🔴J-7 avant la sortie, mercredi 14 janvier, de mon troisième livre : Nous vivions côte à côte (@EditionsFayard). Cet ouvrage, le plus intime et le plus important à mes yeux, raconte une contre-histoire des banlieues, du point de vue de ces Français ordinaires relégués à l’arrière-plan des récits officiels et invisibilisés par l’analyse sociologique.
En convoquant les souvenirs de ma famille, les lieux de mon enfance, les expériences de ma jeunesse en Seine-Saint-Denis, j’ai voulu raconter et expliquer la montée de la violence, du communautarisme et de l’islamisme, désormais inscrits dans le quotidien du pays tout entier. Sans tomber dans une concurrence victimaire stérile, j’ai voulu donner à voir et ressentir pour mieux convaincre et faire comprendre des réalités que l’on a voulu taire.
C’est pour tous ces gens oubliés, dont je ne fais plus partie, mais que je continue de côtoyer, d’écouter et d’aimer, que j’ai écrit ce livre. Pour rendre hommage à mes parents qui vivent toujours en banlieue. Pour réveiller les consciences endormies et faire comprendre qu’il est très tard mais qu’il n’est pas trop tard pour sortir de l’ère du face-à-face et revivre enfin côte à côte.
📎Pré-commande : https://t.co/qS8mXbiSjA
Le cas #suisse confirme que le #wokisme prospère indépendamment des réalités nationales. Ce n’est plus l’histoire qui éclaire les discours, mais les discours qui réécrivent l’histoire. Merci de l’invitation au journal @Le_Figaro https://t.co/wvSS9M1LF4 @AlexDevecchio@_A_Leveque
La retour en salle de Lawrence d'Arabie concomitamment à la sortie de L'Odyssée de #Nolan est une heureuse coïncidence. On sait, en effet, l'influence de David Lean sur le réalisateur de Dunkerque. D'une certaine manière le second est un héritier du premier. On retrouve chez Nolan l'ambition épique de Lean. Son cinéma, comme celui de Denis Villeneuve(Dune), est nourri de la nostalgie pour les grandes fresques hollywoodiennes classiques d'avant l'ère du numérique. Et Nolan a le mérite de tourner en pellicule et de s'appuyer sur des décors réels et des effets pratiques plutôt que sur des images de synthèse. Avec Nolan, l'image retrouve épaisseur et consistance. Mais il faut tout de même admettre que L'Odyssée souffre de la comparaison avec Lawrence d'Arabie. Presque 70 ans après son tournage, la puissance du film de Lean, l'émotion qu'il procure, restent intactes. Le redécouvrir en salle a été pour moi une expérience qui est venue me rappeler pourquoi j'aimais viscéralement le cinéma.
-Quelques parallèles notables et amusants qui révèlent un changement d'époque. L'absence assumée de la moindre femme au casting. En vérité, il s'agit d'un élément réaliste qui correspond au modèle patriarcal des tribus bédouines décrites dans le film. Aujourd'hui cette réalité serait édulcorée et des femmes seraient imposées dans le scénario. A l'exception du magnifique Omar Sharif, on note également que tous les personnages arabes sont interprétés par des acteurs britanniques ou américains ( Alec Guinness en Faycal ; Anthony Quinn en Aouda Abou Tayi). C'est un détail qu'on oublie d'autant plus facilement que tous les acteurs sont excellents et qu'il n'y a aucune intention politique derrière ces choix. Aujourd'hui, un tel casting serait jugé raciste et on parlerait d'appropriation culturelle. A l'époque, cela n'a pas empêché Lawrence d'Arabie d'obtenir 7 Oscars. Aujourd'hui, Nolan semble se sentir obligé de féminiser L'Odyssée et d'y inclure des minorités visibles sans quoi il ne pourrait pas concourir aux Oscars. C'est un retour de balancier sans doute excessif. Mais, étant donné que l'univers d'Homère est mythologique et que les acteurs sont bons, cela apparaît finalement comme une concession mineure au politiquement correct. C'est sur d'autres points que le le bât blesse pour le film de Nolan.
