Je recommande la lecture de cet excellent livre à ceux qui s'intéressent au thème du #racisme à sa résurgence et son exploitation honteuse dans les débats politiques en France, aux États-Unis et sur X (anciennement Twitter)
#Tchad En décembre 1990, Hissein Habré n'avait que 48 ans quand il fut renversé par Idriss Déby. Il en avait seulement 40 quand, en juin 1982, lui-même renversait Goukoun Weddeye. En août 1978, il devenait premier ministre à l'âge de 36 ans.
Aujourd'hui, à plus de 50 ans, certains se disent "jeune" membre de leur parti ou se comportent exactement comme leurs propres enfants. D'autres appellent le maréchal Mahamat Idriss Déby "papa"...
L'augmentation de l'espérance de vie nourrit l'illusion d'une jeunesse éternelle.
Conséquence : on assiste à une inversion des rôles où les adultes adoptent une posture de spectateurs ou de commentateurs, tandis que la jeunesse prend en charge les combats de société majeurs. Comment expliquer ce phénomène de démission citoyenne des adultes ?
"Hier, je me disais ceci : j'ai trente-deux ans, trente-deux fois j'ai passé le jour et l'heure de ma mort, comme on passe devant la porte d'une maison qu'on habitera un jour, et qu'on ne songe même pas à regarder."
J. Green, 18 février 1933.
La question de Beral est pertinente : « est-ce que vous avez lu le livre ? »
La réponse va de soi. Je n'imagine pas quelqu'un faire, ses yeux dans les yeux de l'auteur, le procès en sorcellerie d'un livre qu'il n'a pas lu. Et celui-là, ceux qui le critiquent avec virulence l'ont sans aucun doute lu.
Certes, le livre n'est pas consacré exclusivement aux régimes de Habré et Déby. La première partie analyse les racines de l'impasse sociopolitique du Tchad, remontant aux lendemains de l'indépendance. Les auteurs y dénoncent une « ivresse patriotique » dépourvue de lucidité et examinent de manière critique les deux premiers régimes du pays : celui de Tombalbaye et celui du Général Malloum.
Mais on y note un changement de ton notable lorsque les auteurs passent des premiers régimes (Tombalbaye et Malloum) à ceux de Habré et Déby. Si la critique reste constante, elle gagne en sévérité, délaissant une certaine forme de "clémence" historique pour une dénonciation virulente.
Les auteurs établissent une distinction morale entre les deux périodes. Ils accordent un "bémol" à Tombalbaye et Malloum, qualifiant leurs erreurs de conséquences d'une « candeur noble » (sic) ou d'une « naïveté de bonne foi » (sic). À l'inverse, ils affirment que les régimes de Habré et Déby ne méritent aucune indulgence car ils ont propulsé au pouvoir des porteurs d'un « projet politique délibérément mortifère » (sic).
Le vocabulaire utilisé pour décrire les époques Habré et Déby est nettement plus injurieux.
Habré est qualifié de « boucher du désert » (sic), d'« ignoble monstre » (sic), de « cynique voleur » (sic) et de « cauchemardesque démon » (sic).
Déby est présenté comme un « disciple de la première heure » (sic) du laboratoire mortifère de Habré. Les auteurs le qualifient de « loup-garou avide du sang » (sic) déguisé en agneau et de « crétin et assassin par excellence » (sic).
Par ailleurs, alors que la critique de Tombalbaye portait sur son "amateurisme" politique, celle contre Déby et Habré vise l'institutionnalisation d'un « culte de la médiocrité » (sic).
Ils parlent de mouvances « radicalement incultes et analphabètes » (sic) dans les sphères de l'État et de la transformation de l'appareil étatique en un « zoo sanguinaire » (sic).
L'objectivité est délibérément mise de côté au profit d'une « conscience folle » (sic) qui refuse tout euphémisme.
Bref, Masra et Beral ne cherchent pas à être neutres dans la critique des régimes qui se sont succédé. Ils considèrent que les régimes de Habré et Déby ont méthodiquement détruit l'âme de la nation tchadienne, là où leurs prédécesseurs n'avaient fait que tâtonner maladroitement.
