***Mines: PDAC 2026 à Toronto, l'action sur le terrain doit maintenant correspondre au nouveau narratif***
J'ai eu le privilège d'assumer le rôle de maître de cérémonie et de modérateur des panels lors du PDAC 2026 à Toronto, après Indaba 2025. C'était à la DRC spotlight ce 3 mars. Un honneur… et un marathon intellectuel pour moi dont la zone de confort est plustôt le digital même si les mines font partie de mes centres d'intérets. Mais le jeu en valait la chandelle!
Parmi les moments forts, une phrase du Ministre des Mines, Louis WATUM KABAMBA, résonne encore dans mes oreilles. Lors du DRC Spotlight que j’ai eu l’honneur d’ouvrir, il a déclaré :
« La cartographie des connaissances géologiques minières connue à ce jour couvre moins de 20% du potentiel de la RDC. » et en Afrique entière? j'ose pas y penser, surtout, après échange avec un ingénieur Guinnéen qui m'a mis une vraie claque.
Là, j’avoue, j’ai eu un petit réflexe intérieur du type : “où est le mur le plus proche pour que je m’y cogne doucement ?”
Heureusement, le Ministre a ensuite brillamment éclairé les avancées récentes du secteur, et j’ai reposé ma tête.
J’ai ensuite animé un panel passionnant avec Marie-Chantal Kaninda (Glencore RDC) et Cyrille C Mutombo DG de Barrik Gold, deux leaders authentiques qui ont partagé leurs expériences avec une transparence rafraîchissante. Leur message est clair : développer un véritable écosystème local et inclure davantage les populations congolaises dans la chaîne de valeur. Un chapitre essentiel pour la gouvernance à tous les niveaux.
Le troisième panel réunissait les DG du Cadastre Minier - CAMI RDC, @CEEC, CTCPM Mines RDC, et la découverte du jour : SAEMAPE — le “petit poucet” institutionnel qui joue en réalité un rôle majeur dans la formalisation du secteur artisanal. Une pépite que j’ai adoré entendre.
Nous avons exploré les progrès des différents guichets : transparence, sécurité des investissements, complémentarité des services… Le défi à relever reste l’harmonisation de l’information pour offrir un parcours intégré aux investisseurs. La voie est ouverte.
Et puisque nous étions au Canada, impossible de ne pas rappeler, comme l'a fait le Ministre des mines que les Canadiens ont toujours joué un rôle central dans la prospection au Congo, depuis les premières explorations jusqu’aux investissements structurants d’aujourd’hui. Une relation historique qui continue d’écrire de nouveaux chapitres.
Enfin, le Ministre a clôturé par un Q&A suivi d’un message inspirant pour tous ceux — nationaux comme étrangers — qui veulent poser leurs deux pieds sur le sol congolais.
S’il fallait retenir une seule phrase : « Pensez grand. »
Pour une fois, je n’ai rien eu à ajouter, ça m'a coupé le sifflet!
***Côte d'Ivoire vs RDC : deux marchés télécoms, deux réalités fiscales***
Sur le continent, la Côte d’Ivoire et la RDC évoluent dans deux dynamiques presque opposées.
D’un côté, un marché ivoirien mature, structuré et très compétitif.
De l’autre, un marché congolais immense, jeune… et fiscalement étonnamment léger.
🇨🇮 Côte d’Ivoire : performance élevée, fiscalité élevée
La fiscalité y est l’une des plus lourdes d’Afrique francophone :
- Taxe sectorielle : ~35 % des revenus
- Redevance annuelle : 5 % du CA
- Fonds de service universel : 2 %
- Taxe mobile money : 0,5 % par transaction
- Licence globale : jusqu’à 80 M USD
Résultat : 120 à 150 M USD reversés chaque année par un grand opérateur.
🇨🇩 RDC : un marché vaste, complexe… mais fiscalement plus souple
Les repères officiels montrent une pression nettement plus faible :
- Taxation sectorielle : ~20 % des revenus
- Redevance annuelle : 2 % du CA
- Fonds de service universel : 1 %
- Aucune taxe mobile money à ce jour!