-Sur le plan de l'écriture d'abord. Les personnages manquent un peu d'épaisseur et surtout d'ambiguïté. Là où Nolan fait d'Ulysse un héros ,certes complice de l'"impérialisme grec" (occidental?), mais hanté par sa violence et recherchant une forme de rédemption, Lean peint Lawrence d'Arabie, incarné magistralement par Peter O'Toole, en anti-héros. Lawrence apparaît sincèrement fasciné par le désert et les sociétés bédouines, mais aussi convaincu de sa supériorité et de celle de l'Occident. Tout le long du film, il se comporte de manière mégalo tel un messie venu apporter la liberté aux "tribus barbares" qu'il finira par trahir. Cela le rend moins sympathique que le Ulysse de Nolan, mais beaucoup plus ambivalent et donc intéressant. Subversif, Lean épouse en partie son point de vue et pointe aussi la responsabilité des sociétés arabes dans leur échec et leur domination par l'Occident, notamment leurs divisions et leur archaïsme.
-Sur le plan formel ensuite. Lawrence d'Arabie se distingue par son esthétique lumineuse malgré des thématiques sombres. Jamais le désert n'aura été à ce point magnifié. Tout au contraire, Nolan prive la Méditerranée de sa lumière. Au point que l'on a l'impression que L'Odyssée se déroule en Ecosse. Certes la photo est superbe et mériterait un oscar, mais on peut être lassé par le style austère et métallique de Nolan qui est devenu sa signature quel que soit l'univers ou le paysage filmé.
-Le film de Lean se démarque également de celui de Nolan par la puissance entêtante de sa bande originale. Au point que Lawrence d'Arabie est indissociable de la musique de Maurice Jarre. Comme chez Leone et Morricone, l'image et le son fusionnent littéralement. La critique a loué la qualité de la musique de L'Odyssée. Mais si le compositeur Ludwig Göransson, qui s'est servi d'instruments de la Grèce antique , a réussi une bande originale immersive et peu conventionnelle, elle manque de souffle. En outre, le spectateur n'en retient aucune mélodie.
-Enfin et c'est le plus important, le gros point faible de L'Odyssée par rapport à Lawrence d'Arabie est sa gestion de la durée. C'est un paradoxe lorsque l'on sait que Nolan a fait du temps l'un de ses thèmes obsessionnels. Lawrence d'Arabie dure plus de trois heures et demie. Il commence par un écran noir sur fond musical et est ponctué par un entracte de 15 minutes. Dans la salle où j'ai vu le film, certains spectateurs ont cru à une panne technique ! Chaque plan est étiré au maximum. Pourtant, Lawrence d'Arabie passe à toute vitesse. Trois heure et demie, c'est la durée qu'il fallait pour permettre aux spectateurs de s'immerger dans l'épopée de Lawrence. Et c'est probablement le temps qu'il aurait fallu pour raconter les aventures d'Ulysse. Dans L'Odyssée de Nolan, les p��ripéties s'enchaînent trop souvent de manière mécanique et hachée au détriment du souffle et de la fluidité du récit. Nolan échoue ainsi en partie à renouer avec l'ampleur du cinéma classique auquel il aspire.
Il est vrai qu'aucun producteur n'aurait sans doute voulu financer une odyssée de près de quatre heures. Et qu'une grande partie du public adolescent gavée de séries Netflix et habituée à scroller sur son téléphone portable n'a peut-être plus la capacité de concentration pour de tels films. C'est pourquoi il faut, malgré tout, se réjouir du succès de L'Odyssée. Nolan n'est pas Lean. Mais un blockbuster de deux heure et demie, adapté d'un chef d'œuvre fondateur de notre culture, rencontrant un large public, c'est déjà un exploit
«Mao, poète, prophète»
Se garder du «C’était mieux avant» et rappeler le réel parfois déformé dans la grande presse autant ou davantage que sur les réseaux aujourd’hui-et de tous bords: Mao glorifié, Goulag tu à gauche, Mandela vu comme terroriste à droite, liste qui incite à se demander toujours quels aveuglements peuvent frapper aujourd’hui.
