@liuuuoo Ага. Так и живут, ни о чем не знают, и когда сталкиваются с действительностью, очень удивляются. Например, одна моя знакомая, у которой айфон, только вчера обратила внимание, что в Максе ей перестали приходить уведомления о сообщениях))
Pourquoi est-ce que je passe mes nuits à écrire sur des philosophes morts et une idéologie de campus ?
Parce que l’enjeu final n’est pas le débat culturel. L’enjeu final, c’est l’Armageddon.
Et pour le comprendre, il faut passer par la thèse la plus vertigineuse de Peter Thiel, celle qui fait ricaner les commentateurs et qui est probablement la plus importante de notre époque.
Résumé des épisodes précédents : le communisme n’est pas mort en 1989, il a muté (la French Theory), déménagé (les campus américains), et conquis les institutions occidentales sous un nouveau nom.
Reste la question simple : et alors ?
Que se passe-t-il s’il gagne ?
C’est ici que Thiel entre en scène.
J’ai raconté comment René Girard, à Stanford, a façonné son esprit.
Depuis quelques années, Thiel donne des conférences sur un sujet qui fait sourire : l’Antéchrist. Quatre conférences à San Francisco l’automne dernier. Les gens rient. Ils ont tort. Que vous soyez croyant ou non, prenez ça comme la grille de lecture géopolitique la plus puissante disponible aujourd’hui.
Voici la thèse.
L’humanité moderne a deux cauchemars.
Le premier s’appelle Armageddon : la guerre totale, l’arme nucléaire, la technologie qui échappe.
Le second est plus subtil, et le génie de Thiel est de l’avoir nommé : l’Antéchrist.
Dans les textes, l’Antéchrist ne se présente pas comme un destructeur.
Il se présente comme un sauveur. Il arrive en promettant exactement ce que tout le monde veut entendre : « la paix et la sécurité ».
Et c’est au moment précis où le monde entier répète « paix et sécurité » que la destruction tombe.
Traduction moderne : la peur de l’Armageddon devient le prétexte de la tyrannie.
Pour nous protéger de la guerre, du climat, de l’IA, de la haine, on construit l’État mondial homogène : surveillance totale, régulation totale, redistribution totale, stagnation totale.
Thiel provoque en disant que l’Antéchrist de notre époque ne ressemblerait pas à un méchant de cinéma, mais à une activiste climatique ou à un régulateur humanitaire.
Relisez maintenant le programme du néo-communisme : sécurité émotionnelle, gouvernance globale, censure de la « haine » et de la « désinformation », décroissance, égalité finale des résultats. Mot pour mot : paix et sécurité.
Le néo-communisme ne viendra pas avec des chars.
Il viendra avec des conformity officers, et nous l’applaudirons.
Voilà la première branche du piège : si le wokisme gagne, nous obtenons la tyrannie douce planétaire. Le monde de 1984 avec le sourire de l’inclusion.
Mais il y a une seconde branche, et elle est pire.
Girard l’a enseignée à Thiel : quand la force qui retient s’effondre, la violence monte aux extrêmes. Les textes ont un mot pour cette force qui retient : le katechon.
Depuis 1945, le katechon a un nom et une adresse : l’Occident. Sa puissance militaire, sa prospérité, sa capacité à dire le vrai.
Or une civilisation qui a appris à se haïr ne retient plus rien. Les prédateurs l’ont compris avant nous : Moscou teste, Pékin patiente, l’islamisme avance.
Un monde sans croissance est un monde à somme nulle, et un monde à somme nulle finit toujours par la guerre.
Si le katechon tombe, la montée aux extrêmes reprend, avec des arsenaux que Clausewitz n’imaginait pas.
Armageddon ou Antéchrist. Le chaos total ou le contrôle total. Voilà les deux seules sorties d’un monde où le néo-communisme gagne.
C’est pour ça que ce combat n’est pas une « guerre culturelle ».
C’est un triage civilisationnel.
Et notez la coïncidence des dates, parce qu’elle n’en est pas une. Thiel date la grande stagnation du début des années 70 : l’énergie, les transports, la médecine, tout ralentit sauf les bits.
Exactement le moment où la déconstruction achève sa conquête des campus.
Nous avons marché sur la Lune en 1969, trois ans après le débarquement de la French Theory à Baltimore. Ensuite, une seule des deux courbes a continué de monter. Nous avons cessé de construire des fusées au moment où nous avons commencé à déconstruire des phrases.
Alors, la correction. Elle est simple à énoncer et exigeante à exécuter.
Nommer l’idéologie, partout où elle se cache.
Couper ses vivres : plus un euro public pour ce qui enseigne la haine de l’héritage.
Et reconstruire : l’énergie, l’espace, l’IA, l’école, le courage.
Le chemin entre les deux abîmes est étroit, et il porte le nom que cette série répète depuis le début : construire. La croissance n’est pas une option économique. C’est la seule issue de secours de l’espèce.
L’Occident n’est pas une civilisation parmi d’autres. C’est la force qui retient.
Et la bonne nouvelle, c’est qu’une force qui retient, ça se reconstruit.
Au travail.
@xsync Социалистам постоянно что-то мешает построить работающую систему: то народ неправильный попался и кругом реакционеры, то внешние враги вредят, то компьютеры ещё не изобрели😉