- Licence globale : ~30 M USD
Conséquence : un grand opérateur reverse 40 à 70 M USD par an, soit 2 à 3 fois moins qu’en Côte d’Ivoire, pour un marché pourtant plus vaste.
L’ARPU en RDC tourne autour de 1,5 USD, contre un niveau 3 fois supérieur en Côte d’Ivoire. CQFD.
Deux philosophies économiques
- CI : marché mature → l’État capte une part importante de la valeur.
- RDC : marché en construction → l’État laisse respirer les opérateurs.
- CI : forte pression fiscale.
- RDC : fiscalité d’incitation.
- CI : objectif d’optimisation des recettes.
- RDC : objectif d’élargissement de l’accès.
La vraie question n’est donc pas qui paie plus, mais quelle stratégie accélère réellement la transformation digitale.
La Côte d’Ivoire mise sur la consolidation et les recettes.
La RDC mise sur l’expansion et l’accessibilité.
Deux chemins différents, un même objectif : connecter, transformer, créer de la valeur.
Une orientation stratégique qui a du sens, malgré ce que certains appellent encore — avec humour — les “tracasseries”.
Et maintenant ?
Le ministère des Finances en RDC envisage de taxer le mobile money!! Vous le savez?!
Mais comment accélérer l’inclusion financière… tout en taxant l’outil qui la rend possible ?
Qu’en pensez‑vous : mesure logique ou risque de freiner l’adoption numérique ?
"Quand les hackers pensent que Dakar est un buffet à volonté"
Le Sénégal fait face à une série d’attaques sans précédent. Plus de 10 millions d’attaques en 2024, et encore davantage en 2025, ciblant des failles techniques et le vol de mots de passe. De quoi rappeler à quel point les infrastructures critiques africaines deviennent un véritable terrain de jeu pour les cybercriminels.
Décembre 2025 : une attaque contre une compagnie pétrolière manque de peu de détourner 7,9 millions de dollars. Les pirates avaient infiltré la messagerie interne, se faisant passer pour des cadres afin de déclencher un virement frauduleux. Raté.
Début 2026 : des attaques visent la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), qui gère les cartes d’identité, les données biométriques et une partie des registres électoraux. L’incident, sérieux, a entraîné la suspension de la production des cartes d’identité.
Un groupe appelé Green Blood Group revendique l’attaque et affirme avoir infiltré, chiffré et exfiltré 139 téraoctets de données biométriques et administratives, publiées par extraits sur le dark web. Les experts parlent d’une attaque potentiellement historique. Vrai ou pas, une chose est certaine : il y a bien eu incident, et les enquêtes techniques se poursuivent.
Ces événements montrent néanmoins que Dakar n’est pas un “open bar” pour les hackers.
Et c’est là que le contraste devient saisissant. Pendant que certains pays bricolent encore leur boîte à outils, le Sénégal avait déjà monté l’étagère, vissé les boulons et installé l’éclairage.
Un CERT national opérationnel, une gouvernance numérique claire, des campagnes de sensibilisation régulières… autant d’éléments qui ont limité la casse.
Comparé à la RDC, la différence est nette : Kinshasa a le potentiel, l’énergie et les talents, mais la structuration est encore en chantier. Là où le Sénégal a déjà posé les fondations, la RDC tente encore de tracer les plans. Rien de dramatique, mais un rappel utile : la cybersécurité n’attend personne.
À l’heure où les cybermenaces explosent, l’Afrique n’a pas besoin de panique : elle a besoin de maturité et de coordination pour garder le cap.
Et si l’on peut parfois en rire, c’est justement parce qu’on commence enfin à s’en occuper — sérieusement, selon les pays.
Maturité Cyber dans la région (quelques indication)
1. Ghana ×××
2. Côte d'Ivoire ×××
3. Sénégal ×××
4. Cameroun ××
5. RDC ×
Ya du boulot...A suivre!