L'étrange défaite... Lire l'entretien passionnant avec le pilote de Canadair Grégory Prats. Après la crise du Covid ou la canicule, les incendies géants révèlent une nouvelle fois l'affaissement d'un Etat français dont l'efficacité et la force faisait autrefois l'admiration du monde entier. Au point que la France est en train de perdre ses derniers pans de souveraineté. La technostructure qui étaient jadis le brillant architecte de cet Etat fort est aujourd'hui grandement responsable de sa destruction méthodique. C'est d'autant plus rageant que notre niveau de prélèvements et de dépenses demeure l'un des plus élevés du monde. Il apparaît clairement que l'Etat régalien et les services publics ont été sacrifiés au profit de dépenses inutiles, voire mortifères.
Grégory Prats : " Il y a effectivement eu une négligence que j’ai voulu exprimer lorsque j’ai raconté mon écopage sur la Seine : à ce moment-là, lorsque j’ai pris de l’eau qui « a coûté 2 milliards d’euros », l’absurde de la situation m’a sauté aux yeux. Nous n’étions ce lundi matin-là que deux Canadair à intervenir. Je voulais par-là mettre en évidence le tragique de la situation et le besoin de moyens supplémentaires. J’ai demandé des renforts aériens qui m’ont été refusés car aucun appareil n’était disponible pour cela. Il y a un immense problème de priorisation de l’argent des Français, qui plus est dans un contexte compliqué avec 3 000 milliards de dette. En préférant dépolluer la Seine pour trois épreuves olympiques, l’État a fait des choix qui ne peuvent qu’interroger. Il a négocié un contrat de maintenance au rabais et donc négligé le régalien pour des économies minimes, et malheureusement pas que dans notre domaine. L’hôpital, les forces de l’ordre… Beaucoup de monde souffre de ces choix dans ce pays"...
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Sam Mendes enjoyed his 61st birthday over the weekend & he’s not only an incredibly successful director, he’s a man who’s constantly pushing artistic boundaries. In the 26 years since Mendes’s film American Beauty won five Oscars- including Best Director & Best Picture- the film has turned into a divisive piece of work (for some reasons more obvious than others). But it doesn’t change the fact that American Beauty still holds up as an exceptional film that was worthy of the awards it won. Cheers to Sam Mendes & hoping he has many more films up his sleeve. 🎂
Je tiens à remercier @AlexDevecchio et @Le_Figaro pour cet entretien sur ce qui devrait constituer l’un des grands sujets de l’élection présidentielle. Si toutefois nous parvenons à discuter sérieusement des grandes questions qui déterminent notre destin avant de voter.
.@DominiqueReynie : « L���été 2026 aura montré que l’écologisme est devenu l’ennemi de l’écologie »
En effet, de l’affaiblissement de notre filière nucléaire aux incendies, en passant par notre retard en matière de climatisation dans un contexte de réchauffement climatique, nous sommes bien en train de payer les conséquences de l’influence politique d’un certain écologisme militant… Merci au directeur de la @Fondapol pour cet entretien passionnant.
https://t.co/4z65XRUNno
Pourquoi tous les dirigeants occidentaux devraient lire The Blank Slate de @sapinker, le meilleur livre jamais écrit sur la nature humaine.
Pourquoi les belles intentions progressistes aggravent-elles si souvent les maux qu'elles prétendent guérir ? Parce qu’elles accouchent de politiques publiques qui reposent sur une mauvaise compréhension de la nature humaine. Bien gouverner, ce n'est pas afficher des objectifs vertueux, mais réussir à mettre en place les incitations (parfois cruelles en apparence) qui font converger des millions de volontés vers la paix civile et la prospérité. Or cela n'est possible que si l'on comprend ce qui meut l'individu. Voilà pourquoi l'élite occidentale ferait bien de lire le meilleur livre jamais écrit sur la nature humaine : The Blank Slate de Steven Pinker. Dans cet essai époustouflant, l’auteur montre qu’un dogme s'est emparé de notre intelligentsia : le mythe selon lequel le cerveau humain est une page blanche sur laquelle la société imprime sa marque. C'est cette croyance qui s’exprime lorsque l’on affirme que tout écart de représentation entre les sexes trahit une discrimination, que nos goûts ne sont que des conventions culturelles arbitraires, que l’échec scolaire d’un enfant est toujours imputable à son environnement, que les stéréotypes culturels sont la cause (et non le reflet) des comportements humains, ou qu'il suffirait de reconstruire la société pour façonner un homme nouveau.
