourd'hui derrière seulement des aides matérielles à réaliser son désir d'enfant.
Comme toujours, la politique n'est que marginalement affaire de technique, mais avant tout affaire de courage. Le courage d'assumer que la natalité est un bien collectif, sans doute le tout premier, car sans reproduction il n'y a simplement plus de collectif.
Nouvel enrichissement du tableau de bord de la France avec ce qu'on m'a le plus réclamé : une projection de notre système de retraites selon différents scénarios, et la capacité de faire varier soi-même les paramètres.
Les conclusions me semblent évidentes :
- le système actuel ne tiendra pas une génération de plus. Avant 2050, à ce rythme, nous n'aurons plus les moyens de financer ne serait-ce que le régalien et les services publics.
- même les scénarios très optimistes du COR sont des scénarios de crise chronique.
- même une réforme ambitieuse des retraites, bien qu'indispensable, n'est pas suffisante.
- il faut une réforme complète de notre économie et renouer durablement avec la croissance. Sinon, nous aurons une crise financière majeure à la grecque, et une dégradation durable de notre niveau de vie et de notre capacité à maîtriser notre destin.
- alors que la troisième révolution industrielle est là et nécessite des investissements massifs, retrouver nos marges de manœuvre financières devrait être notre priorité absolue.
Vous pouvez jouer avec le modèle et même partager vos scénarios ici :
https://t.co/lOcIUYNYWT
Comme d'habitude, si vous voyez des erreurs, faîtes le moi savoir, je corrigerai aussi vite que possible.
🚨 Après les pressions de Yaël Braun-Pivet sur Charles Alloncle, les esquives répétées des auditionnés et les révélations massives sur le gaspillage d’argent public, on INTERDIT DÉSORMAIS LE LIVE TWEET DES AUDITIONS de la commission sur l’audiovisuel public suite à la réunion d’hier.
👉 Jusqu’ici, ces tweets sur les auditions représentaient des centaines de millions de vues et permettaient aux Français de découvrir l’ampleur des gabegies.
➡️ Résultat, les pouvoirs publics organisent un black-out pour protéger France Télévisions et auront réussi à suspendre les auditions près d’un mois.
Elles reprendront le 19 janvier.
Une chose dont trop peu de monde prend la juste mesure : ce n’est pas la faute à pas de chance si la banane bleue, l’endroit où se concentre toute la richesse et la population d’Europe se trouve exactement à la frontière de la France et du mauvais côté (pour nous).
Quand on étudie les raisons de cette triste affaire, on déroule 1000 ans d’Histoire des civilisations sur les faiblesses intrinsèques du modèle français.
Chose trop souvent ignorée : initialement, la banane bleue ne contourne pas la France. ELLE LA TRAVERSE.
Et c’est tout à fait logique. Au Moyen Âge, le principal corridor économique de l’Europe relie le nord de l’Italie, qui est riche de ses cités états qui commercent avec le monde musulman et byzantin, aux Flandres, qui produisent de façon proto-industrielles des draps à partir de laine anglaise.
Pourquoi ces deux régions sont particulièrement prospères ? Parce qu’elles ne sont pas sous domination de seigneurs féodaux qui peuvent taxer la classe marchande. L’Italie a conservé de son passé romain un réseau de villes denses et des guildes commerciales fortes. Les Flandres sont une zone tampon entre France et Saint Empire Romain germanique, avec une agriculture très productive grâce à sa géographie qui lui permet d’avoir des villes avec beaucoup de main d’œuvre libre.
Quel est le chemin le plus court entre l’Italie et les Flandres ?
La France bien sûr.
Et la France a le bénéfice au XIIe de ne pas être encore centralisée. Alors les seigneurs peuvent tenter des trucs. Et le comte de Champagne, le bien nommé Henri le libéral, comprend il y a 8 siècles ce qui semble encore mal acquis aujourd’hui par nombre de nos députés : s’il fournit un environnement favorable aux marchands, sécurisé, peu taxé, alors toute la richesse viendra s’agglomérer chez lui.