Just Amazing! La nouvelle forme de guerre en présence...ne jamais sous- estimer un ennemi capable de t'envoyer un essaim d'abeilles!
https://t.co/xbQeNksv55
+++Identité numérique : Socle invisible mais indispensable du décollage économique***
Il est temps de le dire clairement : Ce n'est pas un luxe technologique. C’est une urgence économique, une question de souveraineté et c'est la condition pour que l’Afrique prenne enfin sa place dans l’économie digitale mondiale. Ce qui n'est pas encore gagné!
Depuis des années, je travaille entre plusieurs contients et j’observe la même réalité : tant que nous n’aurons pas une identité numérique fiable, sécurisée et interopérable, nous resterons bloqués au seuil du développement digital.
L’inclusion financière ne se décrète pas : elle se construit sur l’identité et non sur la guerre des institutions aux prérogatives qui s'enchêvetrent.
On ne peut pas parler de fintech, de mobile money, de crédit digital, de e‑commerce ou de startups…si des millions de citoyens ne peuvent même pas prouver qui ils sont.
L’identité numérique, c’est :
- la porte d’entrée vers les services financiers,
- la base du KYC automatisé,
- la clé du crédit digital,
- la fin des identités multiples,
- la confiance dans les transactions.
Plus il y a d’acteurs identifiés, plus il y a de transactions. Plus il y a de transactions, plus l’économie s’accélère.
C’est une loi économique simple :
Masse monétaire = Monnaie × Vitesse de circulation
L’identité numérique agit sur la vitesse.
Elle fluidifie, elle sécurise, elle accélère.
Elle transforme une économie fragmentée en un marché intégré.
L’Afrique n’a pas besoin de rattraper : elle peut sauter des étapes
L’Europe a mis des décennies à construire ses infrastructures numériques.
L’Afrique peut aller plus vite, plus loin, plus intelligemment.
Mais cela exige :
- des choix courageux...pas gagné!
- des investissements structurants...très compliqués!
- une gouvernance transparente..ce qu'on aime pas!
- et une vision nationale...souvent improbable!
La France, avec son expérience réglementaire et institutionnelle, peut être un partenaire stratégique autant que Singapour qui est une référence à l'exemple du partenariat possible avec la RDC.
Mais l’ambition doit être africaine, portée par des leaders africains, pour répondre aux réalités africaines.
Ce qui est en jeu dépasse la technologie
Il s’agit de :
- souveraineté,
- dignité numérique,
- compétitivité économique,
- justice sociale,
- capacité à créer des opportunités pour des millions de jeunes.
L’identité numérique n’est pas un projet informatique. C’est un projet de société.
Si nous voulons une Afrique qui innove, qui entreprend, qui attire les investisseurs, qui crée de la valeur et qui protège ses citoyens, alors nous devons commencer par le commencement : donner à chaque citoyen une identité numérique fiable, reconnue et souveraine. Ce n’est pas une option. C’est la fondation de tout le reste.
Et c’est sur cette fondation que nous construirons l’écosystème digital africain de demain. Vive les gouvernants qui l'ont compris!
97 millions $ pour créer une identité numérique pour chaque Congolais.
Le DRCPass arrive en RDC et promet de transformer l’accès aux services publics, à l’économie et à l’administration.
On vous explique comment.
#BankableRDC
https://t.co/CxMevyukWn
97 millions $ pour créer une identité numérique pour chaque Congolais.
Le DRCPass arrive en RDC et promet de transformer l’accès aux services publics, à l’économie et à l’administration.
On vous explique comment.
#BankableRDC
***Interopérabilité : Le chainon manquant de la Révolution financière de la RDC***
La semaine dernière, le gouverneur André Wameso a reçu à la Banque centrale du Congo une délégation de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles. Au menu : connectivité, digitalisation, inclusion financière et infrastructures. Un signal clair : l’avenir numérique de la RDC se joue maintenant!
Mais une question reste, essentielle et urgente : Quand disposerons-nous enfin d’un switch monétique national pleinement opérationnel ?
Un switch capable de connecter banques, opérateurs mobiles, et ne pas oublier agrégateurs et Fintech, et de mettre fin au fonctionnement en silos qui freine l’écosystème depuis trop longtemps.
