On a vendu Mai 68 comme une fête.
Une plage sous les pavés. Des étudiants heureux. Un général trop vieux. Une jeunesse qui voulait juste aimer et respirer.
C’est une légende. Et comme toutes les légendes utiles, elle cache l’opération.
Mai 68 n’est pas né de la misère. La France de 1968 est riche. Les Trente Glorieuses tournent à plein. On n’occupe pas Nanterre parce qu’on a faim. On l’occupe parce qu’on ne supporte plus qu’il existe encore un père, un professeur, un règlement, une chambre de filles fermée à clé, une vérité qui ne se négocie pas.
Le 8 janvier 1968, à Nanterre, Cohn-Bendit interrompt le ministre Missoffe : votre Livre blanc sur la jeunesse n’a pas un mot sur le sexe. Le 22 mars, cent cinquante étudiants occupent la tour administrative. Le détonateur est minuscule. Le logiciel, lui, est déjà là.
Le but n’était pas l’Élysée. De Gaulle l’a compris plus vite que les commentateurs. Le but était la transmission. Qui a le droit de dire à un enfant ce qui est vrai, ce qui est beau, ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Une fois que vous cassez ça, vous n’avez plus besoin de prendre le palais. Le palais suivra.
Ils ont trouvé la formule parfaite : il est interdit d’interdire.
Écoutez le verbe. Pas « interdit », l’état. Interdire, l’action.
Le slogan prétendait abolir la norme. Il a fait autre chose. Il a changé le titulaire du verbe. Désormais, ce n’est plus le père, l’école, l’Église, l’armée, la langue elle-même qui ont le droit d’interdire. C’est le militant, le département, la rédaction, le commissaire au récit. « Interdire d’interdire » voulait dire : nous seuls interdirons.
Politiquement, ils ont perdu. En juin 68, le pays vote gaulliste à la pelle. La rue se vide. Les usines rouvrent. Le cadavre du communisme politique est déjà froid, même si l’URSS mettra encore vingt-trois ans à s’allonger dans le cercueil.
Culturellement, ils ont gagné. C’est toute l’histoire.
Faute de coup d’État, un coup d’éclat : Vincennes, 1969. Une anti-Sorbonne plantée dans un bois. Foucault y dirige la philosophie. Deleuze arrive. Lyotard. Rancière. Badiou. On n’y cherche plus ce qui est vrai. On y cherche qui domine, qui est victime, quel récit imposer. J’ai déjà raconté comment cette manufacture a traversé l’Atlantique et enfanté le wokisme. Mai 68 est l’usine. La French Theory est le produit exporté.
Le journal aussi. En 1973, Sartre et Serge July fondent Libération. L’enfant déclaré de Mai 68. Quatre ans plus tard, une pétition paraît dans Le Monde et dans Libération. Elle demande qu’on cesse de traiter comme un crime les relations sexuelles entre adultes et enfants de douze ans. « Si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ? »
Parmi les signatures : Sartre, Beauvoir, Deleuze, Guattari, Barthes, Lyotard, Sollers, Aragon, Lang, Kouchner. Et Philippe Gavi, cofondateur du journal. Ce n’est pas une dérive. C’est la consigne poussée jusqu’au bout. Si interdire est le crime, alors interdire de toucher un enfant de douze ans devient le dernier tabou à faire sauter. Le même logiciel. La même caste. Les mêmes pages.
Voilà le communisme qui a vraiment survécu.
Pas celui des kolkhozes. Celui-là a implosé. Le mur tombe en 89. L’URSS se dissout en 91. En 1999, on croit que c’est fini. Fukuyama a déjà écrit la notice. Les marchés ont gagné. L’histoire aurait atteint son terme.
On s’est trompé de cadavre.
Le communisme politique est mort. Le communisme moral était déjà dans les murs. Il avait changé d’hôte. Plus besoin de saisir les moyens de production. Il suffisait de saisir les moyens de signification : l’université, la langue, la rédaction, le concours, la DRH, l’école. Rudi Dutschke l’avait dit dès 67, de l’autre côté du Rhin : la longue marche à travers les institutions. Mai 68 a été le jour J. Les trente années suivantes ont été le débarquement.