Proposer une recension exhaustive d’un livre aussi riche serait impossible ; concentrons-nous donc sur l’une des manifestations les plus tenaces de la théorie de la page blanche : l’idée selon laquelle la « cause première » de la violence réside toujours dans des facteurs sociaux. « Tout le monde sait, déclarait Lyndon Johnson en 1967, que ce qui construit la violence est l’ignorance, la discrimination, la pauvreté, les maladies, le manque d’emplois. » Cette idée présuppose une anthropologie : celle du bon sauvage, pour qui la violence n'est jamais inscrite dans l'homme mais toujours dans nos institutions. Dans le monde académique, contester ce présupposé peut coûter cher. Pinker raconte en effet, parmi d’autres anecdotes édifiantes, que l'anthropologue Napoleon Chagnon fut victime d'une cabale académique après avoir documenté la fréquence des guerres et des raids chez les Yanomamö (société de chasseurs-horticulteurs en Amazonie). Il avait montré que les hommes qui tuaient le plus avaient davantage d'épouses et de descendants que les autres, ce qui impliquait que leur violence était « rationnelle » d’un point de vue évolutif (et donc que la sélection naturelle façonne peut-être autre chose que des bons sauvages). Chagnon fut accusé (à tort) d'avoir fabriqué ses données, fomenté les guerres qu'il décrivait, et même d’avoir contribué à un génocide !
Ce que ces campagnes d’intimidation cherchaient à étouffer n'était pourtant qu'un constat scientifique. Rassemblant les données, Pinker démontre que la violence est une stratégie inscrite dans le répertoire de la nature humaine. Pour ne citer que quelques éléments : le meurtre délibéré de congénères existe chez la plupart des chimpanzés ; une corrélation entre testostérone, dominance et agressivité est établie ; la taille et la force supérieures des hommes sont la signature d'un passé évolutif de compétition violente entre mâles ; l'âge le plus violent n'est pas l'adolescence mais la petite enfance (la moitié des garçons de deux ans frappent, mordent et donnent des coups de pied). Quand on observe ce dernier fait, remarque le professeur de sciences cognitives à Harvard, on comprend que la bonne question n'est pas « comment les enfants apprennent-ils à agresser » mais « comment apprennent-ils à ne pas agresser ? »
Pourquoi tant de gens rejettent-ils l’idée que la violence puisse être « naturelle » ? Premièrement parce qu’ils croient qu’admettre cela reviendrait à la cautionner. Pourtant, répond Pinker, « la violence humaine n’a pas besoin d’être une maladie pour mériter qu’on la combatte. Au contraire, l’idée que la violence est une aberration est sans doute dangereuse, car elle nous conduit à oublier la facilité avec laquelle elle peut éclater ». D’autant qu’aujourd’hui, ajoute-t-il, la culture de l’excuse ne vient pas d’une foi dans un déterminisme biologique mais d'une foi dans un déterminisme environnemental. En effet, lorsque l’on considère que le criminel est la victime impuissante de son conditionnement social, on tend à transférer la responsabilité du mal de l’individu à la société (incriminée tout entière pour les comportements déviants de certains de ses membres) et à abolir partiellement la responsabilité individuelle (chaque acte de violence étant « expliqué » par des facteurs sociaux antérieurs).
