Si cela intéresse quelqu'un, j'ai exhumé des ténèbres de mes dossiers, et un peu amélioré ces temps-ci, un texte écrit il y a longtemps, sur le mythe de Gygès. C'est un petit exercice d'interprétation à tiroirs qui m'avait aidé à comprendre comment fonctionne ce genre de texte.
"L'Hippias mineur parle d'un sophiste, il est bref, rigolo et un peu bizarre, ce doit être une œuvre de jeunesse" (en fait le moindre détail renvoie directement à la République, au Phèdre et au Phédon, au moins).
Je ris jaune en pensant au nombre de gens qui auront pris au sérieux la distinction entre les "dialogues de jeunesse" de Platon et les "dialogues de la maturité". Incroyable lubie moderne.
Si le sujet s'est perdu dans un lieu où il ne peut vivre, où l'eros est sans objet, aveugle et court à sa destruction, c'est que dans la réalité qui ne vient plus à la conscience, au sein des ténèbres, beaucoup de mal se commet et prolifère.
On a parfois l'impression que la critique classique de l'hybris est une sorte de réflexe craintif ou matriarcal de condamnation de la surabondance masculine de puissance d'exister, de la tension vitale et créatrice vers l'infini et l'inconnu, etc.
Percevoir l'hybris, c'est percevoir ce décalage ou cette étrangeté qui montrent que l'être a basculé hors de la réalité, dans un monde d'artifices et de fantasmes où il ne cherche plus à saisir des biens véritables mais des images qui se dérobent.
Je me souviens qu’en anglais au lycée on avait du s’exprimer en cours sur les gratte-ciels, absolument 100% des francaouis dont moi étaient contre à l’époque et les rares arguments étaient typiques de la maladie mentale post-gaullienne « heu c’est de l’arrogance américaine quoi l’homme *tire sur son pétard* ne respecte pas la nature un peu quoi enfin je sais pas »
@miltonappl3 It might explain why in Luke it ends with a reference to the Passion : if the Logos is indeed, in the end, subject to death on the cross, you're not done with the problem without the Resurrection - but I've not delved into these waters.
@miltonappl3 At the same time it seems that Christ's victory is complete because he's the living one, even on the cross, while the devil is abstracted from the personal or incarnate conditions of thought. So both aporia and Christ co-exist.
@AlcazarViala ... et la recherche d'ordres et hiérarchies justes à d'autres échelles plus "naturelles", mettant explicitement à distance le "monde" (tendance au repli vers les petites communautés, famille, etc. ou les églises, la philosophie).
@AlcazarViala D'où deux orientations fondamentales, le conservatisme (prudence : respecter l'ordre concret comme s'il était plus juste qu'il n'est est en soi une attitude juste - de peur que vous n'arrachiez le blé, etc.) ...