Le livre est facile à lire. Il n'est pas volumineux. Il me semble qu'il a été rédigé par Beral, seul, même si Masra y apparaît comme co-auteur.
Le Conseil constitutionnel a rendu une décision unique par la rigueur du raisonnement
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Le Conseil constitutionnel du Tchad vient de rendre, sur le fondement des articles 174 alinéa 7 et 179 alinéa 3 de la Constitution, l'une des décisions les plus sérieusement motivées de son histoire. Une première par la densité et la précision de son raisonnement.
La décision, d'une dizaine de pages, est publiée sur la page Facebook du Conseil.
Le Conseil s'en tient à une démonstration purement textuelle et logique pour asseoir sa légitimité.
J'ai lu des commentaires.
Certains s'étonnent que le changement de dénomination du lycée moderne de Léré ait été porté devant le Conseil constitutionnel plutôt que devant le tribunal administratif. Cette hésitation repose sur une confusion entre deux contentieux de nature différente.
D'autres ont parfaitement saisi le sens de cette décision : un litige opposant l'État à une collectivité territoriale sur la répartition d'une compétence issue de la décentralisation. Plus concrètement, un conflit d'attributions né de l'arrêté du ministre de l'Éducation nationale rebaptisant le lycée moderne de Léré.
Il faut savoir que le "conflit d'attributions" et le "recours pour excès de pouvoir" procèdent de deux logiques distinctes.
- Le recours pour excès de pouvoir, porté devant le juge administratif, contrôle la légalité d'un acte déterminé au regard des textes en vigueur.
- Le conflit d'attributions, lui, ne juge pas un acte. Il tranche, erga omnes, la question de savoir qui, de l'État ou d'une Collectivité autonome, est titulaire d'une compétence constitutionnellement ou légalement reconnue. C'est un litige entre deux ordres de pouvoirs publics, non un contentieux entre un administré et l'administration. D'où la qualité à agir réservée par l'article 179 alinéa 3 de la Constitution aux seuls présidents des exécutifs des Collectivités autonomes ; et non ouverte, comme devant le juge administratif, à tout requérant justifiant d'un intérêt à agir.
Ainsi, seul le Conseil constitutionnel, "organe régulateur du fonctionnement des institutions" au sens de l'article 174, pouvait-il fixer, avec autorité, la ligne de partage des compétences.
À ma connaissance (et ce n'est pas faute d'avoir cherché) le mécanisme est sans équivalent en droit français. En France, le principe de décentralisation organise le transfert de compétences de l'État vers les collectivités locales. En cas d'empiétement d'une autorité sur une autre, les recours s'exercent devant l'ordre administratif. Le Conseil constitutionnel n'a aucune compétence générale d'arbitrage entre l'État et les collectivités territoriales.
L'équivalent le plus proche du mécanisme tchadien est la procédure de déclassement de l'article 74 alinéa 9 de la Constitution française, réservée aux seules collectivités d'Outre-mer dotées de l'autonomie.
Sur ce point, le Conseil constitutionnel tchadien semble avoir construit un for constitutionnel original.
Le modèle tchadien (Conseil constitutionnel arbitre des "conflits d'attributions" État/Collectivités autonomes) s'apparente en réalité davantage à ceux des constitutions africaines francophones (la RDC par exemple confie à sa Cour constitutionnelle le règlement des conflits de compétence entre pouvoir central et provinces).
Sur l'ensemble, le raisonnement est cohérent et rigoureux, et sur les points de fond (interprétation des transferts de compétence, portée de la libre administration, distinction compétence/opportunité, etc.) le CC applique fidèlement une méthode d'inspiration française. L'originalité tchadienne reste le for constitutionnel lui-même (art. 174 al. 7/179 al. 3), sans équivalent en droit français.
Cette décision mérite d'être largement commentée par les juristes publicistes, longtemps privés de matière à réflexion.
@JBPadare@kaarkaassonn@dreadjuge
No puedes herir a alguien que ha leído a Tolstói, Dostoievski, Kafka, Nietzsche, Kierkegaard y Camus por diversión. Su serotonina abandonó el chat hace años.