La deuxième raison pour laquelle les progressistes rechignent à localiser le mal dans le cœur humain tient à leur volonté de croire qu’il est possible « d’éliminer la violence par de bienveillants programmes sociaux plutôt que par une dissuasion punitive ». Ramsey Clark, ministre de la Justice de l'administration Johnson, exprimait cette vision dans un best-seller des années 1970 : « Des individus sains et rationnels comprendront qu’ils sont le mieux servis par une conduite qui ne cause aucun tort. Réhabilité, un individu ne pourra plus se résoudre à blesser autrui. »
Contre cette vision naïve, Pinker propose un modèle de la nature humaine où la violence n’est pas une pathologie mais souvent un choix rationnel auquel peuvent se résoudre même des individus sains (« pourquoi les gens dévalisent les banques ? Parce que c’est là que se trouve l’argent »). De même, contre la doxa néo-féministe, popularisée par Susan Brownmiller en 1975, qui veut que le viol n’ait « rien à voir » avec le sexe et soit le produit d’une construction culturelle patriarcale, Pinker montre que le mobile sexuel des violeurs est central.
Dès lors, les politiques publiques les plus efficaces contre la violence (sexuelle ou non) ne sont ni les campagnes de rééducation culturelle, ni les ateliers de déconstruction de la masculinité toxique, ni les cours d’empathie, mais celles qui �� frappent directement les incitations rationnelles : une forte probabilité de sanction déplaisante élève le coût anticipé du délit ». Les psychologues évolutifs Martin Daly et Margo Wilson décrivent d'ailleurs la soif de vengeance comme le produit d'un mécanisme mental dont la fonction adaptative est « de faire en sorte que les contrevenants ne tirent aucun bénéfice de leurs méfaits » ; cet instinct humain augmente le coût individuel de la déviance (car le déviant s’expose à des représailles), et rend possible une société pacifiée. Si cet instinct n’est pas institutionnalisé, civilisé par l’État, il réapparaît sous la forme d’une culture de l’honneur souvent sanglante.
Un autre totem progressiste que Pinker réfute est l’idée selon laquelle nous serions tous prédisposés de la même façon à la violence. « Certains individus, écrit-il, sont par leur constitution plus portés que d’autres à la violence. […] Les individus enclins à la violence ont tendance à être impulsifs, d’intelligence réduite, hyperactifs et peu attentifs. Ils sont vindicatifs, prompts à la colère, rebelles à l’autorité, perturbateurs, et ils tendent à tout mettre sur le dos des autres. Ces traits apparaissent tôt dans l’enfance, persistent tout au long de la vie et sont fortement héritables. » De là une conséquence que l'on oublie trop souvent : la prison ne sert pas seulement à dissuader. Elle sert aussi à mettre hors d'état de nuire cette petite minorité d'individus au tempérament (en partie héréditaire) très criminogène. Le bénéfice de la neutralisation de ces récidivistes, parce qu'ils concentrent une part disproportionnée des actes violents (7 % des jeunes hommes commettent 79 % des délits de violence avec récidive, rapporte Pinker) est immense.
En outre, l'héritabilité partielle de la prédisposition à la violence invite à bien sélectionner les individus que l'on accueille dans notre pays : celui qui est davantage porté aux comportements prédateurs que la moyenne transmettra une part de cette prédisposition à sa descendance. « Les unes après les autres, les études montrent que la tendance à commettre des actes antisociaux, entre autres à mentir, voler, déclencher des batailles et détruire le bien d'autrui, est en partie héréditaire », écrit Pinker. On pense aux travaux de l'économiste Gregory Clark qui, dans un livre référence (The Son Also Rises), a reconstitué les trajectoires de milliers de familles immigrées sur plusieurs siècles. Son constat : les lignées qui se sont rapidement intégrées ont souvent contribué positivement au pays de génération en génération ; celles qui ont échoué d'emblée sont souvent restées à la traîne pendant des siècles. Si le statut social se transmet avec une telle inertie, c'est que sa racine est parfois partiellement génétique. Encore une fois, une compréhension de la nature humaine ancrée dans les faits (plutôt que dans le dogme) peut orienter l’action publique pour le meilleur.