Les comtes de Champagne vont inventer les lettres de change, les tribunaux commerciaux, les taux de change normalisés, des systèmes de crédits, etc.
La Champagne au Moyen Âge, c’est Singapour. Et presque 1000 ans plus tard, les Parisiens continuent d’aller visiter le weekend des villes comme Provins pour s’extasier sur la beauté et l’opulence de son architecture.
Mais dès 1284, Philippe le Bel se marie avec Jeanne de Champagne, ce qui fait entrer la Champagne dans le domaine royal et donc sous domination capétienne. Et comme toujours, les grands états centralisés ne peuvent résister à la tentation d’aller taxer les marchands de passage, même s’ils savent bien que c’est une stratégie de court terme, et qu’à moyen terme ces derniers s’en iront. (1000 ans plus tard, on a toujours les mêmes débats avec Zucman qui jure ses grands dieux que personne ne fuira jamais sa taxe, pendant que tous les avocats fiscalistes parisiens vendent comme des petits pains des packages clé en main d’expatriation.)
Là-dessus survient la guerre de 100 ans, espèce de guerre civile entre Armagnacs et Bourguigons. Les Armagnacs sont pincipalement de la noblesse terrienne et campagnarde, là où les Bourguignons sont des marchands urbains. Les Armagnacs roustent les Bourguignons, et le sort en est jeté : la France passe sous domination agraire, les marchands et la bourgeoisie urbaine sont vus comme des séditieux à calmer, taxer, dominer. Et si la Bourgogne ducale intègre la France, les Pays-Bas Bourguignon passent aux Habsbourgs.
Et il s’agit là d’un moment crucial et méconnu de l’histoire de France et d’Europe : l’axe économique historique Italie du Nord / Champagne / Flandres se déplace pour contourner la France devenue l’ennemie des marchands, et occupe une route commerciale précédement anecdotique, la route du Rhin.
C’est ainsi que naquit la banane bleue.
Aujourd’hui, la portion hors Italie de la banane bleue, c’est environ 80 millions d’habitants et 5000 milliards de PIB. Dans un monde parallèle où Jeanne d’Arc n’existe pas et les Bourguignons gagnent la guerre de 100 ans, la Grande Bretagne et donc le monde entier sont francophones, et la France a au moins 50 millions d’habitants de plus et un PIB deux fois plus élevé.
C’est à côté de ça que nous sommes passés. (1/2)
Alors que le débat budgétaire fait couler beaucoup d'encre, il y a une notion absolument essentielle à maîtriser lorsque l'on parle de niveau de taxations et autres cotisations. Sans elle, impossible de participer intelligemment au débat.
Cette notion, c'est le coût marginal des fonds publics (CMFP). Cela paraît un peu ésotérique, mais c'est très simple, et très central.
Lorsque l'état ou les caisses sociales prélèvent un euro dans l'économie, ils ne font pas que prendre un euro, ils influencent le comportement des acteurs économiques. Cet euro prélevé peut décourager la création de richesse, auquel cas le vrai coût de cet euro est en réalité de plusieurs euros, ou cet euro peut encourager la création de richesse, auquel cas cet euro dans les caises publiques a coûté moins cher que 1.
Coup de bol, nous avons des études qui estiment le CMFP en France. Jetons un coup d'œil ensemble (1/5) 👇
Osez dire cela en face d’une femme violée par un individu sous OQTF, @VincentJeanbrun.
Vous dites être « troublé » lorsque le lien entre viol et immigration est évoqué, pourtant des données officielles existent.
Vous parlez comme vos alliés d’extrême gauche mais au final cette posture traduit la lâcheté de certains LR depuis 2024.
Sur cette photo, on peut voir le pédocriminel Pierre-Alain Cottineau faire un discours sur l’éducation « inclusive », avec derrière lui le toxicomane Andy Kerbrat, qui utilise vos impôts pour se fournir en drogue auprès de mineurs.
Juste un rappel : le camp du mal, c’est eux.