En 1999, le virus n’était pas mort. Il était incubé. Il a condamné des millions de gens qui n’avaient rien demandé : des profs honnêtes formés à soupçonner au lieu de transmettre, des jeunes à qui on a appris que leur civilisation est une scène de crime, des femmes à qui on a vendu que la nature est une oppression, des pauvres à qui on a expliqué que le mérite est une violence. Les mauvaises idées tuent d’abord ceux qui y croient. Puis elles se reproduisent.
Ce ne sont pas des monstres. Ce sont des gens qui ont reçu un logiciel. Le même qui, en 68, a pris une faculté isolée au milieu d’un bidonville et en a fait le modèle de l’université occidentale.
Il nous faut un anti-Mai 68.
Pas une revanche. Un retournement du verbe. Remettre interdire à sa place : interdire le mensonge, interdire de détruire ce qu’on n’a pas construit, interdire de confondre la liberté avec la démolition de toute norme. Et rendre à l’école, à la famille, à l’entreprise, à la langue, le droit de transmettre.
Les bâtisseurs n’ont jamais eu le luxe de la déconstruction. Le réel les sanctionne tout de suite.
Pardon. Et au travail.
In molti mi hanno chiesto, gli ultimi oggi, il perché ho smesso di "divulgare". Ammesso che io l’abbia mai fatto davvero, la risposta è questa: perché dubito fortemente che esista ancora qualcuno disposto ad ascoltare. Non a sentire. Ad ascoltare.
Non ho finito le cose da dire. Ho finito la voglia di dirle. Perché il problema non è soltanto il livello medio della classe dirigente. È il livello medio delle persone. Una massa lentamente educata a non pensare e, contemporaneamente, convinta di pensare meglio di chiunque altro.
È questo il capolavoro.
Non hanno tolto alle persone la libertà di parola: hanno tolto loro gli strumenti per formarsi un pensiero, lasciandole però libere di esprimerlo ovunque. Così oggi tutti hanno un’opinione, quasi nessuno ha un dubbio e pochissimi sentono il bisogno di conoscere qualcosa prima di parlarne.
Il Dunning-Kruger è diventato un sistema sociale: meno sai, più sei certo; meno comprendi, più giudichi; meno strumenti possiedi, più ti senti immune dalla possibilità di sbagliare.
E provare a spiegare, distinguere, aggiungere complessità non serve. Viene percepito come un attacco.
Perché, come in Matrix, chi vive da sempre dentro una gabbia finisce per scambiarla per il mondo intero. E se provi a mostrargli le sbarre, non ti ringrazia: ti aggredisce.
Difende la propria prigione, perché fuori dovrebbe rimettere tutto in discussione. Dovrebbe ammettere di essere stato manipolato, di aver ripetuto pensieri altrui credendoli propri, di aver chiamato libertà la possibilità di scegliere tra opinioni già confezionate.
È molto più facile combattere chi prova ad aprire la porta. Ecco perché ho smesso. Perché divulgare ha senso quando dall’altra parte esiste la curiosità di capire, non soltanto il bisogno di replicare.
Non è superiorità e non è un piagnisteo. È quello che provi quando capisci che non stai cercando di liberare qualcuno da una gabbia. Stai cercando di convincerlo almeno a vederla, e poi, magari, a non difenderla.
Notte.
Inviterei gli starnazzanti redattori/producer a pubblicare anche i loro 730. Così scopriremmo finalmente quanto costano quelle fetecchie chiamate pomposamente “inchieste” e quanto, invece, resta in tasca a chi le produce, tra uno scontrino e l’altro …
Da programma di inchiesta a squadrismo rosso contro la destra. Studio analitico: puntate, temi, argomenti. Ma la gestione Ranucci ha scelto la propaganda a senso unico dalla nascita del governo Meloni.