Pour finir, anticipons une question : un livre qui montre que la nature humaine est traversée de passions diverses et parfois sombres n’est-il pas déprimant ? Non, au contraire. Une fois dissipées nos illusions sur la bonté originelle de l'homme, on comprend que la civilisation est une prouesse, que la paix n'est pas notre état naturel, mais une conquête. On apprend à aimer la société dans laquelle on vit. À l’inverse, c’est lorsque l’on adhère à une vision candide de la nature humaine que l’on nourrit un ressentiment envers nos sociétés, parce qu’on cherche à expliquer non pas la rareté relative du mal, mais son existence même. Aussi interprète-t-on sa persistance (par exemple aujourd’hui : celle des violences faites aux femmes) comme le symptôme d’une faillite collective (culture du viol, patriarcat, etc.). De même, dans la sphère économique, ce que l’on cherche à expliquer n’est pas la prospérité (envisagée comme l’état naturel des choses), mais la pauvreté, dont la persistance justifierait la condamnation de notre système économique. « Lorsque nous ne prenons pas la mesure des progrès laborieusement réalisés par l’humanité au fil des siècles, écrira Pinker dans Le Triomphe des Lumières (2018), nous en venons à croire que l’ordre et la prospérité sont l’état naturel des choses, et que chaque problème est un scandale qui exige de blâmer des malfaiteurs ou de démanteler des institutions ».
Pinker, lui, nous dit que l’homme est un animal imparfait dont nos institutions canalisent la part d’ombre, nous rappelle que la civilisation est un acquis fragile, et nous invite, dès lors, à entreprendre tout changement d'une main tremblante. On songe à la phrase du philosophe Thomas Sowell : « Certains intellectuels se demandent rarement pourquoi nos sociétés ne connaissent pas la pauvreté de l’Inde, l’oppression politique de la Corée du Nord, l’anarchie du Libéria, ou les massacres du Rwanda. Il ne leur vient donc pas à l’esprit que cela pourrait être lié aux valeurs, aux traditions, et aux constructions sociales qu’ils s’acharnent à déconstruire. » Pinker se définit avant tout comme un libéral, mais, comme Sowell, dans le sillage duquel il s’inscrit, cela ne l’empêche pas d'être finement conservateur.
🔴 « L’affaire de Crépol est symptomatique du glissement du côte à côte au face à face que je décris dans mon livre. Des millions de Français ordinaires qui habitent à la périphérie des grandes villes, qui travaillent et respectent les lois de la République, subissent au quotidien la dégradation de leur cadre de vie. Au point de se sentir dépossédés de leur identité, étrangers en France. Outre la montée des violences et du communautarisme, ils sont victimes d’un racisme anti-Blanc ou anti-Français qui, de même que le nouvel antisémitisme, est trop souvent nié. »
Merci à @Benedetti65 et à @LanouvelleRP pour cet entretien en profondeur sur mon ouvrage « Nous vivions côte à côte » (@EditionsFayard) et sur les conditions de la nécessaire réconciliation culturelle et civique !
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Quentin Tarantino considère cette scène comme le plus grand moment de l’histoire du cinéma. Selon lui, elle atteint un tel niveau de maîtrise, d’émotion et de mise en scène qu’il lui est tout simplement impossible d’imaginer qu’un cinéaste puisse un jour la surpasser.
Une déclaration forte, venant d’un réalisateur qui a consacré sa vie à aimer, étudier et réinventer le cinéma. Lorsqu’un tel passionné parle avec une telle conviction, on ne peut s’empêcher de regarder cette scène avec un regard différent ❤️🙏
Dans Le Figaro Magazine de ce week-end, je propose une recension du meilleur livre jamais écrit sur la nature humaine : The Blank Slate de @sapinker. Merci @AlexDevecchio !
"L'affaire de Crépol est symptomatique du glissement du côte à côte au face à face" : dans @LaNouvelleRP@AlexdeVecchio répond à nos questions au sujet de son dernier ouvrage et à la lumière des derniers développements de l'actualité . #Crepol https://t.co/tISkovEEc0
🔴Très heureux de vous annoncer que « Main basse sur l’Éducation nationale » paraîtra, le 27 août prochain, dans une version poche revue et augmentée.
Cette réédition me permettra d’approfondir plusieurs aspects de l’enquête et de mes propositions, tout en revenant sur les événements de l’année écoulée et les enjeux de celle qui s’ouvre, décisive s’il en est pour passer du diagnostic à la thérapeutique.
Merci aux éditions du Cerf pour leur confiance renouvelée, et merci à vous tous pour votre soutien !
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