Il rate deux fois le baccalauréat. Il vit dans un grenier sans chauffage à Paris. Il attrape des moineaux sur son rebord de fenêtre pour les manger.
Il a 22 ans, pas un sou, pas de diplôme. Il travaille chez l'éditeur Hachette comme commis à 100 francs par mois. Il emballe des colis.
Son meilleur ami s'appelle Paul Cézanne. Ils ont grandi ensemble à Aix-en-Provence, couru dans les collines, récité du Hugo au milieu des pins. Zola publiera un roman sur les peintres. Cézanne se reconnaîtra dans le personnage du génie raté. Ils ne se parleront plus jamais.
En 20 ans, il écrit 20 romans. Les Rougon-Macquart. Il gagne plus que Victor Hugo.
En 1898, il publie "J'accuse". La France se déchire. Il est condamné, fuit en Angleterre, revient un an plus tard.
Le 29 septembre 1902, il meurt asphyxié dans son appartement parisien. La cheminée est bouchée. L'enquête conclut à un accident. Cinquante ans plus tard, un homme avoue avoir obstrué le conduit sur ordre de nationalistes qui n'avaient jamais pardonné le "J'accuse".
L'homme qui a défendu la vérité a peut-être été tué pour l'avoir dite.
Émile Zola est né un 2 avril, il y a 186 ans.
Le délire a duré 72 minutes. 72 minutes devant le monde entier.
- 72 minutes où le président américain a confondu le Groenland avec l'Islande. Plusieurs fois. Tout en expliquant pourquoi il veut l'acheter.
- 72 minutes où il a menacé un allié de l'OTAN, le Danemark, avec ces mots : « Vous pouvez dire oui, et nous l'apprécierons. Vous pouvez dire non, et nous nous en souviendrons.
- 72 minutes au cours desquelles il a qualifié le Groenland de « morceau de glace » dont dépendraient le destin de la planète : « Ce que je demande, c'est un morceau de glace en échange de la paix mondiale ».
- 72 minutes où il n’a pas évoqué la présence des groenlandais.
- 72 minutes au cours de laquelle il a déclaré qu'il avait "100% de sang écossais et 100% de sang allemand". Ce qui ferait 200%. Mais les mathématiques et lui, ça fait 2.
- 72 minutes au cours desquelles il a déclaré que les États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale, « avaient rendu le Groenland au Danemark ». Dommage que ce soit faux. Les États-Unis n'ont jamais possédé le Groenland. Jamais. En 1916, ils ont officiellement reconnu la souveraineté danoise. Pendant la guerre, ils n'ont obtenu que des bases militaires temporaires. Et en 1946, ils ont essayé de l'acheter en offrant 100 millions de dollars. Le Danemark a dit non. Il n'y a pas eu de "restitution".
- 72 minutes au cours desquelles il a soutenu que "la Chine n'a pas d'éoliennes", alors qu’elle est le premier producteur mondial d'énergie éolienne depuis 15 ans, et qui construit 45% de tous les projets éoliens de la planète. Mais pour Trump, "ils n'ont pas de champs de moulins à vent". Ils les vendent "à des imbéciles".
- 72 minutes au cours desquelles il a déclaré que "toutes les grandes compagnies pétrolières viennent avec nous au Venezuela". Dommage que le PDG d'ExxonMobil, trois jours plus tôt, lui ait dit en face que le Venezuela n'est pas "investissable". Trump furieux a d’ailleurs menacé d'exclure Exxon. Les autres n’ont rien dit, mais pas pensé moins. Mais lui, à Davos, a dit qu'ils "venaient tous".
- 72 minutes au cours desquelles il a déclaré qu'il "n'y a pratiquement pas d'inflation" aux États-Unis. L'inflation américaine est de 2,7 %. Supérieur à l'objectif de la Fed. En hausse, selon les prévisions, en raison de ses propres taxes douanières. Mais pour lui, "il n'y en a pratiquement pas".
- 72 minutes au cours desquelles il a attaqué le président de la Réserve fédérale en le traitant de "stupide". En direct. Devant les dirigeants économiques mondiaux.
- 72 minutes au cours desquelles il a raconté qu'il avait mis des droits sur la Suisse par dépit, parce qu'"une femme" dont il ne se souvient pas du nom "ne l’avait pas caressé dans le bon sens".
- 72 minutes où il a déclaré que "hier le marché s'est effondré à cause de l'Islande". L'Islande. Un pays de 380.000 habitants. Qui allait faire s'effondrer Wall Street.
- 72 minutes au cours desquelles il a affirmé que les États-Unis "ont payé 100% de l'OTAN". 100%. Lorsque la part américaine du budget de l'OTAN est d'environ 16 %. Mais pour lui, 100%.
- 72 minutes au cours desquelles il a confondu l'Azerbaïdjan en "Aber-bajian".
- 72 minutes de sautes d’humeur. De mensonges vérifiables. Des nombres inventés. De menaces aux alliés. D'insultes aux fonctionnaires. De gaffes géographiques. De vantardise démentie par les faits.
Et le monde, en silence, a regardé. Pendant 72 longues minutes.
Et dire qu'autrefois, pour beaucoup moins, les carrières politiques se terminaient.
Aujourd'hui, on attend le prochain délire.
Bienvenue en 2026. Et nous ne sommes qu’en janvier.
En cette journée anniversaire des JO de paris je ne voulais pas oublier de saluer ceux qui ont passé leur temps à dénigrer la France et #Paris2024 :
Alain Bauer
@eciotti@JLMelenchon@MLP_officiel@ljacobelli
Tjrs les mêmes à tirer notre pays vers le bas, mais Nous sommes là‼️
Extraits d’un entretien de Marine Le Pen à la BBC.
Elle y parle :
- de la gentille Russie
- du gentil Poutine
- du gentil Trump
- des élections pas truquées en Russie
- de la sortie de l’OTAN
- de l’explosion de l’UE
Tout y est en 1 mn et 21 secondes
@GinieSigonney En français nous appelions cela un monopod. Utilisé sur les 707 cargo car il est difficile de décharger les palettes arrières avant celles de l'avant, et inversement..
Éloge du ruissellement avec le groupe Il était une fois et son tube de 1975, J'ai encore rêvé d'elle.
Au piano et chant, Richard Dewitte avec Joëlle Mogensen, sur des paroles de Serge Koolenn.