Le projet Mosolo est l’arlésienne qui n’a pas encore libéré son potentiel. Pourtant, un seul portefeuille mobile interopérable - indépendant de la marque, du réseau ou de la banque - changerait la vie du citoyen congolais et transformerait l’économie. La DIGITALISATION DES PAIEMENTS agit comme un MULTIPLICATEUR DE CROISSANCE
Il ne s’agit pas de technologie pour la technologie : un switch monétique central est une INFRASTRUCTURE MACROECONOMIQUE.
Les analyses du FMI sur les paiements en Afrique montrent que l’interopérabilité et les systèmes de paiement modernes entraînent : (i) une baisse des coûts de transaction, (ii) une hausse des paiements formels, (iii) un approfondissement financier (plus d’épargne, plus de crédit), (iv) une formalisation accrue de l’économie.
Pour la RDC, un déploiement sérieux pourrait générer +0,2 à +0,5 point de croissance du PIB par an, soit environ 1 point cumulé d’ici 2027.
Les bénéfices sont connus : inclusion financière, réduction des coûts, diminution de l’informel, meilleure efficacité de l’État.
Et l’impact budgétaire est tout aussi significatif : +8 % à +15 % de recettes propres supplémentaires en 2 à 3 ans, grâce à la traçabilité et à l’élargissement de l’assiette fiscale...pour la RDC +3 milliards USD de Plus!
La vitesse de circulation de la monnaie fait la richesse d’une économie.
La corégulation entre la Banque centrale du Congo (BCC) et l’ARPTC n’est pas un luxe institutionnel. C’est une nécessité structurelle pour que l’écosystème financier et numérique congolais fonctionne enfin comme un système intégré, sécurisé et propice à l’innovation.
Et dans un pays où banques, opérateurs mobiles et Fintech se croisent sans toujours se comprendre, cette corégulation devient un levier stratégique.
https://t.co/XpQm3gGQxt
La cybersécyrité c'est comme l'hygiène dans une cuisine : c'est vital, mais personne ne veut qu'on regarde derrière le frigo. Mais lescyberattaques ne demande jamais la permission d'entrer. C'est là que L'observatoire national de la cybersécurité est incontournable!
L’Afrique face au défi de la cyber‑résilience : le Consultant Tech‑Évangéliste Albert Kabeya alerte sur l’émergence d’une « Camorra » numérique… et sur un tabou qui freine encore la défense collective https://t.co/29RivgsyBr
Quand disposerons-nous enfin d’un switch monétique national pleinement opérationnel ?
La DIGITALISATION DES PAIEMENTS agit comme un MULTIPLICATEUR DE CROISSANCE . Un switch monétique central est une INFRASTRUCTURE MACROECONOMIQUE.
https://t.co/q2xQRhZnaq
@Sergemadika Lumumba...par accident, non par connaissance...je dirai même plus non par Reconnaissance! Le mime, ha oui, c'est l'expression d'une perception de surface. La pensée des simplets se recentre sur le folklore vidée de sa profondeur, le mime s'adopte, s'impose à TOUS coe média!
@Sergemadika Analyser Trump sur le prisme latin, africain c'est se tromper. La systémique interne des américains est logique. Ce n'est pas seulement Trump qu'on a choisi, on a simplement et surtout rejeté un système! Tout ne sera pas comme avant. Make America great again for americans first!
Qui a dit qu'on ne pouvait avoir une vision sur notre propre écosystème Télécom en RDC? Il est important de temps en temps de parler de ce qu'on fait de bien. Suivez sur ce lien 11 minutes d'interview sur APIDE TV à Marrakesh si vous voulez vous informer. https://t.co/vQtp7uLRra
@RDC_Minafet@kayikwambaT Que faire sans archives numériques des docs de toute l'Administration congolaise? C'est pourtant juste un réflexe : capturer, stocker et y accéder...avec intelligence pour pas cher! Pas besoin d'aller à l'étranger, la solution nous l'avons localement : https://t.co/YWHWp4XzNC