Il pezzo di Alessio Buzzelli è su Il Tempo.
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+++Testimonianza esclusiva+++
“IO, UN COLLOQUIO DI LAVORO E QUELLE AVANCE DA PARTE DI SIGFRIDO”
Scrive a Il Tempo la giornalista Angela Camuso.
Si rivolge a Sigfrido Ranucci e lo incontra per lavorare a Report.
Ma riceve in cambio messaggi vocali e scritti a base di baci e complimenti (“Stai in fortissima in questa foto”, “L’unica cosa che mi porto dietro è il tuo sguardo luminoso”, “Avevi gli occhi luminosi”). Più inviti per incontri serali o “a sera inoltrata” non accolti dalla giornalista.
Comportamenti a dir poco inappropriati e non professionali da parte di Ranucci. Tutto normale? Anche per Rai e sinistra va bene così?
@ClaudioBorghi@LInsorto Eh, però non dedichiamogli troppa attenzione. Altrimenti otteniamo l’effetto opposto: se è davvero una sciocchezza, non merita questo spazio. Se invece continuiamo a parlarne, anche solo per spiegare che è una sciocchezza, finiamo per suggerire che forse tanto irrilevante non è.
On a une fenêtre de 1 à 5 ans.
Pas plus.
Dans ce laps de temps, on va savoir si on bascule dans un 1984 verrouillé par une hyperclasse, ou si on ouvre enfin un siècle de liberté réelle.
Voici les deux chemins, sans détour.
Le chemin 1984
Identité numérique obligatoire.
Monnaie programmable (CBDC).
Score social déguisé.
IA de classification permanente.
Surveillance financière en temps réel.
Droits transformés en privilèges révocables d’un clic.
Globalement, ça marche comme ça :
Les États, les banques centrales et une partie de la techno-élite convergent.
On te vend la sécurité, l’inclusion, la lutte contre le crime et le climat.
En réalité on construit un système où ton argent, ta mobilité, ton accès aux services et même ta parole deviennent conditionnels.
Une hyperclasse (technocrates + finance + certains labos d’IA safety-first) garde les clés.
Anthropic, dans sa version la plus pure, incarne parfaitement l’esprit de ce camp : « on sait mieux que vous ce qui est dangereux ».
Le résultat final : un monde où résister devient techniquement très difficile. Pas parce que les gens sont méchants. Parce que les mauvaises architectures de pouvoir le rendent presque automatique.
Le chemin liberté
Droits fondamentaux non négociables.
Monnaie décentralisée et non-confisquable (Bitcoin et ce qui lui ressemble).
Identité souveraine, pas d’État.
États qui rétrécissent au lieu de grossir.
IA ouverte, concurrence réelle, pas de gatekeepers moraux.
Pouvoir horizontal plutôt que vertical.
Ici, la logique est inverse :
On refuse que l’argent soit programmable par le centre.
On refuse que l’identité soit un outil de contrôle.
On construit des systèmes où la sortie de secours existe toujours.
Moins d’État, plus de responsabilité individuelle.
Plus de bâtisseurs, moins de gardiens.
Ces deux futures ne sont pas symétriques.
L’un se construit par accumulation de petites renonces « pour votre bien ».
L’autre se construit par des choix conscients et parfois inconfortables : garder du cash, utiliser des outils non-custodians, soutenir les architectures ouvertes, refuser les scores, défendre la liberté même quand elle dérange.
La fenêtre est courte parce que les infrastructures se mettent en place maintenant.
Une fois l’identité numérique + la monnaie programmable généralisées, revenir en arrière devient extrêmement coûteux.
Alors on a le choix.
Soit on regarde le verrouillage se fermer en se disant que « c’était inévitable ».
Soit on traite ces 1 à 5 ans comme le moment où on décide encore de l’architecture du siècle.
Le 21e siècle n’est pas condamné à être une prison élégante.
Il peut être celui où la liberté technique redevient la norme.
Choisis ton camp.
Et construis en conséquence.